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Jacques Ellul (1912-1994) est une personnalité difficilement classable : penseur de la technique, chrétien anarchiste, mais aussi précurseur de l'écologie politique, son œuvre colossale s'inscrit à la croisée de plusieurs disciplines et semble, à bien des égards, visionnaire.
Dès le XXe siècle, il alerte sur les dérives de l'omniprésence de la technologie, lance des appels à la décroissance et anticipe la résurgence du sacré.
Comment son œuvre, sa pensée et ses engagements peuvent-ils nous aider à nous orienter dans notre XXe siècle marqué par des crises multifactorielles ?
Une série d'émission produite par Juliette Devaux.
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Héritier hétérodoxe de Bourdieu, Bernard Lahire a développé une théorie de l'action dispositionnaliste et contextualiste. Cette approche accorde une égale attention à la pluralité des dispositions — leur genèse et leurs actualisations — et aux contextes de socialisation. Contrairement à la notion bourdieusienne d'habitus, les dispositions sont ici conditionnelles : modulées diachroniquement par le parcours biographique et synchroniquement par les contextes. La pratique répond ainsi à une pluralité de logiques d'action résultant d'ajustements entre situations, contextes et schèmes incorporés.
Cette perspective implique des conséquences méthodologiques : elle requiert une sociologie expérimentale attentive à la construction des objets, à l'inventivité méthodologique et à la variation des échelles d'observation.
Bernard Lahire aborde également la conciliation entre exigences épistémologiques et perspectives critiques, notamment à travers un programme empirique de sociologie dispositionnelle portant sur la domination et les activités critiques de résistance. Il s'agit d'étudier la genèse des dispositions critiques, leur diversité et leur rôle dans les processus d'émancipation — chez les artistes, militants et chercheurs critiques —, en saisissant empiriquement ce que les organisateurs nomment une "sociologie de l'intranquillité".
Une intervention dans le cadre du séminaire "Penser les marges, aspects méthodologiques", organisé par le Centre d'Études sur les Médias, les Technologies et l'Internationalisation.


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La liberté telle que nous l'entendons aujourd'hui, que ce soit à gauche et à droite de l'échiquier politique, se fonde sur l'idée de délivrance. C'est à dire le fait d'être déchargé par d'autres ou par la technologie d'une partie des tâches quotidiennes de la vie : cuisiner, s'occuper des enfants, faire le ménage, etc.
Pourtant, si cette définition de la liberté est devenue hégémonique, elle n'est pas la seule. Celle-ci s'est imposée au dépend d'autres manières d'entrevoir la liberté, notamment comme autonomie collective visant à prendre en main sa propre subsistance.
Professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan, analyse les différentes conceptions de la liberté pour en exhumer les hypothèses sous-jacentes et proposer des alternatives réellement émancipatrices.
Un entretien mené par Jean-Philippe Decka.
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Philosophe et universitaire spécialisé dans les études décoloniales et la pensée noire, Norman Ajari publie Technofascisme, Le nouveau visage de la suprématie blanche (Éditions Météores, 2026), dans lequel il souligne la dimension foncièrement raciste, suprémaciste et profondément inégalitaire du projet politique des milliardaires de la tech américaine et du pouvoir trumpien.
Selon lui, toutes les grandes entreprises fonctionnent comme des dictatures, l'État doit fonctionner comme une entreprise, donc l'État doit fonctionner comme une dictature, privatisant ainsi le pouvoir régalien. Leur discours n'est plus comme au XXe siècle un discours de séduction des masses : c'est au contraire un discours qui prône l'insurrection des élites contre des peuples considérés comme de méprisables troupeaux d'ignorants.
Ce transfert de souveraineté vers les entreprises marque l'effondrement du néolibéralisme concurrentiel au profit d'un capitalisme de monopole illustrant l'impérialisme décrit par Lénine.
Mais alors : que faire ? Comment résister au technofascisme ? Comment socialiser les entreprises ? Comment redonner aux travailleurs le pouvoir dans les structures qui sont aujourd'hui les vrais lieux du gouvernement ?
- 0'00'00 : Introduction et présentation de Norman Ajari
- 0'02'25 : La critique "professorale" de l'IA ne suffit plus
- 0'06'36 : Contre l'IA, attaquons ceux qui la produisent
- 0'08'42 : Qu'est-ce que le technofascisme ?
- 0'11'14 : Une nouvelle "hyperclasse" plus puissante que des États
- 0'14'04 : Peter Thiel, le cerveau caché d’extrême droite de la Silicon Valley
- 0'17'14 : Airbnb et Uber : des entreprises en "mission" contre les États
- 0'21'17 : L'archéofuturisme : alliance de la technologie et des hiérarchies antiques
- 0'27'12 : Une répartition inégalitaire de l'avenir
- 0'28'20 : Transhumanisme : créer littéralement une race supérieure
- 0'30'30 : L'hyperstition : quand la science-fiction devient réelle
- 0'32'30 : Contre le "technoféodalisme", penser l'impérialisme de Lénine
- 0'34'25 : Palantir : le logiciel qui planifie des "chaînes de meurtre"
- 0'37'58 : La DGSI, le NHS... vos données chez les technofascistes
- 0'40'11 : L'arme logicielle succédera à l'arme atomique
- 0'41'47 : Un fascisme sans besoin de vote ni de peuple
- 0'44'34 : L'entreprise fonctionne comme une dictature
- 0'45'02 : Faire plier Musk : le sabotage qui a fait dévisser Tesla
- 0'48'57 : Les data centers, usines géantes à cibler
- 0'50'42 : "Colossus" à Memphis : pollution et contradictions locales
- 0'53'27 : Warren Buffett "La guerre des classes existe, et c'est nous qui la gagnons"
- 0'54'52 : Huey P. Newton et l'intercommunalisme contre les multinationales
- 0'57'12 : Pourquoi Palantir s'appelle Palantir ?
- 1'00'44 : Habermas, ou comment le libéralisme fait le lit du fascisme
- 1'02'40 : Transhumanisme et eugénisme : le vrai projet
- 1'03'31 : La "mafia PayPal" a grandi sous l'Apartheid
- 1'06'01 : Trump, Musk, et le "fascisme de dérision"
- 1'09'59 : Devenir un monopole par vous même
- 1'12'47 : La décennie enchantée (2000-2010) et la panne de l'innovation
- 1'17'01 : On nous ment sur les guerres, et ça ne choque plus
- 1'19'13 : Face à la Chine, la fuite en avant technofasciste


