La fabrication de l'ennemi. Avec Pierre Conesa au Cercle Ptolémée.


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23.06.2015

"Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi !", avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un "bon" ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance.
Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d'opinion ont consciencieusement "fabriqué de l'ennemi" et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.
L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique...
Comment advient ce moment "anormal" où l'homme tue en toute bonne conscience ? Avec une grande finesse d'analyse, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d'hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d'autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.
Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une cause politique. Moins d'une affaire de calibre que d'une question d'hommes.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Cercle Aristote.


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09.2016

PARTIE 1 :
00 - Actualité 00:00
 POLITIQUE INTERIEURE
01 – Attentats terroristes : un été sanglant 18:38
02 – Réactions du FLNC et d’Edouard Louis : entre virilité et culture de l’excuse sociale 45:43
03 – Attentats à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray et égorgement du père Hamel 54:54
04 – Evacuation musclée de l’église Sainte-Rita par la police 1:05:45
05 – Le phénomène Pokemon Go 1:12:38
06 – Vacances et lois scélérates : la Loi Travail entrée en vigueur le 9 août 1:14:22
07 – Augmentation de plus de 50% du nombre de SDF sur les trois dernières années 1:16:28
08 – Affaire du Burkini 1:18:34
09 – Sondages : DSK remonte en flèche et Montebourg donné vainqueur de la primaire PS 1:37:08
10 – Sarkozy, Juppé et les autres : les primaires des Républicains 1:42:24

PARTIE 2 :
11 – Festival de déclaration estivales : jusqu’où va-t-on descendre ? 0:00:00
12 – Adama Traoré et Zhang Chaolin : antiracisme à deux vitesses ? 0:09:30
13 – Y’a-t-il un vote afro-musulman ? Quelle part démographique pèse cette population ? 0:30:46
14 – Scorpène : fuite massive de documents confidentiels, négligence ou piratage ? 0:34:43
15 – Lactalis contre les producteurs de lait : l’Etat peut-il agir et avec quels moyens ? 0:41:18
 POLITIQUE EXTERIEURE
16 – Brexit : la situation deux mois après 0:42:56
17 – Coup d’état avorté en Turquie 0:47:38
18 – Point sur les élections américaines 0:53:35
19 – Libye : libération de Saïf Khadafi : un espoir de réunification ? 0:56:50
20 – Nigéria : crise économique et alimentaire 0:59:42
21 - Montée des tensions entre Pyongyang et Tokyo 1:00:50
22 – Tensions USA/Russie et troupes de l’OTAN aux frontières des Etats Baltes 1:02:28
23 – La situation des Musulmans de Birmanie 1:03:15
24 – Précisions sur Rodrigo Duarte, Président des Philippines 1:11:41
25 – Bilan des Jeux Olympiques de Rio 1:17:16
 ECONOMIE
26 – Quelle est la validité des "Stress Tests" de l’Autorité Bancaire Européenne ? 1:28:42
27 – Stiglitz veut scinder l’euro en deux monnaies (Europe du Nord/Europe du Sud) 1:30:06
28 – Economie numérique : quels enjeux ? Que font les Etats dans ce domaine ? 1:34:48
29 – Que pensez de la théorie de l’effondrement économique ? 1:38:12
 THEORIE / DOCTRINE
30 – Croix de feu et Parti Social Français : fascisme ou pré-gaullisme ? 1:38:52
31 – Peut-on être républicain et nationaliste ? 1:41:38
32 – Pouvez-vous expliciter ce qu’est le "gallicanisme" ? 1:42:28
33 – Qu’entend-on par l’expression "le parti espagnol" ? 1:44:03
34 – Question d’un militaire 1:48:55
35 – Mort de l’historien allemand Ernst Nolte 1:49:52
 CONSEILS DE LECTURE

Après Alstom, à qui le tour ? Avec Jacques Sapir, Hervé Juvin, Jacques Myard, Jean-Michel Quatrepoint, Paul-Albert Iweins, Denis Pluvinage, Franck DeCloquement, Leslie Varenne et Stéphanie Gibaud à l'Assemblée Nationale.


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26.11.2015

Un séminaire de réflexion/débat sur les risques que l’impérialisme juridique et numérique américain fait peser sur les entreprises françaises.
Avec plusieurs avocats ou des professionnels de l’intelligence économique, et en s'intéressant aux exemples de pays qui ont entrepris de défendre leurs entreprises et leurs citoyens contre la menace extérieure, les opérations américaines récemment menées contre les entreprises françaises ou européennes sont examinées afin de pouvoir prescrire des actions préventives aux politiques.

Un parcours intellectuel : Alain de Benoist pour le Cercle Kritik.


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07.2016

Alain de Benoist, qu'on a longtemps présenté comme le chef de file de la "Nouvelle Droite", reste aujourd'hui mal connu. Intellectuel atypique, qui a toujours voulu être fidèle à la pensée critique, il appartient au petit nombre des penseurs français étudiés à l'étranger. En France, il reste ostracisé dans certains milieux, qui ne l'ont généralement pas lu. Trop de malentendus sont venus brouiller la perception de son oeuvre. Cet entretien est l'occasion de les dissiper.
Un échange qui permet à Alain de Benosit de revenir entre autres sur son parcours militant, la formation du GRECE, ses activités de publications ainsi que les thèses qu'il a défendu au cours de sa vie. Des hommes et des idées, des livres et des rencontres. Le tout esquissant la physionomie de l'époque et le visage de l'auteur.

Géopolitique de la déstabilisation de la Libye. Avec Bernard Lugan au Cercle Aristote.


