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"La jalousie est un sentiment de crémière", lit-on chez Montherlant. Erreur de jugement, sans doute, de la part de l’auteur de Pitié pour les femmes : la jalousie n’est manifestement attachée à aucune condition particulière, de sorte que nul d’entre nous ne peut se vanter de n’avoir jamais éprouvé ce sentiment commun, universel même, souvent objet de moquerie.
Mais qu’est-ce, au juste, que la jalousie ? Diffère-t-elle de l’envie, et si oui, par quoi ? Si nous devions la représenter par une forme géométrique, laquelle choisirions-nous ? Le triangle ? Le carré ou le cercle ?
C'est avec Jean-Pierre Dupuy, philosophe, que nous allons répondre à ces questions, en nous appuyant sur une lecture critique de la théorie du désir mimétique de René Girard.


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"Le combat n'est pas un phénomène normal, c'est un événement extraordinaire et les individus qui y participent ne le font pas de manière moyenne. La proximité de la mort et la peur qu'elle induit déforment les individus et leur comportement. La répartition des rôles y obéit à une loi de puissance où, entre l'écrasement et la sublimation, beaucoup font peu et peu font beaucoup."
Le baptême du feu, c'est le "dépucelage de l'horreur", selon le mot de Louis-Ferdinand Céline. Et c'est bien à l'expérience au combat, cette vie près de la mort, que nous confronte Michel Goya. Combattre, c'est évoluer pendant quelques minutes dans un monde étrange régi par ses propres lois. En sortir vivant, c'est se réveiller épuisé, brisé ou exalté, mais toujours transformé.
Le travail de cet ancien Colonel des Troupes de Marine consiste d'abord en une description précise de la manière dont les hommes, individuellement et collectivement, se comportent au combat et par extension en situation de danger extrême. La dépense d'énergie que réclame à chaque pas la progression sous le feu, l'effort pour éviter le danger à tout instant tout en cherchant à accomplir sa mission mettent l'individu dans une tension extrême.
À l'appui de son expérience personnelle, de témoignages récents et de nombreux exemples historiques, le conférencier propose une analyse complète, originale et passionnante du comportement des hommes au combat.


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Quelle différence entre le cynisme et le machiavélisme ? De quelle manière la politique doit-elle évincer l'influence des passions ? Comment un prince doit-il saisir l'occasion qui se présente à lui ?
Patrick Hochart nous fait cheminer au travers de l'oeuvre de Machiavel, le premier des penseurs politiques modernes.


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Laurent Obertone, après avoir abordé la question de l'insécurité et de son traitement médiatique et judiciaire dans La France orange mécanique, les dérives liberticides de notre état de droit dans La France Big Brother et la question des tueurs fous dans Utøya au travers de l'affaire Breivik, il revient avec un roman d'anticipation qui met en jeu un scénario assez pessimiste d'évolution de la société française.
Car aujourd'hui, et en l'état : la guerre civile est-elle encore évitable ?


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Une conversation qui porte principalement sur le rôle des intellectuels "dissidents" dans l'évolution des rapports de force politique en France, mais qui aborde également des thémes aussi variés que la question de l'autonomie/du survivalisme, la place de la Russie sur la scène internationale ou l'aliénation des modes de vie virtuels.


