La vraie nature du fascisme. Avec Lucien Jaume à la Nouvelle Action Royaliste.


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03.06.2026

Depuis plus d'un siècle, le mot fascisme est employé pour fustiger tout régime autoritaire ou dictatorial, alors qu'il ne s'applique en fait qu'à un pays et à une époque particuliers. Même les historiens les plus chevronnés font pour la plupart l'impasse sur la fabrique intellectuelle, par Mussolini en personne, d'une vision de l'homme et de la société dont on ne trouve l'équivalent nulle part dans l'Europe de l'entre-deux-guerres.
Militant d’extrême gauche et adepte du syndicalisme révolutionnaire avant la Première Guerre mondiale, cet autodidacte s'est projeté dans un nationalisme et un bellicisme forcenés durant le conflit.
Farouchement hostile au libéralisme politique et économique, il prône une révolution par le haut, c'est-à-dire par l'État devenu tout-puissant et les institutions afin d'établir un ordre "totalitaire". L'encadrement rigoureux de toute la population, de la naissance jusqu'à la mort, et la répression des oppositions sont au fondement d'une révolution culturelle dont même Mao Zedong n'a jamais rêvé. On idolâtre la guerre pour elle-même, on exalte le "futurisme" pour mieux rompre avec le monde d'avant car le fascisme se veut un modernisme.
Lucien Jaume, en s'appuyant sur les textes et les discours du régime, parvient à pénétrer dans les arcanes d'une pensée complexe mais cohérente. En contrepoint des études purement historiques, il apporte une contribution nouvelle à la compréhension du fascisme mussolinien.

 - 0'00'00 : Intro
 - 0'02'40 : Contexte des années 1920
 - 0'07'11 : Une force catholique en face des fascistes ?
 - 0'09'46 : Irrédentisme de D'Annunzio
 - 0'13'13 : Itinéraire intellectuel de Mussolini - ses lectures. 
 - 0'27'19 : Des syndicalistes qui s'intéressent à l'Etat ?
 - 0'41'16 : La religion du fascisme
 - 0'53'28 : L'antisémitisme sous le fascisme
 - 1'02'40 : Est-ce que le culte de Mussolini n'est-il déjà pas anticatholique ? L'Eglise n'est-elle pas la fossoyeuse de la démocratie italienne ?
 - 1'11'30 : Le rapport du fascisme à la monarchie
 - 1'14'22 : La république de Salò
 - 1'20'47 : Le retournement de Mussolini sur le concept de race et la politique antisémite  
 - 1'28'29 : Opposition entre fascistes et catholiques sur la jeunesse
 - 1'30'58 : Outro

Dieu est-il désenchanté ? Avec Bernard Bourdin à la Nouvelle Action Royaliste.


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04.02.2026

Et si la modernité avait non pas mis fin à la question de Dieu, mais préparé son retour sous un autre nom ? Plutôt que de représenter l'épuisement de la nomination de Dieu, la modernité pourrait être l'attente de son avènement autrement.
Dans cette perspective, le désenchantement du monde n'est plus celui de Dieu, et la théologie politique ouvre une nouvelle manière de penser le sujet : non point comme soumis à une hétéronomie, mais appelé par celui qui ne se mesure pas. Conséquemment, la modernité ne devrait pas définir le sujet par la seule autonomie, mais par la capacité d'initiative grâce à laquelle les hommes forgent leur histoire individuelle et collective.
Si les religions politiques du XXe siècle ont confondu destin temporel et aspiration à un royaume qui n'est pas de ce monde, et si les religions civiles des XVIIe et XVIIIe siècles ont cherché une sociabilité commune, une théologie du politique relève d'un autre geste. En dé-coïncidant la nomination de Dieu et celle du politique, elle n'impose pas une norme religieuse, elle offre aux sociétés – démocratiques ou non – les ressources de l'incommensurable dans un monde dominé par la mesure. L'individu de droit, appuyé sur la technique, n'est pas encore un sujet tant qu'il se fait et reste la mesure de lui-même.
Bernard Bourdin relit les grandes mutations philosophiques et théologiques qui ont façonné l'Europe et propose une critique du théorème du désenchantement du monde, afin de repenser Dieu comme incommensurable, ressource d'un sujet politique moderne.

