Héroisme et philosophie. Avec Yvan Blot à l'Association Dialogue Franco-Russe.


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12.01.2016

Dans cette conférence, Yvan Blot traite des rapports de l’héroïsme et de la philosophie de quatre points de vues différents.

 1. Héroïsme et christianisme
Le christianisme est une religion héroïque. Le Christ est la figure héroïque par excellence puisqu’il donne sa vie pour sauver les autres hommes. Sa mère, la Vierge Marie, est héroïque pour avoir accepté le sacrifice de son fils. Beaucoup de saints sont en même temps des héros (mais tous ces héros ne sont pas des saints). Jeanne d’Arc est l’exemple français par excellence. Pour les philosophes existentiels chrétiens comme Pascal et Kierkegaard, le héros chrétien donne du sens à sa vie en se tournant vers l’immortalité. Saint Jean Climaque (VIIe siècle de notre ère) décrit le cheminement héroïque du chrétien qui se rapproche de Dieu. Dans son livre L’échelle sainte il décrit la montée de l’échelle qui mène à Dieu par la maitrise des instincts, des passions et de l’intellect. Il y a de l’héroïsme dans ce mysticisme.
 2. Anthropologie et personne héroïque
Elle est au centre d’une bonne partie de notre littérature et notamment dans les tragédies. Elle fait l’objet du célèbre livre de Carlisle Les Héros. L’anthropologie de Gehlen montre l’importance de la personnalité héroïque dans notre civilisation.
 3. Tradition et héroïsme
Les traditions cultivent l’héroïsme comme le montrent Hayek, Burke, Dumézil ou Ilyine. Les traditions contiennent une sagesse sélectionnée par l’histoire : les peuples qui honorent leurs héros survivent mieux aux épreuves.
 4. L’héroïsme et la philosophie de l’être.
Pour ses philosophes, l’authenticité est dans l’héroïsme : Nietzsche propose aux humains qui ont perdu Dieu un succédané sous la forme du Surhomme. Berdiaev voit l’étincelle divine dans l’homme dans sa capacité de création. Soloviev voit dans l’héroïsme la façon de cultiver le bien face à la tentation utilititariste (voir son livre sur La justification du Bien). Heidegger, comme Nietzsche, remonte à la Grèce antique qui a le culte des héros depuis Homère et les Tragiques. Il tire sa vision de l’homme de Sophocle dans Antigone : l’homme est l’être le plus dangereux qui s’aventure partout et qui emploie la violence, technique, pour s’affirmer dans l’histoire face à la justice cosmique. L’homme est le site de l’œuvre qui est risquée mais qui est le signe de sa part de divinité.

En ce sens, l’homme héroïque incarne la plénitude de l’être humain. Le refus de l’héroïsme est un refus d’assumer pleinement la condition humaine sur terre.

Les intellectuels français, une histoire à écrire. Avec Shlomo Sand sur France Culture.


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04.2016

L'historien israélien Shlomo Sand esquisse une petite histoire des intellectuels français, de Voltaire à Michel Onfray.
Depuis le mouvement des Lumières jusqu'aux philosophes médiatiques que nous connaissons et en passant par l'affaire Dreyfus qui a vu naître ce terme, c'est le rapport particulier que notre société française entretient avec les intellectuels qu'il est intéressant de questionner.
Car si les engagements furent par exemple assez différents face aux deux grandes idéologies du XXe siècle (le communisme et le fascisme), les positions sont également partagées devant les obsessions identitaires de notre temps.
Une réflexion qui devrait nous obliger à prendre du recul devant les déclarations des clercs qui ne sont que le reflet de l'air du temps.

Penser entre les langues. Avec Heinz Wismann pour Citéphilo à Lille.


