Suburbex, l'exploration suburbaine entre errance et anonymat. Avec Bruce Bégout à l'Université de Toulouse.


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08.02.2016

Le philosophe Bruce Bégout a longtemps arpenté les villes, à la fois physiquement et intellectuellement. Il essaie de créer une sorte de parcours à la fois philosophique mais aussi transdisciplinaire, utilisant toutes les ressources possibles, de la littérature, de la photographie, des sciences humaines et de l'histoire et pratiquant trois genres d'écritures pour explorer les nouveaux territoires, que ce soit le genre de l'analyse théorique pure, le genre de l'essai ou le genre de la fiction.
Dans cette communication, Bruce Bégout s'intéresse aux friches, plus particulièrement à ce qu'il appelle le troisième âge de la friche qui est un élément central de la "suburbia", marquée par un effort de rationalisation en zones commerciales, zones de travail et zones d'habitations pavillonnaires et de cités, de l'homogénéisation des fonctions mais dont on s'aperçoit qu'il est un espace extrêmement chaotique puisque sont rassemblés là des gens, des pratiques, des univers assez différents qui coexistent et montrent une hétérogénéité plus grande de modes de vie que la relative homogénéité culturelle et existentielle des centres-villes.
La "suburbia" est souvent disqualifiée : manque de mixité, de proximité, d'équipements -notamment culturels, manque d'échanges et de sociabilité, manque de beauté. Mais elle n'est pas simplement un espace du manque ; cette négativité est la positivité même de cet espace. Pour les philosophes, les écrivains, les chercheurs, il s'y passe quelque chose. Dans les marges de la ville disqualifiée, il y a la possibilité de l'émergence du sens, d'un sens qui aurait fait l'épreuve de la négativité et, au prix d'une éventuelle destruction, de la création. L'expérience de la négativité est présente dans l'expérience de ces ruines contemporaines que sont les friches qui comprennent les usines désaffectées, les cars abandonnés, les lieux oubliés de la modernité, jamais totalement vides...

Temps et éternité, par Henri Blocher.


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1975

Le sujet du temps et de l'éternité par rapport à Dieu est parsemé d'embûches. Quelles que soient les indices fournis par le langage biblique, ils ne suffisent pas : ils appellent le complément d'une utilisation plus globale et théologique de l'Écriture.
Les arguments philologico-exégétiques en faveur de la conception "classique", qui implique l'antithèse du temps et de l'éternité, vont dans chaque cas un peu au-delà de ce que la preuve justifie clairement.
Un examen sérieux nous incite à chercher un substitut à l'idée d'intemporalité pure, mais sans aller à l'extrême opposé. Car l'Écriture témoigne à la fois de la possession immuable par Dieu de sa vie illimitée et du renouvellement authentique de sa grâce chaque matin, un renouvellement qui semble avoir du sens pour Dieu lui-même.

Le travail et l'oeuvre : Heidegger et Marx. Avec Franck Fischbach à l'Université Nice Sophia-Antipolis.


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29.05.2011

Certaines des évolutions les plus négatives des sociétés contemporaines confèrent une actualité nouvelle au concept d'aliénation selon la compréhension qu'en ont proposée des penseurs aussi apparemment éloignés l'un de l'autre que Marx et Heidegger : l'aliénation comprise comme privation de monde. Nos sociétés mondialisées sont ainsi, paradoxalement, celles où s'impose l'expérience d'une privation de monde sans précédent.
Plusieurs dimensions de cette privation sont analysées dans ce cours, notamment l'expérience temporelle d'un présent éternel, l'épuisement de l'historicité et l'accélération frénétique des maintenant successifs.
Quant au lieu où se joue originairement la privation de monde, Franck Fischbach soutient la thèse qu'il s'agit du travail dans la forme salariale qui est la sienne sous le capital et dont le caractère mutilant n'a cessé d'être amplifié par les plus récentes évolutions.
C'est donc aussi d'une transformation du travail que dépend la possibilité d'un advenir historique de l'être de l'homme dans le monde.

Un cours qui s'inscrit dans le séminaire du "Centre de Recherches en Histoires des Idées".

L'éveil des consciences. Avec Frédéric Delavier pour E&R à Mulhouse.