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Pour ce Grand Entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique et géopolitique du mois de novembre 2016.
PARTIE 1 :
00. Actualité du Cercle Aristote 00:00
POLITIQUE INTERIEURE
01. Affaire Kardashian / drame social à Villejuif 1:48
02. Décret réduisant les avantages des anciens présidents de la République 13:10
03. Décolonisation de la Polynésie Française à l’ONU 15:24
04. Le Général Piquemal radié des cadres de l’armée 28:50
05. Zemmour : enquête pour apologie de terrorisme 31:40
06. Agression de quatre policiers à Viry-Châtillon 43:44
07. Le cas Rachid Nekkaz 1:22:04
08. DOSSIER MIGRANTS 1:23:40
09. Primaires à droite / Jean-Frédéric Poisson 1:33:18
PARTIE 2 :
10. Hollande reconnaît l’internement des Tziganes 00:00
11. Révélations de Hollande dans le livre de Davet et Lhomme 5:10
12. Fichier biométrique national : quels risques ? 8:15
13. Zèle germanophile de Valls au salon du livre de Francfort 12:25
14. Déclarations intempestives de Pierre Gattaz en Chine 14:28
POLITIQUE EXTERIEURE
15. Tensions Etats-Unis/Russie : vers la troisième guerre mondiale ? 18:00
16. Poutine annule sa visite en France après les hésitations de Hollande 20:16
17. La candidature de la Russie au Conseil des droits de l’homme rejetée 21:50
18. Juncker : "L’Europe ne va pas s’agenouiller devant les USA" 24:38
19. Scandale des Caracal : coup de froid dans les relations franco-polonaises ? 25:17
20. Brexit : Theresa May annonce l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne 27:48
21. La "résistance" des Wallons au CETA 34:55
22. L’ancien général Michel Aoun élu à la présidence du Liban 38:50
23. La Colombie vote "non" à l’accord de paix avec les FARC 44 :50
24. "Nos très chers Emirs" : la classe politique achetée 50:18
ECONOMIE
25. Joseph Stiglitz prédit que l’Italie va quitter la zone Euro 52:20
26. Jean-Claude Trichet : "le Bitcoin est une invention géniale" 57:50
27. Election de Jacques Sapir à l’Académie des sciences russe 58:24
CULTURE
28. Quel rôle joue la Franc-Maçonnerie dans la structure du pouvoir ? 1:00:11
29. Qu’est-ce que la politique gaullienne de la "chaise vide" ? 1:02:38
30. Que pensez-vous de Robert Redeker ? 1:04:40
AUTRE
31. Conseils de lecture 1:09:58
32. Initiatives 1:29:45


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Dans cette émission, René Girard revient sur les événements marquants de l'année 2005 en les analysants à la lumières des théories du désir mimétique et des mécanismes de violence sacrificielle à l’origine de toute société, théories qu'il a construites et développées tout au long de sa carrière intellectuelle.
La valeur salvatrice du christianisme est régulièrement également rappelée, et l'idée d'une renaissance de la religion chrétienne évoquée.
Émission "Face aux Chrétiens", animée par Jacques Paugam. René Girard est interrogé par Véronique de la Maisonneuve pour RCF, Jean-Claude Raspiengeas pour La Croix et Aymeric Pourbaix pour Radio Notre Dame.


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René Girard a élaboré depuis son premier livre, en 1961, une théorie du sacré dans la culture occidentale. Cette théorie repose sur trois postulats fondamentaux :
1) le désir est emprunté à l’autre, qui joue le rôle du médiateur ou du modèle (approche inspirée par des écrivains comme Dostoïevski) ;
2) la culture étant définie comme un système de différences, les cultures archaïques "gèrent" le désir mimétique en refaisant sans cesse la distinction entre les violences légales et illégales, le sacré et la violence ; elles se servent, pour ce faire, du "mécanisme sacrificiel" ;
3) le monde moderne est né du délitement de l’institution sacrificielle, d’où le besoin de trouver une alternative au sacrifice, afin que la culture puisse survivre sans s’autodétruire, alternative apparue dans les Écritures juives, puis dans les Évangiles.
Emmanuel Levinas construisit, en particulier depuis Totalité et Infini, publié lui aussi en 1961, ce qu’on peut appeler une théorie de l’éthique. Peu convaincu par le concept de subjectivité et de moralité développé de Kant à Heidegger, en passant par Hegel et Husserl, concept qui met un sujet conscient face à des objets de connaissance, Levinas propose une compréhension de la subjectivité humaine fondée sur une responsabilité éthique première et sans limite devant autrui, dont le visage donne un accès à l’infini. Menant de front plusieurs projets, conjointement dans les études juives et dans la tradition philosophique à partir de Platon, Levinas voulut faire revenir l’hébreu dans le grec. Puisant dans les écrits de Martin Buber et de Franz Rosenzweig, il construisit une éthique "descriptive" qui inverse le rapport kantien traditionnel entre l’éthique et le politique : cette configuration nouvelle subordonne toute rencontre médiatisée (l’universel, le juridique, le catégorique, le politique) à la rencontre personnelle immédiate entre le moi et autrui, par lequel nous sommes pour ainsi dire pris en otage.
Le propos de Jean-Luc Marion est d'évaluer en quoi ces deux pensées se répondent, se complètent ou s'opposent : si Girard déploie une théorie du sacrifice en tant que tel, il n’a en revanche pas de théorie éthique ; Levinas propose, lui, une théorie de l’éthique tout à fait compatible avec la lecture anti-sacrificielle que Girard fait du sacré, même si elle ne se pense pas dans les mêmes termes.
L’articulation de ces deux pensées pourrait-elle aider à une compréhension plus large des théories du sacré et de l’éthique ?