Louis Dumont (1911-1998). Avec Stéphane Vibert au Collège des Bernardins.


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01.06.2016

Anthropologue, spécialiste de l'Inde, Louis Dumont a nourri toute une réflexion sur les sociétés occidentales. Partant de l'étude des castes, il procède par "détour anthropologique" : confrontation avec des mondes humains radicalement différents qui induit une compréhension renouvelée de la culture occidentale, de son histoire et de son originalité. Aussi, toute l'entreprise de Dumont - dont l'œuvre traverse les domaines les plus variés : philosophie, histoire, droit, sciences politiques, sociologie, anthropologie - tente-t-elle de mieux appréhender les contours d'une modernité centrée autour de l'individualisme, en contraste avec le holisme porté par d'autres civilisations, dont l'Inde constitue le paradigme.
Car même dans les régimes démocratiques, la prééminence en valeur de l'individu libre, moral et rationnel, ne reste pas moins soumise à l'existence d'une société comme "sens, domaine et condition du sens", dont les significations partagées contribuent à définir le "bien commun".

La notion d'identité culturelle a-t-elle un sens ? Avec François Jullien chez Etienne Klein sur France Culture.


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05.11.2016

La question de l’identité, que celle-ci soit nationale, culturelle ou autre, semble devenir la grande affaire de la prochaine campagne présidentielle.
Pour d’aucuns, notre identité viendrait de nos ancêtres les gaulois, qui auraient ainsi l’étrange particularité de ne pas avoir d’ancêtres, car s’ils en avaient, nos ancêtres ne seraient pas les Gaulois, mais les ancêtres des Gaulois, et même les ancêtres des ancêtres des Gaulois, et on n’en finirait pas…. Pour d’autres, notre identité n’aurait pas d’origine précise, mais un qualificatif : malheureuse, ou bien menacée, ou même déjà fracturée, ou, au contraire, potentiellement heureuse.
Pendant longtemps, l’identité a été une notion simple. Elle consistait à découvrir que deux choses qu’on croyait distinctes n’étaient en fait qu’une seule et même chose : dire que la chose A était identique à la chose B, c’était dire qu’il n’y avait en réalité qu’une seule et même chose, que nous appelions tantôt A, tantôt B. Mais aujourd’hui, il est devenu courant qu’un guide touristique nous dise que tel quartier a "conservé son identité".
L’identité serait désormais une qualité que l’on peut conserver, donc aussi une qualité que l’on peut perdre ou que l’on peut vouloir défendre contre ce qui menace de la détruire. Mais qu’est-ce que l’identité d’un quartier ? Dans un guide touristique plus ancien, on aurait parlé du "caractère" du quartier, voire de son âme, mais pas de son identité.
Sans doute le mot identité dit-il quelque chose de plus. Dans l’exemple du quartier, il s’agit d’un territoire qui pourrait être absorbé par la masse urbaine qui l’environne, et aussi d’une population qui y vit. Ce qui permet au mot identité de désigner non seulement une qualité propre à cette partie de la ville, mais aussi un attachement des habitants à leur manière d’y vivre. Que deviendrait le quartier si, comme on dit, il "perdait son identité" ? On répondra qu’il ne serait plus lui-même. Cela voudrait-il dire qu’il aurait disparu ? Ou alors qu’il existerait encore, mais de manière indistincte, confondu qu’il serait avec le milieu qui l’entoure ? Le problème est de savoir comment préserver son identité si l’environnement change. En la changeant, me direz-vous. Certes, mais si on la change, c’est qu’elle n’est plus la même. Et si elle n’est plus là-même, c’est qu’on l’a perdue… Décidément, l’identité a bien des embarras.

D'un souverainisme à l'autre. Avec Mathieu Bock-Côté à Sciences Po Strasbourg.


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20.04.2016

Mathieu Bock-Côté, sociologue québecquois, nous donne une conférence sur l'histoire, le sens et l'actualité du souverainisme en France et au Québec.
Il montre, en résonnance avec son dernier livre, que les combats nationaux sont aujourd'hui particulièrement menacés par l'idéologie multiculturaliste.

Manifeste contre l'idéologie des droits de l'homme. Avec Alain de Benoist sur TV Libertés.


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05.2016

Alain de Benoist, directeur des revues Krisis et Nouvelle Ecole, est un spécialiste de la philosophie politique et de l’histoire des idées. Quoi de plus naturel alors que de s’intéresser à l’idéologie des droits de l’homme ? C’est ce qu’il fait dans “Au-delà des droits de l’homme”, un ouvrage réédité mais largement augmenté publié chez Pierre Guillaume de Roux.
Dès le début de l’ouvrage, Alain de Benoist rappelle que la notion d’objectivité a été l’apport de l’Europe au monde. Or, l’idéologie des droits de l’homme a corrompu cette notion en imposant le subjectivisme et l’universalisme. Elle s’est imposée comme l’armature de la globalisation et comme un instrument de domination, mais aussi de nivellement et d’uniformisation.
Alain de Benoist déconstruit l’idéologie des droits de l’homme qui règne sans partage dans une société de plus en plus deshumanisée, où les hommes tendent à devenir des objets, et où la marchandisation crée partout des phénomènes d’aliénation nouveaux.

