La crise de la civilisation occidentale. Avec Henri Guaino au Cercle Aristote.


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08.07.2019

L'Occident est engagé sur une pente qui pourrait bien lui être fatale à brève échéance. Il ne s'agit pas d'une prophétie mais d'un diagnostic sur l'état mental, moral, intellectuel de nos sociétés, sur le mal qui les ronge et qui détruit sous nos yeux un idéal humain auquel ont travaillé des millénaires d'histoire, de religion et de civilisation. L'Occident n’est pas menacé par le déclin de sa puissance relative face aux puissances émergentes qui le concurrencent dans un monde qu'il avait l'habitude de dominer sans partage. Le plus grand danger n'est pas dehors mais dedans, dans l'obstination d'une majorité des élites occidentales à penser que le progrès économique, scientifique et technique a changé la nature de l'homme et dans leur orgueil démesuré à croire qu'elles sont les architectes d'un Nouveau Monde où les leçons du passé n'ont plus aucune valeur.
Ce n'est pas la première fois que l'idéologie de la table rase s'attaque à ce que la civilisation a construit pour canaliser les instincts sauvages qui demeurent éternellement au plus profond de la nature humaine. Ne pas prendre conscience de ce qui est en train de s'effondrer dans l'homme occidental, c'est laisser se tendre à nouveau le ressort des grandes tragédies. Et une fois que le ressort est tendu, la tragédie, implacablement, va jusqu'à son terme.
Le but du travail d'Henri Guaino : nous forcer à ouvrir les yeux avant qu'il soit trop tard.

La gnose et les gnostiques. Avec Roland Hureaux au Cercle Aristote.


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01.07.2019

La gnose constitue un des phénomènes les plus fascinants de l'histoire des idées. Elle est apparue sous le Haut-Empire romain (Ier-IIe siècle), période brillante et inquiète, qui voit aussi l'essor du christianisme. Les gnostiques, Basilide, Valentin, Marcion, prêchent des doctrines étranges se présentant comme une connaissance secrète (gnose) que Jésus-Christ aurait transmise à ses proches. Christianisme philosophique ou sulfureuse contrefaçon ? Sagesse élevée ou charlatanisme ? Religion sui generis ou maladie infantile du christianisme ? Ultime expression de la philosophie grecque ou anticipation de l'existentialisme ? Vecteur d'influences juives ou au contraire rejet du judaïsme ? La gnose garde une partie de son mystère.
Née en Orient (Syrie, Égypte), répandue à Rome, dénoncée par les Pères de l'Église (saint Irénée, Tertullien), elle connaît peut-être son sommet aux confins de l'Empire perse avec Mani (IIIe siècle) dont la doctrine, le manichéisme, se répand jusqu'en Chine et pourrait avoir inspiré le bouddhisme.
Depuis la fin des cathares (XIVe siècle), dernier avatar de la gnose européenne, celle-ci se survit par des traditions initiatiques (franc-maçonnerie, théosophie), des lignées de maîtres spirituels qui s'en réclament et des influences diffuses sur la littérature, particulièrement romantique, la musique, la philosophie. Par son rejet radical du monde réel ou sa volonté d'émanciper l'esprit des contraintes de la condition charnelle, le mode de pensée gnostique imprègne à bien des égards la culture contemporaine.
Sur un sujet complexe et controversé, Roland Hureaux nous présente, dans une perspective historique, une synthèse claire, vivante et équilibrée.

Connaissez-vous Chesterton ? Avec Gérard Joulié sur Radio Courtoisie.


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18.12.2018

Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) a des raisons de se battre et non pas simplement de vivre. Son physique énorme, fabuleux, à la saint Thomas d'Aquin, sert ces heureux desseins. Ses romans regorgent de bagarres inouïes, signes de la prodigieuse santé de cet esprit résolument hors norme. Quant à l'imagination, l'humour et la fantaisie, qui l'animent en toute chose, en toute oeuvre, ce ne sont là que dons du Ciel qui décuplent les forces de ce conspirateur-né.
Protestant anglais converti au catholicisme romain, Chesterton est un polémiste et un apologiste à cheval entre le XIXe et le XXe siècle, un paladin du papisme, un champion de l'Église militante et triomphante qui sort de l'ombre au moment précis où le christianisme entame son déclin.
Peu soucieux de l'Histoire, Chesterton est d'abord un homme de foi et d'honneur qui conserve l'âme hauturière du Moyen Âge. S'il défie la modernité, et s'il passe pour un traître à son pays et parfois même à sa classe sociale, c'est à la fois en sage et en fou, en excentrique et en réservé qu'il donne et rend tous les coups.
De son sens du paradoxe naîtra une lecture du monde unique en son genre, gouvernée par l'éternelle et impossible quête du centre.

