Prophètes de l'avenir : Cassandre contre Prométhée. Avec Ivan Illich, Dominique Bourg et Denis de Rougemont sur la RTS.


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04.04.2015

Denis de Rougemont s'est alarmé depuis 1928 du productivisme industriel en prophétisant l'écrasement des communautés par les visées belliqueuses des états-nations et la possible déflagration d'une guerre nucléaire.
Son écologie politique annonçait la pensée universaliste d'Ivan Illich, audacieuse dans les années 1970, et les observations actuelles mais désabusées de Dominique Bourg sur notre capacité à changer de modèle économique.
Trois prophètes qui ont souvent prêché dans le désert mais dont les réflexions s'avèrent plus nécessaires que jamais.

Émission "L'horloge de sable", animée par Christian Ciocca.

Critique du capitalisme numérique. Avec Cédric Durand à l'Institut La Boétie.


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2024

Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
 1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
 2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
 3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.

Agnotologie : l'ignorance, ça se fabrique ! Avec Aude Fauvel sur France Culture.


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13.03.2026

En 1992 naissait aux Etats-Unis un mot et une discipline, l'agnotologie. Ce néologisme désigne une mission scientifique originale, l'étude du non-savoir ou autrement dit des mécanismes par lesquels l'ignorance est produite par la science, volontairement ou non.
Comment l'industrie du tabac a-t-elle par exemple fabriqué de l'ignorance en usant des codes scientifiques ? Pourquoi un modèle de progrès scientifique peut-il conduire à oublier des savoirs ? Et en quoi l'agnotologie peut-elle être perçue comme une vigie dans une époque d'atteintes faites à la méthode scientifique ?

Émission "Sciences chrono", animée par Antoine Beauchamp.

Bio-objets, les nouvelles frontières du vivant. Avec Céline Lafontaine sur La balado de Fred Savard.


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11.2024

À l'heure où l'on s'inquiète de l'avenir de la biodiversité, de nouvelles formes de vie éclosent chaque jour dans les laboratoires du monde globalisé. À mi-chemin entre le biologique et l'artificiel, les bio-objets (gamètes, embryons, cellules souches) sont les descendants directs des technologies in vitro qui ont permis de cultiver des cellules et des tissus vivants.
Or ces entités biologiques sont, malgré leur omniprésence, des objets insaisissables dont la vitalité brouille de manière concrète le découpage culturel entre sujet et objet, entre nature et artifice, entre humain et non-humain. Dotés d'une très grande plasticité, ils peuvent être congelés, modifiés, transplantés, transportés et échangés.
En quoi leur production croissante transforme notre rapport au vivant et à l'identité corporelle ? Quelles implications matérielles, économiques, sociales et culturelles sous-tendent leur prolifération ?
À partir d'exemples tirés de la médecine reproductive, du génie génétique et d'une enquête menée auprès de chercheurs en bio-impression, la sociologue Céline Lafontaine insiste sur le fait que les produits de la culture in vitro ne sont justement pas des objets comme les autres, du seul fait de leur vitalité biologique. Plus globalement, elle souligne les défis et les questionnements épistémologiques que les bio-objets posent à la sociologie.

Les mécanismes de l'ignorance : production, modalités, conséquences. Avec Mathias Girel à l'Académie Royale de Belgique.


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09.04.2025

L'histoire des "marchands de doute" de l'industrie du tabac (santé publique) et du pétrole (changements climatiques) est connue et documentée. Mais les mécanismes de l'ignorance sont un processus complexe à l'intersection de trois dynamiques :
 1. quels acteurs produisent l'ignorance et comment (volontairement ou pas, par mensonge, par omission, par négligence, etc.) ;
 2. comment l'ignorance est-elle reçue par les individus et les groupes sociaux (par ex. consciemment ou à leur insu, avec crédulité, etc. ?) ; et
 3. avec quelles conséquences sociales, politiques et économiques ?
En compagnie du philosophe Mathias Girel, il s'agit de présenter les concepts fondamentaux mobilisés depuis une vingtaine d'années dans le champ des études sur l'ignorance (Ignorance Studies) en ce qu'il présente des textures tout à fait différentes si on la rapporte à des questions ouvertes (thème de l'ignorance scientifique) ou si l'on considère la distribution sociale de la connaissance, comme l'ont montré les études de la censure et du secret notamment.
Elle n'est pas seulement un état mais peut aussi, dans certains contextes, être considérée comme un effet, ce qui ne rend que plus impérieuse l'étude des mécanismes qui conduisent à la produire.
Mathias Girel explorer deux grandes approches : celle qui met l'accent sur les institutions et l'inertie des comportements, et celle qui identifie une dimension "stratégique" dans cette production d'ignorance. Dans les deux cas, il précise la manière dont le public peut se rapporter à cette ignorance produite.