L'identité : espoir ou menace ? Avec Alain de Benoist et Thibault Isabel à Lille.


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20.01.2016

Depuis 40 ans, l'identité est au cœur du travail de réflexion du mouvement dit de la "Nouvelle Droite". Un travail idéologique salué par Michel Onfray, Eric Zemmour ou plus récemment… Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti socialiste a avoué : "aujourd'hui l'idéologie dominante n'est pas celle de la gauche mais celle –les spécialistes me comprendront– de la Nouvelle Droite, celle de l'identité avant l'égalité."
Une analyse sommaire qui mérite des explications, explications qui nous sont ici fournies par Alain de Benoist et Thibault Isabel.
Alain de Benoist nous rappelle en préambule que l’identité ne se pose comme problème qu’au moment où elle ne va plus de soi, et souligne les différentes dimensions de l’identité : multidimensionnelle (car associant des composantes héritées et choisies), dialogique (on ne se constitue que par rapport à autrui), variable et dynamique au cours de la vie de l’individu ou de de la communauté.
En matière de menace sur les identités collectives, Alain de Benoist ne pense pas que notre identité soit d’abord menacée par l’identité des autres, même si une telle menace peut exister : le danger le plus grand est "le système à tuer les peuples", l’imposition d’une homogénéisation planétaire, l’offensive de "l’idéologie du Même". Le capitalisme comme "fait social total" (M. Mauss) s’est avéré le système le plus efficace pour effacer les frontières et les identités. Celles-ci seront menacées tant que l’on ne remettra pas en question les manières de vivre inhérentes à ce système.
Thibault Isabel, quant à lui, lie les revendications identitaires à une évolution anthropologique amorcée réellement à la fin du XVIIIe siècle : l’essor de l’idéal d’authenticité. L’homme est devenu un individu parce qu’il ne veut être rien d’autre que lui-même. À la différence des sociétés traditionnelles, les choix de vie qui s’offrent à l’individu à l’époque moderne sont incommensurables, rendant la question de notre identité plus problématique.
Si se distinguer des autres apparaît comme le seul moyen d’exister, l’anonymat qui prévaut dans le monde contemporain ne fait qu’exacerber ce besoin de reconnaissance. En outre, le désir d’être individuellement soi-même n’exclut pas le besoin d’appartenir à un groupe homogène qui ne ressemble lui non plus à aucun autre : le nationalisme n’est, à cet égard, rien d’autre qu’un individualisme à l’échelle de la nation. De l’anonymat, naissent ainsi les pathologies de l’identité, poussées de revendications qui peuvent être tragiques.
L'identité "saine" au contraire est celle qui respecte à la fois l’individu et la communauté, et qui ne rejette pas l’autre, mais au contraire l’intègre.

Le suicide français. Avec Eric Zemmour chez Jean-Marie Le Méné sur Radio Courtoisie.


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10.10.2014

Attention, cette émission est un poisson volant du "PAF" : pour la première fois dans sa tournée des radios et télévisions qui suivent la parution de son dernier livre Le suicide Français, Eric Zemmour est accueilli sans haine, sans insultes et sans devoir faire face à des accusation d’antisémitisme ou de fascisme plus ou moins rampant !
Nous obtenons donc une émission intéressante, où l'invité parvient à finir la quasi-totalité de ses phrases, à développer sa pensée, sa vision de l’évolution de la société française et sa tristesse devant son –inéluctable ?– déclin.
Un grand moment de radio, de discussion courtoise et d’érudition historique.

Crise de l'UE et chute de la République romaine : des similitudes ? Avec David Engels à l'espace Les Champs Libres à Rennes.


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30.05.2015

Dans son récent livre Le déclin. La crise de l’Union européenne et la chute de la République romaine, analogies historiques, l’historien David Engels se livre à une comparaison audacieuse, sinon provocatrice : sommes-nous à la veille d’un nouvel empire ?
Nul doute qu’elle stimule réflexion et débats, tant sur la pertinence de la démarche que sur le contenu de l’analyse.

Le Christianisme et l'Europe : un mariage heureux ou contre-nature ? Débat entre Alain de Benoist et Rémi Brague à Paris.


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04.03.2015

Un débat récurrent sur les racines chrétiennes de l'Europe agite le monde intellectuel et politique. En revanche, il aborde rarement la problématique des fondements intellectuels du christianisme, religion du Moyen-Orient qui s'est implantée plus tard en Europe.
La greffe aurait-elle mal pris ? L'Europe a-t-elle été dénaturée avec la disparition du paganisme ? Quelles en sont les conséquences sur le plan politique, social, culturel, etc. ?
À l'heure où la liberté d'expression est uniquement sacralisée au profit de certains, cette "dispute" intellectuelle entre deux penseurs de renom très différents est là pour témoigner de nous rappeler l'importance des débats d'idées respectueux et courtois.