Le leg de Napoléon, homme d'Etat. Avec Patrice Gueniffey pour la Société des membres de la Légion d'honneur.


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24.09.2021

Le bicentenaire de la mort de Napoléon a été marqué par des polémiques qui laisseront des traces dans la mémoire collective. Non que le souvenir des créations napoléoniennes ait disparu, mais certainement il demeurera entaché par le rappel obsédant, partiel et partial, du rétablissement de l'esclavage en 1802. Sans doute ne s'agit-il pas d'un "détail", et certainement ce fut une faute, mais cet épisode controversé aura eu le mérite, au moins, de rappeler que l'histoire est complexe, et qu'elle doit plus souvent être peinte en gris qu'en blanc ou en noir.
Le paradoxe de l'épisode napoléonien de notre histoire, c'est que s'il a légué à la postérité un riche ensemble de souvenirs dans lequel l'épopée a longtemps fait oublier les pertes humaines et l'émancipation des Juifs le rétablissement de l’esclavage, il n'a légué à la France aucun régime politique. L'empire et son "kitsch" carolingien a disparu avec Napoléon. Autant dire que si l'Empereur a consolidé la société issue de la Révolution française, il n'a pas fait mieux que la Constituante, la Convention ou le Directoire pour donner à la France un nouveau gouvernement. Deux siècles d'instabilité chronique ont suivi la chute de l'Empire. La Révolution n'était pas terminée, et ne l'est peut-être toujours pas.
En revanche, Napoléon a légué à la France la constitution administrative qui lui a permis de surmonter les crises politiques qui n'ont cessé depuis d'émailler son histoire. C'est à cet aspect de l'héritage napoléonien qu'est consacrée l'intervention de Patrice Gueniffey, avec quelques aperçus sur l'art de gouverner par lequel Napoléon fut la dernière incarnation historique du despote éclairé si cher à la tradition des Lumières.

La révolution de l'authenticité à l'âge du romantisme. Avec Claude Romano à l'Université Libre de Bruxelles.


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02.05.2022

Le philosophe Claude Romano tente de cerner les apports de la pensée romantique et post-romantique à l'émergence de l'idéal d'authenticité personnelle qui s'est affirmé toujours davantage, depuis lors, dans nos démocraties occidentales et au-delà d'elles. Cette idée d'authenticité articule deux dimensions: tout d'abord, l'idée d'une vérité sur soi-même qu'il s'agit d'atteindre ou plutôt de faire dans sa vie elle-même ; ensuite, l'idée de libre épanouissement de soi ou de réalisation personnelle, ouvrant sur un perfectionnisme moral.
Plusieurs aspects de l'époque romantique permettent de comprendre comment se cristallisent ces deux thèmes : un recul des repères religieux traditionnels, dans le sillage des Lumières, qui ôte à la foi sa sécurité et plonge l'individu dans une forme de désarroi ; solidaire de cette évolution, un vacillement de tout l'univers moral favorisant l'émergence de nouvelles figures interlopes, de nouveaux héros (Faust, Manfred, Vautrin) brouillant la distinction du bien et du mal et tendant à la rendre inopérante ; une nouvelle mobilité sociale, qui efface progressivement les limites entre les classes et inaugure le grand mouvement d'égalisation des conditions souligné par Tocqueville à propos de la démocratie américaine ; en même temps, la montée de ce que le penseur français appelle pour la première fois l' "individualisme" contemporain.
Du fait de ce vacillement général des repères religieux, éthiques, sociaux, l'individu se retrouve seul face à lui-même, en proie à une interrogation angoissée : qui suis-je ? Qui veux-je être ? Que veux-je faire de ma vie ?
Tandis que la question de l'identité personnelle appelait jusqu'au XVIIIe siècle une réponse relativement simple, elle devient une énigme que chaque individu est sommé de résoudre dans une certaine angoisse. Il s'agira de considérer comment la pensée philosophique, mais aussi la littérature et l'art donnent forme à cette interrogation et esquissent différentes voies pour penser l'adéquation à soi-même et l'authenticité.

Argent et profits en temps de guerre. Avec Olivier Dard sur StoriaVoce.


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03.2021

Durant les temps de crises et les périodes de guerre, l'homme cherche des coupables et/ou des bouc-émissaires. Celui qui s'en sort, voire qui tire profit de la crise, est pointé du doigt comme profiteur. L'État, quant à lui, est la cible d'accusations et appelé comme arbitre dans le même temps. À lui de préserver la morale sans saboter les intérêts du pays.
Comment les profiteurs étaient-ils vus par la société ? Quelle est la politique de l'Etat face à ceux qui font fortune de l'infortune de la société ? Comment définir l'argent immoral : est-ce celui obtenu par la corruption ou des canaux illégaux ? Celui qui échappe au contrôle de l'État ou celui de l'entrepreneur opportuniste qui sait tirer profit d'une situation ?

Une émission animée par Mari-Gwenn Carichon.

Refuser la laideur et l'empoisonnement : une autre histoire de l'industrialisation dans le Nord de la France (XIXe siècle). Avec Samy Bounoua à Lille.


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18.06.2022

Aujourd'hui, nous savons. Nous avons conscience que nous dégradons le climat, l'eau et les sols. Nous voyons bien que notre système économique n'est pas écologiquement soutenable. Mais heureusement, nous savons. Alors qu'hier... hier, nous savions déjà !
Les craintes écologiques que nous croyons nouvelles étaient particulièrement fortes au XIXe siècle, époque de l'industrialisation triomphante et des cheminées fumantes. L'historien Samy Bounoua nous invite à explorer la conscience environnementale des Nordistes d'hier, pour tenter de mieux comprendre celle qui nous anime aujourd'hui.