Émission du "Libre journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

Enquête sur l'Apocalypse. Avec Claude Tresmontant sur Radio Courtoisie.


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08.1994

L'Apocalypse est un livre très obscur pour nous aujourd'hui, comme il l'était déjà devenu pour Denys, évêque d'Alexandrie vers la fin du IIIe siècle, selon lequel "plusieurs qui vivaient avant lui ont rejeté l'Apocalypse parce qu'ils estimaient que le livre est incompréhensible, qu'il n'est pas une révélation et qu'il est recouvert d'un voile épais qui en rend le contenu inintelligible ".
Claude Tresmontant a travaillé pendant plus de vingt ans sur les correspondances entre l'hébreu de la Bible hébraïque et le grec de la Septante. Il a démontré ainsi l'origine hébraïque des Evangiles et de l'Apocalypse et la date, très proche des événements, de leur composition. Il en a donné une traduction entièrement renouvelée.
Pour lui, si l'Apocalypse est un texte obscur, c'est parce qu'il a été écrit dans un langage chiffré, en pleine terreur, au cours des années 50, quand la petite communauté chrétienne naissante était persécutée à mort par la dynastie des Hérode et par les hautes autorités sacerdotales de Jérusalem.
L'auteur de l'Apocalypse, qui s'appelait lohannan, fait allusion constamment à des événements - aujourd'hui complètement oubliés - mais bien connus des frères et soeurs des communautés judéennes auxquelles il s'adresse. Il connaît les Saintes Ecritures hébraïques par coeur et procède par allusions dans un langage parfaitement clair pour ses destinataires. La destruction, en 70, de Jérusalem, berceau du christianisme, explique que, très vite, ce texte soit devenu incompréhensible.
Pour nous permettre de retrouver le sens de ces oracles de l'Apocalypse, Claude Tresmontant met sous nos yeux les textes d'un historien contemporain des événements, Josèphe, surnommé Flavius, et de Philon d'Alexandrie. Il traduit les textes de la Sainte Ecriture qui permettent de comprendre le langage de lohannan et il dégage les allusions aux faits et aux événements contemporains ou récents.
lohannan, l'auteur de l'Apocalypse, était lui-même kohen, prêtre du Temple de Jérusalem. Il a été kohen gadôl, grand prêtre, en 36-37. C'est le même lohannan qui a fourni le dossier de notes, dont nous avons la traduction en langue grecque : l'Evangile de Jean. Il annonce, dans les années 50, c'est-à-dire quelque vingt ans à l'avance, la prise et la destruction de Jérusalem, qui aura bien lieu en 70, et demande aux frères et aux soeurs de la petite communauté chrétienne de Jérusalem de se sauver avant qu'il ne soit trop tard. Ce qu'elle fit avant l'année 66, commencement de la grande guerre entre les Judéens et les Romains. Jean-lohannan annonce la naissance de la nouvelle Jérusalem, qui est la Communauté (l'Eglise) elle-même, l'Epousée, la Chérie, non pas faite de pierres, mais avec des êtres vivants. Il fait appel à une interprétation ésotérique du Cantique des Cantiques et du rouleau d'Esther, familiers à cette époque-là.
Philosophie de l'histoire qui annonce l'inéluctable destruction des empires, philosophie politique qui traite des rapports entre l'Eglise et l'Etat, l'Apocalypse est une prophétie déjà réalisée qui porte aussi sur l'avenir de la création.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Politique, société et psychologie : notes de lecture, par Michel Drac.


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2019

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, se penche ici sur différentes questions de société. De la philosophie politique aux problèmes de psychologie sociale, comprendre les visions du monde et les habitus qui structurent des collectifs où certaines minorités actives doit nous permettre d'avoir une compréhension plus fine de la marche du monde.
Ce travail est mené par la lecture de plusieurs livres dont les contenus sont ici exposés clairement.

Jung et la gnose. Avec Françoise Bonardel sur Radio Courtoisie.


