La notion d'identité culturelle a-t-elle un sens ? Avec François Jullien chez Etienne Klein sur France Culture.


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05.11.2016

La question de l’identité, que celle-ci soit nationale, culturelle ou autre, semble devenir la grande affaire de la prochaine campagne présidentielle.
Pour d’aucuns, notre identité viendrait de nos ancêtres les gaulois, qui auraient ainsi l’étrange particularité de ne pas avoir d’ancêtres, car s’ils en avaient, nos ancêtres ne seraient pas les Gaulois, mais les ancêtres des Gaulois, et même les ancêtres des ancêtres des Gaulois, et on n’en finirait pas…. Pour d’autres, notre identité n’aurait pas d’origine précise, mais un qualificatif : malheureuse, ou bien menacée, ou même déjà fracturée, ou, au contraire, potentiellement heureuse.
Pendant longtemps, l’identité a été une notion simple. Elle consistait à découvrir que deux choses qu’on croyait distinctes n’étaient en fait qu’une seule et même chose : dire que la chose A était identique à la chose B, c’était dire qu’il n’y avait en réalité qu’une seule et même chose, que nous appelions tantôt A, tantôt B. Mais aujourd’hui, il est devenu courant qu’un guide touristique nous dise que tel quartier a "conservé son identité".
L’identité serait désormais une qualité que l’on peut conserver, donc aussi une qualité que l’on peut perdre ou que l’on peut vouloir défendre contre ce qui menace de la détruire. Mais qu’est-ce que l’identité d’un quartier ? Dans un guide touristique plus ancien, on aurait parlé du "caractère" du quartier, voire de son âme, mais pas de son identité.
Sans doute le mot identité dit-il quelque chose de plus. Dans l’exemple du quartier, il s’agit d’un territoire qui pourrait être absorbé par la masse urbaine qui l’environne, et aussi d’une population qui y vit. Ce qui permet au mot identité de désigner non seulement une qualité propre à cette partie de la ville, mais aussi un attachement des habitants à leur manière d’y vivre. Que deviendrait le quartier si, comme on dit, il "perdait son identité" ? On répondra qu’il ne serait plus lui-même. Cela voudrait-il dire qu’il aurait disparu ? Ou alors qu’il existerait encore, mais de manière indistincte, confondu qu’il serait avec le milieu qui l’entoure ? Le problème est de savoir comment préserver son identité si l’environnement change. En la changeant, me direz-vous. Certes, mais si on la change, c’est qu’elle n’est plus la même. Et si elle n’est plus là-même, c’est qu’on l’a perdue… Décidément, l’identité a bien des embarras.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Cercle Aristote.


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12.2016

Pour ce Grand Entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique et géopolitique du mois de décembre 2016.

PARTIE 1:
00. Actualité du Cercle Aristote
 POLITIQUE INTERIEURE
01. Jean-Pierre Pernaut dérape sur les migrants
02. Boris Boillon réintégré au Quai d’Orsay
03. Air France : prison avec sursis pour 3 ex-salariés
04. DOSSIER PRIMAIRE A DROITE

PARTIE 2:
05. La procédure de destitution de François Hollande
06. DOSSIER PRIMAIRE A GAUCHE
07. Bercy/SG : décision couverte par le secret fiscal
08. La Chine au capital d’Areva : une nouvelle trahison
09. Sarkozy/Guant : révélations de Z. Takieddine
10. Attentat déjoué à Strasbourg : des terroristes en liberté
11. Gendarme tué par un repris de justice lors d’un contrôle routier
12. Prime de 2500 euros pour encourager les migrants à rentrer dans leur pays
13. Délit d’entrave à l’IVG étendu aux sites internet
14. Sausage Party, le dessin animé porno bisexuel
15. Quelle est votre position sur le droit du sol ?
16. Noam Chomsky annulé à l’AN pour son ‘soutien’ à Faurisson
17. Déclaration du mois de novembre : Juppé, Koenig, Apathie

PARTIE 3:
 POLITIQUE EXTERIEURE
18. Elections américaines : retour sur la victoire de Donald Trump
19. Mort de Fidel Castro à 90 ans.
20. Syrie : les bombardements s’intensifient à Alep
21. La Russie et les Philippines se retirent de la CPI
22. Le Rwanda ouvre une enquête sur le rôle de responsables Français dans le génocide
23. Merkel briguera un 4e mandat pour lutter contre le populisme
24. Qui succèdera à Martin Schultz à la tête du Parlement européen ?
25. Les Suisses votent NON à une sortie accélérée du nucléaire. Et en France ?
 CULTURE/DOCTRINE
26. Les pensées de Jacques Sapir et Frédéric Lordon
27. Votre avis sur l’historien Henri Guillemin ?
28. Quels étaient les liens entre Malraux et De Gaulle ?
29. Pouvez-vous revenir sur l’histoire de la planification ?
30. Peut-on "gouverner" la décroissance ?
 DISPARITIONS
31. Malek Chebel
32. Georges Balandier
 AUTRE
33. Initiatives

La psychanalyse et le fait religieux : l'attraction fondamentaliste. Avec Marcel Gauchet pour l'Espace Analytique à Paris.


