Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme. Avec Daniel Andler pour Citéphilo à Lille.


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22.11.2023

L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé des avancées spectaculaires. Cependant la distance qui la sépare de son objectif proclamé – reproduire l'intelligence humaine – ne diminue pas.
Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l'intelligence humaine. Les systèmes artificiels "intelligents" traitent une variété toujours plus grande de problèmes pressants. Ce devrait demeurer là leur objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l'intelligence humaine.
L'humanité a besoin d'outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition.

Une rencontre modérée par Jean-Paul Delahaye.

D'une théorie psychanalytique spinoziste. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert à l'Université Paris VIII Vincennes.


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06.03.2025

Que le spinozisme et la psychanalyse aient des affinités a priori, le fait n'a pas manqué d'être remarqué de longue date. La causalité insue, la critique du libre-arbitre, celle de l'ego substantiel : autant de lieux partagés. Étonnamment, la discussion n'est pas allée beaucoup plus loin que leur repérage, celui des lieux de frictions également, mais sans conduire à quelque mouvement de fertilisation croisée. Il y a pourtant matière.
Le livre présenté ici (Pulsion, La Découverte, 2025) est parti de l'idée que chacun avait à gagner de l'autre. La philosophie spinoziste vient résoudre des difficultés théoriques de la psychanalyse restées pendantes quasiment depuis sa fondation. La psychanalyse vient, elle, attirer l'attention du spinozisme sur un événement de l'existence humaine qu'il a étrangement ignoré – et sur l'ampleur de ses conséquences : nous sommes nés !
C'est cependant une jonction asymétrique qui se trouve ici proposée puisqu'il s'agit de couler les grandes intuitions de la psychanalyse dans le cadre théorique du spinozisme, d'où sont réengendrés à nouveaux frais ses concepts fondamentaux : pulsion, jouissance, "manque" et désir, inconscient, symbolique, etc. Avec pour intention de montrer qu'une lecture "plate" de l'Éthique manque quelque chose : la violence de certains emparements, qui sont le propre de la vie psychique. Et qu'une théorie de la vie passionnelle doit nécessairement être une théorie de la vie pulsionnelle.

Critique de la communication : de l'échange symbolique à l'intelligence artificielle. Avec Baptiste Rappin, Eric Martin et Maxime Ouellet pour le Collectif Société.


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01.05.2024

Dans un contexte marqué par l'émergence accélérée de nouvelles intelligences artificielles dites génératives ayant la prétention de se substituer au langage et à la cognition humaine, il devient urgent de réfléchir aux impacts de ces transformations sur les sociétés contemporaines. En effet, alors que le fondement des sociétés repose historiquement sur des médiations symboliques permettant de donner un sens aux pratiques sociales, de même que sur des institutions politiques qui, dans la modernité, avaient pour ambition de permettre une action réflexive des sociétés sur elles-mêmes, l'avènement de dispositifs de communication automatisée semble concrétiser une transformation sociale profonde dans la mesure où l'ensemble des médiations symboliques et politiques sont en voie d'être remplacées par une nouvelle forme de régulation systémique ou cybernétique qu'on peut également qualifier de décisionnelle-opérationnelle.
Lorsque le symbolique est subsumé par la communication informatique, le code se substitue au langage, la rationalité algorithmique remplace la raison critique et la liberté est réduite à un processus d'adaptation. On assiste ainsi à la montée en puissance de systèmes automatisés et autonomisés monopolisés par de gigantesques oligopoles numériques qui ont la prétention de prendre en charge des actes et des facultés cognitives autrefois réputées être le propre des sujets humains. Cette transformation vient menacer aussi bien l'autonomie individuelle que la capacité des sociétés à s'auto-instituer et à déterminer leurs finalités, un processus déjà entamé depuis la révolution industrielle, mais qui vient aujourd'hui se parachever.
Les réponses les plus courantes s'avèrent insatisfaisantes et incomplètes, qu'il s'agisse par exemple en termes de politiques publiques, qui cherchent à stimuler l'innovation tout en prétendant baliser leurs effets délétères; ou encore le discours "éthique" libéral, toujours articulé a posteriori, c'est-à-dire sans questionner la production et le développement de la nouvelle régulation systémique/cybernétique elle-même.
Face à la rapidité et au déferlement de ces processus disruptifs il devient nécessaire de réfléchir en amont à partir d'une théorisation puisant dans les sciences sociales plutôt que de se limiter au seul discours portant sur les impacts localisés sur telle ou telle pratique. Or, celles-ci se sont fragmentées, se concentrant sur une série d'objets particuliers, sans plus jamais poster la question des finalités sociales du point de vue de la société comprise comme totalité synthétique. La fragmentation des enjeux empêche le développement d'une analyse historique, dialectique, synthétique, et donc critique sur les enjeux généraux et fondamentaux entourant ces questions.