Les neuf plus gros mensonges sur l'intelligence artificielle. Avec Thibaut Giraud et Fabien Mikol sur Le Futurologue.


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06.2026

Thibaut Giraud, docteur en philosophie et animateur de la chaîne YouTube Monsieur Phi, revient en détail, en compagnie de Fabien Mikol, agrégé de philosophie reconverti dans la biologie de la conservation, sur neufs mensonges couramment colportés dans les médias à propos de l'intelligence artificielle.
Une occasion unique d'analyser et déconstruire les discours trompeurs autour de l'intelligence artificielle et de mieux comprendre les enjeux philosophiques soulevés par cette rupture technologique majeure.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'56 : Idée reçue 1 : l'IA ce n'est que des maths
 - 0'07'46 : Idée reçue 2 : Les IA ne sont pas intelligentes 
 - 0'23'18 : Idée reçue 3 : Les IA sont de simples perroquets
 - 0'29'19 : Idée reçue 4 : Les IA ne comprennent rien 
 - 0'40'57 : Idée reçue 5 : Les IA ne seront jamais conscientes
 - 0'45'23 : Idée reçue 6 : L'IA superintelligente n'est qu'un fantasme
 - 0'54'20 : Idée reçue 7 : L'IA n'est qu'un simple outil 
 - 0'58'50 : Idée reçue 8 : L'IA ne sera jamais malveillante
 - 1'06'27 : Idée reçue 9 : l'IA n'est pas un risque existentiel
 - 1'13'35 : Comment expliquer la nullité du débat sur l'IA ?

Sélection naturelle, sélection sociale : grammaire d'un dévoiement. Avec Patrick Tort pour Science Action Normandie.


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16.04.2009

Darwin n'a jamais prôné la loi du plus fort, ni justifié la domination sociale par la nature. Son œuvre développe au contraire une réflexion sur la naissance de la civilisation et sur la façon dont la sélection naturelle a engendré des comportements coopératifs, moraux et altruistes.
Directeur de l'Institut Charles Darwin International, philosophe, linguiste, historien des sciences, Patrick Tort nous invite à revisiter la véritable portée du darwinisme, loin des contresens qui l'ont transformé en idéologie sociale. Il analyse notamment comment le "darwinisme social" a dévoyé la pensée du naturaliste anglais, et montre que comprendre ce contresens est essentiel pour repenser notre rapport à la science, à l'éthique et à la société.

Et si notre Monde n'existait pas ? La théorie qui fascine la Silicon Valley. Avec Loïc Hecht sur le podcast Stonks.


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05.2026

L'enquête hors norme de Loïc Hecht démarre par trois lignes lues dans le New Yorker en 2016 qui lui apprend que deux milliardaires de la Silicon Valley ont secrètement embauché une équipe de scientifiques pour prouver que nous vivons dans une simulation informatique. Ils espèrent trouver la preuve irréfutable que nous sommes piégés dans un immense jeu vidéo, sans avoir conscience de notre état.
Loïc Hecht se rend à San Francisco, à la rencontre de ces chercheurs qui défient l'entendement. Physiciens de la NASA, du MIT, de Berkeley, ils croient dur comme fer à la théorie de la simulation, persuadés que notre conscience ne serait qu'un algorithme mathématique, une suite de 1 et de 0.
Son enquête le mène, de surprise en surprise, jusqu'aux monastères tibétains de Dharamsala, en passant par les programmes secrets de la CIA. Son enquête est le récit d'un basculement intime et une traversée des mystères de notre époque : ceux de la physique quantique, des neurosciences, de l'IA... et de la conscience.

 - 0'00'00 : Sommes-nous dans une simulation ?
 - 0'02'19 : L'enquête sur la simulation
 - 0'06'52 : La conscience, une illusion ?
 - 0'19'22 : L'elfe de World of Warcraft
 - 0'26'10 : Les glitches
 - 0'38'33 : Le paranormal
 - 0'50'00 : Scepticisme et ouverture
 - 0'59'26 : L'influence des récits
 - 1'17'19 : Déconstruire la simulation
 - 1'25'52 : Musk, super joueur ?
 - 1'39'39 : L'IA, une nouvelle conscience ?