L'arraisonnement du monde. Avec Baptiste Rappin sur Radio Courtoisie.


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30.07.2018

La prolifération des organisations sur la planète, telle que théorisée et encouragée par les gourous du management, semble être l’un des grands impensés de la condition de l'homme post-moderne. Depuis plusieurs années, Baptiste Rappin, Maître de Conférences à l'Université de Lorraine, mène sur le sujet une réflexion indispensable en s'attachant à en comprendre la dimension ontologique.
La sortie de son dernier livre De l'exception permanente : Théologie de l'Organisation, deuxième volet d'une trilogie monumentale dont le but n’est rien moins que de révéler notre configuration historiale, nous permet de revenir sur le sens de ses travaux.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Allons-nous continuer la recherche scientifique ? Avec Alexandre Grothendieck au CERN.


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27.01.1972

C'est en plein coeur du Centre Européen de Recherches Nucléaires, citadelle d'une recherche de pointe, que le célèbre mathématicien Alexandre Grothendieck vient exposer ses prises de position vigoureusement antimilitaristes et antinucléaires. Celui qui, un an et demi auparavant, a démissionné de son institut de recherche pour cause de financements militaires, est devenu un professionnel de la subversion au sein des institutions scientifiques. Il développe ici son thème de prédilection, sur lequel on le sollicite de toutes parts, des écoles d'ingénieurs de province aux plus prestigieux laboratoires nationaux.
S'interogeant sur la responsabilité professionnelle des "travailleurs scientifiques", cette autocritique de l'un des plus grands savants du XXe siècle se révèle alors édifiante.
Après une enfance et une adolescence hors normes – de l’Allemagne hitlérienne aux camps français de réfugiés espagnols –, le jeune Grothendieck s'est jeté à corps perdu dans la recherche mathématique. Rejoignant le groupe Bourbaki, qui ambitionne d'unifier et de refonder "la" mathématique sur des bases axiomatiques extrêmement formalisées, il embrasse la conception d'une "recherche pure", dégagée de toute application matérielle. À l'Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES), fondé pour lui en 1958 et dont il fait la renommée mondiale, il répugne à toute collaboration avec des physiciens. Bâtisseur de nouveaux espaces mathématiques, il préfère, à la résolution de problèmes connus, l'édification de nouveaux . Grand parmi les grands, il vit confortablement dans un petit "ghetto scientifique" (dira-t-il ensuite), partageant avec Jean Dieudonné, son plus proche collaborateur, une idéologie extrêmement élitiste  que Mai 68 n'ébranlera que très partiellement.
Le basculement pour Grothendieck provient de la guerre du Viêt Nam. La science y tue par centaines de milliers. Face à la compromission de la quasi-totalité des disciplines scientifiques (physique, chimie, microélectronique, anthropologie, etc.), qui trouvent au Viêt Nam un champ d’expérimentation grandeur nature, il entreprend de moraliser les chercheurs. Puis, l'été 1970, il découvre les mouvements de scientifiques nord-américains en lutte contre le complexe scientifico-militaro-industriel. Sur un modèle proche, il fonde le mouvement Survivre qui se donne comme objectifs de dégager la recherche de ses liens avec l'armée et de lutter pour la survie de l'espèce humaine, menacée par la puissance de destruction des technosciences.
À Survivre, où il est rejoint par d’autres mathématiciens aux sensibilités plus libertaires, il prend conscience du rôle oppressif qu'il a tenu jusque-là en tant que grand savant. Intégrant la critique soixante-huitarde, il analyse la recherche comme une activité répressive, tant pour les techniciens et les "scientifiques moyens" que pour les profanes. Pour Survivre, la prétention de la science à l'universalité, son monopole sur la vérité, dépossèdent en effet tout un chacun de formes de connaissances autres, détruisant les cultures non technico-industrielles et nous soumettant à l'autorité hétéronome d’experts de tous poils. Le mouvement s'attache alors à désacraliser la science, et tout particulièrement à déconstruire le mythe de la science pure, qui masque son rôle crucial dans la poursuite d'un développement industriel désastreux. Survivre, devenu Survivre et Vivre, participe de l'émergence en France d'une critique radicale de la science, menée par les scientifiques eux-mêmes, au sein de laquelle il se signale par ses accents écologistes, libertaires et technocritiques .
Sa critique du scientisme s'ancre en effet dans celle de la société industrielle et l'amène à se lier aux mouvements écologistes naissants. Au petit groupe de scientifiques parisiens s'adjoignent alors des groupes de province engagés dans des luttes et alternatives locales, tandis que les numéros de sa revue, Survivre… et Vivre, tirés à plus de 10'000 exemplaires, s'épuisent rapidement. Aux côtés de son ami Pierre Fournier, Grothendieck s'investit tout particulièrement dans la lutte antinucléaire.
Cette invitation au CERN témoigne alors de l'écho rencontré durant les années 1970 par ses critiques radicales de la recherche dans les milieux scientifiques, traversés par le doute et un profond malaise quant à leur rôle social.

Comprendre les neurosciences. Avec Alain Ehrenberg sur Radio Notre-Dame.