La nature du capital, politique et ontologie chez le jeune Marx. Avec Frédéric Monferrand à la Bibliothèque François-Cuzin.


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23.04.2024

La crise socio-écologique du capitalisme produit de profonds effets sur la pensée contemporaine, qui semble prise d'un véritable vertige ontologique. Face aux catastrophes en cours, on voit se multiplier les travaux qui s'inquiètent de la réalité de la nature et de la manière dont s'y inscrivent les sociétés, tout se passant comme si la philosophie et les sciences sociales cherchaient à recomposer en pensée un monde que l'accumulation du capital tend à décomposer.Le travail de Frédéric Monferrand constitue une intervention marxiste dans ces controverses ontologiques. Il propose une interprétation nouvelle des Manuscrits de 1844, texte dans lequel, pour la première fois, Marx analyse la nature du capital : son essence ou sa définition et le type de rapport qu'on y entretient à la terre et à ses habitants, et y montre que l'appropriation matérielle de la nature, parce qu'elle est constitutive de toute vie sociale, représente à la fois le lieu stratégique d'une transformation radicale du monde où nous vivons et l'enjeu historique d'une libération du monde dont nous vivons.
Un entretien mené par Paul Guillibert.

Le Pluralisme. Avec Martin Fortier et Philippe Descola à l'Ecole Normale Supérieure.


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01.01.2025

Le récent tournant ontologique d'une partie de l'anthropologie a conduit certains à avancer qu'il existait une pluralité d'ontologies irréductible à une simple pluralité de cultures ou de représentations.
Dans un premier temps, Martin Fortier se propose d'évaluer cette rupture épistmémologique à partir de deux auteurs qui y prennent une place importante : Eduardo Viveiros de Castro et Philippe Descola.
Dans un second temps, c'est Philippe Descola lui-même qui présente ses thèses et répond à certaines des critiques qui lui sont adressées.
L'occasion de réfléchir en profondeur sur les implications conceptuelle, ethnographique et cognitive du tournant ontologique en anthropologie.

Initiation à la pensée dialectique. Avec Alain Soral sur Ondes De Chocs TV.


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04.2025

Le dernier Abécédaire d'Alain Soral Plus Con tu Meurs!, fait partie avec Comprendre l'Empire et Comprendre l'époque d'une tétralogie si l'on ajoute Vers la féminisation. Cette oeuvre constitue un ensemble dialectique qu'il est indispensable de lire et d'intégrer.
Car par-delà la dimension purement intellectuelle, cette oeuvre représente un arsenal conceptuel, indispensable pour disséquer et comprendre les rouages de notre époque et des systèmes de domination.
Plus Con tu Meurs! n'est pas qu'un simple abécédaire ou un recueil d'aphorismes. C'est avant tout l'essence d'une oeuvre intellectuelle qui s'étale sur plusieurs décennies, et où chaque lettre et chaque thème, constitue une invitation à la pensée critique et dialectique.

