Avez-vous lu Polanyi ? Avec Jérome Maucourant et Bernard Chavance sur France Culture.


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11.11.2011

Pouvons-nous échapper à la fétichisation de l’économique et à l’emprise de la logique de marché ? Cela est sans doute possible si on prend la peine de lire et de relire Karl Polanyi 1886-1964. Car vouloir échapper à la vision économique du monde n’est pas vouloir échapper aux marchés. Il a toujours existé des économies avec des marchés, des foires, des ports, des places financières, mais l’apparition de l’économie de marché, qui fait parler les marchés, et craint leurs réactions comme s’il s’agissait de personnes, cela n’est pas si vieux. Le mythe du marché autorégulé – désencastré du rapport social – est finalement assez récent. Il date du XIX siècle.
Et c’est pour l’avoir dénoncé et s’être opposé à la société du tout-marchand, que Polanyi, adepte d’un socialisme démocratique, est devenu aujourd’hui une référence théorique importante.
Les trois dernières décennies ont connu, en effet, à l’échelle mondiale, un nouvel épisode d’utopie libérale que nombre de penseurs appellent le néolibéralisme.
Pour en comprendre les rouages et en analyser les propositions, Karl Polanyi reste un auteur précieux.
Emission "Les Nouveaux chemins de la connaissances".

Le commun comme détermination de l'agir. Avec Christian Laval et Pierre Dardot à Citéphilo.


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26.11.2010

Selon une première approche, le commun serait une détermination de certains biens dont la propriété intrinsèque serait de ne pas être appropriables à titre privé. Ce qui revient à classer les choses en termes de biens "communs", de biens "publics" ou de biens "privés".
Selon une autre approche, le commun devrait être soustrait à la catégorie de l’avoir : ce que nous aurions en partage, ce serait notre condition même d’êtres finis, déterminant comme une communauté du "manque".
Mais le commun n’est ni une détermination inhérente à une certaine catégorie de biens, ni une détermination relevant immédiatement du mode d’être de l’homme. Il est une détermination de l’agir : seul l’agir commun peut donner à des choses de devenir communes tout en produisant une figure inédite du collectif.

Doit-on craindre la montée du FN ? Emmanuel Todd et Bernard Stiegler débattent sur Mediapart.


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05.04.2013

Bernard Stiegler, auteur de "Pharmacologie du Front national", et Emmanuel Todd, auteur avec Hervé Le Bras de "Le Mystère français", ont débattu de la possibilité -ou non- de la montée du FN en France.
Série "Où va la France ?"

La contractualisation de la société. Avec Alain Supiot à l'Université de tous les savoirs.


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22.02.2000

L'idée s'est affirmée en Occident depuis deux siècles que le contrat serait l'aboutissement indépassable d'un progrès historique arrachant l'Homme aux sujétions des statuts pour le faire accéder à la liberté. Un mouvement irrésistible nous conduirait à un monde où chaque individu ne porterait pas d'autres chaînes que celles qu'il se fixe à lui-même. Mais le contrat n'est pas cet universel abstrait qu'on se plaît à imaginer : sa signification varie selon les cultures, les époques, et les contextes juridiques.
Le contrat n'est pas davantage cette pure relation binaire entre personnes égales, à quoi on croit pouvoir le réduire : il implique une foi commune en un Garant des pactes. Dès lors la contractualisation de la société ne signifie certainement pas une libération totale des individus. Elle est plutôt le symptôme du déclin des États et d'une "reféodalisation" du lien social.

Le mythe du progrès et du temps linéaire. Avec Alain Gras et Jacques Grinevald aux "3èmes Rencontres de Socio-Anthropologie" de Grenoble.


