Les affects de la politique. Avec Frédéric Lordon à la Sorbonne.


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18.01.2017

Que la politique soit en proie aux "passions", tout le monde l'accordera. Autrement malaisé serait de faire entendre que les affects constituent son étoffe même. La politique n'est-elle pas aussi affaire d'idées et d'arguments, et les "passions" ne sont-elles pas finalement que distorsion de cet idéal d'une politique discursive rationnelle ?
Le point de vue spinoziste bouscule la fausse évidence d'une antinomie entre les "idées" et les affects. On émet bien des idées pour faire quelque chose à quelqu'un - pour l'affecter. Et, réciproquement, les idées, spécialement les idées politiques, ne nous font quelque chose que si elles sont accompagnées d'affects. Faute de quoi, elles nous laissent indifférents.
En "temps ordinaires" comme dans les moments de soulèvement, la politique, idées comprises, est alors un grand jeu d'affects collectifs.

Une conférence qui s'inscrit dans le séminaire "Actualité de la philosophie et des sciences sociales" organisé par Geoffroy de Lagasnerie.

La "merde" de l'économie politique. Avec Francis Cousin pour le Cercle Marx.


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05.2017

Il est toujours très stimulant de discuter avec Francis Cousin ! Indépendamment de la validité de certaines de ses positions et analyses, l'homme est objectivement impressionnant au niveau de l'énergie intellectuelle déployée : on ne s'ennuie jamais !

Contenu détaillé de l'entretien :
 0'00'00 : Un entretien communiste et non marxien / Critique de la démocratie / Les élections présidentielles françaises / Libre-échange et protectionnisme / Critique du Front National / Macron et la banque Rothschild / La classe politique française / Critique de l’antifascisme / Critique de la social-démocratie / Critique du parti "communiste" français / Critique de la gauche du Capital / Le terrorisme comme phénomène capitaliste et étatique / La 8eme section du livre I du Capital / Le capitalisme comme révolution agricole / Critique de Trotski / Terrorisme et Communisme / Eugène Varlin contre le blanquisme / L'importance de la baisse tendancielle du taux de profit / Sanguinetti : du terrorisme et de l’État / Retour sur l’œuvre de Guy Debord / La place du situationnisme dans l'histoire de la pensée critique / Critique de la société de l'indistinction / Le travail de Francis Cousin
 0:51:00 : Questionnement sur les derniers attentats / Critique des vérités officielles / Le monde de la réalité renversée / L'importance du chapitre inédit : domination réelle et domination formelle du Capital / L'œuvre critique de Marx et sa profonde cohérence / L'inachèvement de l'œuvre de Marx / La disparition de la politique / Histoire de la philosophie : des présocratiques jusqu'à Kant / Hegel / La falsification léniniste de Marx / Marx contre Lénine / Marx critique du marxisme / L'importance de la Critique du programme de Gotha / Marx contre le capitalisme d’État / Marx critique du bolchevisme / La révolte de Kronstadt / La phase de transition / La falsification du concept de dictature du prolétariat / Critique de l’État / Les différentes phases du communisme / La révolution et l'auto-émancipation prolétarienne universelle / Critique de Proudhon / Critique du survivalisme / Mai 68 / Perspectives sur la crise terminale / Critique du narcissisme contemporain / L'autonomie de la pensée et le déterminisme historique / Héraclite
 1'34'00 : Le détournement situationniste comme pratique de l'anti-idéologie / Le vrai comme moment du faux / L'importance de la distinction entre domination formelle et domination réelle / Dépasser dialectiquement Debord avec Marx / L'importance de la baisse tendancielle du taux de profit / L'importance de Hegel / Apparence, Essence et Concept / La méthode dialectique hégélienne / Travail vivant et travail mort / Valorisation et dévalorisation / Smith et Ricardo / La plus-value en domination formelle et réelle / La saturation des marchés / Révolution prolétarienne ou 3eme guerre mondiale ? / Commentaires sur l'extrême radicalité des temps derniers / Le déterminisme historique / Bordiga / Critique de la science / Les présocratiques / Critique de Heidegger / Jacques Ellul / Bernanos / René Guenon / Critique de l'Université / Spinoza dans l'histoire de la philosophie / Spinoza vs Descartes / Spinoza et Hegel / Bordiga et le déterminisme historique / Éros et Thanatos / Freud / Castoriadis / Critique de Clouscard / Sade / Critique de la pathologie du pouvoir / Mai 68 / Les réseaux pédocriminels / L'affaire Pizzagate : la marchandisation des enfants / Maximilien Rubel et la question des traductions de Marx / Pierre Clastres et la chronique des Indiens Guayaki
 Conclusion : la merde de l'économie politique et l'abolition de la société spectaculaire-marchande.

Imperium. Avec Frédéric Lordon à l'Ecole Normale Supérieure.


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06.10.2015

Que faire des idéaux que sont l'internationalisme, le dépérissement de l'Etat et l'horizontalité radicale ? Les penser. Non pas sur le mode de la psalmodie mais selon leurs conditions de possibilité.
Ou d'impossibilité ? C'est plutôt la thèse que défend Frédéric Lordon, mais sous une modalité décisive : voir l'impossible sans désarmer de désirer l'impossible. C'est-à-dire, non pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais faire obstinément du chemin. En sachant qu'on n'en verra pas le bout.
Les hommes s'assemblent sous l'effet de forces passionnelles collectives dont Spinoza donne le principe le plus général : l'imperium - "ce droit que définit la puissance de la multitude". Et Frédéric Lordon de déplier méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé. Pour établir que la servitude passionnelle, qui est notre condition, nous voue à la fragmentation du monde en ensembles finis distincts, à la verticalité d'où ils tirent le principe de leur consistance, et à la capture du pouvoir.
Il ne s'en suit nullement que l'émancipation ait à s'effacer de notre paysage mental - au contraire ! Mais elle doit y retrouver son juste statut : celui d'une idée régulatrice, dont l'horizon est le communisme de la raison.

