Prendre soin de soi, des autres et du monde. Avec Françoise Bonardel sur France Culture.


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22.03.2017

Pour pouvoir réaliser notre humanité, devenir véritablement soi et quittant l'ego tyrannique, peut-être qu'il faudrait prendre mieux soin de soi, et même plus : revisiter de fond en comble la notion de "souci de soi", la penser à l'aune de ce que les sages de l'antiquité appelait la connaissance de soi autant qu'à la mesure d'un véritable altruisme, dépouillé des oripeaux de nos illusions égotiques, individualistes, et aussi sentimentalistes.
La philosophe et essayiste Françoise Bonardel vient nous parler de ce sujet délicat et ô combien passionnant. Auteure d'une douzaine de livres alliant philosophie et poésie, réflexions sur la religion et sur l'art, elle s'inspire de traditions anciennes (hermétisme, gnose, alchimie) et de la pensée de Jung pour renouveler l'approche de questions contemporaines.

Émission "Les Discussions du soir", animée par Leili Anvar.

La personne au Moyen Age. Avec Jérôme Baschet sur France Culture.


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11.11.2016

Les lieux communs ont la vie dure. Ainsi cette idée d'un Moyen Age dualiste, qui aurait instauré une guerre entre le corps et l'âme : d'un côté, un corps coupable, source du péché, de l'autre, une âme pure tournée vers Dieu.
Réfutant cette construction, Jérôme Baschet montre plus subtilement que le Moyen Age chrétien a développé une pensée positive du lien entre l'âme et le corps, soucieuse de valoriser l'unité psychosomatique de la personne.
Ce modèle a permis de penser non seulement l'être humain mais aussi l'ordre social dont l'Eglise est alors l'institution dominante.
Jérôme Baschet dépasse les limites habituelles du Moyen Age en prolongeant l'analyse jusqu'au moment où, avec Descartes et Locke, s'impose une conception radicalement nouvelle de la personne, identifiée à la conscience, qui ne doit son activité à rien d'autre qu'à elle-même.
En montrant enfin les différentes perceptions de la personne dans d'autres cultures - de la Chine impériale aux sociétés amérindiennes en passant par l'Afrique ou la Nouvelle-Guinée - Jérôme Baschet nous offre un voyage comparatiste indispensable pour évaluer la singularité des conceptions occidentales de l'humain et mettre à distance l'idée moderne du moi.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Contre le libéralisme. Avec Alain de Benoist au Cercle Pol Vandromme.


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19.03.2019

Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la "pensée unique" libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante.
Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver.
Alain de Benoist nous propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme - celle de l'Homo oeconomicus.

L'humanité démocratique. Avec Marcel Gauchet et Robert Legros à Répliques sur France Culture.


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15.03.2014

Toute humanité est particularisée par le monde (la culture) auquel elle appartient. L'appartenance à un monde particulier – à une humanité particulière – exclurait-elle alors les signes sensibles d'une appartenance au monde de tous les hommes et à une humanité universelle ? L'expérience démocratie qui est la nôtre dans la modernité occidentale fait-elle exception ?

Faut-il avoir peur de la liberté ? Avec Johann Chapoutot à l'Université de Genève.


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22.03.2018

L'angoisse d'être libre… Il est tellement plus rassurant de ne pas l'être, et de ne pas avoir à faire de choix. Voilà un thème considérablement travaillé par la philosophes, mais qui intéresse aussi les historiens.
L'avènement de l'individu libre ou, du moins, délié des enracinements et conditionnements traditionnels, est un phénomène récent dans l'histoire de l'humanité. En Europe, il a marqué l'Allemagne de la fin du XIXe siècle : industrialisation rapide, urbanisation galopante, exode rural massif… Des millions d'hommes se retrouvent "libres" et la "communauté" traditionnelle cède le pas à une "société", étudiée par une discipline naissante, la "sociologie". Conscient du caractère traumatisant du phénomène, Bismarck crée une législation "sociale" pour donner corps et consistance à cette société naissante.
Mais l’avènement d'une "société ouverte" (Karl Popper) n'a pas que des amis : face au bouleversement de la modernité, la communauté fermée, celle de la race et du sol, apparaît comme une solution possible, voire désirable.
L’étude du cas allemand à la fin du XIXe siècle, avec ses mutations vertigineuses, ses innovations et ses replis, est d'une actualité sidérante pour aujourd'hui.