 - 0'00'00 : Intro - 0'02'10 : Conférence
 - 1'08'20 : L'écologie ne peut-elle pas remplir le rôle de la religion ?
 - 1'09'25 : Ton œuvre n'est-elle pas une entreprise risquée car elle acte une déconstruction d'une certaine théologie qui appelle une culture historique et religieuse ?
 - 1'25'44 : Comment votre pensée s'inscrit-elle dans le champ politique actuel ?
 - 1'29'40 : Marcel Gauchet et la philosophie de l'Histoire.
 - 1'34'17 : L'appétit pour la conversion se situe sur deux pôles : un pôle de jeunes qui veulent une centralité & un pôle des marges cherchent de l'ordre.
 - 1'37'32 : Le "raz-de-marée" des conversions tiendra-t-il dans le temps & l'acte social de la religion ?
 - 1'40'52 : Les jeunes semblent avoir besoin de structure politique ou spirituelle ?
 - 1'44'02 : Outro

Français, on ne vous a rien caché : la Resistance, Vichy, notre mémoire. Avec François Azouvi à la Nouvelle Action Royaliste.


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05.05.2021

Historien de la philosophie et chercheur en sciences sociales, François Azouvi vient de publier, sur la mémoire de la Résistance et sur celle de Vichy, un essai qui ruine la prétendue déconstruction du mythe “résistancialiste” fabriqué par certains historiens à la fin du XXe siècle.
Français, on ne vous a rien caché. Mais pourquoi de très nombreux citoyens ont-ils cru, après 1970, qu’ils étaient les héritiers d’un passé honteux ?

Conférence :
 - 0'01'49 : le travail mémoriel de la 2e Guerre Mondiale en France 
 - 0'10'40 : mystique et résistancialisme 
 - 0'29'00 : épuration et divisions politiques à droite (RPF) comme à gauche (PC et goulags) 
 - 0'35'49 : légitimité et légalité de Vichy 
Discussion : 
 - 0'44'11 : la disparition de la génération de Gaulle dans les années 1970
 - 0'56'00 : le rôle du récit mémoriel dans l'édification périodique de la nation. 
 - 0'59'33 : le syndrome de Vichy dès 1971 
 - 1'09'00 : polémique autour des propos antérieurs

Mon Antiracisme. Avec Kévin Boucaud-Victoire à la Nouvelle Action Royaliste.


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18.06.2025

Dès son enfance, Kévin Boucaud-Victoire est confronté aux discriminations en raison de sa couleur de peau. Cependant, il ne souscrit ni à l'antiracisme moral ni à l'antiracisme politique, qui dominent l'espace public contemporain. Selon lui, ces deux courants se trompent de combat : le premier occulte la question de la lutte des classes et le second est trop identitaire. La solution se trouve dans un antiracisme socialiste.

 - 0'00'00 : Intro
 - 0'00'32 : Conférence
 - 0'27'29 : Evolution du rapport de force au sein des différentes écoles de l'antiracisme. Qui incarne aujourd'hui un antiracisme universaliste ?
 - 0'33'36 : Des micromouvements incarnent cet antiracisme universaliste mais non marxiste mais ne pèsent rien. Pourquoi ? Doit-on être automatiquement indigéniste pour peser ? 
 - 0'42'29 : Développer un discours cohérent et non sujet à déformation
 - 0'48'55 : Dans la théorie décoloniale, il y a cette idée que le "blanc" ne sait pas qu'il est blanc. Pourquoi deviendrait-il antiraciste, si c'était le cas ?
 - 0'52'46 : Dans le livre, il n'est jamais question de droit, or la France est un pays qui a le droit du sol de manière multiséculaire
 - 0'59'29 : Mot fédérateur : universalisme (au sein français du terme)
 - 1'07'48 : Le marxisme réformateur est le seul qui soit acceptable politiquement
 - 1'08'33 : Le marxisme introuvable : la gauche en France après 1945 a cessé de lire de Marx
 - 1'16'20 : Un exemple d'absence de formation politique : la France Insoumise qui ne forme pas réellement ses militants avec l'Institut La Boétie
 - 1'23'01 : Mélenchon et le catholicisme athée
 - 1'23'33 : Outro

Guerre et stratégie au XXIe siècle. Avec Benoist Bihan à la Nouvelle Action Royaliste.


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11.06.2025

À l'heure où l'actualité internationale est rythmée par des conflits aux formes multiples, comprendre la guerre dans sa complexité est devenu un enjeu majeur. Le discours public en traite souvent de manière fragmentaire ou émotionnelle ; Benoist Bihan, historien et spécialiste reconnu de la pensée militaire, se donne pour mission de la replacer dans toute sa profondeur stratégique. De l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par des épisodes moins médiatisés, il propose d'examiner la guerre comme un phénomène global : politique, diplomatique, économique, social et militaire. Sa démarche consiste à dépasser la simple observation tactique pour saisir les permanences et les évolutions qui façonnent la conduite des conflits au XXIe siècle.
En ce sens, Benoist Bihan invite à un exercice rare : penser la guerre dans la durée, en intégrant ses multiples dimensions et leurs interactions, plutôt que de se limiter aux images spectaculaires ou aux bilans immédiats. L'occasion d'explorer les mécanismes de la stratégie contemporaine : dialectiques entre buts et moyens, entre factions internes et adversaires, entre manœuvre politique et épreuve du combat. L'objectif : fournir des clés de lecture pour comprendre non seulement les conflits en cours, mais aussi ceux qui pourraient marquer les décennies à venir, et ainsi mieux saisir les défis auxquels nos sociétés devront se préparer.