Entre crise et guerre : philosopher ? Avec Dominique Pagani à la Commune libre d'Aligre à Paris.


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2015

Plutôt qu’une reconstitution linéaire de l’histoire de la philosophie, l’intervention portera surtout sur ce qui, à la faveur de la crise en cours, fait surgir la spécificité de l’interrogation philosophique en général, via ses concepts les plus récurrents.
La référence aux auteurs servira à illustrer les problématiques ainsi dégagées, autant que leurs effets transversaux dans les champs concernés : du poétique au politique, en passant par le religieux ou le scientifique.

Spinoza pour Marx et les Marxismes : un chantier ouvert. Avec André Tosel à l'Université Paris VIII Vincennes.


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19.03.2015

Nous manquons d’une étude d’ensemble sur l’appropriation par Marx de la pensée de Spinoza.
Une double approche serait nécessaire : philologique et philosophique. La première recenserait les occurrences explicités de Spinoza dans le recherche en devenir de Marx et évaluerait leur portée ; la seconde interpréterait la présence implicite à l’état pratique la pensée spinozienne dans les problématiques marxiennes, par-delà les thèses générales concernant l’immanence, le matérialisme, la causalité, la critique de la métaphysique et de la théologie, l’anthropologie des affects et l’émancipation.
Engels est présent en contrepoint avec sa recherche du "dialectique" dans la nature.
Il est de fait que la référence à Spinoza est effective dans les marxismes de la Seconde Internationale (le russe Georgi Plekhanov et la conception matérialiste moniste de l’histoire, proche d’Engels, l’italien Antonio Labriola et l’immanence des pratiques, qui suit la voie non engelsienne d’une philosophie "travailliste" de la praxis). À chaque fois il s’agit du débat sur ce qu’est on n’est pas la philosophie de Marx.
Mais il faut attendre l’intervention de Louis Althusser qui coïncide avec le renouveau des études spinoziennes en France (Gueroult, Matheron et surtout Deleuze) pour que la référence à Spinoza devienne constitutive de ce qui a été l’ultime réélaboration d’ensemble de la pensée marxiste, dans la perspective d’une relance du mouvement révolutionnaire en occident après celle de Gramsci (dont la pensée n’agit qu’après les années cinquante).
Là encore rien n’est simple parce que la recherche inachevée et tourmentée d’Althusser, en syntonie avec celle de certains de ses anciens élèves, fins connaisseurs de Spinoza (Macherey, Balibar), s’articule en plusieurs moments.
André Tosel se concentre sur Althusser chez qui la référence à Spinoza est à la fois permanente et relativement développée : quelle fonction à la théorie de la connaissance spinozienne dans l’épistémologie de Pour Marx et de Lire Le Capital ? Quel Spinoza insiste dans les textes des années 1968-1978 où Althusser critique son théoricisme antérieur et cherche à purifier Marx de son téléologisme messianique et à produire le concept de pratiques insuffisamment analysées, la politique et l’idéologie ? Quel Spinoza fait encore retour au sein du matérialisme de la rencontre qu’Althusser propose dans la phase ultime de sa parabole comme expression adéquate du seul matérialisme effectif ? En quoi Spinoza peut-il aider à penser une conjoncture inédite où l’histoire a fait le vide des certitudes du mouvement ouvrier et liquidé les marxismes ?

Les affects de la politique. Avec Frédéric Lordon sur France Culture.


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21.10.2016

Les idées mènent-elles le monde ? Ou, à l'inverse, la politique n'est-elle qu'une affaire d'affects ? Ni l'une ni l'autre ! ou les deux ! Car une idée n'a de puissance que si elle nous affecte.
Et si les principes, les valeurs et les arguments politiques étaient alors les manifestations par excellence de notre vie passionnelle ? Et si sans affects, on ne pouvait pas changer le monde ?
De la chemise déchirée du DRH d'Air France à la littérature engagée de George Orwell, réponse avec le spinoziste Frédéric Lordon...

Emission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Le duel métaphysique entre Athènes et Jérusalem. Avec Bernard-Henri Lévy à l'Espace Rachi.


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12.2006

Conférence intéressante dans laquelle l'activiste politique Bernard-Henri Lévy nous présente, sans détour, sa vision du monde.
En prétextant de fournir une analyse de l'antagonisme métaphysique entre la pensée juive et la philosophie grecque, l'occasion lui est donnée de porter une attaque violente contre la tradition chrétienne et ses fondements, qualifés de sectaire et violent.
L'histoire des deux mille dernières années semblent alors se résumer en un combat entre l'oppresseur chrétien et le peuple juif, victime éternelle d'un monde jaloux et ingrat.
Ce cadre de pensée est essentiel à saisir, pour qui voudrait comprendre la vision du monde qui anime une certaine partie de la classe dirigeante.

Albert Camus et Le Mythe de Sisyphe. Avec André Comte-Sponville sur France Culture.


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2006

"Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie." Albert Camus