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"Une louche allure de complot permanent contre le monde entier" : telle était la définition que Guy Debord avait donnée des éditions Champ libre qui le publiaient. Elle pourrait bien s'appliquer à toute la trajectoire publique de Debord lui-même. Devenu apparemment "acceptable" depuis sa mort en 1994, transformé même, selon certains, en icône et gloire nationale, le fondateur de l'Internationale situationniste n'est cependant pas devenu, malgré toutes les allégations en ce sens, un auteur comme les autres.
Anselm Jappe se propose donc de sauver la puissance de dérangement que constitue son œuvre : sont examinés entre autres la fin de l'art et la fin de la politique, sa lecture de Marx, sa contribution à la réflexion historique et les parallélismes possibles (ou pas) avec les écrits d'autre penseurs critiques. Sa curieuse récupération par le monde de l'art est également évoquée, ainsi que la question de son "actualité".
Et si les gens les plus différents se revendiquent de Debord et des situationnistes : il convient de leur rappeler que l'auteur de La Société du spectacle a toujours voulu s'opposer au monde entier, ou presque...
Une émission menée par David Dufresne.


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De 1950 à 1954, le sénateur Joseph McCarthy mit en place une vaste machinerie pour lutter contre une prétendue infiltration communiste aux États-Unis. Obscur sénateur du Wisconsin, il acquit en peu de temps une célébrité sulfureuse en dénonçant, selon un complotisme obsessionnel, une supposée invasion de taupes à la solde de l'URSS qui, par leurs menées infâmes, auraient mis en péril la survie de la nation. Cette théorie fantasmatique fut répandue avec un succès imprévisible. Et cela au grand dam de ses opposants qui furent impuissants un long moment à démonter l'imposture : que ce fût à Hollywood, dans l'Université, ou encore dans l'administration et le monde politique.
McCarthy fut efficace en utilisant des procédés qui méritent d'être restitués pour que l'on comprenne comment ses théories purent prospérer de pareille façon : jusqu'à peser sur la politique étrangère des États-Unis dans les affrontements de la guerre froide.
C'est en compagnie de l'historienne Hélène Harter que nous revenons sur ce personnage qui fut charismatique et qui parvint à provoquer, au début des années mille-neuf-cent-cinquante, un traumatisme collectif.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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Le 14 mai 2017, Emmanuel Macron arrivait au pouvoir en France. Un an plus tôt, ce jeune homme âgé de 39 ans était totalement inconnu du grand public. Un blitzkrieg médiatique fut mené pour vendre aux Français le couple quʼil formait avec "Brigitte", une ravissante enseignante quʼil avait séduite alors quʼil avait 17 ans et elle 36. Mais la chronologie ne collait pas et lʼhistoire avait été maintes fois réécrite. Jusquʼà ce quʼil fut admis que lors de sa rencontre avec « Brigitte », Emmanuel Macron avait… 14 ans.
Mais le passé de "Brigitte" restait inaccessible, comme si "Brigitte" était une autre personne que celle quʼelle prétendait être...
Émission de la "Matinale Tocsin Matin", animée par Clémence Houdiakova.


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Dans un monde traversé par le chaos, comment garder sa clarté d'esprit et suivre les principes qui ont présidé à l'avènement de la civilisation européenne ?
Figure italienne du nationalisme révolutionnaire, Gabriele Adinolfi propose une lecture du déclin contemporain à travers les prismes de la tradition immémoriale et du combat politique le plus immédiat, synthèse qu'il a autrefois qualifiée d' "évoléninisme".
Une constat radical qui pousse à réfléchir sur ce que signifie tenir debout — intellectuellement, moralement, politiquement — lorsque tout semble s'effondrer autour de soi.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


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Né le 7 août 1967 à Paris, Laurent Ozon est un chef d’entreprise, intellectuel écologiste et homme politique localiste français. Fondateur de plusieurs PME dans les secteurs des technologies de pointe, comme la sécurité informatique, la biométrie et la vidéosurveillance, il est également connu pour ses engagements écologistes et localistes. Il a dirigé la revue "Le Recours aux forêts" (1994-2000) et fondé le mouvement Maison commune, prônant une écologie profonde et des thèses biorégionalistes. Conférencier actif, Laurent Ozon publie dans des revues comme "Silence" ou "The Ecologist", et s'intéresse à l'histoire de l'écologie, l'anthropologie philosophique et la critique du libéralisme économique.
L'occasion d'écouter son analyse sur l'état du pays et les solutions qu'il propose pour que les Français puissent reprendre le contrôle sur leur destin.


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Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque "crise de gouvernabilité".
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue "révolution managériale", à des mobilisations écologistes inédites, à l'essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une "crise de la démocratie" qui, rendant l'État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C'est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont Grégoire Chamayou retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l'histoire philosophique.
On y apprend comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le "primat de la valeur actionnariale", conçu un contre-activisme d'entreprise ainsi qu'un management stratégique des "parties prenantes", imaginés, enfin, divers procédés invasifs de "détrônement de la politique".
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n'est pas animé d'une "phobie d'État" unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un "État fort" pour une "économie libre".