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10.03.2016

Notre siècle voit coexister un éloignement de la pratique religieuse comme fait social structurant avec des retours brutaux de son invocation politique. Il est apparu que ce qui pour certains n’avait pas d’avenir en un siècle athée, et qui pour Freud était une illusion, a bel et bien un présent.
La psychanalyse mesure selon ses concepts la place du fait religieux pour l’être parlant, elle en pèse le poids, étudie les ressorts de la croyance, évalue les conditions de l’athéisme.
Il est temps d’évaluer ce que l’élaboration  psychanalytique observe du fait religieux, et ce qu’elle reconnaît comme efficace structurel susceptible d’assurer les fonctions nécessaires à la construction du sujet, que cela accompagne ou non une croyance religieuse, laquelle peut aussi bien participer à une structure efficace qu’être utilisée comme ravage.

Fillon, Le Pen, Hollande et les autres. Avec Eric Zemmour sur TV Libertés.


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11.2016

Interrogé par Martial Bild, le journaliste et écrivain Eric Zemmour évoque 3 thèmes essentiels dans ce long entretien : le grand défi de l’Islam, la liberté d’expression et le débat politique actuel.
Après avoir rappelé que l’Islam est incompatible avec la démocratie et la France, il revient sur sa condamnation pour “provocation à la haine raciale” et dénonce une accélération de la restriction des libertés publiques et tout particulièrement de la liberté d’expression.
Très librement, il juge les actions et les propositions des différents dirigeants politiques de Le Pen à Mélenchon en passant par Hollande et Fillon.
Enfin, et pour la première fois, il évoque le travail de la réinformation en France.

Peut-on parler de conflit des civilisations ? Avec Denis Collin à l'Université Populaire d'Évreux.


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18.11.2016

Les tenants de la mondialisation capitaliste et les marxistes orthodoxes s'accordent sur un point : la vision économiste des rapports sociaux. Les religions, cultures et cilivsations n'auraient aucune logique propre et ne seraient que les produits de l'évolution de la structure économique.
À l'opposé de cette grille de lecture, il semble tout autant erroné de faire du conflit des civilisations un facteur autonome, surdéterminant la marche du monde.
Quelle est le schème explicatif adéquant ? Il nous faut, dans ce domaine comme dans tous les autres, une approche "dialectique", c’est-à-dire articulant les différents niveaux et les différentes formes de conflits.

Europa. Avec Robert Steuckers pour les éditions BIOS.


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10.2016

Robert Steuckers nous présente sa trilogie EUROPA, fruit de plusieurs années de travail et de réflexions.
Au travers de ces trois volumes, il met à disposition du lecteur curieux un arsenal historique et géopolitique qui forme un argumentaire se concevant avant tout comme une arme de construction culturelle. Elle offre à chacun l’occasion de se nourrir des profondeurs de notre histoire pour mieux nous donner une projection fidèle à l’esprit et à la mesure de notre continent.
Une réflexion indispensable et salutaire.

La mort des langues. Avec Marc Bonnant pour le Mouvement Chrétien Conservateur à Fully.


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27.05.2016

La langue française est-elle une espèce en voie de disparition ? À y regarder de près, il semblerait bien que oui !
C'est en tout cas ce que plaide Maître Bonnant dans une causerie empreinte de nostalgie, mais portée par l'amour et la passion des mots qui servent la pensée.

Le populisme. Avec Vincent Coussedière au Club Gutenberg à Strasbourg.


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22.11.2016

Si un éloge du populisme reste possible, c’est parce que le populisme n’est pas ce phénomène de ressentiment identitaire critiqué par les experts, confondant populisme du peuple et démagogie populiste. Le populisme est d’abord une affirmation, l’affirmation d’un attachement profond à une tradition qu’il s’agit d’imiter. Ce que le peuple veut conserver, ce n’est pas son identité, car il n’a pas d’identité et il le sait. Ce qu’il veut conserver, c’est sa capacité d’imiter une tradition et de reconnaître la similitude de ceux qui l’imitent avec lui. C’est très maladroitement que les mouvements populistes expriment leur revendication dans un langage identitaire, tombant ainsi dans le piège des démagogues. Etre conservateur ne consiste pas à vouloir conserver une identité mais à vouloir conserver une liberté.
A rebours de cette interprétation méprisante du "populisme", Vincent Coussedière propose une réévaluation du phénomène. Le populisme n’est plus rabattu sur une forme de démagogie et d’appel au peuple, mais il est repensé comme la réaction, saine en elle-même, d’un peuple politique à sa destruction. Car il y a plus de mémoire politique dans le populisme du peuple que dans les interprétations que proposent les experts de "la tentation" populiste ou de "l’illusion" populiste. C’est cette mémoire politique, retenue encore dans le peuple populiste, et perdue par les élites, qui ménage paradoxalement un avenir aux peuples de nos pays.