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20.11.2013

"Tous les hommes vastes et profonds de ce siècle aspirèrent au fond, dans le secret travail de leur âme, à préparer cette synthèse nouvelle et voulurent incarner, par anticipation, l'Européen de l'avenir", écrit Nietzsche en 1885. C'est à cette tâche qu'Heinz Wismann s'est consacré en interrogeant les traditions intellectuelles qui, dans leurs différences et leurs contradictions, constituent la culture philosophique et scientifique contemporaine.
Au centre de ses activités de passeur entre l'Allemagne et la France : l'analyse des mécanismes par lesquels une tradition se sédimente et tout à la fois innove. La conception des rapports entre les langues en est le terrain d'exercice privilégié, car ce qui se joue entre elles modifie leur structure syntaxique. En déployant son enquête à l'intérieur d'un triangle allemand-français-grec, il met en lumière différentes hypothèses de sens, chaque fois portées par une autre manière de parler. Ainsi découvrons-nous comment certains auteurs majeurs ont dit dans leur langue autre chose que ce qu'elle dit communément : ils inventent une langue dans leur langue.
D'Homère à Benjamin, de Platon à Kant, de la philologie à la musique, de la langue au texte, c'est ce tissage de la pensée qu'Heinz Wismann évoque avec un savoir et un talent exceptionnels.

Présidentielles 2017 : et la France dans tout ça ? Avec Stéphane Blanchonnet au Centre Lesdiguières à Grenoble.


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16.01.2017

Les présidentielles, et avant elles les primaires, sont l'occasion pour les politiciens de droite et de gauche d'avancer des programmes prometteurs, de ruptures parfois, de paraître s'opposer entre eux sur le terrain des valeurs et des symboles.
Mais que restera-t-il de tout cela l'élection passée ? Pas grand chose nous enseigne l'expérience. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
Le temps est venu de remettre en cause le régime lui-même.

Louis Dumont (1911-1998). Avec Stéphane Vibert au Collège des Bernardins.


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01.06.2016

Anthropologue, spécialiste de l'Inde, Louis Dumont a nourri toute une réflexion sur les sociétés occidentales. Partant de l'étude des castes, il procède par "détour anthropologique" : confrontation avec des mondes humains radicalement différents qui induit une compréhension renouvelée de la culture occidentale, de son histoire et de son originalité. Aussi, toute l'entreprise de Dumont - dont l'œuvre traverse les domaines les plus variés : philosophie, histoire, droit, sciences politiques, sociologie, anthropologie - tente-t-elle de mieux appréhender les contours d'une modernité centrée autour de l'individualisme, en contraste avec le holisme porté par d'autres civilisations, dont l'Inde constitue le paradigme.
Car même dans les régimes démocratiques, la prééminence en valeur de l'individu libre, moral et rationnel, ne reste pas moins soumise à l'existence d'une société comme "sens, domaine et condition du sens", dont les significations partagées contribuent à définir le "bien commun".

La notion d'identité culturelle a-t-elle un sens ? Avec François Jullien chez Etienne Klein sur France Culture.


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05.11.2016

La question de l’identité, que celle-ci soit nationale, culturelle ou autre, semble devenir la grande affaire de la prochaine campagne présidentielle.
Pour d’aucuns, notre identité viendrait de nos ancêtres les gaulois, qui auraient ainsi l’étrange particularité de ne pas avoir d’ancêtres, car s’ils en avaient, nos ancêtres ne seraient pas les Gaulois, mais les ancêtres des Gaulois, et même les ancêtres des ancêtres des Gaulois, et on n’en finirait pas…. Pour d’autres, notre identité n’aurait pas d’origine précise, mais un qualificatif : malheureuse, ou bien menacée, ou même déjà fracturée, ou, au contraire, potentiellement heureuse.
Pendant longtemps, l’identité a été une notion simple. Elle consistait à découvrir que deux choses qu’on croyait distinctes n’étaient en fait qu’une seule et même chose : dire que la chose A était identique à la chose B, c’était dire qu’il n’y avait en réalité qu’une seule et même chose, que nous appelions tantôt A, tantôt B. Mais aujourd’hui, il est devenu courant qu’un guide touristique nous dise que tel quartier a "conservé son identité".
L’identité serait désormais une qualité que l’on peut conserver, donc aussi une qualité que l’on peut perdre ou que l’on peut vouloir défendre contre ce qui menace de la détruire. Mais qu’est-ce que l’identité d’un quartier ? Dans un guide touristique plus ancien, on aurait parlé du "caractère" du quartier, voire de son âme, mais pas de son identité.
Sans doute le mot identité dit-il quelque chose de plus. Dans l’exemple du quartier, il s’agit d’un territoire qui pourrait être absorbé par la masse urbaine qui l’environne, et aussi d’une population qui y vit. Ce qui permet au mot identité de désigner non seulement une qualité propre à cette partie de la ville, mais aussi un attachement des habitants à leur manière d’y vivre. Que deviendrait le quartier si, comme on dit, il "perdait son identité" ? On répondra qu’il ne serait plus lui-même. Cela voudrait-il dire qu’il aurait disparu ? Ou alors qu’il existerait encore, mais de manière indistincte, confondu qu’il serait avec le milieu qui l’entoure ? Le problème est de savoir comment préserver son identité si l’environnement change. En la changeant, me direz-vous. Certes, mais si on la change, c’est qu’elle n’est plus la même. Et si elle n’est plus là-même, c’est qu’on l’a perdue… Décidément, l’identité a bien des embarras.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Cercle Aristote.


