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Est-il condamnable de tuer une personne responsable de la mort et de la souffrance de milliers d’autres ?
Luigi Mangione, érigé en icône par une partie du monde, est accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis. Son geste présumé est évidemment illégal, alors que celui de sa victime, responsable d'une politique agressive de refus de remboursements de soins souvent vitaux, est tout à fait acceptable, voire estimable dans le système capitaliste.
La violence du capitalisme, c'est une violence que l'on cache, qui est discrète, qui se décide avec des PowerPoint et qui pourtant s'exerce partout, aux États-Unis, en France et dans le reste du monde.
Face à cette violence, ne devrions-nous pas hausser le ton et changer de tactique ? Jusqu'à quel point et à quel prix ? Ce sont ces questions que la personnalité de Luigi Mangione soulève, de façon spectaculaire et dérangeante. Ce sont ces questions que Nicolas Framont pose et qu'il se propose de traiter.


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Comment la théorie mimétique de René Girard renouvelle-t-elle notre compréhension de Dieu, de la violence et du salut ? En quoi éclaire-t-elle les enjeux spirituels, sociaux et politiques de notre temps ? Trois intervenants de premier plan dialoguent autour de ces questions : James Alison, théologien, lecteur pionnier de Girard dans le champ de la foi chrétienne, Philip Endean, jésuite et théologien, spécialiste de spiritualité ignatienne, et Bernard Perret, essayiste et sociologue, attentif aux mutations culturelles contemporaines.
En croisant leurs approches théologique, spirituelle et socio-culturelle, ils montrent comment la pensée de René Girard peut nourrir aujourd'hui une théologie plus évangélique, plus lucide face à la violence, et plus attentive aux victimes.
Une invitation à penser la foi chrétienne à frais nouveaux.


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Alors qu'il vient de publier de pulbier La voix méconnue du réel et de donner à la BNF trois grandes conférences ayant pour thème "le sacrifice", René Girard propose ici le survol de quarante années d'une œuvre dans laquelle il interroge, aux frontières de l'anthropologie, de l'histoire, de la philosophie et de l'étude littéraire, les notions de sacrifice et de bouc émissaire. Il revient également sur la question de la violence entre les hommes, liée selon lui à une rivalité mimétique, à un désir mimétique dont il s'est fait le théoricien.
Il revient aussi sur son parcours en rappelant comment de sa ville natale d'Avignon il avait été conduit à faire toute sa carrière universitaire aux États-Unis et expose pourquoi et comment, du constat de l'éloignement du réel des sciences de l'homme depuis les années cinquante, son travail a consisté, partant des textes et de l'observation immédiate, à proposer un retour au réalisme et à la simplicité.
Ni structuraliste, ni déconstructeur, René Girard est l'un des intellectuels français de son temps les plus reconnus dans le monde. Écoutons-le dire ce qu'est, selon lui, la meilleure des réponses à opposer à la tentation de la violence que chacun porte en soi.
Émission "Surpris par la nuit", animée par Alain Veinstein.


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À partir d'observations réalisées lors de multiples interventions à titre de pédopsychiatre d'orientation psychanalytique dans un Centre éducatif renforcé en France, Maurice Berger se propose d'analyser certains processus psychiques et identitaires en jeu chez les enfants. Il décrit plus particulièrement les diverses composantes de la joute qui a souvent lieu dans le rapport du clinicien aux adolescents, en particulier avec ceux ayant commis des délits violents.
Il semble au premier abord difficile de transposer l'expérience thérapeutique usuelle avec de tels adolescents, ce qui implique une attention particulière à leur histoire, qui comporte généralement des traumatismes relationnels précoces, notamment de négligence et de violence.
On comprend alors comment pour de tels enfants, l'extérieur puisse être plus protecteur que l'intérieur. En conséquence, pour faire advenir de la pensée chez eux, il faut savoir les sécuriser et les contenir en reconnaissant leur méfiance, et surtout, savoir susciter une curiosité et une co-créativité.
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Aujourd'hui, souvent, quand on parle de guerre, on pense à une lutte armée entre deux États, ou en tout cas entre deux groupes, suivant certains codes. Mais à quand remonte ce type de conflits ? En retrouve-t-on par exemple dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire ? Et d'ailleurs, est-ce que des actes de violence dans ces sociétés reviennent toujours à faire la guerre ?
Pour avoir des éléments de réponse, l'anthropologie peut aider, notamment grâce aux multiples études ayant été menées sur des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus actuelles. Mais alors, comment ça marche ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'29 : Le parcours de Christophe Darmangeat
- 0'03'48 : La guerre, définition
- 0'08'20 : Définition de "civilisation" et son rapport avec la guerre
- 0'15'19 : Chasseurs-cueilleurs, définition
- 0'20'40 : Les catégories et sous-catégories de chasseurs-cueilleurs
- 0'25'12 : La guerre chez les chasseurs-cueilleurs
- 0'52'31 : Des rituels dans la guerre ?
- 0'55'48 : De la consanguinité chez les chasseurs-cueilleurs ?
- 0'58'37 : Des exemples de populations de chasseurs-cueilleurs
- 1'07'15 : Le travail de Christophe Darmangeat avec les archéologues
- 1'33'43 : Les raisonnements douteux sur la "nature humaine"
- 1'43'35 : Ethnologie et anthropologie
- 1'48'51 : Références
- 1'54'21 : Conclusion


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En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.
Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.


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Chef d'entreprise, intellectuel à la sensibilité écologiste et homme politique pronant des thèses localistes, Laurent Ozon explore ici les phénomènes de la colère, de l'anxiété et de la dépression sous un angle sociopolitique et philosophique. Il aborde la manière dont nos émotions sont façonnées par les dynamiques inter-individuelles, les réseaux sociaux et les influences politiques.
Loin d'une approche purement médicale ou axée sur le développement personnel, son analyse met en lumière les impacts collectifs et individuels de la colère, tout en soulignant l'importance d'une expression maîtrisée pour en éviter les effets (auto)destructeurs.
L'occasion de mieux comprendre ces émotions complexes qui nous assaillent dans un monde de plus en plus connecté et stressant.
Émission "EAT Club", animée par Gilles Lartigot.


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En 1972, René Girard publiait chez Grasset La violence et le sacré. Une dizaine d'années plus tard, il revient sur cet ouvrage qui avait eu un retentissement international et suscité des jugements contrastés. Avec la question du sacrifice comme point de départ, René Girard aborde chacun des points sur lesquels repose la théorie de la genèse du sacré qu'il avait exposée dans ce livre.
Une contribution que certains avaient considéré comme la première théorie réellement athée du religieux et du sacré, alors que d'autres commentateurs contestaient, pour leur part, la méthode de René Girard et la manière dont, tout en s'y référant, il se démarquait de la psychanalyse freudienne et du structuralisme de Lévi-Strauss.
L'occasion de clarifier la façon dont il a cherché à fonder une nouvelle anthropologie de la violence et du religieux en revenant longuement sur la fonction du sacrifice, de la victime émissaire, des rites et des rituels, des interdits, de la rivalité mimétique, du désir et de la violence, tels qu'ils s'étaient éclairés pour lui à la lecture des mythes, à la lecture des grands romans, des grandes tragédies grecques et de celles de Shakespeare.
ÉMission "Les vivants et les dieux", animée par Philippe Némo.