Les deux frontières de la droite. Avec Henry de Lesquen au Carrefour de l'Horloge.


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21.06.2018

Le clivage politique entre la droite et la gauche serait-il dépassé ? Alors que les colères des peuples contre leurs "élites", qu'on appelle des populismes, semble dessiner de nouvelles alliances entre des partis que tout -ou presque- opposait encore hier, doit-on abandonnée les vocables de gauche et de droite ?
Henry de Lesquen, candidat du parti national-libéral aux dernières élections présidentielles, répond par la négative. Il s'attache à montrer que l'utopie est la matrice idéologique de la gauche, avec des traductions concrètes qui oscillent entre l'égalitarisme et le cosmopolitisme.
Comment, alors, comprendre et définir "la droite" ?

Le nazisme : crime et philosophie. Avec Frédéric Rouvillois et Johann Chapoutot chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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24.01.2015

La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, mais elle promettait l'épanouissement d'un peuple élu.
Sinon, comment expliquer l'engouement des allemands pour un projet aussi monstrueux ? Comment de nombreux soldats ont-ils pu combattre, planifier, conquérir et tuer autant en aussi peu de temps ?
Les deux invités de cette émission se proposent de renouveler notre compréhension du nazisme. Frédéric Rouvillois envisage le nazisme sous l'angle de l'utopie et Johann Chapoutot revient sur ses fondements normatifs qui, jusqu'ici, avaient été peu étudiés.
Une réflexion salutaire qui permet de sortir de traditionnel procès en irrationalité et de la réduction psychologique.

Management et gouvernance : l'utopie de la coopération. Avec Baptiste Rappin pour Le club du Mercredi à Nancy.


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18.04.2018

Le management est d'abord et avant tout un projet anthropologique et politique : "Harmony, not discord. Cooperation, not individualism", comme le formulait Frederick Winslow Taylor, le fondateur de la discipline.
Ni lutte des classes, ni homo economicus, le management se présente comme un projet coopératif, aujourd'hui appelé "gouvernance", fondé sur une science censée rendre les organisations transparentes aux uns et aux autres et ainsi démontrer scientifiquement la convergence des intérêts.
Mais ce projet est-il autre chose qu'une utopie ? Le travailleur sera-t-il si facilement désolidarisé de son appartenance de classe ? Et quels sont les enjeux de la généralisation de telles pratiques sur nos conditions d'existence dans nos sphères personnelle et professionnelle ?

Mélancolie de gauche, une tradition cachée. Avec Enzo Traverso pour la Société Louise Michel au Lieu-dit à Paris.


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13.06.2017

La culture de gauche -anarchiste, socialiste, communiste- s’est toujours projetée dans le futur, en y inscrivant le souvenir d’un passé de luttes. Il y a presque trente ans, la fin du socialisme réel a rompu cette dialectique entre passé et futur et engendré une vision mélancolique de l’histoire comme remembrance des vaincus, en révélant une "tradition cachée" de la gauche.
Son principal représentant est sans doute Walter Benjamin, mais elle inclut une vaste constellation d’auteurs, d’Auguste Blanqui à Rosa Luxemburg, de Lucien Goldmann à Daniel Bensaïd. Cette mélancolie de gauche n’est ni passive ni résignée ; elle tisse la trame d’un travail du deuil qui stimule la pensée critique et la refondation d’un projet émancipateur.

Préapparaître utopique, utopie concrète et praxis dans la pensée d'Ernst Bloch. Avec Arno Münster aux ateliers de la praxis à Paris.


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10.12.2016

La philosophie humaniste et utopique d'Ernst Bloch (1885-1977) se caractérise par la volonté de corriger les conceptions d'un matérialisme vulgaire en élaborant les bases théoriques d'une "nouvelle éthique".
L'utopie -principal concept de cette philosophie- n'est plus considérée comme une rêverie abstraite ou comme l'esquisse d'un État idéal, mais s'inscrivant dans le cadre général d'une ontologie du non-encore-être, qui s'appuie essentiellement sur la catégorie de la "potentialité de l'être" et sur la croyance dans l'activité incessante de la catégorie "possibilité" dans les horizons du réel.
Avec ce renouvellement profond du concept de l'utopie, Bloch parvient à déterminer les structures de la pensée utopique, des "images-souhait" et de l'activité de l'imagination utopique en général.
Sur la base d'une ontologie diamétralement opposée à celles existentielle ou existentialiste de Heidegger et de Sartre, Bloch fait renaître une pensée marxiste en tant qu'elle participe d'une "science de l'avenir du réel". Ce faisant, à toute conception qui prétend figer le rapport du savoir à la temporalité, Bloch oppose la relation privilégiée du savoir avec le futur, la vision d'une science nouvelle orientée courageusement vers la perception du non-encore-devenu.

