Du marranisme au sionisme : une histoire profonde. Avec Laurent Guyenot chez E&R à Grenoble.


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13.05.2017

À chaque expulsion des juifs d'un royaume d’Europe, un grand nombre optait pour la conversion, et, même s'ils "judaïsaient " pendant une ou deux générations, ils finissaient par s’intégrer dans la chrétienté. Mais la conversion forcée, sans autre alternative que la mort, d'une centaine de milliers de juifs portugais (la plupart exilés d'Espagne) en 1496 transforma le phénomène en raz-de-marée civilisationnel. La dispersion de ces crypto-juifs animés d'un ressentiment profond et durable contre l'Église catholique, et d'une conscience raciale exacerbée, eut un impact majeur sur l'évolution économique, culturelle et religieuse de l'Europe, du Proche-Orient et des Amériques.
Le milieu marrane fut aussi le creuset du sionisme moderne. Depuis le 17e siècle, les sionistes travaillent l'histoire dans les profondeurs, par infiltration des cercles de pouvoir. Le néoconservatisme, avec son patriotisme de façade, est une forme moderne de crypto-sionisme. Car en dernière analyse, le crypto-judaïsme est bibliquement fondé sur le modèle de Jacob, vêtu "des plus beaux habits d'Ésaü" et disant à son père aveugle : "Je suis Ésaü, ton premier-né" (Genèse 27,15-19).

Histoire des théories biologiques. Avec André Pichot à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon.


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11.03.2004

André Pichot, historien des sciences, articule dans cette conférence les trois grandes théories du vivant ayant cours depuis le XVIIe siècle : les théories mécanistes (l'animal-machine de Descartes), chimiques (Van Helmont) et historiques (Lamarck).
Cette approche donne un vision panoramique permettant d'éclaircir la philosophie sous-tendant les sciences biologiques actuelles.

Qu'est-ce que le matérialisme ? Avec Patrick Tort sur France Culture.


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30.09.2016

Comment la vie surgit-elle de la matière ? La conscience échappe-t-elle à la matière ou en est-elle faite ? Peut-on penser une conscience biologique ? Ou encore : qu'est ce que la matérialisme ? Et quels sont les rapports de la philosophie à la science ?
Darwin, Lucrèce... et Patrick Tort nous donnent les clés pour comprendre enfin le sens du matérialisme.

Émission "Les Chemins de la philosophie" animée par Adèle Van Reeth.

Marx critique de Feuerbach. Avec Arno Münster à l'Université Nice Sophia-Antipolis.


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10.10.2014

Arno Münster se penche sur la critique que Karl Marx adressa à la pensée de Feuerbach.
Et c'est en revenant sur L'Idéologie allemande et les onze Thèses sur Feuerbach que nous parvenons à comprendre un peu mieux l'élaboration de la doctrine philosophique du matérialisme historique et dialectique, celle-ci étant le produit d'une longue et systématique confrontation théorique avec la philosophie spéculative de son temps.

Genèses de la praxis et de la psyché chez Michel Clouscard. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis à Paris.


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2016

"Poursuivre cette genèse de la praxis sans montrer qu'elle débouche sur une genèse de la psyché laissera ouverte l'erreur épistémologique consistant à supposer qu'on ne gagne rien de déterminant à interroger l'universalité de la psyché dans la praxis du point de vue de l'immanence du réel et du rationnel.
Ce serait récuser le procès de production et abandonner le développement décisif de la praxis au flou déserté [...] de l'ontologie de Heidegger ou la donation illégitime de sens [...] de Levi-Strauss.
Alors la signification gnoséologique et éthique du développement de la psyché pourrait échapper à Prométhée. On pourrait nous objecter éternellement un positivisme matérialiste de la donation de sens par le procès de production.
Il est donc nécessaire de montrer que la praxis est rejointe par la psyché dans le procès de production. L'étude de la phylogenèse selon le procès de production doit être complétée par l'étude de l'ontogenèse.
L'homme synthétique sera la catégorie qui permettra d'achever la conceptualisation de la distinction entre l'homme originel et l'homme naturel." Michel Clouscard

L'être, la praxis et le sujet chez Michel Clouscard. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis à Paris.


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2016

Cette conférence part d'une réflexion sur les origines de l'hominisation pour tenter d'inscrire les derniers travaux de Michel Clouscard sur la phylogenèse et l'ontogenèse dans une perspective classique de la "philosophie de l’esprit" et de la "philosophie de l'histoire".
Elle permet de comprendre les revendications de Clouscard pour une contribution à la fois "kantienne" et "hégélienne" au problème de la connaissance.
En effet, dans l'introduction de L'Être et le Code, la critique de l'épistémologie bourgeoise conduit Clouscard au concept de "corps-sujet signifieur" pour exposer la généalogie anthropologique et philosophique de l'idéologie de classe (dominante). La mise en place du modèle théorique d' "ensemble logico-historique" permet alors de suivre les moments historiques et dialectiques du "code".
Car si, dès L'Être et le Code, le "corps-sujet signifieur" renvoie au vécu de classe pour expliquer l'idéologie, le savoir de classe et les catégories existentielles de la connaissance, dans L'Être, la Praxis, le Sujet, c'est la phylogenèse et l'ontogenèse qui sont mis en relation pour expliquer le "montage synthétique du corps-sujet".
Chez Clouscard, c’est donc à partir de l'épistémologie d'une relation émergente entre phylogenèse et ontogenèse qu'on peut se confronter à la critique du modèle du "sujet transcendantal" chez Kant.
Le réel est rationnel, comme le rationnel est réel. Mais la "phénoménologie de l'esprit" du genre humain suit l'histoire de la praxis et de la subjectivité...

De l'héroïsme grec au materialisme juif. Avec Laurent Guyénot chez E&R à Lyon.


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04.06.2017

La tradition héroïque européenne, principalement représentée par l'héritage de la Grèce antique, s'oppose-t-elle aux enseignements contenus dans l'Ancien Testament, le livre saint du peuple juif ?
Laurent Guyénot, qui s'intéresse depuis longtemps à l'histoire et l'anthropologie religieuse, nous montre en quoi la Torah et la vision étroitement tribale qu'elle renferme n'est pas compatible avec le message universel porté par la civilisation occidentale.

Préapparaître utopique, utopie concrète et praxis dans la pensée d'Ernst Bloch. Avec Arno Münster aux ateliers de la praxis à Paris.


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10.12.2016

La philosophie humaniste et utopique d'Ernst Bloch (1885-1977) se caractérise par la volonté de corriger les conceptions d'un matérialisme vulgaire en élaborant les bases théoriques d'une "nouvelle éthique".
L'utopie -principal concept de cette philosophie- n'est plus considérée comme une rêverie abstraite ou comme l'esquisse d'un État idéal, mais s'inscrivant dans le cadre général d'une ontologie du non-encore-être, qui s'appuie essentiellement sur la catégorie de la "potentialité de l'être" et sur la croyance dans l'activité incessante de la catégorie "possibilité" dans les horizons du réel.
Avec ce renouvellement profond du concept de l'utopie, Bloch parvient à déterminer les structures de la pensée utopique, des "images-souhait" et de l'activité de l'imagination utopique en général.
Sur la base d'une ontologie diamétralement opposée à celles existentielle ou existentialiste de Heidegger et de Sartre, Bloch fait renaître une pensée marxiste en tant qu'elle participe d'une "science de l'avenir du réel". Ce faisant, à toute conception qui prétend figer le rapport du savoir à la temporalité, Bloch oppose la relation privilégiée du savoir avec le futur, la vision d'une science nouvelle orientée courageusement vers la perception du non-encore-devenu.