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Ancien élève de l'École spéciale militaire de St-Cyr, Hadrien Desuin est titulaire d’un master II en relations internationales et stratégie et suis l'actualité de la diplomatie française dans le monde.
Il dresse un bilan sans concession des dix dernières années d'activités du Quai d'Orsay qui auront vu la liquidation définitive du gaullisme et de sa politique d'indépendance sous les gouvernements Sarkozy et Hollande.
Un entretien mené pour Jean-Baptiste Noé.


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L'Occidental n'aime plus personne - ni le Chinois, ni l'Arabe, ni l'Africain. Mais dans la hiérarchie des détestations, les Nord-Coréens et les Russes occupent une place particulière - toute société n'a-t-elle pas besoin de se fabriquer des ennemis ?
Dans un contexte de confusion idéologique, le discours sur les droits de l'homme se pare d'une indignation sélective : si le droit d'ingérence est invoqué pour justifier des interventions au nom de la liberté d'expression et de la démocratie, jamais il ne servira à libérer des syndicalistes emprisonnés ou à faire respecter les droits des travailleurs. Les régimes autoritaires alliés des Occidentaux peuvent continuer de bafouer impunément les libertés démocratiques.
La Russie, et depuis bien plus longtemps la Corée du Nord, sont soumises à des embargos occidentaux : ces peuples, assiégés, se sont dès lors constitués en citadelles. Leurs réactions sont logiques au regard des principes universels de la géopolitique, malheureusement oubliés dans les pays occidentaux. Ainsi, la Corée du Nord, pays de 25 millions d'habitants entouré de puissants voisins, marqué par le double drame de la colonisation japonaise et de la guerre de Corée, a développé des capacités d'autodéfense (y compris nucléaires), dans une logique obsidionale qu'on retrouve dans d'autres pays et à d'autres époques - par exemple en France dans les relations avec l'Allemagne entre 1871 et 1914. La géopolitique est ainsi la mise en oeuvre de ce qui est possible et souhaitable dans les relations entre puissances dans l'ordre international : pour garantir la paix, la sécurité internationale et le développement des nations, il est utile que se constituent des pôles de puissance qui garantissent des équilibres. La Russie aspire légitimement à constituer l'un de ces pôles, ce que contredit l'installation de troupes de l'OTAN directement à ses frontières. Moscou et Pyongyang ont ainsi mis l'accent sur la souveraineté des nations, qui n'est en aucun cas un repli sur soi mais l'affirmation par chaque Etat de son droit à maîtriser ses propres décisions de politique étrangère, sans ingérence extérieure. Contrairement aux Américains, les Russes et les Nord-Coréens n'entendent pas, quant à eux, imposer leur système politique à d'autres pays.
La reconstitution d'une puissance militaire russe n'a pas davantage à être condamnée que l'augmentation des budgets militaires américain ou français. Les Russes, contrairement aux Occidentaux, assument pour leur part pleinement leur histoire, qui s'inscrit dans un patriotisme incompris en Occident. Leur culture eurasiatique, spécifique, ne justifie pas qu'ils soient rejetés dans un autre "barbare", comme le font les prescripteurs d'opinion occidentaux. Manifestement, les Russes ne sont plus bolchéviques mais ont toujours le couteau entre les dents, étant stigmatisés comme "complices de la barbarie". Quand les victimes civiles des guerres occidentales (forcément des guerres justes et des guerres propres) sont escamotées par les médias, celles des interventions militaires russes sont mises au premier plan.
S'agissant des Nord-Coréens, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils l'assument ou pas, leur culture politique est profondément empreinte de confucianisme - ce qui génère des relations paternelles entre les dirigeants et le peuple. Ils ont choisi de ne compter que sur leurs propres forces et ont érigé ce principe en règle majeure d'un travail idéologique jugé fondamental, refusant déjà, hier, d'être membre du Conseil économique d'Assistance Mutuelle (CAEM) ou de relier leur réseau d'électricité à celui soviétique, comme le leur proposait Nikita Khrouchtchev. Ils ont payé le prix de cette indépendance lors des difficultés des années 1990, mais ont maintenu leur système politique et social.
La Corée du Nord offre un terrain privilégié pour permettre à des journalistes d'affirmer n'importe quoi, sans risque d'être contredit. Le discours hostile à la République populaire démocratique de Corée a même gagné les rangs des partisans de ceux qui se disent partisans du socialisme, quitte à oublier que, par la propriété collective des moyens de production, la Corée du Nord est bien un Etat socialiste. La détestation de la Corée du Nord a aussi une logique qu'explique la géopolitique : la nécessité pour les Etats-Unis de maintenir des troupes dans des positions avancées en Asie de l'Est, à proximité de la Russie et de la Chine, au prix de compromissions avec les dirigeants sud-coréens en matière de droits de l'homme.
Quand la France se permet de donner des leçons sur le nucléaire nord-coréen, alors qu'elle assume l'héritage gaullien de l'arme nucléaire comme garantie de son indépendance, l'histoire des négociations sur la question nucléaire en Corée montre le besoin de dialogue et de négociations, pour anticiper et prévenir les conflits - selon des principes conformes au droit international - et non l'invocation de pseudo-négociations après des interventions militaires et des ingérences dans les affaires intérieures d'autres pays.