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Haut fonctionnaire français, spécialiste des questions relatives aux cultes et à la laïcité, Didier Leschi est directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration depuis 2015, et président de l'Institut d’étude des religions et de la laïcité depuis 2018.
Il aborde ici tous les aspects de la question migratoire, y compris les plus sensibles. En tant qu'homme de gauche, il déplore les tabous de son camp sur ce sujet. Selon lui, l'immigration pose avant tout des problèmes sociaux : son coût pèse principalement sur les plus précaires. En ignorant leurs inquiétudes, la gauche perdrait sa crédibilité sur les questions sociales.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'43 : Pourquoi le débat sur l'immigration est-il impossible à tenir ?
- 0'04'19 : L'immigration, principal point de désaccord entre la gauche et la droite ?
- 0'06'45 : La question de l'immigration est avant tout une question sociale
- 0'09'23 : Il est faux de prétendre qu'on a besoin d'immigration pour créer de la richesse
- 0'11'22 : Le rapport des Américains à l'immigration
- 0'14'42 : L'immigration choisie en Italie
- 0'16'04 : Les pays d'Europe de l'Est pensent que leur identité culturelle est trop fragile pour accueillir des immigrés
- 0'17'22 : La distinction entre immigration légale et illégale
- 0'18'10 : La difficulté en France, c'est la décorrélation entre le nombre et...
- 0'19'12 : L'hypocrisie du débat concernant l'immigration qualifiée, comme les médecins
- 0'22'17 : L'immigration choisie résout-elle la crainte identitaire en Italie ?
- 0'24'42 : Les pays européens pratiquent de plus en plus l'immigration choisie, sauf la France
- 0'26'47 : Peut-on vraiment réduire l'immigration légale ?
- 0'28'13 : Quel est le problème spécifique de l'immigration en France ?
- 0'29'48 : Est-il légitime de renvoyer chez eux les migrants illégaux ?
- 0'32'26 : La distinction entre les formes d'immigration
- 0'39'38 : Le débat sur le regroupement familial
- 0'41'06 : La paupérisation de la population française rend le rapport à l'immigration conflictuel chez les classes populaires
- 0'47'32 : L'intégration plus difficile des populations de certains pays africains
- 0'48'33 : Une partie de la jeunesse et de la gauche nie les problèmes posés par l'immigration
- 0'51'35 : La gauche n'est pas crédible pour parler des questions sociales tant qu'elle ne traite pas des questions migratoires
- 0'52'14 : Les expériences socialistes conduites par la gauche dans le monde se sont accompagnées d'une fermeture des frontières
- 0'55'28 : La gauche, n'ayant pas assez travaillé sur l'application concrète de ses idéaux, n'arrive pas à combattre l'ultralibéralisme et la guerre sociale qu'il organise
- 0'58'23 : Pourquoi faut-il harmoniser les conditions d'accueil entre pays européens ? Est-ce faisable ?
- 1'02'07 : Les OQTF, tabou ultime de la gauche
- 1'04'47 : Le cas algérien
- 1'09'52 : Qu'est-ce que l'accord franco-algérien de 1968 ?
- 1'15'12 : Comment réellement exécuter les OQTF ?
- 1'17'20 : La démagogie sur le débat des soins pour les immigrés
- 1'19'19 : Le RN ne raconte-t-il pas aussi des bêtises sur l'immigration ?
- 1'22'46 : La gauche, privée de la question sociale par sa lâcheté sur la question migratoire, compense par une surenchère sur les questions sociétales et identitaires
- 1'27'42 : Le thème de la créolisation
- 1'32'47 : L'impact de la dénatalité sur les flux migratoires
- 1'36'47 : Les débats sur le féminisme à gauche
- 1'39'08 : Question sur le vieillissement
Un entretien mené par Théodore Brossollet.




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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique de l'été 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'00'00 : Introduction du Grand Entretien d'été
- 0'02'17 : Commission d'enquête sur les Influenceurs
- 0'34'30 : Actualités Nationales
- 0'35'00 : Référendum de 2005
- 0'40'05 : Election des Partis
- 0'58'15 : Assassinat à l'école
- 1'14'03 : Violences du PSG
- 1'17'46 : Dockers Marseillais
- 1'24'46 : Frères mulsulmans
- 1'40'19 : Lettre du Pape
- 1'45'24 : Augmentation de la censure
- 1'51'06 : Eric Denécé
- 1'54'53 : Bernard Cassen
- 1'56'00 : Pierre Nora
- 2'02'13 : Actualités du Cercle
- 2'22'00 : Actualités Internationales
- 2'22'06 : Elections en Pologne
- 2'27'33 : Emeutes en Irlande
- 2'33'03 : Israël vs. Iran
- 3'14'57 : Politique des USA
- 3'31'26 : Guerre en Ukraine
- 3'37'44 : Vietnam membre des BRICS