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27.10.2018

Pour comprendre le monde et devenir un homme libre, il faut, avec pragmatisme, se détacher de son animalité. En se détachant de ses passions humaines qui ne sont que des pulsions animales, sous couvert de sentiments humains, et ne garder que deux paradigmes permettant d’avoir une vision claire, nette et précise de ce que nous sommes réellement et du fonctionnement du monde.
Premièrement : il faut toujours concevoir le monde comme un ensemble de flux énergétiques, de prédation et d’échanges caloriques entre les êtres. Chaque être ou entité organique, que ce soit l’individu ou le groupe, ayant pour fonction de prendre la calorie et de la conserver pour rester en vie et la transmettre avant de mourir.
Secondement : il faut avoir à l’esprit que dans un groupe, tout caractère physique ou tout comportement qui se conserve au cours du temps a toujours une fonction positive pour ce groupe, même si ce caractère paraît inutile ou ce comportement paraît stupide, car dans la nature tout ce qui n’est pas positif pour le groupe finit fatalement à plus ou moins long terme par être éliminé.
En comprenant que toutes nos relations et comportements ne sont que des relations énergétiques, et que ce qui perdure dans une communauté organique de l’ordre du caractère physique, comportemental ou culturel, a toujours une valeur positive pour le groupe, on devient un être éveillé, détaché spirituellement de ses passions, capable enfin de raisonner avec sagesse.
Quand nous aurons intégré cela, nous rechercherons instinctivement pourquoi des comportements paraissant si stupides, cruels ou primitifs perdurent, et quelles causes énergétiques se cachent derrière les luttes entre États, des conflits religieux, des haines entre individus ou des rapprochements amoureux.
Cette façon de penser le monde peut être intégrée dans tous les domaines de la vie organique, de la cellule à la civilisation, en passant par l’individu et la communauté et fera de nous des hommes capables de diriger notre vie en choisissant notre avenir en pleine conscience.
Nous serons alors des surhommes, nous serons alors des hommes libres.

Bergson (1859-1941), ou Achille rattrape enfin la tortue. Avec Angèle Kraemer Marietti, Gérard Chomienne et Jean-Claude Pariente sur France Culture.


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16.06.1988

Peu d'œuvres philosophiques et peu d'hommes ont été célébrés avec autant d'honneurs, aimés, acclamés avec autant de ferveur et... délaissés avec autant de légèreté.
La nuit de la guerre aura marqué ce retournement brutal pour celui qui refusa tous les avantages que le gouvernement de Vichy, mal à l'aise, tentait d'offrir à ce juif si français, illustre entre tous. Cette marque du destin met en évidence, plus que tout, que Bergson fut le philosophe de la fidélité à soi.
C'est à cette haute idée de la liberté que cette émission s'attache dans l'œuvre et la vie de cet homme qu'un Péguy, un Merleau-Ponty ou un Jankélévitch ont reconnu comme de leur lignée.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Catherine Ardent et Jacques Taroni.

"Nec metu nec spe" : morale et temps dans la tradition stoicienne. Avec Pierre Caye à l'Institut d'études lévinassiennes.


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19.01.2017

Notre morale actuelle repose essentiellement sur la maîtrise. C'est en historien de la philosophie que Pierre Caye nous rappelle une autre tradition, celle du stoïcisme.
En son temps, celle-ci a constitué une nouveauté radicale en ce que le temps n'était plus appréhendé comme un donné de la nature, mais s'envisageait alors comme construction par l'esprit.
Un rappel utile alors qu'il se pourrait que nous devions apprendre à vivre autrement...

Le pouvoir du projet ou de l'architecture comme critique du système productif contemporain. Avec Pierre Caye à l'Université catholique de Louvain.


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30.10.2014

Pierre Caye, philosophe, mène ses recherches sur le De architectura de Vitruve et sur la théorie architecturale à l’âge humaniste et classique. Il s’agit de mesurer l’importance de la discipline architecturale non seulement dans la constitution de la théorie de l’art du XVème jusqu’au début du XIXème siècle, mais, plus généralement encore, dans l’élaboration d’un paradigme inédit de la technique, distant à la fois du monde des artisans et de celui des ingénieurs, paradigme qui certes annonce par maints traits (culture du projet, emploi des mathématiques, etc.) la technique des Modernes mais en entretenant avec la nature un rapport radicalement distinct de l’approche démiurgique que propose cette dernière.
Recherche qui, à travers la perspective technique ainsi revisitée, permet de questionner différemment les rapports de l’homme au pouvoir et à son horizon métaphysique.

Phénoménologie des objets temporels audiovisuels. Avec Bernard Stiegler à l'Université de technologie de Compiègne.


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2015

Le système mondial repose désormais intégralement sur les technologies numériques. Une conséquence majeure de cet état de fait est l’intégration fonctionnelle des mnémotechnologies au système de production des biens matériels, ce qui constitue une immense rupture historique : ce sont les dispositifs de production des symboles qui sont désormais totalement absorbés par l’organisation mondiale du commerce et de l’industrie. Les industries culturelles se sont emparées des dispositifs rétentionnels et configurent le temps dans sa forme la plus pure : comme flux de conscience.
C'est en suivant, actualisant la phénoménologie husserlienne et en l'appliquant à l'étude du cinéma que Bernard Stiegler nous montre l’importance de la compréhension du processus d’extériorisation technique de l’imagination qui permet le devenir industriel de l’activité de l’esprit et, partant, sa soumission exclusive aux critères marchands de sélection.