Une intervention qui prend place dans le festival "Jeunes Chercheurs et Chercheuses dans la Cité" au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Jules Vallès et ses combats. Avec Céline Léger sur France Culture.


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29.08.2020

Jules Vallès fut un personnage dont la démarche, les passions, les actions restent vivantes. Un journaliste, un écrivain qui déploya ses combats depuis la fin de la Monarchie de Juillet et la Révolution de 1848 jusqu'aux premières années de la Troisième République, en passant par la Commune de Paris, qui fut pour lui essentielle.
Il a les honneurs de la bibliothèque de la Pléiade pour la trilogie d’une autobiographie romancée : L'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé. Il avait choisi d'intituler son premier livre, un recueil d’articles paru en 1865, Les Réfractaires. L'adjectif lui va bien. Il le préférait aux termes de "rebelle" ou de "révolté" qu'on lui a souvent accolés. "Insoumis" ne serait pas mal venu non plus.
La société où il a grandi, celle de la seconde révolution industrielle, qui fut si dure aux prolétaires, et qui porta l'émergence d'une nouvelle classe moyenne, cette société où la circulation de l'information, des indignations, de la propagande se fondait exclusivement sur l'écrit et était si étroitement surveillée, cette société était d'une nature bien différente de la nôtre. Et pourtant nos angoisses contemporaines peuvent susciter des cris qui ne sont pas sans faire écho aux siens.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Entretiens. Avec Henri Guillemin sur France Culture.


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04.1976

Henri Guillemin dérange. Avec lui, l'histoire politique et littéraire prend, sous un éclairage nouveau et passionné, un visage jusque là inconnu.
Ces entretiens sont l'occasion de revenir sur ses premiers travaux consacrés à Lamartine, sur le duel entre Danton et Robespierre, sur le rapport de Tolstoï à la foi chrétienne, sur l'incompris Bernanos et enfin sur la trajectoire qui mena le Maréchal Pétain à la collaboration.
Henri Guillemin, où une oeuvre tout entière dévouée à rétablir la vérité.

Une émission menée par Geneviève Guicheney.

Entre Séparation et Ralliement : le cas Albert de Mun. Avec Edouard Coquet sur StoriaVoce.


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01.2021

Brandi comme un symbole de liberté, un élément majeur pour l'apaisement de la République face à une Église hargneuse et antisémite, pourtant creuset de l'invention de la laïcité, l'histoire de la séparation de l'Église et de l'Etat fait figure de légende nationale réinventée qui, parfois, sert de support assez facile aux arguments politiques.
Mais l'histoire est compliquée et nuancée, périlleuse dans son écriture. C'est surtout le cas de l'histoire de ce début du XXe siècle marquée par la Troisième république, l'affaire Dreyfus, l'affaire des Fiches, les tensions entre l'Église romaine et la République, la guerre scolaire, la colonisation et la Séparation de l'église et de l’état.
Pour mieux comprendre la laïcité, qui souffre de beaucoup de clichés et auxquels on en adjoint d'autres sur la liberté de culte, il est intéressant de revenir sur le parcours d'une personnalité catholique de ce début du XXe siècle et en particulier son attitude et son action face au Ralliement et à la Séparation de l'Eglise et de l'Etat : Albert de Mun.

Une émission animée par Mari-Gwenn Carichon.

Ouvriers en révolution. Avec François Jarrige et Omar Benlaala pour Paroles d'histoire.


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11.2020

C'est au travers des destins croisés de Bouzid Benlaala, immigré Algérien devenu maçon, et de l'ouvrier du bâtiment Martin Nadaud qu'est évoquée la condition ouvrière dans Paris au XIXe et au XXe siècles.

 - 00'00 : Présentation des invités
 - 03'00 : Les accidents du travail, enjeu récurrent pour les ouvriers du bâtiment hier et aujourd'hui
 - 04'00 : Pour Omar Benlaala, d'abord un livre sur son père, fier d’avoir été maçon malgré la fatigue puis la maladie
 - 07'20 : Le travail de chantier, un travail d'équipe
 - 08'00 : Un père électricien pour François Jarrige
 - 09'30 : Les ouvriers et leur famille, entre honte et fierté
 - 11'20 : Les conditions de travail des ouvriers du bâtiment au XIXe siècle, avec des risques qui s'accentuent au milieu du XIXe siècle
 - 13'00 : Un secteur resté peu mécanisé
 - 14'20 : L'expérience de la migration, qui traverse les époques
 - 15'30 : Les tensions au sein même des travailleurs algériens au XXe siècle
 - 18'00 : La question de la xénophobie au XIXe siècle
 - 24'00 : Les engagements (syndicaux, révolutionnaires…) des ouvriers
 - 25'00 : Se loger pour un ouvrier algérien à Paris au XXe siècle
 - 26'00 : L'acquisition de la langue, nécessaire pour encadrer la famille, passant aussi par le syndicalisme
 - 28'00 : Le flou du terme "ouvrier" pour le XIXe siècle, modelé par la pluri-activité
 - 30'45 : La ville, lieu clef pour la politisation des ouvriers au XIXe siècle
 - 33'00 : Expériences socialistes et révolutionnaires de Martin Nadaud
 - 35'00 : Quelles traces pour aborder ces expériences ouvrières ?
 - 37'00 : Des ateliers d'écriture, à la rencontre d'ouvriers retraités
 - 38'00 : La mémoire ouvrière des femmes
 - 40'00 : Les sources et témoignages du monde ouvrier au XIXe siècle
 - 41'00 : L'expérience des migrations, et son lien avec l'activisme révolutionnaire
 - 44'00 : Vivre mai 68 en tant qu'ouvrier immigré

Une séance de l'Université populaire "Les mercredis des révolutions" organisée par la Société d'histoire de 1848 et animée par Philippe Darriulat.