Retour à la cybernétique : ontologie et politique de l'information. Avec Mathieu Triclot à l'Ecole Normale Supérieure.


(0)
93 Vues
0 commentaire
23.10.2017

La cybernétique a produit, dans l'après seconde guerre mondiale aux États-Unis, l'un des discours d'accompagnement de la révolution technologique de l'informatique et des télécommunications. Cette fonction de "discours d'accompagnement" s'entend non seulement comme une opération qui consiste à "faire sens" du changement technique, à travers un discours adressé au grand public, mais aussi comme un travail spéculatif destiné à étayer des paris, paradigmatiques, sur l'avenir du développement technique.
Pourquoi revenir à la cybernétique aujourd’hui ? Cette communication entend tester et discuter trois propositions.
 (1) Dans ce travail paradigmatique et spéculatif, la question de la nature physique de l'information occupe une place considérable chez les cybernéticiens. Ces derniers ont adopté une ontologie physicaliste de l'information, en rupture complète avec l'idée d'une information immatérielle ou de l'ordre du symbole. Ce clivage entre une information-symbole et une information-signal joue un rôle décisif dans la détermination des programmes de recherche que se donne la première cybernétique, autour notamment des réseaux de neurones formels.
  (2) A cette ontologie physicaliste de l'information s'adosse chez Wiener une forme de politique des artefacts cybernétiques. Celle-ci consiste à imaginer, par des récits qui voisinent parfois avec la science-fiction, des techniques projetées en situation dans le social. La cybernétique discute ainsi de questions autour de l'automatisation, du remplacement du travail humain par les intelligences artificielles, qui ne dépareilleraient pas en 2017. Ces dimensions techniques, scientifiques, philosophiques, politiques forment une trame inextricable au sein de la cybernétique américaine.
  (3) Ce retour à la cybernétique nous paraît posséder un intérêt historique, au sens où il fournit des instruments pour comprendre le présent. Il ne s'agit pas d'affirmer que la cybernétique aurait pensé par avance la situation contemporaine, mais d'évaluer ce qui change dans les agencements de science, de technique, de philosophie, de politique, au prix sans doute de la péremption de ce que la cybernétique d'origine avait lutté pour mettre en place.

L'invention de la science. Avec Guillaume Carnino sur Radio Libertaire.


(0)
364 Vues
0 commentaire
02.10.2015

Guillaume Carnino, professeur d'histoire des sciences et techniques à l'université de Compiègne, se propose de nous parler de l'enquête historique et généalogique qu'il a menée dans son ouvrage L'invention de la science. La nouvelle religion de l'âge industriel.
En effet, la contextualisation de cette époque permet de comprendre pourquoi et comment, en France, à l'heure de la IIIe République, l'idée selon laquelle la science serait garante du vrai en est venue à être unanimement partagée.
Il dévoile également le sens de la carrière de savants comme Louis Pasteur, mais aussi l'histoire de simples artisans et pêcheurs dont les découvertes furent convoitées et exploitées par les industriels.

Émission "Offensive Sonore", animée par Patrick Marcolini.

L'engagement d'Alexandre Grothendieck durant la première moitié des années 1970. Avec Céline Pessis à l'Institut des hautes études scientifiques de Paris-Saclay.


(0)
77 Vues
0 commentaire
30.03.2016

Le 27 janvier 1972, au Centre Européen de Recherches Nucléaires (CERN), citadelle d'une recherche de pointe, des centaines de techniciens et de physiciens se pressent pour écouter la conférence donnée par Alexandre Grothendieck. Intitulée "Allons-nous continuer la recherche scientifique ?", celle-ci témoigne de l'engagement nouveau de ce célèbre mathématicien, devenu en quelques années un professionnel de la subversion au sein des institutions scientifiques. À partir de la présentation d'extraits de cette conférence, cet exposé se propose de revenir sur les motifs et les formes de l'engagement d'Alexandre Grothendieck durant la première moitié des années 1970.
Tout en restituant la spécificité du parcours de ce grand savant, il tentera de resituer son engagement dans l'agitation plus large qui traverse alors différents secteurs sociaux de la France de l'après mai 68.
Celui-ci ne peut-il se lire comme un révélateur de la crise qui traverse alors une partie du milieu mathématique, comme semble en témoigner la composition du mouvement Survivre créé par Grothendieck ? Plus largement, Survivre, fondé sur le modèle des grands groupes de scientifiques engagés nord américains, ne constitue-il pas une des déclinaisons françaises, parmi les plus abouties, du mouvement d'auto-critique des sciences qui conduit alors de nombreux chercheurs à s'interroger sur les finalités de leur travail ? Enfin, Survivre ne doit-il pas son succès, comme Grothendieck son audience, à son immersion dans les réseaux écologistes naissants, témoignant par là de l'apport décisif de la critique des sciences dans l'émergence du mouvement écologiste ?
Autant de questions auxquelles Céline Pessis tente de répondre en retraçant les différents temps de l'engagement de Grothendieck durant la première moitié des années 1970 et en éclairant les nouveaux réseaux qu'il côtoie alors.

