Une nouvelle ère écologique ? Avec Alain Gras et Stéphane Lavignotte au Théâtre des idées du Festival d'Avignon.


(0)
462 Vues
0 commentaire
20.07.2012

L'écologie est en panne, dit-on. La crise économique l'aurait reléguée au rang des préoccupations subalternes. Pourtant, la biodiversité est plus que jamais menacée et les effets de la pollution sur la santé sans cesse démontrés. Du tarissement des énergies fossiles au réchauffement climatique, l'activité humaine modifie la géophysique de la planète. Faut-il soutenir la perspective d'une croissance durable, favoriser l'émergence d'un green deal, d'un capitalisme vert, ou bien sortir du mirage d'une certaine idée de la croissance technoscientifique ? Anthropologue des techniques, Alain Gras démontre que notre monde technique fondé sur la puissance de l'énergie fossile n'était pas inéluctable. À partir du XIXe siècle, le progrès mécanique abandonne, peu à peu, les énergies naturelles au profit de la puissance thermique, qui permet la réalisation d'un fantasme d'origine européenne, celui de la maîtrise de la nature. Depuis le milieu du XIXe siècle, nous ne sommes plus dans une société industrielle, mais dans une civilisation thermo-industrielle qui utilise la chaleur comme principal moyen de son efficience. La contrepartie de ce développement ne peut donc se concevoir que dans un renversement de perspective socio-technique et dans une autre éthique. La technique n'est pas un instrument de domination, d'appropriation de la nature, elle est ou était un moyen de communication, de dialogue avec cette nature. C'est d'abord cet imaginaire qu'il faut retrouver. Bien sûr, elle va de pair avec le choix de technologies simples, robustes, recyclables, adaptées à leur environnement et aux usages des populations. Technologies que les pays émergents pourraient mettre en place encore plus vite que les pays riches parce que le savoirfaire est encore présent. Telle est, selon Alain Gras, la nécessité de la décroissance dans sa dimension universelle que Stéphane Lavignotte, pasteur et essayiste, explore et examine de façon critique dans le sillage d'André Gorz ou de Serge Latouche. La décroissance est-elle soutenable ? Un débat par temps de crise.

Communiquer et transmettre. Par Régis Debray à la Bibliothèque nationale de France.


(0)
755 Vues
0 commentaire
04.12.2000

"Communiquer c’est transporter une information dans l’espace, transmettre c’est transporter une information dans le temps."
La transmission, qui veille au passage des messages à travers le temps, se distingue de la communication qui essaime ceux-ci dans l’espace ; la première opère nécessairement en différé, la seconde peut, grâce aux nouvelles technologies, atteindre au direct et à l’interactivité ; le capital symbolique d’une culture se transmet, une certaine coprésence communautaire se communique.
Les médiologues explorent l’intersection de ces deux axes, et les effets antagonistes-complémentaires très concrets de leur problématique articulation : qu’arrive-t-il à l’Ecole, à l’Eglise, à l’Etat, aux musées ou aux institutions quand la nécessaire transmission d’un savoir, d’une tradition ou d’une histoire croise les séductions de nos machines à communiquer? Vivons-nous une succession d’effondrements symboliques ou les étapes bienvenues d’une ouverture démocratique?
En résumé : comment le fragile objet de la transmission résiste-t-il, ici et maintenant, au flot des nouveaux médias?

La science et la spiritualité, les progrès de la science. Avec Jean Staune sur France Culture.


(0)
418 Vues
0 commentaire
16.03.2013

Jean Staune est spécialisé dans l’analyse des mutations de la société qu'il analyse la fois sous les angles sociologique, philosophique et scientifique.
Métaphysiquement évolutionniste, il soutient que l'évolution n'est pas uniquement darwinienne. Il montre que les dernières avancées scientifiques ré-autorisent une approche anti-matérialiste de la science qui réintroduit du sens au sein de l'expérience humaine.

La sociologie peut-elle prévoir ? Avec Edgar Morin à l'Université Toulouse II-Le Mirail.


