La laïcite, un principe d'émancipation ? Avec Anastasia Colosimo pour ACTISCE à Paris.


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01.01.2019

Avant de constituer un principe juridique d'organisation entre les religions et le pouvoir politique, la laïcité est la formalisation de l'idée que l'être humain est seul souverain de sa pensée. La liberté de conscience qui lui est octroyée par ce principe l'affranchit de toute pression exogène sur sa conscience, qu'elle soit morale, religieuse, philosophique ou politique. La laïcité participe, à titre d’outil conceptuel et juridique, à l'émancipation de chaque individu. C’est en résistance aux violences provoquées par les discordes religieuses, que l'Europe a progressivement promu la laïcité. Voir aujourd'hui dans la laïcité un facteur de racisme parait donc aberrant.
Pourtant, une symétrie se dessine entre, d'une part, l'idéologie ethnocentriste identitaire et, d'autre part, l'enfermement communautariste promu par l'islamisme politique.
L'universalisme laïque, lui, se construit à distance de tout préjugé et aux antipodes de l'idéologie ethnocentriste des colonisateurs. Et Anastasia Colosimo nous rappelle ici la nécessité de défendre les principes politiques qui font l'exception de la société française.

Une conférence organisée au "Patronage laïque Jules Vallès".

L'esprit démocratique : du civisme aux droits populaires. Avec David L'Epée au Cercle Culture & Identité.


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27.03.2019

Même s'il est indéniable que les mécanismes démocratiques comme le référendum, l'initiative populaire, le fédéralisme ou la neutralité armée sont beaucoup plus développés en Suisse que dans la plupart des pays du monde, les institutions suisses ont aussi de nombreux défauts (lobbying des grandes entreprises, corruption).
Mais la démocratie directe, liée en Suisse à un certain esprit de milice, ne se limite pas à un mode de scrutin populaire, elle va bien au-delà en ce qu'elle procède d'une éthique politique générale, d'une forme de civisme résultant d'une construction politique étalée sur plusieurs siècles. Et c'est de cette question dont l'intellectuel et journaliste indépendant David L'Epée nous entretient dans cette causerie.

Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle. Avec Pierre Dardot pour Citéphilo à Lille.


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14.11.2014

Après la critique de fond que La nouvelle raison du monde avait proposée du néo-libéralisme et le réexamen sans complaisance de la puissance critique –mais aussi des points aveugles– de l'œuvre de Marx, Pierre Dardot, accompagné par Christian Laval, interroge désormais la possibilité d'une théorie révolutionnaire en phase avec les luttes pratiques et les nouvelles formes démocratiques qui se développent en ce XXIème siècle.
Toutes lui paraissent s'articuler autour d'un même principe, celui du commun, terme central de toute alternative politique : nouant lutte anticapitaliste et nouvelle écologie politique, il s'oppose aux formes d'appropriation privée comme à toute forme de propriété étatique et il articule les luttes concrètes aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles.

"Il faut s'adapter" : sur un nouvel impératif politique. Avec Barbara Stiegler à la Librairie Mollat.


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05.03.2019

D'où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d'un retard généralisé, lui-même renforcé par l'injonction permanente à s'adapter au rythme des mutations d'un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l'évolution ?
La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d'une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l'espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir.
Elle a reçu le nom de "néolibéralisme" : néo car, contrairement à l'ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l'ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l'Etat (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l'espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte.
Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l'état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d'experts peut tracer la voie de l'évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts.
Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d'un même constat, appelle à mobiliser l'intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l'avenir collectif.
Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au coeur duquel nous sommes plus que jamais.

L'avenir du conservatisme. Avec Frédéric Rouvillois aux mardis de Politique Magazine.


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13.03.2018

Alors qu'Emmanuel Macron et son mouvement "En Marche" incarnent le progressisme jusqu'à la caricature, la sortie récente du Dictionnaire du conservatisme arrive à point nommé pour organiser la résistance.
Car le conservatisme, qui évoque des hommes comme des valeurs, des moments historiques comme des institutions, des perspectives futures comme des mythes, est divers mais cohérent : à la fois éternel et actuel, pensée qui structure face au monde de l'éphémère et du relatif, opposant d'indispensables certitudes à la désagrégation moderne.

Charles Maurras et ses héritiers. Avec Olivier Dard et François Huguenin à Répliques sur France Culture.


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07.02.2015

Avant d'être un mouvement politique, l'Action française fut une école de pensée dotée d'une étonnante force d'attraction. Née en pleine affaire Dreyfus, elle fut animée par Maurras, Daudet et Bainville. Elle compta dans ses rangs Bernanos, Maulnier et Boutang, eut comme compagnons de route Massis, Maritain ou encore Blondin. Elle attira un temps Blanchot, Roy, Gide et Malraux. Elle fascina Proust et Montherlant ; influença de Gaulle et Mitterrand.
Sans indulgence vis-à-vis des dévoiements de l'antisémitisme ou du ralliement à Vichy d'une partie des intellectuels d'Action française, Olivier Dard et François Huguenin dévoilent ici un pan méconnu de l'histoire des idées et nous proposent de (re)découvrir cette pensée riche et complexe qui marqua profondément le premier XXe siècle.

Lire Maurras aujourd'hui. Avec Michel de Jaeghere et Martin Motte à Répliques sur France Culture.


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23.06.2018

Françoise Nyssen, la Ministre de la Culture, a-t-elle eu raison ou tort de retirer la référence à Charles Maurras dans le livre des Commémorations de 2018 ? Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory ont rappelé à très juste titre que "commémorer n'est pas célébrer : on commémore la Saint Barthélémy, on ne la célèbre pas". D'un autre côté, comme le dit un autre historien Sébastien Ledoux "si les commémorations officielles  des pages sombres de notre histoire ont pu faire sens collectivement, c'est au nom de l'hommage  rendu aux victimes."
Une chose est sûre en tous cas : si nous voulons comprendre quelque chose au passé français, l'œuvre et l'action de Maurras ne doivent surtout pas tomber dans l'oubli.
Aussi faut-il saluer la parution dans la belle collection Bouquins de Robert Laffont d'une anthologie de ses textes fondamentaux présentés et établis par Martin Motte ainsi que la réimpression de L'Âge d'or du Maurassisme de Jacques Paugam, préfacée par Michel de Jaeghere.
Reste cette question : comment lire Maurras aujourd'hui ? ou, pour être plus précis : peut-on être, encore maurrassien aujourd'hui, en faisant le tri de sa pensée ?

Vivons-nous en démocratie ? Avec Francis Dupuis-Déri, Dominique Leydet et Joseph Yvon Thériault à l'Université du Québec à Montréal.


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10.2017

Pour Francis Dupuis-Déri, la modernité est une période antidémocratique. Ni le Canada, ni la France, ni les États-Unis ne sont, à proprement parler, des régimes démocratiques. Car lorsqu'elle est définie correctement, une démocratie exige l'implication directe de tous les citoyens lors des prises de décisions.
En conséquence, pour le professeur au département de science politique de l'UQAM, une réelle démocratie exige l'abolition des partis et des élections, oblige la fermeture des parlements et le remplacement nos instituons politiques actuelles par des agoras où tous les citoyens seraient invités à prendre part.
Ce sont de ces thèses, défendues dans son livre La peur du peuple (Lux, 2016), qu'il débat avec Dominique Leydet et Joseph-Yvon Thériaut.