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21.01.2011

Nous sommes désormais dans l'ère de l'anthropocène avec une humanité devenue la principale cause des modifications de l'équilibre de la planète. Selon Alain Gras, la révolution industrielle n'a pas débuté au 18è siècle comme l'expliquent les manuels d'histoire, mais à la moitié du 19è siècle avec l'utilisation du feu comme source d'énergie. Le développement exponentiel de la civilisation technicienne ne concerne qu'un intervalle de temps très réduit.
Notre société se définit par la religion du progrès et le mythe d'un temps linéaire, en remplacement de la conception cyclique du temps des traditions qui nous ont précédé. Or, défend Alain Gras, tout est cyclique.
A l'inverse, notre modèle de développement se fonde sur la linéarité, laquelle se traduit par une exploitation des ressources énergétiques et minières non renouvelables jusqu'à leur épuisement, à l'inverse des sociétés traditionnelles ou de l'écosystème qui fonctionnent sur une architecture en boucle, répétable à l'infini.
Ainsi, le système économique actuel s'approche inéluctablement de son terme. La décroissance, cette tendance politique très minoritaire pour le moment, s'imposera par simple nécessité.

L'individualisme récupéré par la gauche intellectuelle anti-libérale. Avec Alain Laurent à l'Institut Coppet.


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30.01.2012

Inconsidérément délaissée par les penseurs libéraux contemporains, la problématique de l’individu et de l’individualisme est désormais en France l’objet d’un investissement théorique spectaculaire de la part de la gauche intellectuelle antilibérale.
A ceux qui y persistent à soutenir la thèse voulant que l’individu ne soit qu’une "illusion" ou une pure "construction sociale" à… déconstruire s’opposent de plus en plus de nouveaux venus pour qui, sur les ruines d’un individualisme libéral prétendument dépassé, il importe de construire un nouvel individu(alisme) calé sur des "supports" sociaux, institutionnels et étatiques sans lesquels il serait impensable et impossible.
Alain Laurent, intellectuel libéral, s'emploie à déconstruire cette récupération-contrefaçon. Il rappele que le paradigme individualiste (tant sociologique et méthodologique que moral) bien compris constitue la base matricielle objective de la philosophie libérale.

Capitalisme, parcellitarisme et démocratie. Avec Alain Caillé au séminaire Sophiapol.


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08.11.2010

La démocratie, forme de gouvernement politique occidental, s'est globalement imposée comme l'horizon politique indépassable. Alain Caillé explique que ce succès est en grande partie due à la promesse de croissance économique accompagnant ce projet. La seule question à se poser est donc la suivante : comment éviter le retour à des formes violentes de gouvernement (totalitarisme) lorsque l'économie aura buté sur ses contradictions pour ne proposer, au mieux, qu'une stagflation et, au pire, un effondrement de l'appareil productif ?

L'anthroposociologie transcendentale de Marcel Gauchet. Débat au Collège des Bernardins.


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14.11.2011

Marcel Gauchet explicite la théorie qu'il utilise dans son travail d'analyse (qu'il s'agisse de réflexion politique, d'interprétation de l'histoire où d'observation de l'actualité) : il la nomme "anthroposociologie transcendentale" et la définit comme conditionnée par les progrès de diverses disciplines (sciences du langage, phénoménologie, herméneutique, structuralisme).
Ce projet veut s'éloigner à la fois d'un structuralisme trop centré sur la question du langage, d'un structuralisme trop atomiste et centré sur l'évènement particulier, qui enlèverait à l'histoire son unité et son intelligibilité, et d'un structuralisme confiné à la stricte recherche de lois qui ne rendent pas compte de leurs conditions de possibilité.
Gauchet désir pourtant conserver la tonalité initiale du structuralisme, à savoir l'élaboration d'une théorie scientifique unifiée de l'homme qui saurait articuler l'histoire universelle et l'évènement particulier via les lois propres à la dynamique structurale. Il est donc fidèle à la volonté qui consiste à lier l'évènement empirique et particulier à l'universel pour en dégager les lois qui unifient, ordonnent et régularisent les différentes pratiques sociales.
L'enjeu est donc de comprendre le déploiement de l'être-collectif comme du sujet, en en dévoilant les conditions de possibilité de son avènement, soit la condition du politique.