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12.2016

Pour ce Grand Entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique et géopolitique du mois de décembre 2016.

PARTIE 1:
00. Actualité du Cercle Aristote
 POLITIQUE INTERIEURE
01. Jean-Pierre Pernaut dérape sur les migrants
02. Boris Boillon réintégré au Quai d’Orsay
03. Air France : prison avec sursis pour 3 ex-salariés
04. DOSSIER PRIMAIRE A DROITE

PARTIE 2:
05. La procédure de destitution de François Hollande
06. DOSSIER PRIMAIRE A GAUCHE
07. Bercy/SG : décision couverte par le secret fiscal
08. La Chine au capital d’Areva : une nouvelle trahison
09. Sarkozy/Guant : révélations de Z. Takieddine
10. Attentat déjoué à Strasbourg : des terroristes en liberté
11. Gendarme tué par un repris de justice lors d’un contrôle routier
12. Prime de 2500 euros pour encourager les migrants à rentrer dans leur pays
13. Délit d’entrave à l’IVG étendu aux sites internet
14. Sausage Party, le dessin animé porno bisexuel
15. Quelle est votre position sur le droit du sol ?
16. Noam Chomsky annulé à l’AN pour son ‘soutien’ à Faurisson
17. Déclaration du mois de novembre : Juppé, Koenig, Apathie

PARTIE 3:
 POLITIQUE EXTERIEURE
18. Elections américaines : retour sur la victoire de Donald Trump
19. Mort de Fidel Castro à 90 ans.
20. Syrie : les bombardements s’intensifient à Alep
21. La Russie et les Philippines se retirent de la CPI
22. Le Rwanda ouvre une enquête sur le rôle de responsables Français dans le génocide
23. Merkel briguera un 4e mandat pour lutter contre le populisme
24. Qui succèdera à Martin Schultz à la tête du Parlement européen ?
25. Les Suisses votent NON à une sortie accélérée du nucléaire. Et en France ?
 CULTURE/DOCTRINE
26. Les pensées de Jacques Sapir et Frédéric Lordon
27. Votre avis sur l’historien Henri Guillemin ?
28. Quels étaient les liens entre Malraux et De Gaulle ?
29. Pouvez-vous revenir sur l’histoire de la planification ?
30. Peut-on "gouverner" la décroissance ?
 DISPARITIONS
31. Malek Chebel
32. Georges Balandier
 AUTRE
33. Initiatives

La psychanalyse et le fait religieux : l'attraction fondamentaliste. Avec Marcel Gauchet pour l'Espace Analytique à Paris.


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10.03.2016

Notre siècle voit coexister un éloignement de la pratique religieuse comme fait social structurant avec des retours brutaux de son invocation politique. Il est apparu que ce qui pour certains n’avait pas d’avenir en un siècle athée, et qui pour Freud était une illusion, a bel et bien un présent.
La psychanalyse mesure selon ses concepts la place du fait religieux pour l’être parlant, elle en pèse le poids, étudie les ressorts de la croyance, évalue les conditions de l’athéisme.
Il est temps d’évaluer ce que l’élaboration  psychanalytique observe du fait religieux, et ce qu’elle reconnaît comme efficace structurel susceptible d’assurer les fonctions nécessaires à la construction du sujet, que cela accompagne ou non une croyance religieuse, laquelle peut aussi bien participer à une structure efficace qu’être utilisée comme ravage.