Vers une épistémè de l’épistémè, les techniques de vérité à l’âge classique grec. Avec Francis Wolff à l'ENS.


(0)
513 Vues
0 commentaire
12.03.2005

Francis Wolff s'emploie ici à utiliser le Foucault "archéologue" pour essayer de mettre au jour l’épistémè des Grecs, c’est-à-dire les conditions historiques de possibilité du savoir et de la rationalité antiques au moment même de leur naissance (V-IVe siècle av. J.-C.).
Pour souligner la singularité de cette approche, il distingue minutieusement le point de vue archéologique de deux autres points de vue possibles sur l’histoire des sciences : la vision "évolutionniste" et l’ "épistémologie historique" (Thomas Kuhn).
Dans ce processus d'élévation de certaines disciplines au rang de sciences, Francis Wolff ne voit pourtant pas la substitution pure et simple d’un modèle rationnel à un modèle archaïque irrationnel, mais bien plutôt la constitution d’un nouveau modèle de type "dialogique".
Ce même modèle est également à l’œuvre aussi dans l’ordre des savoirs scientifiques : en fait, un texte "scientifique" grec s’avère être une collection d’arguments destinés à convaincre ceux qui sont sans opinion, au moyen de "preuves" techniques ou extra-techniques.
Quel est donc l’a priori historique du savoir grec que l’archéologue découvre ? Il est caractérisé par trois techniques dialogiques de vérité : la technique persuasive de la rhétorique, celle démonstrative de l’apodeixis et celle de la réfutation par contradiction de la dialectique. Ces trois techniques constituent ainsi le régime "démocratique" de vérité de l’âge classique grec : une proposition ne peut être reconnue comme vraie qu’à condition que celui auquel on l’adresse la reconnaisse comme telle.

L'individu qui vient après le libéralisme. Avec Dany-Robert Dufour à la librairie Ombres Blanches.


(0)
780 Vues
0 commentaire
05.11.2011

Comment dépasser la crise – politique, économique, morale, esthétique, subjective,  etc. – qui affecte aujourd’hui tous les aspects de la vie en société ?
Après avoir subi au 20e  siècle des séismes dévastateurs de nature différente, comment la civilisation occidentale peut-elle se refonder ?
L’auteur s’interroge, en tant que philosophe et citoyen, sur les moyens de résister au dernier totalitarisme en date : le néolibéralisme.
Faut-il, après les avoir dépoussiérés, en revenir aux grands récits venus l’un de Jérusalem –avec les monothéismes–, l’autre de la Grèce –avec le Logos et la raison philosophique ?
Il est en tout cas temps de trouver une issue. Celle, possible, que propose l’auteur : faire enfin advenir un individu qui, rejetant les comportements grégaies sans pour autant adopter une attitude égoïste, deviendrait enfin "sympathique", c’est-à-dire libre et ouvert à l’autre.

L'anthropologue et le politique. Avec Jean-Loup Amselle sur Fréquence Protestante.


(0)
618 Vues
0 commentaire
15.09.2012

On pourrait s’étonner de voir un anthropologue placer sa discipline sous l’égide du politique –et non de la politique, encore que les deux domaines soient liés–, puisqu’il est censé s’occuper d’un objet lointain, par essence non- ou a- politique : le sauvage, le primitif, le traditionnel, quel que soit le nom que l’on donne à l’altérité ou à l’alternative exotique.
En effet, le sauvage en tant qu’autre absolu, peut apparaître comme une alternative à notre monde occidental fatigué, à notre démocratie frappée par la crise de la représentation. Et l’on évoquera ici tous les auteurs, et non des moindres, Lévi-Strauss notamment, qui, dans une filiation primitiviste inspirée de Rousseau, croient trouver dans les sociétés primitives des remèdes à notre mal-être ou à notre désenchantement démocratique. Ces auteurs voient ainsi dans la palabre africaine un substitut avantageux au vote qui, pour eux, à l’inconvénient de cliver le corps social. Dans la même veine, ils cherchent dans les chartes des empires ouest-africains médiévaux des éléments juridiques anticipant sur les droits de l’homme.
Mais ce primitivisme, s’il appartient en propre aux anthropologues les plus conservateurs, n’épargne pas pour autant leurs collègues plus progressistes. Ainsi, la focalisation de Balandier sur la "situation coloniale" de l’Afrique dans les années 1950 ne l’a pas pour autant empêché de développer des vues extrêmement contestables et datées sur l’islam.
C’est en effet un déni d’historicité qui frappe la démarche anthropologique dans son ensemble puisque celle-ci s’est attachée à décrire et à analyser des "cultures" censées être restée semblables depuis l’aube des temps. Ce refus de l’histoire, et la dépolitisation qui l’accompagne, se manifeste également dans le domaine des langues et de l’art dans la mesure où ces entités sont considérées hors du temps et sont abstraites des relations qu’elles nouent les unes avec les autres. Le primitivisme interdit ainsi de saisir les réseaux qui expliquent la naissance et la disparition des langues ou encore d’appréhender les liens qui existent entre la représentation du corps sauvage et celle du corps ouvrier, par exemple.
Enfin, Jean-Loup Amselle abordela société française contemporaine puisqu’il s’efforce de montrer le phénomène de "culturalisation" de la vie politique, intervenu au cours du quinquennat de Sarkozy et qui s’est prolongé au cours de la dernière campagne présidentielle.