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09.04.2018

Médecin de l'âme et homme de culture, Carl Gustav Jung (1875-1961) s'est intéressé à la gnose dès les années 1910 alors qu'il effectuait des recherches sur les mythologies, mystères et croyances populaires. Son intuition lui disait que cette littérature étrange et difficile détenait un trésor d'images symboliques dont il lui fallait comprendre la signification.
Peu après confronté à une crise intérieure (1913) dont il fit le récit dans Le Livre Rouge, Jung en vint à considérer les gnostiques comme les premiers explorateurs de l'inconscient, découvrant le monde des archétypes qui leur inspira leurs visions et leurs mythes. Comme les alchimistes plus tard, ces visionnaires l'ont souvent guidé dans l'élaboration de la psychologie analytique, "gnostique" en ce qu'elle restitue une plénitude de sens à la vie désorientée de l'homme contemporain.
Jugées hérétiques par les premiers auteurs chrétiens, les gnoses dont l'origine est incertaine laissaient libre cours à l'imagination créatrice et avaient du salut une vision aussi proche des initiations antiques que du christianisme. Valorisant la découverte de soi à travers l'expérience personnelle du divin, leur enseignement ne pouvait laisser Jung indifférent.
Fut-il lui-même "gnostique" comme l'en accusèrent Martin Buber et certains théologiens chrétiens ? S'il le fut, c'est à sa manière : afin de répondre aux exigences spirituelles de son temps désireux de "savoir" plutôt que de croire.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

La liberté d'expression face au blasphème. Avec Anastasia Colosimo aux rencontres philosophiques de Monaco.


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15.02.2018

Le blasphème est, depuis ses origines, un concept politique qui n'intéresse le religieux que marginalement. Jérusalem, Athènes, Rome, les morts fondatrices de Socrate et de Jésus-Christ, tous deux condamnés à la peine capitale, le premier pour impiété, le second pour blasphème, ainsi que la Torah, l'Évangile et le Coran témoignent que l'histoire de l'interdiction du blasphème est avant tout celle de sa fonction politique, qui est d'éliminer celui qui nuit à la communauté.
Avec l'apparition de la modernité, l'invention de la tolérance et la proclamation de la liberté d'expression comme droit fondamental, le blasphème aurait dû disparaître. Il s'est en fait transformé.
De Salman Rushdie à Charlie Hebdo, il est même devenu l'enjeu de crises planétaires répétées. Dans le monde musulman, son interdiction est aujourd'hui un outil redoutable de répression des minorités au niveau national et d'accélération de choc des civilisations au niveau international.
À ce défi, l'Europe prétend répondre par la liberté d'expression, bien que la majorité des pays occidentaux continue à condamner le blasphème, compris non plus comme une offense à Dieu, mais aux croyants, signe d'une sécularisation dévoyée.
C'est particulièrement le cas en France où la prolifération des lois venant limiter la liberté d'expression a fini par réinstaurer un délit de blasphème tout en multipliant les délits d'opinion...

Heurs et malheurs du puritanisme anglais. Avec Bernard Cottret sur France Culture.


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27.10.2012

Chacun sait bien que la pudeur britannique n'est plus ce qu'elle était, mais tout de même... La traditionnelle exclamation "Oh ! Shocking !" continue à s'entendre Outre-Manche lorsque des affaires de moeurs défraient la chronique. Et nul ne peut se défaire de l'idée que la reine Victoria continue de se retourner dans sa tombe quant sont bafouées toutes les règles du puritanisme qu'elle avait incarnées, au cours d'un règne de 64 ans. Ces règles qu'elle avait héritées, en les intensifiant peut-être, des protestants des siècles anciens.
Il est donc intéressant de considérer l'histoire de ce puritanisme en se portant jusqu'au XVIe siècle, et en se demandant si vraiment il n'en reste rien dans la Grande-Bretagne contemporaine, en élargissant la curiosité aussi aux Etats-Unis d'Amérique, puisque les premiers pèlerins, ceux du Mayflower, comme leurs successeurs au long du XVIIe siècle, étaient profondément marqués par cette sensibilité, par les doctrines qu'elle accompagnait, par les comportements qu'elle impliquait, par les rigueurs qu'elle exigeait.
Bernard Cottret, professeur d'histoire des civilisations anglo-saxonnes, nous guide dans cette exploration.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.