La religion industrielle : une généalogie de l'entreprise. Avec Pierre Musso à l'Institut d'Administration des Entreprises de Metz.


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12.05.2017

L’industrie est une vision du monde. Avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les "Révolutions industrielles" qui se multiplient depuis deux siècles.
Le travail de Pierre Musso porte un regard anthropologique et philosophique de l'Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
L’industrie absorbe tout. Elle fait tenir l’architecture culturelle de l’Occident. Car l’Occident a bien une religion. Il ne s’est produit aucune "sécularisation". La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la "Révolution industrielle", un "nouveau christianisme" technoscientifique a été formulé.
Pierre Musso donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur.
Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (XIe-XIIIe siècles), la manufacture (XVIIe-XVIIIe) puis l'usine (XIXe), avant de constituer l’entreprise (XXe-XXIe). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la "Révolution managériale", la cybernétique et la numérisation.
La religion industrielle a produit un corpus philosophique, quelques bibles encyclopédiques, un puissant imaginaire et un grand théâtre usinier. Elle s'est construite à l'ombre de l'État et contre la religion politique, longtemps de façon souterraine. Désormais, l'Entreprise porte et exporte la religion industrielle alors que l'État voit sa symbolique politique se dilapider.

Henri de Lubac et le drame de l'humanisme athée. Avec Georges Chantraine à l'Institut Philanthropos.


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15.11.2007

Georges Chantraine, père jésuite belge, a été l'élève, ami et disciple du cardinal Henri de Lubac.
Ce dernier, théologien jésuite qui sentit d'abord le soufre au point d'être interdit d'enseignement, fut ensuite nommé expert au concile Vatican II.
L'importance de son oeuvre théologique n'est plus remise en cause par personne aujourd'hui, et Georges Chantraine en a été l'exécuteur testamentaire. Il lui est revenu -entre autres- la lourde tâche de trier et éditer tous ses écrits.
Il a également consacré de longues années à une biographie exhaustive en deux volumes du cardinal, dans laquelle il relate bien sûr la longue existence du père de Lubac mais explique également l'importance majeure de son apport à la théologie et l'influence qu'il exerça sur le concile.
C'est de tout ce travail dont il nous parle ici.

France-Etats-Unis : un commerce équitable ? Avec Régis Debray sur France Culture.


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01.07.2017

De quelles natures sont les relations transatlantiques ? Quels produits, quelles attitudes, quelles images avons-nous échangés, partagés ou déclinés ? Que doit concrètement l’Europe à l’Amérique et que doit l’Amérique à l’Europe ?
Une série d'émissions où Périco Legasse, Olivier Abel, Francis Marmande, Françoise Gaillard, Paul Soriano, Bernard Cerquiglini, Alban Cerisier, Benoit Peteers, Catherine Bertho-Lavenir et Raphaëlle Moine accompagnent Régis Debray dans son questionnement.

Notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'arrète sur quelques livres importants qui parlent de notre époque, de ses dérives et qui donnent une idée de la dynamique historique qui est la notre.

La droite et la gauche française sont-elles finies ? Avec François Bousquet au Cercle du Bon Sens.


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30.11.2017

Comment peut-on penser le clivage droite-gauche, clivage structurant de la politique française s'il en est ? Laquelle, des approches fontionnaliste, historiciste et essentialiste est la plus appropriée pour comprendre la persistance et les changements de ces deux notions ?
François Bousquet, rédacteur en chef de la revue "Éléments", journaliste, politologue, éditeur et écrivain, aborde ces questions de front.

Hors-champs. Avec Emmanuel Carrère sur France Culture.


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11.2014

Une série de cinq entretiens menés par Laure Adler avec l'écrivain, scénariste et réalisateur Emmanuel Carrère.
 - 1_5 : une première discussion autour du parcours d'écriture et de ses romans L'Adversaire et Un roman russe.
 - 2_5 : deuxième entretien à propos de son parcours d'écrivain et de cinéaste. Emmanuel Carrère revient longuement sur la figure d'Edouard Limonov dont il a écrit la biographie, et sur le livre D'autres vies que la mienne.
 - 3_5 : l'histoire du livre Le Royaume, témoignage sur la "période dévote" d'Emmanuel Carrère, constitue la matière de cette troisième émission.
 - 4_5 : pour ce quatrième entretien, l'écrivain et essayiste Pierre Pachet est de la partie pour parler du travail littéraire d'Emmanuel Carrère.
 - 5_5 : enfin, cette cinquième et dernière émission voit le comédien Fabrice Luchini se joindre à la discussion précédemment entamée.

La passion. Avec René Girard au Centre Pompidou.


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30.03.2005

René Girard, philosophe et spécialiste de la littérature, a essentiellement travaillé sur la notion de violence, comme fondement de toute société. C'est le désir mimétique, c'est-à-dire le fait de désirer ce que l'autre désire, qui conduit à la violence et menace de détruire la société. Canaliser ce désir mimétique et la violence qu'il entraîne n'est possible qu'en désignant un bouc émissaire : c'est en déviant la violence sur un innocent que se refait l'unité du groupe.
Cette théorie est indissociable de la religion puisque, selon le philosophe, toute civilisation est au départ une religion : toutes les institutions sont d'origine religieuse et conservent les traces de ces origines sacrificielles.

Un entretien mené par Benoît Chantre.

Technique, mémoire, croyances. Avec Bernard Stiegler et Régis Debray au Centre Pompidou.


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22.02.2002

Dans le 3e tome de sa monumentale étude sur le temps et la technique, Le temps du cinéma et la question du mal-être, le philosophe Bernard Stiegler montre comment et pourquoi les dispositifs de production des symboles, qui relevaient jusqu'alors des sphères de l'artistique, du théologique, du juridique et du politique, sont désormais totalement absorbés et organisés par les industries culturelles qui contrôlent hégémoniquement ce qui nous constitue comme conscience : les flux temporels.
Dans son dernier ouvrage : Dieu, un itinéraire, le philosophe et médiologue Régis Debray, après avoir analysé systématiquement la genèse du monothéisme à travers les supports de son esprit et en mobilisant une immense documentation, s'interroge ainsi pour finir : "Que doit faire l'Ordinateur d'origine face aux ordinateurs tout court ? se transformer bien sûr... On peut attendre des réseaux de demain un e-God, just in time, commutable, à télécommande et sans copyright".
Ces deux approches, très différentes, mais qui partagent l'a priori d'une matérialité constitutive de l'esprit, reposent, en les éclairant d'un jour nouveau, la question des représentations, de l'aliénation des consciences, de la place et du rôle des techniques, et au bout du compte, la question de notre rapport au mal aujourd'hui.