Golem et Cyborg dans l'imaginaire cybernétique de Norbert Wiener. Avec Sara Touiza-Ambroggiani à l'Université de Montréal.


(0)
109 Vues
0 commentaire
31.10.2017

Le dernier ouvrage de Norbert Wiener (1894-1964), le fondateur de la cybernétique dans les années 1940-1960, s’intitule God & Golem. La figure du Golem est déterminante pour comprendre l’imaginaire cybernétique. C’est une double figure : il représente à la fois la machine dans son rapport à l’humain et l’humain lui-même comme machine possible, comme devenir-Cyborg. C’est également une figure double : celle du bien et du mal que peuvent nous faire la science et la technique.
Wiener a un rapport trouble au Golem, comme au Cyborg. Il convoque ces figures pour situer l’humain entre nature et technique, entre Dieu et Bête, mais les rejette aussitôt pour leur caractère monstrueux, anormal.
Sara Touiza-Ambroggiani propose d’explorer le mouvement intellectuel paradoxal par lequel la pensée du mathématicien, tout en permettant l’avènement d’une altérité radicale, un posthumain, refuse ce qui lui apparaît comme une vertigineuse et monstrueuse perte d’identité.

Une conférence qui s'inscrit dans le séminaire de Jean-François Chassay, "Imaginaire du monstre : de la tératologie au clonage".

La vraie actu de Michel Drac : S01E05.


(0)
156 Vues
0 commentaire
04.2018

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber. Cette édition revient particulièrement sur les questions suscitées par le commentaire de l'actualité "spécial économie" du mois précédent.
Au menu du mois de mars 2018 :
 - 0'00'00 : introduction
 - 0'00'30 : jamais de prévisions !
 - 0'02'30 : shit happens
 - 0'04'30 : sur la notion d'effondrement
 - 0'07'30 : sur les conditions d'un krach
 - 0'10'40 : sur l'attitude de nos dirigeants
 - 0'13'50 : sur Trump
 - 0'21'30 : sur l'euro
 - 0'24'40 : sur l'Islande
 - 0'27'30 : sur l'Algérie
 - 0'32'00 : sur la Chine
 - 0'33'45 : sur le Brexit
 - 0'35'10 : l'inconnue technologique
 - 0'35'50 : générations françaises
 - 0'52'30 : les cryptomonnaies
 - 0'54'15 : que faire politiquement ?
 - 1'14'00 : et individuellement ?

Quand le monde s'est fait nombre. Avec Olivier Rey à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.


(0)
157 Vues
0 commentaire
01.02.2018

La statistique est aujourd’hui un fait social total : elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d’indices, de graphiques, de taux recouvre l’ensemble de la vie. L’éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l’université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage...
La statistique devait refléter l’état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique.

Une conférence du séminaire "Formes symboliques" organisée par le laboratoire "Linguistique, Anthropologique, Sociolinguistique" de l'équipe de recherche de l'Institut Marcel Mauss.

Teilhard de Chardin. Avec Yvon Pageau à l'Université Populaire Hochelaga-Maisonneuve.


(0)
85 Vues
0 commentaire
03.02.2009

Pierre Teilhard de Chardin s'est intéressé autant à la paléontologie et à la philosophie qu'à la théologie. Religieux et mystique, il a vécu son engagement au sein de la Compagnie de Jésus avec une fidélité sans faille, malgré les sanctions dont il fut l'objet car son oeuvre était suspectée de panthéisme par l'Eglise. Il a été de l'aventure de la Croisière jaune.
À une époque où les idées héritées de Charles Darwin et les travaux de ses successeurs suscitent d'âpres controverses, la pensée autant que la posture de l'auteur du Phénomène humain et du Milieu divin, de l'apôtre du Point Oméga et d'une Eglise ouverte au monde, prennent une actualité étonnante. Aux créationnistes et aux partisans de l'intelligent design aussi bien qu'aux scientifiques devenus les hérauts d'un athéisme militant, l'invitation de Teilhard de Chardin est claire : il faut aller de l'avant.

L'antisémitisme dans la pensée de Heidegger. Avec Jean Vioulac et Jean-Claude Monod chez Alain Finkielkraut sur France Culture.


(0)
177 Vues
0 commentaire
04.10.2014

La publication des Cahiers noirs de Heidegger en Allemagne a mis au jour plusieurs passages, écrits dans les années 1938-1941, au contenu antisémite incontestable. Il est donc temps d'affronter le choc de ces pages mettant en question la thèse prédominante jusqu'à aujourd'hui qui voudrait que l'engagement de Heidegger dans le national-socialisme n'ait pas impliqué de sa part une adhésion à l'antisémitisme.
Car si Heidegger s'écarte de l'antisémitisme "vulgaire" des nazis, il pourrait en donner une reformulation en termes d' "histoire de l'être". Autrement dit, il intègrerait l'antisémitisme à son interprétation philosophique de l'Histoire mondiale.
Comment penser alors ce désastre du jugement de la part d'un des plus grands philosophes du XXe siècle, qui a exercé une profonde influence sur tant de grands esprits ?