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Depuis trente ans, le dogme du marché, de la libre entreprise dans l'espace et de l?entrepreneuriat technologique s'est intensifié et s'est propagé jusque dans les agences spatiales gouvernementales.
Avec son enquête sur les moteurs et les impasses de l'astrocapitalisme, Arnaud Saint-Martin nous raconte une industrie ayant tournée le dos à l'idéal du progrès scientifique et technologique pour se concentrer sur celui du capital et de quelques entreprises bien décidées à accaparer l'espace pour l'appât du gain.


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Jeune médecin Lyonnais, Arthur Guerber est imprégné de culture libertaire et passionné d’épistémologie, de philosophie et de sociologie des techniques. C'est tout naturellement qu'il s'est plongé pendant deux ans dans une large littérature afin d'affiner toutes ses interrogations intimes et les réflexions collectives sur les déterminants de la " fabrication " des savoirs.
Au fil du temps, questionnant le concept de progrès, ses recherches se sont concrétisées dans un livre, constituant ainsi une mine pour poursuivre la discussion.
Émission "Trous Noirs".


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L'engouement croissant pour la biologie du cerveau tient à la conviction qu'elle serait la mieux placée pour expliquer les troubles mentaux, les difficultés scolaires et les inégalités sociales. Pourtant, selon les scientifiques les plus reconnus, les neurosciences n'ont, jusqu'à présent, guère éclairé les pratiques en psychiatrie, en pédagogie ou pour lutter contre les inégalités.
Il y a en effet un écart considérable entre le discours triomphant délivré au grand-public et la réalité des avancées scientifiques. Ce double discours favorise une conception neuro-essentialiste des comportements humains. En mettant l'accent sur le cerveau individuel, cette conception occulte les responsabilités collectives, notamment vis-à-vis des enfants et des familles défavorisées. En célébrant la plasticité cérébrale, le discours des neurosciences contribue aussi à renforcer l'idéal néolibéral d'autonomie et d'adaptabilité.
Parmi tous les discours d'experts, celui des neurosciences est particulièrement difficile à critiquer sur le fond en raison de sa technicité. François Gonon en propose un examen critique.




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Hormones, cerveau, psychologie, comportements : depuis des décennies, la science documente des différences indéniables entre hommes et femmes. Mais à l'université, le simple fait d'en parler est devenu tabou. Chercheurs, psychologues, philosophes qui invoquent la biologie ou l'évolution sont accusés, menacés, parfois réduits au silence par des activistes militants. Cette négation de la nature humaine dépasse aujourd'hui le seul monde académique : elle contamine les institutions, les médias et les réseaux sociaux, au point de fragiliser le débat démocratique lui-même.
À rebours des dogmes, Peggy Sastre rétablit des vérités scientifiques passionnantes sur la morphologie, la psychologie, les goûts et les sentiments – qu'il s’agisse de jalousie, de préférences amoureuses révélées par les applications de rencontre, ou encore des choix de carrière et d'orientation professionnelle. Autant de différences qui, loin de contredire l'égalité, la rendent intelligible.
- 00'20 : A l'origine de ce livre, une conférence annulée à Sciences Po
- 05'11 : Qu'est-ce que la psychologie évolutionnaire ? Comment Peggy Sastre s'y est intéressée ?
- 12'42 : Comment la psychologie évolutionnaire explique les différences observées entre les sexes ?
- 17'27 : La psychologie évolutionnaire est-elle sexiste ?
- 25'42 : Les critiques de la psychologie évolutionnaire
- 29'32 : Peut-on dire qu'il existe un cerveau masculin et un cerveau féminin ?
- 33'41 : Peut-on opposer les facteurs biologiques et les facteurs environnementaux ?
- 36'09 : Comment la psychologie évolutionnaire explique les différences H/F en matière de sexualité ?
- 38'40 : Peut-on dire que les femmes se sont faites berner par certains mythes de la révolution sexuelle ?
- 42'19 : Infidélité féminine et infidélité masculine
- 45'01 : Le slut shaming
- 48'54 : Pourquoi le viol perdure ?
- 50'40 : Les applications de rencontre
- 56'12 : Les faux procès de la psychologie évolutionnaire
Un entretien mené par Élodie Messéant.