Racination. Avec Rémi Soulié au Cercle d'Artagnan à Lille.


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04.02.2019

Critique littéraire et docteur en lettres, Rémi Soulié vient nous présenter son dernier ouvrage Racination, publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Il revient sur la catastrophe du déracinement contemporain et sur le nécessaire réenracinement des corps et des esprits.
Mais à l'heure où le concept d'identité est sur toutes les lèvres, Rémi Soulié nous invite davantage à nous intéresser, pour faire face aux enjeux de notre temps, au concept plus dynamique de racine. C'est une relecture poétique, philosophique et politique du "prendre-racine" qui nous est proposée.

Gilles Deleuze (1925-1995). Avec Robert Maggiori, Pierre Chevalier, François Dosse et Bruno Tessarech sur France Culture.


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01.05.2011

Gilles Deleuze est, avec Michel Foucault, la grande figure intellectuelle des années 70. Né en 1925 dans une famille bourgeoise, il commence sa carrière de façon académique par une agrégation de philosophie, puis un poste de professeur de lycée dans deux villes de province, Amiens et Orléans.
Mais très vite, il explose les règles. D'abord, plusieurs de ses anciens élèves témoigneront de son humour et de la façon dont il faisait entrer dans ses cours la littérature, la psychanalyse et les arts plastiques, ce qui, dans les années 50, est exceptionnel. Parallèlement, il commence son œuvre avec des monographies de philosophes que l'époque laissait à la marge ; parmi eux, Bergson et Spinoza. Deleuze est immédiatement un créateur, il bouscule la lecture traditionnelle des auteurs sur lesquels il se penche. Chez Bergson, c’est le vitalisme qui l'intéresse. Et le vitalisme sera la marque de fabrique de Deleuze.
Arrive Mai 68, qui est fait pour lui. L'heure est au bouillonnement, au désir et aux rencontres tous azimuts. Vivre pour Gilles Deleuze signifie être aux aguets, essayer, rencontrer, éprouver sa puissance vitale.
En 1969, Félix Guattari entre dans la vie de Gilles Deleuze ; en 1972, ils donnent aux sciences humaines le livre qui incarne les années 70, L'Anti-Œdipe, et Deleuze est une star : il est professeur de philosophie à Vincennes, il parle à ses élèves de rhizome, de fractales, de machines désirantes. Avec ses concepts, un vent nouveau souffle sur la pensée.
Gilles Deleuze est mort en 1995, après ses amis François Châtelet, Michel Foucault, Félix Guattari. Ses livres ou ceux qu'il a cosignés avec Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Mille Plateaux, ou encore L'Abécédaire, présentent des concepts avec lesquels aujourd'hui on pense la littérature, le cinéma, et l'architecture.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Virginie Bloch-Lainé et Clothilde Pivin.

Croire est-il logique ? Avec Jacques Bouveresse sur France Culture.


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07.05.2014

Depuis Platon, la croyance a été ravalée du côté du faux, de l'incertain et de l'invérifiable. Cela n'aura pourtant pas suffi : la croyance a la réussite et le pouvoir, la croyance est partout. Ou plutôt devrait-on dire la crédulité : car il y a aujourd'hui une tendance à tout croire, à tout rendre sacré, les religions bien sûr, mais aussi la démocratie, le peuple, la science et la raison, ou encore la vérité. Comble de la croyance ?! Elle-même a l'air d'être devenue sacrée ! Mais à tout rendre sacré, c'est la croyance qu'on confond avec elle-même.
Si certains revendiquent un droit de croire, ne devrait-on pas plutôt comme le proposait Oscar Wilde fonder un ordre pour ceux qui ne peuvent pas croire ? Mieux, ne devrait-on pas fonder un ordre pour ceux qui peuvent croire, mais ne veulent pas croire de manière crédule ?
Et si pour penser la croyance dans sa vérité et pour croire vraiment, il ne fallait en fait plus choisir entre le cœur et la raison, entre la passion et la vérité, ni entre Platon et la post-modernité, et s'il ne fallait plus la juger en fonction des uns et des autres, mais poser tout simplement notre regard sur ce qu'elle est ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Géraldine Mosna-Savoye.