La gouvernance par les nombres. Avec Alain Supiot à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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24.03.2015

Le sentiment de "malaise dans la civilisation" n’est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd’hui en Europe une intensité sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. La saturation de l’espace public par des discours économiques et identitaires est le symptôme d’une crise dont les causes profondes sont institutionnelles. La Loi, la démocratie, l’Etat, et tous les cadres juridiques auxquels nous continuons de nous référer, sont bousculés par la résurgence du vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul. Réactivé d’abord par le taylorisme et la planification soviétique ce projet scientiste prend aujourd’hui la forme d’une gouvernance par les nombres, qui se déploie sous l’égide de la "globalisation".
La raison du pouvoir n’est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes inhérentes à son bon fonctionnement. Prospère sur ces bases un nouvel idéal normatif, qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes. Porté par la révolution numérique, ce nouvel imaginaire institutionnel est celui d’une société où la loi cède la place au programme et la réglementation à la régulation. Mais dès lors que leur sécurité n’est pas garantie par une loi s’appliquant également à tous, les hommes n’ont plus d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux. Radicalisant l’aspiration à un pouvoir impersonnel, qui caractérisait déjà l’affirmation du règne de la loi, la gouvernance par les nombres donne ainsi paradoxalement le jour à un monde dominé par les liens d’allégeance.

L'être contre l'avoir : analyse de l'actualité. Avec Francis Cousin interviewé par Maurice Gendre pour le Cercle des Volontaires.


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06.2013

C'est en en comprenant le mouvement de la modernité comme déploiement du fétichisme de la marchandise que Francis Cousin commente divers points d'actualité : l'antifascisme, le terrorisme d'Etat, la gauche du capital, la "banlieue de la thune", l'immigration, ou encore la Turquie.
Une manière originale d'insérer ces événements dans une logique qui leur donne sens : la dynamique du capital.

La société de l'indistinction. Avec Francis Cousin au Local.


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19.11.2009

Le fétichisme de la marchandise est l'universelle domination sociale du quantitatif qui partout désormais développe l'exclusion spectaculaire du qualitatif dans la luxuriance aliénatoire de la dépossession humaine.
Aujourd'hui, dans ce monde du falsifié triomphant et de l'inversion généralisée, le krach inévitable du système des fictions faramineuses de l'économie spéculative s'annonce de plus en plus proche. Aussi, le gouvernement du spectacle mondial n'a t-il rien d'autre à offrir à la planète pour échapper à la faillite et tenter de sauver un dollar sur-hypothéqué que le chaos de la guerre sans fin par la mise en scène permanente de coups montés terroristes de vaste ampleur, menés de l'intérieur même des services spéciaux de la provocation étatique.
En ce temps où le spectacle mondial de la marchandise est en train de coloniser tous les espaces d'expression afin de les réduire à ne plus être que des champs duplicatifs de ce qui est conforme au despotisme démocratique de l'argent, il convient de dire haut et fort ce que tout le monde tait.

Machiavel, un cynique qui vous veut du bien. Avec Jean-Louis Fournel, Thierry Menissier et Robert Damien sur France Culture.


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05.2015

Quelle différence entre le cynisme et le machiavélisme ? De quelle manière la politique doit-elle évincer l'influence des passions ? Comment la vertu peut-elle ne pas être morale ? Comment un prince doit-il saisir l'occasion qui se présente à lui ? 
Autant de questions fondamentales pour comprendre Machiavel auxquelles viennent répondre plusieurs spécialistes de l'oeuvre du premier des modernes.

Émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance", animée par Adèle Van Reeth.

Les grands "enfants rois" qui nous gouvernent. Avec Bernard Stiegler au palais de Justice de Paris.


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19.03.2011

Une conférence où le philosophe Bernard Stiegler, non sans audace, s'attaque au problème du discrédit généralisé envers les élus.
Sous le regard de la psychanalyse et des sciences sociales, celui-ci décrit avec minutie les effets ravageurs d'une politique d'abandon des citoyens, devenus les "boucs-émissaires" de la déferlante néolibérale.

Management et imaginaire social. Avec Jean-Pierre Le Goff à l'Université de tous les savoirs.


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18.05.2000

Le management se présente volontiers comme une simple activité visant à améliorer l'efficacité, la productivité et la qualité dans la production de biens et de services, mettant en oeuvre des outils et des techniques qui se veulent de simples instruments.
L'examen des discours et des outils managériaux montre, s'il en était besoin, que le management va bien au-delà de la dimension pragmatique et fonctionnelle dont il se réclame : il dresse un tableau chaotique des évolutions du monde dans tous les domaines, développe une conception de l'homme nouveau adapté à ces évolutions, et véhicule la représentation d'un pouvoir qui effacerait les liens de subordinations pour laisser la place à un collectif horizontal tout entier organisé en réseau.
Ces représentations ne concernent pas seulement l'entreprise, mais elles sont symptomatiques de la décomposition d'un imaginaire qui s'est développé avec l'industrie et qui est aujourd'hui en crise. L'inflation du discours managérial, de ses thèmes et de ses outils, dans l'ensemble des sphères de l'activité sociale accompagne une modernisation qui "tourne à vide" et cède aux pressions de l'idéologie libérale.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Bréviaire des Patriotes.


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11.2014

Au travers de ce long entretien, Pierre-Yves Rougeyron analyse plusieurs sujets "chauds" et importants pour le futur de la France.
Du problème des révoltes à l'arrivée hypothétique d'un homme providentiel, du succès du dernier livre d'Éric Zemmour au déclassement de la "France périphérique", du conflit en Ukraine au problème du libre-échange, cet exercice de rebond sur l'actualité permet de se faire une idée assez complète de l'état de délabrement dans lequel se trouve notre pays.
À bon entendeur...

Religion capitaliste et laïcité. Avec Bernard Friot à la Bourse du Travail à Grasse.


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27.02.2015

Un peu plus d'un mois après les attentats de Paris et les grandes marches du 11 janvier qui, au nom de la liberté d’expression et de la laïcité, ont déchaîné l’islamophobie et justifié de nouvelles atteintes à nos libertés publiques, il est bon de nous interroger sur les croyances que nous inculque la religion capitaliste et dont la messe nous est dite chaque matin par les prêtres médiatiques sans que nous ne revendiquions sa séparation d'avec l'Etat : la foi capitaliste, son culte et ses rites pour les deux grandes divinités que sont le marché du travail et celui des capitaux.
Un combat à mener d'urgence afin que le peuple recouvre sa pleine souveraineté en rejetant les croyance qui le maintiennent dans la sujétion