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Le monde observe la mutation politique des États-Unis sans en comprendre la racine idéologique. Derrière l'ascension de figures comme JD Vance ou l'omniprésence de Peter Thiel, se cache un courant radical : la néoréaction (NRx), également appelée "les Lumières Sombres". Ce mouvement, théorisé par Curtis Yarvin et Nick Land, rejette frontalement l'héritage démocratique occidental.
Le constat de départ est brutal. Pour ces idéologues, la démocratie libérale est un système inefficace qu'ils surnomment La Cathédrale. Ils ne cherchent plus seulement à réduire l'État, comme le voulaient les libertariens classiques. Leur stratégie a basculé du contournement vers le retournement : prendre le contrôle du sommet pour transformer la nation en une corporation privée performante.
Cette vision s'incarne déjà dans des outils de puissance technologique sans précédent. L'entreprise Palantir Technologies, spécialisée dans le Big Data et l'intelligence artificielle pour le renseignement, semble être le bras armé de cette doctrine. Selon toute vraisemblance, il ne s'agit plus de politique traditionnelle, mais d'une tentative de remplacer le citoyen par un client au sein d'une monarchie capitaliste.
Quel est le véritable calendrier de cette élite techno-conservatrice ? Comment la pensée de Curtis Yarvin a-t-elle pu infiltrer le cercle restreint de la Maison-Blanche ? Sommes-nous en train de vivre la fin programmée du modèle républicain au profit d'une gestion algorithmique du monde ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'08 : Les origines libertariennes
- 0'30'28 : La critique de la démocratie moderne
- 0'41'08 : Les trois courants néoréactionnaires
- 1'00'07 : Le bioléninisme selon Spandrel
- 1'17'36 : Palantir : les fonctions de l'État
- 1'36'10 : Conclusion
Un entretien mené par Raphaël Besliu.

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Pendant près d'un quart de siècle, il a dirigé le Parti communiste français. Les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son verbe fort. Il était de toutes les manifestations. Il allait à Moscou tous les ans ou presque, et multipliait les contacts avec les "pays frères". Il affronta Giscard, Chirac, Mitterrand, face auquel, en 1981, il réunit plus de 15 % des suffrages. Mais il semble avoir disparu de nos mémoires, de nos rues, de nos livres d'histoire.
Lui, c'est Georges Marchais, mort en 1997. L'historienne Sophie Coeuré est partie sur ses traces, essayant de comprendre à la fois le personnage, l'effondrement, après lui, d'une grande force politique de gauche, et plus largement une certaine France, pas si lointaine, celle des années 1950-1990, où le choix était simple entre socialisme et capitalisme, où l'expression "famille politique" avait un sens très concret, et où l'on pouvait espérer concilier des solidarités internationalistes et un progrès social "aux couleurs de la France".


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Le fascisme s'est d'abord pensé comme un mouvement italien, mais il a rapidement regardé au-delà de ses frontières pour devenir un phénomène européen. En 1932, à l'occasion des dix ans de la "marche sur Rome", Mussolini pouvait même fièrement prophétiser : "Dans dix ans, l'Europe sera fasciste ou fascisée."
L'Italie fasciste s'est donc dotée, dès les années 1920 et encore plus dans la décennie suivante alors que le nazisme la concurrençait sérieusement, de relais et d'organisations affirmant sa présence dans le monde, à commencer par l'Europe. Elle parvint à mettre en place de nombreux réseaux d'influence et de propagande s'adressant aux Italiens comme à tous les Européens qui avaient de la sympathie pour le fascisme ou pour l'Italie.
C'est à ces "passeurs" individuels et collectifs, qui agissaient dans les sphères politiques et culturelles, que s'intéressent Olivier Dard et Jérémy Guedj. De l'Espagne à la Roumanie, en passant par l'Allemagne et la France, il vise à retracer les trajectoires de celles et ceux qui firent du fascisme un mouvement transnational, s'affranchissant des frontières pour créer un espace politique et culturel commun, à l'heure où le modèle italien était considéré comme une alternative à des démocraties fragilisées.
Célèbres ou obscurs, ces "passeurs" répondaient à des motivations et objectifs variés. Ils devinrent les agents d'une Internationale informelle et d'une autre Europe, dont Rome aurait été l'épicentre.
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Figure intellectuelle passée de Pierre Bourdieu à Pierre Nora, Nathalie Heinich prend régulièrement position sur les sujets brûlants du débat public. Contre le mariage pour tous, contre le néo-féminisme, contre l'islamo-gauchisme, contre le wokisme, elle prend parti, signe des tribunes, lance des observatoires.
En 2025, elle publie aux éditions Gallimard Penser contre son camp, un essai dans lequel elle revendique la liberté de s'opposer aux idées du milieu progressiste dont elle se revendique pourtant encore.
Ses prises de position, souvent situées à contre-courant de la gauche dite "radicale", sont ici au cœur d'un échange franc avec l'écrivain et essayiste François Bégaudeau, qui incarne une des formes de la gauche à laquelle elle s'oppose.
Émission "L'Explication", animée par Aude Lancelin.