 - 0'00'00 : Introduction du livre, de Hegel à Nietzsche
 - 0'11'22 : Un héroïsme tragique
 - 0'23'23 : L'héroïsme n'est pas qu'une question de testostérone
 - 0'38'20 : Du chantage mémoriel occidental au Karma asiatique, un changement de paradigme
 - 0'51'20 : L'inefficacité des manifs et des hashtags contre les réseaux profonds
 - 1'02'06 : L'affaire Palmade, contradictions et limites des bons sentiments
 - 1'07'40 : Les extraterrestres, l'ultime carte des mondialistes ?
 - 1'13'53 : L'Occident devrait s'inspirer de l'exemple nord-coréen
 - 1'24'00 : Pierre Hillard, mondialisme contre mondialisme, les affres de la bigoterie
 - 1'41'53 : Le marxisme culturel, des origines à l'idéologie "Woke" et au "cancel culture"
 - 1'57'41 : Elon Musk, quand le Golem se retourne contre son maitre
 - 2'06'17 : La tétralogie soralienne

Un entretien mené par Rachid Achachi.

Management : vers un nouveau totalitarisme ? Avec Baptiste Rappin sur Crépuscule.


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04.2025

Philosophe spécialiste du management et de son emprise sur nos sociétés contemporaines, Baptiste Rappin explore les racines profondes de cette discipline qui, au nom de l'efficacité, du pragmatisme et de la performance façonne une nouvelle anthropologie en remodelant nos mentalités et nos représentations.
Comment le management, en tant que "fabrique techno-scientifique de la coopération efficace", engendre-t-il des individus dociles et alignés sur les objectifs de l’Organisation de leur naissance à leur mort ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'50 : La nature totalitaire du management
 - 0'10'12 : L'emprise du mouvement panorganisationnel
 - 0'18'02 : L'absence de sens dans notre société industrielle
 - 0'21'42 : Le management, dispositif du capitalisme ?
 - 0'26'13 : Du berceau au cimetière, une vie contrôlée et monitorée
 - 0'37'27 : L'école : préparer au marché de l’emploi 
 - 0'39'42 : Le management, ou l'épuisement par l'adaptation 
 - 0'47'06 : Un monde sans institutions et sans repères 
 - 0'51'15 : L'entreprise, la première instance de socialisation
 - 1'05'21 : Le management face à l'épuisement des ressources 
 - 1'12'24 : Vers une "refondation" de nos sociétés ?

Un entretien mené par Thomas Arrighi.

Pour ne pas en finir avec la nature : question d'un philosophe à l'anthropologue Philippe Descola. Avec Patrick Dupouey à la Librairie Ombres Blanches.


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01.01.2025

Méditant sur le destin de la nature dans le contexte contemporain de son artificialisation toujours plus avancée, Philippe Descola annonce "son décès prévisible, en tant que concept" et la "clôture probable d'un long chapitre de notre propre histoire". Mais comment définir les "dégâts anthropiques" occasionnés par l'action de l'homme sans faire référence au moins implicitement à ce que cette action modifie et à ce qui est atteint par ces dégâts ? Soit à ce qui, dans le monde, a de loin précédé notre existence, l'a produite et continue de la déterminer : la nature.
Il est tout à fait certain qu'une époque est en train de se clore, caractérisée par une certaine manière de concevoir notre rapport à la nature. Il n'en reste pas moins que nous avons beaucoup de raisons, et des raisons assez solides, de douter que ce à quoi renvoie le mot "n'existe pas", ou encore que la notion de nature n'ait "aucun sens" et ne soit qu'un "fétiche" qui a "fait son temps". Comme on peut douter qu'il faille "désormais penser sans elle" et qu'user du concept de nature soit, comme le suggérait Pessoa, le symptôme d' "une maladie de nos idées". Il est ainsi plus urgent de le clarifier de manière critique que de penser par-delà nature et culture.
Si l'on en croit l'anthropologue Philippe Descola, la pensée moderne de la nature fait partie du problème et non de la solution. En philosophe, Patrick Dupouey interroge cette proposition pour montrer que, bien au contraire, un concept de nature solide reste un outil indispensable pour comprendre les crises que nous traversons, sans sombrer dans les apories du relativisme. L'analyse de ces processus permet de faire émerger des solutions pour une transformation progressiste et coopérative du monde, pour sortir des crises qui caractérisent notre époque.