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Le Pacifique devient chaque jour un peu plus au centre des préoccupations du monde. C'est un espace fragmenté, jalloné de rivalités entre grandes puissances et qui peut devenir un espace conflictuel.
Pour comprendre les grandes lignes géopolitiques qui traversent cette région et les conflits actuels, Bruno Gollnisch, homme politique mais également professeur de droit international et japonisant, nous livre un exposé clair et érudit.


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Nos sociétés occidentales sont victimes du virus de la culpabilisation collective. Véritable arme de "destruction massive", cette culpabilisation est mise en oeuvre sous la forme de "mythes fondateurs" qu'Alexandre Del Valle analyse un à un : les croisades, les "ténèbres" du Moyen Age, la diabolisation de l'Eglise catholique, la "dette" envers la science arabo-musulmane, Al-Andalus, les accusations d'esclavagisme, de colonialisme et de racisme à sens unique, la "mondialisation heureuse" et les dérives de l'Union européenne.
Persuadé que la "guerre des représentations" est la clef de tous les conflits, il poursuit en identifiant le processus de désinformation à l'origine de cette manoeuvre de déstabilisation collective.
Selon lui, la culpabilisation pathologique qui sape les fondements mêmes de nos sociétés ouvertes est aux antipodes de la saine capacité à s'autocritiquer, car loin d'aider les peuples à tirer les leçons du passé, elle est fondée sur la haine de soi et attise celle de l'Autre à notre endroit.
Afin de retrouver l'estime de soi, condition nécessaire pour être respecté par les autres, Del Valle invite la France et ses alliés occidentaux à mettre en oeuvre d'urgence une thérapie globale de déculpabilisation.
Il montre enfin en quoi la survie géopolitique des nations occidentales dans le nouveau contexte multipolaire passe par leur capacité à substituer à leurs prétentions universalistes, souvent contre-productives, un recentrage stratégique et une réappropriation de leur identité propre, dont le monde slavo-orthodoxe, trop souvent diabolisé, est l'un des piliers.
Emission du "Libre Journal de Charles Zorbib", animée par François Costantini.


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Janvier 2014, en Russie, les hauts fonctionnaires, les gouverneurs, les cadres du parti Russie unie reçoivent un singulier cadeau de Nouvel An de la part de l'administration présidentielle : des ouvrages de philosophie ! Des oeuvres de penseurs russes du XIXe et du XXe siècle. Si Gogol revenait, il décrirait ces imposants personnages en train de peiner sur la lecture de pages emplies de spéculations sibyllines.
Le président lui, même a récemment cité ces auteurs dans des discours décisifs, et il faut essayer de comprendre ce qu'il a voulu dire. Les plus persévérants trouvent d'ailleurs dans ces livres des formules qui résonnent étrangement, et sentent comme une concordance des temps...
Dans cette conférence, Michel Eltchaninoff tente de répondre à la question que chacun se pose depuis le rattachement de la Crimée à la Russie et l'intervention militaire en Syrie : qu'est-ce que Poutine a dans la tête en ce début de siècle ?


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L’observateur des évolutions politiques des dernières décennies ne peut qu’être frappé par une conjonction d’apparence paradoxale : l’approfondissement continu du processus de la mondialisation, et la reviviscence des nationalismes – le symptôme le plus apparent en est la progression électorale des partis d’extrême-droite.
Avec l’aide d'Anne-Marie Thiesse et d'Irène Hermann, nous tentons de comprendre ce qui nous pousse à sortir nos drapeaux et à appeler au renforcement des frontières, en cernant les ressorts des réflexes nationalistes.
A cette fin, les intervenantes reviennent longuement sur le moment de la constitution des nations modernes et sur leur maintien depuis lors.
Une conférence organisée par le Groupe vaudois de Philosophie, qui s'insère dans le colloque "La nation, notre avenir ?".


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Pour ce 74e numéro de "L’Heure la plus sombre", Vincent et Xavier reçoivent Alain Soral et Youssef Hindi pour réagir aux derniers événements en Syrie.
00:00 : Introduction
01'24 : Tableau général de la situation
03'25 : Propagande éculée
06'05 : Le chantage à l’impeachment
07'30 : À qui profite le crime ?
09'45 : Gazés mais par qui ?
11'50 : Changement dans l’entourage de Trump
15'07 : Détails troublants
19'40 : Réactions internationales
22'40 : Diversion ?
24'00 : Question de survie
26'40 : Le projet du grand Israël
29'40 : La dimension Saoud/Émirats
35'17 : Le positionnement de la Turquie
38'45 : Tensions avec la Corée du Nord
40'00 : Trump a-t-il trahi ?
46'15 : Comment neutraliser la France ?
52'20 : Mondialistes de gauche et mondialistes de droite
58'36 : Quelle marge de manœuvre ?




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La pensée russe, depuis Pierre Ier le Grand, s'est constuite en d'incessantes comparaisons avec la philosophie occidentale (la célèbre querelle des slavophiles contre les occidentalistes). Au-delà de cette opposition interne, la pensée russe a toujours resisté aux catégorisations ontologistes et n'a cessé de cultiver une singularité propre à son terreau civilisationnel, plus intuitive et mystique.
Philippe Champion nous retrace deux siècles d'histoire de la pensée en s'arrêtant sur les penseurs majeurs qui ont marqué l'histoire russe, et en montre toute l'actualité en aboutissant jusqu'à son héritier le plus actuel, Alexandre Douguine.