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Les 335 années qui séparent l'arrivée au pouvoir de Charles VI en 1380 de la mort du roi-soleil en 1715 ont été des périodes de bouillonnement politique, militaire, religieux, administratif et artistique dans le royaume de France. La pérennité de la guerre marque cette longue évolution où les périodes de paix demeurent très incertaines et de courte durée ; guerres de toutes sortes, religieuses, civiles étrangères où les ennemis furent tour à tour Anglais, Espagnols, Impériaux ou protestants et le plus souvent dans la parentèle proche des rois.
L'omniprésence de la guerre a été, sans aucun doute, un des éléments fondamentaux de la naissance et du développement de l'état monarchique mais dans le même temps la naissance de l'état monarchique a été le terreau de la guerre. Les deux grands piliers de la construction, justice et finances, les acteurs de celle-ci mais aussi les contestations et les révoltes contre cette montée en puissance tissent la trame de fond de cette construction et affirmation de la monarchie française pendant ces quatre siècles.
Si la figure royale s'impose, un gouvernement se structure progressivement au cours de la période considérée et une forme de bureaucratie permet de professionnaliser l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume. Le roi n'exerce pas le pouvoir de manière solitaire et si les figures féminines s'effacent progressivement, les reines s'affirment dans les périodes de régences.
Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade abordent les grands traits de la construction de l'État, tout en questionnant le processus politique à l'œuvre sur la longue durée.
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C'est assez méconnu mais l'écologie est une vieille préoccupation des extrêmes droites, du nazisme à diverses variétés du néofascisme contemporain. Et aujourd'hui, en concurrence avec le greenwashing néolibéral d'un Macron, cherchant à "verdir" le capitalisme et voyant dans le marché la solution au changement climatique, on trouve un greenwashing néofasciste, qui prétend que le salut viendrait de la fermeture des frontières et qui repeint en vert la xénophobie.
Sont explorés, en compagnie de Paul Guillibert et Pierre Madelin, la manière dont les fascistes pensent l'environnement, s'approprient la question du climat, élaborent des arguments et popularisent des solutions (qui n'en sont pas). On l'on voit également comment l'écologie est le terrain d'une refondation intellectuelle et politique du racisme et de l'extrême droite.
Quelles sont donc les moyens de s'opposer aux politiques écofascistes et, dans une perspective émancipatrice, de quelle écologie nous avons réellement besoin ? À rebours des logiques xénophobes et racistes, il s'agirit plutôt d'oeuvrer à une refondation internationaliste de l'écologie qui allie solidarité avec les exilés et attention portée aux territoires.
Émission "Minuit dans le siècle".


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Islamologue et politologue renommé, le professeur Olivier Roy est auditionné par la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste.
Il distingue d'abord les salafistes, qui cherchent à imposer la charia sans se soucier du pouvoir politique, des Frères musulmans, dont l'objectif est de transformer radicalement la société. Bien que profondément religieux, ces mouvements sont souvent mal compris, par la société française en générale qui, profondément laïcisée, ne saisit plus le sens de l'expression du phénomène religieux, et par l'extrême gauche en particulier, qui ne les perçoit que comme un simple symptôme de contestation sociale. Il aborde également la complexité de l'organisation de l'islam en France, marquée par des influences consulaires et des divisions internes.
Olivier Roy analyse ensuite les stratégies d'influence des islamistes, notamment leur approche des institutions et leur interaction avec les partis politiques français en soulignant que, malgré des tentatives de collaboration, les malentendus et les divergences idéologiques persistent.



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Chef d'entreprise, intellectuel à la sensibilité écologiste, Laurent Ozon vient de publier un ouvrage essentiel dans lequel il décrit l'histoire d'un mouvement politique aux allures de secte qui a pénétré le pouvoir américain et a déterminé la politique extérieure hégémonique des États-Unis : les néo-conservateurs. Issus du trotskysme, ces idéologues millénaristes ont agi pour donner à la globalisation sous direction américaine sa dimension terriblement guerrière.
Il aborde d'abord la dimension historique du phénomène et le rôle qu'il a joué après la chute de l'Union soviétique. Dans un second temps, il évoque la délicate question de l'influence de ce courant dangereux en France, où ces agents disposent de positions de pouvoir et de réseaux considérables.
Un entretien mené par Régis de Castelnau.