(0)
428 Vues
0 commentaire
01.03.2000

La connaissance d'un présent complexe, ou du moins la conscience que l'on en a, permet-elle de "savoir ce qui est promis à la décadence rapide et ce qui va germer dans le futur" ?
Convoquant tour à tour Euripide, Hegel, Pascal, Bartholomeo De Las Casas, Ortega y Grasset ou Lévi-Strauss, la philosophie des Lumières et les Droits de l'homme, les "technosciences", la biologie, la physique ou la cybernétique et même la science-fiction, Edgar Morin rend compte de la difficulté, voire de l'impossibilité, de toute prévision : "On n'est jamais sûr d'avoir une connaissance de ce qui va contribuer à l'imprévisibilité de notre futur". Les événements imprévus, perturbateurs et inassimilables tels que l'on en a connus dans l'histoire ancienne ou récente, l'évolution des courants majoritaires dominants face aux contre-courants ainsi que les interactions continues entre les événements au niveau local et au niveau mondial ne permettent pas de prédire le futur. Surtout à l'heure de la globalisation et des changements induits par les avancées de la recherche scientifique sur le vivant, sur le génome. Ce moment où "l'Humanité peut remporter une première victoire de façon non mythologique sur la mort", et où, paradoxalement, "pèse sur l'Humanité la menace d'une mort collective et totale dûe aux risques nucléaires et écologiques" ne permet aucune prévision. "Nul ne possède un observatoire d'où il puisse déclarer que l'on n'inventera pas des formes sociales nouvelles, la créativité humaine ne peut pas être déclarée comme close". Néanmoins, malgré ces facteurs d'incertitude, Edgar Morin pense que la sociologie peut proposer une "problématisation du futur" qui serait assortie de vigilance, fondée sur un pari pour certaines valeurs et qui, plutôt qu'un plan programmé, mettrait en œuvre une stratégie modifiable selon le hasard des événements... "et puis, il faut s'attendre à de l'inattendu".

Darwin et le matérialisme. Avec Patrick Tort à la Librairie Basta à Lausanne.


(0)
571 Vues
0 commentaire
01.11.2011

Patrick Tort aborde des thèmes présents dans ses travaux récents : transition nature-culture, genèse de la morale, rapport de Darwin à la religion et rapports entre darwinisme et marxisme.

L'énergie, le concept des concepts ! Avec Muriel Guedj à Montpellier.


(0)
740 Vues
0 commentaire
07.03.2012

"Super loi", concept unificateur aux pouvoirs explicatifs et prédictifs considérables, l'énergie est un concept scientifique singulier.
Omniprésent dans les débats de sociétés et les médias, le terme d'énergie est tout autant usité dans le langage courant qu'il ne l'est dans des domaines aussi divers que les sciences, l'économie, les arts et les lettres.
Paradoxalement l'énergie reste difficile à définir et les acceptions du terme semblent aussi nombreuses que les domaines d'usages sont variés.
Mais alors qu'est-ce que l'énergie ? Peut-on, selon les domaines abordés, évoquer des savoirs certains, aberrants ou excentriques ? Plus encore, cette cacophonie sémantique est-elle neutre et sans risque ou bien laisse-t-elle la porte ouverte à l'instrumentalisation du concept à des fins plus ou moins avouables ?

Qu'est-ce que croire ? Avec Jacques Bouveresse et Roger Pouivet à citéphilo à Lille.


(0)
933 Vues
0 commentaire
18.11.2012

A l'ère du triomphe de la science, que reste-t-il de la croyance religieuse ? Plus encore, que signifie « être croyant » dans une société postmoderne, où l'idée de vérité objective et universelle, ainsi que  les justifications métaphysiques traditionnelles, sont mises en doute ? Entre prétention à la vérité et valeur spirituelle, lumière de la raison et chaleur du sentiment, la croyance apparaît sans cesse tiraillée entre une exigence de fondement, le renoncement et le doute. Si le croyant n'est pas nécessairement une « honte pour la rationalité », les deux invités se demanderont « pourquoi croire ? » et interrogeront la rationalité et la légitimité de la croyance.