Devenir des machines. Avec Denis Collin pour la Nouvelle Action Royaliste.


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19.02.2025

Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles.
S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement. L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l'enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.

La grande rupture (1989-2024). Avec Georges-Henri Soutou à la Nouvelle Action Royaliste.


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11.12.2024

À partir de 1989, la chute du mur de Berlin, puis la fin de l'URSS et du communisme suscitèrent un grand optimisme en Occident. Aujourd'hui, à l'heure de la guerre en Ukraine, on en est loin. La Russie, qui paraissait prête à s'inscrire dans le nouvel ordre mondial libéral, s'en est progressivement éloignée, jusqu'à le provoquer ouvertement.
Les innombrables analyses récentes sur la guerre en Ukraine négligent la nécessaire profondeur historique qu'il faut observer pour bien comprendre la genèse du conflit. Or Georges-Henri Soutou, historien spécialiste des relations internationales, est probablement le mieux placé pour expliquer cette histoire sur le temps long : les questions de nationalités en Europe orientale et dans les Balkans, la brutalité de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide, la transition démocratique manquée de la Russie après 1991, l'échec des tentatives pour mettre les relations entre l'Occident et la Russie sur un nouveau pied après 1991. La gestion calamiteuse des relations internationales depuis 1989-1990 a fait le lit de la guerre actuelle.
Dans ce désastre, les responsabilités sont partagées. La Russie a été de plus en plus agressive mais l'Occident a été souvent provocateur et toujours trop sûr de lui.
L'issue du conflit est encore incertaine mais, de toute façon, le retour de la guerre sur notre continent est une catastrophe. Le troisième suicide de l'Europe depuis 1914…

Anthologie commentée d'Ibn Khaldoun. Avec Gabriel Martinez-Gros à la Nouvelle Action Royaliste.


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13.11.2024

Pour Ibn Khaldûn, immense historien arabe du XIVe siècle, l'État "civilise" au plein sens du terme, il crée une société civile, pacifique et désarmée. L'État trace une limite claire entre la société sédentaire, qui vit sous sa protection, et la société bédouine, tribale, qu'il ne contrôle pas. Mais il a besoin des deux mondes, puisqu'il tire du monde tribal la violence nécessaire pour imposer sa paix dans le monde sédentaire, où il puise ses richesses à travers l'impôt. Si on donne à ces termes, "sédentaire" et "bédouin", leur véritable sens, c'est-à-dire "sous le contrôle d'un État" et "hors du contrôle d'un État", la pertinence de la théorie peut être étendue très au-delà de l'Islam et du Moyen Âge.
Pour comprendre cette fascinante théorie utile à notre temps, Gabriel Martinez-Gros, avec toute la finesse et l'érudition qui lui sont coutumières, nous présente les lignes de force de l'œuvre d'Ibn Khaldûn pour nous permettre d'en cerner la richesse et la portée.

 - 0'00'00 : Intro
 - 0'00'45 : Qui est Ibn Khaldûn ?
 - 0'08'55 : Développement de la dialectique entre bédouin et sédentaire
 - 0'15'27 : Une logique de la violence chez Ibn Khaldûn
 - 0'19'31 : La philosophie de la temporalité politique marche-t-elle ?
 - 0'29'06 : Ibn Khladûn semble avoir une conception très moderne du travail
 - 0'35'40 : N'est-ce pas étonnant la faible place de la religion dans sa pensée ?
 - 0'41'26 : Vous dites que la théorie d'Ibn Khaldûn ne fonctionne pas pour l'Europe. Pourquoi ?
 - 0'52'16 : Pour vous, nous vivons une actualité "khaldunienne" aujourd'hui.
 - 1'04'25 : Selon vous et Kamel Daoud, la langue arabe littéraire est une invention et il n'existerait que DES langues arabes ?
 - 1'09'38 : On dit souvent que la "vraie" langue arabe, c'est celle du Coran et on a vu le cas d'Al Jazeera incomprise par une part importante des arabophones.
 - 1'11'48 : A l'époque d'Ibn Khaldûn, était-ce déjà sous domination ottomane ?
 - 1'18'27 : Quelles langues parlait Ibn Khaldûn ?
 - 1'20'27 : En vous écoutant, on a l'impression qu'il n'y a aucun point commun entre les dominés et les dominants
 - 1'28'40 : Outro