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19.06.2018

Qu'est-ce que les neurosciences ? Que nous apprennent-elles ? Pour parler des neurosciences cognitives, il faut d'abord les définir. Il s'agit de l'association des sciences du cerveau et de la psychologie avec comme but de faire le lien entre le cerveau et le comportement. Elles sont aujourd'hui très à la mode, plus que d'autres sciences qui touchent aux mêmes questions, comme la psychanalyse.
On peut même dire que les neurosciences bénéficient de l'engouement dont bénéficiait la psychanalyse il y a 30 ans. Ce déplacement de l'intérêt peut venir d'un changement dans la manière de vivre dans la société. Mais après un affrontement entre les tenants des deux sciences, on voit aujourd'hui des alliances se nouer.
Le sociologue Alain Ehrenberg, dans son dernier ouvrage La mécanique des passions : cerveau, comportement, société, essaie de dépasser le clivage entre sciences dures de la médecine sur le cerveau et travaux sociologiques, souvent taxés de non-scientifiques. Il veut montrer qu'il y a des connexions inaperçues entre des conceptions spécialisées et des représentations collectives, des idéaux sociaux. Car pour que la nature fonctionne, il faut des conventions, c’est-à-dire de la vie sociale...

Émission "Décryptage", animée par Thibault Lecoq.

Culture et contre-culture. Avec Jean-Louis Harouel au Cercle de l'Aréopage.


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15.10.2018

Jean-Louis Harouel nous présente une réflexion puissante sur les causes de la modernité artistique, mettant en évidence le caractère culturellement négatif à la fois de certains effets de la technique moderne et d'une partie non négligeable des processus idéologiques et sociaux à l'œuvre dans les sociétés égalitaires à haut niveau de vie de la seconde moitié du XXè siècle.
Soit, à partir de la culture, de l'art, de leurs vicissitudes présentes et de leur problématique avenir, une "lecture" lucide de nos démocraties techniciennes, égalitaristes et médiatiques, dans lesquelles les "mauvais coups" contre la culture se perpètrent bien souvent au nom du culturel, par une exploitation délibérée de l'actuelle polysémie du terme de culture.
Jean-Louis Harouel, pourtant, ne  se résigne pas à renoncer à l'espoir d'une réconciliation de nos sociétés avec l'art et la vraie culture, leur permettant d'y retrouver leur âme.

La vraie actu de Michel Drac : S02E03.


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10.2018

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu du mois de septembre 2018 :
 - 0'00'00 : faits majeurs et postérisé du mois (Jair Messias Bolnsonaro)
 - 0'01'15 : démographie et flux migratoires
 - 0'12'30 : ressources et technologies
 - 0'23'00 : géopolitique
 - 0'56'15 : économie et écologie
 - 1'10'15 : Union européenne
 - 1'23'00 : politiques intérieures
 - 1'45'15 : cultures et sociétés

La vraie actu de Michel Drac : S02E02.


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09.2018

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu du mois d'août 2018 :
 - 0'00'00 : faits majeurs et postérisé du mois (Narendra Modi)
 - 0'07'45 : démographie et flux migratoires
 - 0'32'15 : ressources et technologies
 - 0'42'45 : géopolitique
 - 1'32'45 : économie et écologie
 - 1'51'30 : Union européenne
 - 2'05'15 : politiques intérieures
 - 2'34'30 : cultures et sociétés

Actualité de la collapsologie. Avec Paul Jorion à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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08.03.2016

Après plusieurs siècles de complexification et d’apparente consolidation, les sociétés humaines sont entrées dans une phase d’effondrement rapide.
Le genre humain, espèce colonisatrice, opportuniste et sociale, dispose-t-il des ressources lui permettant de renverser la tendance et d’éviter ainsi l’extinction ?

Transition, piège à con ? Avec Jean-Baptiste Fressoz sur Le Média.


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01.10.2018

En matière d’écologie, la transition énergétique est l’un des grands sujets abordé à longueurs de COPs. Nos sociétés seront-elles capable de basculer d’un régime d’énergies fossiles à un nouveau modèle basé sur les énergies renouvelables ? La question est discutée depuis des décennies, les rapports et les expérimentations concrètes se succèdent mais il est nécessaire d’aborder la question autrement. De revenir aux bases.
Qu’est-ce qu’une réelle transition énergétique ? Une telle bascule a-t-elle déjà eu lieu dans l’histoire de l’humanité ? Que peut nous raconter l’histoire des énergies face à cet enjeu climatique ?
Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences des technologies et de l’environnement et chercheur au CNRS, est là pour répondre à ces questions.

 - 0:00:00 : Présentation
 - 0:00:45 : Le mythe de la transition énergétique
 - 0:04:00 : Une histoire d'additions
 - 0:13:04 : Les (tristes) exemples de transitions "radicales"
 - 0:16:42 : L'origine de l'expression "transition énergétique"
 - 0:21:15 : L'histoire oubliée des énergies alternatives
 - 0:22:25 : L'ère de la pédale
 - 0:25:23 : L'énergie hydraulique
 - 0:30:45 : L'énergie éolienne
 - 0:31:30 : L'énergie solaire
 - 0:37:23 : L'imposition du monopole automobile
 - 0:48:19 : L'histoire de l'énergie et ses luttes
 - 0:50:16 : "L'environnement" dans Révolution Industrielle
 - 0:54:26 : La transition énergétique aujourd'hui ?
 - 0:55:20 : L'armée dans l'histoire de l'énergie
 - 0:59:02 : La voiture électrique et autonome
 - 1:00:54 : Au-delà des énergies primaires
 - 1:02:42 : Échanges