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05.07.2016

Collés à l'immédiat, journalistes et "experts" décrivent le chaos libyen. Ils ne l'expliquent pas. Ne connaissant ni les couches sédimentaires historiques, ni la marqueterie tribale du pays, ils en seraient d'ailleurs incapables.
Or, les origines du drame et ses conséquences, tant locales que régionales et migratoires, ne peuvent être analysées et comprises qu'à travers les permanences de cette société profondément originale qu'est la Libye.
Vieille terre berbère islamisée puis arabisée par la violence, cette dernière se caractérise à la fois par la faiblesse du pouvoir central et par la vitalité de ses forces tribales.
Au nombre de plusieurs dizaines si nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous prenons en compte leurs subdivisions, les tribus libyennes sont groupées en trois grandes alliances régionales : la confédération Sa'adi en Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar dans le nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman qui occupe la Tripolitaine orientale et intérieure ainsi que le Fezzan.
Au sein de ces alliances, agissant comme de véritables "fendeurs d'horizon", les tribus les plus fortes contrôlaient jadis les couloirs de nomadisation sur l'axe Méditerranée-Tchad. Les trafics d'aujourd'hui (notamment drogue et migrants), se font le long de ces anciennes voies sur lesquelles les jihadistes-contrebandiers  bénéficient de solidarités lignagères séculaires.
Faute d'avoir pris en compte ces données pourtant essentielles, ceux qui, au nom de l'illusion démocratique, déclenchèrent l'intervention franco-britannique de 2011 contre le colonel Kadhafi sont les responsables directs de l'actuel chaos. Or, par le biais des migrations, celui-ci frappe à nos portes.
Face à un tel danger, la pacification de la Libye est un impératif vital. Il serait cependant singulièrement inconséquent de vouloir l'obtenir au nom de l'utopie démocratique et sans prendre en compte son archéologie tribale.
Fondé sur le seul réel, à savoir la terre, les hommes et leur histoire, l'analyse délivrée par Bernard Lugan donne les véritables clés de compréhension d'une crise qui menace directement l'Europe. Elle permet de poser le bon diagnostic et donc de définir les bons remèdes.

L'Arabie saoudite à la croisée des chemins (2001-2015). Avec Clément Nguyen à l'Université Réelle de Montpellier.


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01.01.2016

Quel est l'état de la puissance de la dynastie saoudienne ? Quels sont ses avantages et ses faiblesses ? Comment se projète-elle à moyen/long terme dans le cadre des relations internationale ?
Une conférence qui permet de se faire une idée plus précise sur cet acteur clé du monde musulman en général et du Moyen-Orient en particulier.

Le défi géopolitique de l'Espagne. Avec Nicolas Klein à l'Université Réelle de Montpellier.


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19.03.2016

Nicolas Klein, spécialiste du monde hispanique, nous présente sa vision de l'état actuel de l'Espagne, nation voisine très brillante dont nous savons finalement assez peu de choses en France.
Ce grand pays d'Europe, lui-même plus respectueux que nous de ses affinités naturelles, est aujourd'hui conscient que l’Union européenne n’est bonne ni pour elle-même, ni pour la grande majorité des nations européennes.
Une conférence pour comprendre le positionnement de ce pays sur la scène internationale, loin des mensonges et des raccourcis médiatiques.

Capital et Califat : contre-histoire anticapitaliste de l'islamisme. Avec Clément Homs sur Radio Libertaire.


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23.02.2016

Quand la marchandise se déploie, la violence se déchaine. Après les attaques contre le journal Charlie Hebdo, la tuerie antisémite dans un supermarché casher et les attentats du 13 novembre à Paris, le débat sur l'incompatibilité d'une culture "islamique" avec les "valeurs du monde occidental" a repris de plus belle. Quand il agite simultanément une aile droite populiste redoutant une "islamisation de l'Europe" et les apologètes de chez Freedom and Democracy portant haut et fort les "valeurs occidentales universelles" et leur "guerre de civilisation" (Manuel Valls), ce conflit est plus qu'explosif quand il ne nous conduit pas dans une impasse. Dépourvus des armes de la critique de l'économie politique et de toute forme de théorie critique, les frères ennemis du "choc des civilisations" et du "dialogue des cultures" ne jouent plus ici que le jeu en miroir d'une idéologie de crise commune ayant pour seul fond de sauce une lecture culturaliste atterrante.
Face à de telles absurdités, la gauche traditionnelle n'a fait qu'opposer les vieux arguments anti-impérialistes et une lecture géopolitique insistant unilatéralement sur la faute de l' "Occident".
En s'inscrivant en faux avec ces lectures, il s'agira d'avancer de toutes autres hypothèses en évoquant quelques pistes de réflexion autour des questions suivantes :
 1. Les politologues ont ils inventé l' "islamisme" ?
 2. L'islamisme peut-il vraiment être expliqué à partir de la religion ?
 3. Loin de représenter une rechute en-deçà des Lumières, l'islamisme et sa version hard power djihadiste ne représentent-ils pas une forme spécifiquement moderne de religiosité - le religionnisme -, qui a ses racines dans la désintégration de la société capitaliste ?
 4. Tout autant que la "global war on terror" occidentale, le "jihad global" et les terroristes attaquant leurs cibles munis de caméras GoPro ne doivent-ils pas être compris comme la manifestation d'une phase avancée de la décomposition du capitalisme et de la pulsion de mort du sujet moderne ?
Il s'agira ici d'aborder ces questions en montrant qu'il est nécessaire de réinscrire les trois temporalités historiques que connaîtront les islamismes au cours du XXe siècle, dans la dynamique même du capitalisme, ses configurations historiques changeantes et l'implosion finale de la forme sujet moderne.