Progrès et catastrophe selon Walter Benjamin. Avec Arno Münster pour l'Institut Heinrich Mann à Pau.


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19.11.2016

Arno Münster se penche sur la critique du progrès selon Walter Benjamin, la riposte d'Ernst Bloch et les apports de Günter Anders.
Il soutient la thèse que dans la philosophie du XXe siècle, le catastrophisme éclairé a remplacé la pensée progressiste traditionnelle et que l'émergence du mouvement écologique a renforcé le scepticisme par rapport au progrès. Cette évolution a eu des effets négatifs sur tous les partis qui s'engagent dans une politique d'émancipation, notamment en ce qui concerne le progrès social.

Une conférence prononcée dans le cadre du salon du livre "Les idées mènent le monde".

Histoires collectives des socialismes : longue durée et grande échelle. Avec François Jarrige, Vincent Bourdeau et Jean-Numa Ducange au séminaire de l'histoire sociale des idées politiques à Sciences-Po Paris.


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08.04.2016

Cette séance intègre deux communications : Vincent Bourdeau et François Jarrige interviennent d'abord pour revenir sur l'ANR Utopies 19 dont est issu, notamment, l'ouvrage Quand les socialistes inventaient l'avenir. Presse, théories et expériences, 1825-1860, et Jean-Numa Ducange présente ensuite le projet EUROSOC.
L'intérêt de ces deux projets est que la comparaison historique qu'elles permettent révèle en creux la profonde dévaluation des idées au sein du mouvement socialiste international, avec des variantes nationales bien sûr mais selon un processus structurel généralisé malgré tout. Le socialisme est un objet historique très particulier en ce que son émergence est concomitante de celle des sciences sociales. Ce n'est là ni le fruit du hasard ni même une simple homologie structurelle, mais bien un seul et même processus. Comment comprendre cette dévaluation de la production doctrinale, du débat idéologique dans les partis qui s'en réclament ?
Un autre intérêt de ces deux entreprises réside dans la focale d'analyse : l'étude des media qui servent de supports matériels et de véhicules aux idées socialistes (la prise en compte de la matérialité du texte et des "régimes médiatiques", soit les configurations successives du champ médiatique). Avec en arrière-fond la révolution des techniques de communication qui, comme le télégraphe et le chemin de fer, accélère la circulation de l'information et des idées.
Enfin, ces deux entreprises sont précieuses comme antidote à ce que nous pouvons qualifier de néophilie. Par quelque étrange mouvement de l'histoire qui dépasse de loin la simple mode intellectuelle, le nouveau fait figure d'idole, monnaie dont nul ne discute plus la valeur. On est passé du commentaire des Autorités, de la reproduction des Anciens, de la Tradition à la néophilie, à la valorisation de la novation pour elle-même. Cela a pu participer d'un certain progrès (mais ce mot même, il convient de s'en méfier). Pourtant, la néophilie est aussi une plaie de notre temps. D'une part, elle finit par se suffire à elle-même pour justifier toute nouvelle réforme néolibérale ou conservatrice. On ne compte plus les lois dites de "modernisation" (de l'Université, de l'hôpital), avec les succès que l'on sait, les appels à l'élaboration d'une gauche "moderne", d'un "nouveau progressisme", parmi les écrits sociaux-libéraux. D'autre part, en condamnant l'ancien au nom du fait même qu'il est passé, la néophilie nous empêche de trouver dans le passé des ressources pour l'avenir. Les deux entreprises dont nous parlons ici sont précieuses, précisément parce qu'elles esquissent quelque chose comme une méthode rétro-prospective : rouvrir le passé, souligner sa contingence pour en faire ressortir les possibles non advenus, méditer les échecs ou aller y puiser des ressources pour l'avenir.
L'histoire dont il est question dans ces deux projets de recherche n'est pas seulement la science d'un passé qui serait passé, elle est aussi celle d'un passé qui ne passe pas et d'un autre qui pourrait bien advenir.

Du temps fléché au retour du temps cyclique. Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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2010

Chantal Delsol se penche dans une première partie sur le lien entre temps et progrès, où comment l'adoption par la civilisation occidentale du temps fléché a développé l'idée de progrès, c'est-à-dire une idée d'amélioration du monde humain.
Dans la seconde partie, il s'agit d'explorer la théorie des catastrophes : puisque le progrès s’efface, l'Histoire redevient une succession d'ordre et de chaos, la vision du temps fléché laissant la place à un retour au temps cyclique.

Cet enregistrement est la combinaison de deux conférences prononcées les 07 avril et 05 mai 2010.