Théorie du genre et subversion du droit. Avec Drieu Godefridi à l'Institut Turgot.


(0)
437 Vues
0 commentaire
20.03.2013

La théorie du genre, dans sa forme la plus aboutie, nie la naturalité du sexe pour n’y voir qu’une construction purement culturelle. Elle considère que le modèle sexuel actuel -homme, femme- n’a d’autre fonction que d’assurer le primat de l’hétérosexualité et du masculin, en réprimant les modèles divergents.
Elle en appelle, dès lors -et logiquement- à éliminer toute référence au masculin et au féminin, et à porter le fer jusqu’au cœur de la loi, car ces références, explique-t-elle, ne sont que le paravent de "relations de pouvoir" illégitimes et oppressives.
La plupart des Français n'ont découvert l’existence de cette étonnante théorie qu’à l’occasion du débat sur le mariage homosexuel. Soit un an après l’adoption, au Conseil de l’Europe, de la Convention d’Istanbul contre les "violences de genre", qui consacrait la version la plus radicale de cette théorie.
Comment une prise de pouvoir aussi massive a-t-elle pu se réaliser de manière subreptice ? Quel est l’empire réel du "genre" sur le droit, en France et en Europe ? Quels sont les fondements et les objectifs ultimes de l’idéologie du genre ?
Telles sont les questions sur lesquelles Drieu Godefridi est venu nous entretenir.

Les habits neufs du néo-liberalisme. Avec Serge Audier sur France Culture.


(0)
564 Vues
0 commentaire
13.04.2012

Serge Audier présente les différents courants néolibéraux depuis les années 1930 et le fameux colloque Lippmann.
Après le karch de Wall Street, des révisions ou des réaffirmations du libéralisme ont été proposées pour sauver cette doctrine.
Depuis, de nombreuses mouvances existent et sont souvent mal différenciées les unes des autres : conservatisme, néo-conservatisme, libertarianisme, etc.
C'est le mérite de Serge Audier que d'introduire de la nuance au sein de ce qui est aujourd'hui perçu -à tort- comme un mouvement unitaire : le néolibéralisme.

Néolibéralisme et nouveau capitalisme. Avec Dominique Plihon, Pierre Dardot et Christian Laval à Citéphilo.


(0)
511 Vues
0 commentaire
27.11.2009

Réunir les auteurs de "Le savoir et la finance" et de "La nouvelle raison du monde", c’est se donner les moyens de pénétrer la logique profonde du nouveau capitalisme mondialisé.
D’une part en examinant avec D. Plihon les relations qu’entretiennent finance et connaissance : non seulement le monde engendré par le capitalisme actuel se caractérise par l’accaparement des ressources au profit d’une minorité de régions et d’acteurs, mais il provoque un appauvrissement paradoxal des connaissances et de leur diffusion.
D’autre part en faisant avec P. Dardot et C. Laval la généalogie du néolibéralisme, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l’existence humaine, induisant des formes inédites d’assujettissement qui constituent, pour ceux qui les contestent, un défi politique et intellectuel majeur.

Notre humanité. D'Aristote aux neurosciences. Avec Francis Wolff à Citéphilo.


(0)
573 Vues
0 commentaire
19.11.2011

Francis Wolff témoigne ici de sa pensée sur l'évolution de la conception de l'homme dans l'histoire de la philosophie.
On y retrouve quatre conceptions de la nature humaine : d'Aristote avec "l'animal rationnel" jusqu'à la figure actuelle de l' "homme des neurosciences, des sciences cognitives et de la biologie de l'évolution", en passant par la figure de "la substance pensante unie à un corps" de Descartes et l'homme des sciences humaines, de la sociologie et de la psychanalyse au XXème siècle.
La conférence s'est tenue au couvent des Dominicains de Lille.

Capitalisme, néolibéralisme et subjectivité. Avec Christian Laval au séminaire Sophiapol.


(0)
670 Vues
0 commentaire
28.03.2011

Une réflexion sur le néolibéralisme, forme historique particulière dans laquelle le principe d’illimitation est roi, ce principe tenant au fait que la norme de la subjectivité se calque sur l’accumulation du capital.
Séminaire “Pour une épistémologie du capitalisme”.