Les patrons de la presse nationale, tous mauvais ! Avec Jean Stern à la Sorbonne.


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19.02.2013

Le rachat des journaux régionaux du groupe La Provence par l’homme d’affaire Bernard Tapie a récemment alimenté, dans le milieu politique, un débat sur les arrière-pensées qui pourraient avoir motivé sa démarche. L’intéressé a largement contribué à nourrir ces soupçons, affirmant publiquement qu’il "ne connaît rien à la presse", laissant entendre qu’il fallait donc chercher ailleurs la motivation de ce rachat. En quoi cette anecdote est-elle symptomatique d’un certain regard sur le fonctionnement et les usages possibles de la presse en France ? On peut relever que cette conception utilitaire s’avère très répandue chez les élites françaises : l’histoire récente ne manque pas d’exemples d’industriels, de financiers, de responsables politiques qui se sont appuyés, à un moment ou à un autre, sur un ou plusieurs média dont ils étaient propriétaires pour favoriser leur candidature à la tête d’une mairie, à l’obtention d’appels d’offres, ou encore pour faire œuvre de militantisme. Au-delà, on peut noter que cette vision de la presse procède d’une idée très bien reçue, au-delà du cercle restreint des potentiels propriétaires de journaux : ces derniers seraient tout-puissants face à la rédaction de leur titre, et pourraient faire publier ce qu’ils veulent aux médias qu’ils possèdent. Cette conception de la relation entre les groupes de presse et leurs propriétaires procède d’un oubli général du monde complexe de travail des médias, de l’histoire singulière de chaque titre, du rapport fragile qu’il entretient avec son public.
Le présente séance se propose d’aborder cet impensé à partir de l’objet "patron de presse", en posant cette question : à quoi les propriétaires de médias sont-ils supposés servir? Dans quelle mesure les difficultés actuelles de la presse française, et notamment celle de la presse quotidienne, sont-elles imputables à leurs propres errances gestionnaires ? Une discussion rigoureuse et informée sur le rôle de ces dirigeants, et d’une manière plus générale sur l’environnement économico-industriel dans lequel ils exercent leurs décisions, permettra notamment d’éclairer les paradoxes dans lesquels la presse française se débat en tant qu’industrie culturelle. Plus précisément, cette discussion pourra intéresser celles et ceux qui assistent, en observateurs, aux mutations que cette activité subit face au développement protéiforme de l’économie de la gratuité.

Cette nouvelle édition du séminaire "figures médiatiques de la représentation" reçoit ainsi Jean Stern, journaliste et formateur. Sa présentation lui donne l’occasion de rappeler la thèse de son livre Les patrons de la presse nationale, tous mauvais qui est ensuite discutée par Franck Rebillard, professeur d’économie des médias à l’université Paris 3.

Vers une Civilisation mondiale. Avec Peter Sloterdijk à l'Université de Lausanne.


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03.03.2009

Peter Sloterdijk, au travers de plusieurs questions qui lui sont posées, revient sur son dernier ouvrage Colère et Temps et plus généralement sur l'ensemble de son oeuvre.
Il explore particulièrement les notions de colère, fierté, besoin de se faire valoir et ressentiment et situe ces affects dans le domaine des "énergies thymotiques", le thymos étant ce lieu dans la poitrine du héros homérique d'où partent les grands élans. La vaillance, le courage, l'exigence de justice ou encore l'ambition y logent. Dans certains cas, ces impulsions peuvent se révéler productives sur le plan individuel et social.
Chez Aristote, si on ne se laisse pas déborder par elle, la colère est positive lorsqu'elle se manifeste pour repousser les injustices. Chez Platon, le thymos incarne cette part de l'âme qui peut se dresser contre la personne elle-même lorsque celle-ci court le risque de perdre le respect de soi.
Il analyse ce qu'il considère comme deux systèmes d'écrasement de la fierté, le christianisme et le communisme, et rappelle que grande est la colère du Dieu monothéiste, contre l'ennemi et contre son propre peuple. Mais si la haine est un patrimoine entretenu dans l'Ancien Testament, le christianisme, lui, en appelle au contraire au pardon et à l'humilité. Saint Augustin condamne la fierté, perçue comme la matrice de la rébellion contre le divin et les êtres humains doivent renoncer à la colère pour mieux déguster leur joie vengeresse lors du Jugement dernier. Alors, il sera temps de savourer le spectacle de la cruauté infligée aux suppliciés...

Une rencontre animée par Sylvain Guillaume, Gabriel Dorthe, David André et Emanuel Landolt et présentée par Alain Kaufmann et Thomas Römer.

La censure en littérature. Avec Pierre Jourde à l'Ecole Normale Supérieure.


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14.03.2011

L'écrivain, critique et universitaire Pierre Jourde traite dans cette conférence de la censure dans la littérature française. Il brosse un portrait lucide mais implacable des phénomènes de censure qui s’imposent dans la société française depuis de nombreuses années.
Des méthodes les plus brusques (action directe de l'Etat, procès à l'initiative des "ligues de vertus") aux phènomènes les moins visibles (mécanisme d'auto-censure, pression par l'entourage professionnel), il met en lumière les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la création littéraire.

Course à la présidentielle : avec Alain Soral pour E&R.


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2017

Alors que les strapontins politiques français sont remis aux enchères pour les cinq prochaines années, le polémiste Alain Soral accompagne le déroulement de la campagne présidentielle de ses commentaires.
Une seule question reste d'importance : le système en place conservera-t-il le pouvoir ? Et si bouleversement il y a, est-ce que tout changera pour que tout reste comme avant ?

Démocratie et Internet. Avec Alban Dousset à Égliseneuve-près-Billom.


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12.06.2015

Cette conférence vise d'abord à rappeler la typologie des différents systèmes politiques qui ont structuré le monde occidental, d'en rappeler le sens par leur étymologie et d'en donner quelques exemples historiques.
Dans un second temps, une brève histoire des médias tentera de comprendre comment l'évolution des moyens de communication appelle des changements organisationnels au sein des sociétés.
Enfin, l'on pourra se demander si la diffusion massive d'Internet pourrait nous permettre de nous ré-approprier une forme politique démocratique par la possibilité offerte d'une parole partagée par tous.

La littérature française respire-t-elle encore ? Avec Antoine Compagnon et Pierre Jourde à la Maison française de l'Université de Columbia.


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08.10.2014

"Elle ne s’est jamais aussi bien portée", a déclaré Pierre Jourde, auteur de La littérature sans estomac.
Le thème de la soirée était inspiré d’une conférence donnée par Julien Gracq à l’Ecole normale supérieure en 1960, intitulée : "Pourquoi la littérature respire mal". L’écrivain y dénonçait l’usage de "signaux qui font littérature" et se déclarait contre l’introduction du théorique dans le littéraire. Invité, le professeur de littérature Antoine Compagnon a rappelé qu’ "à toute époque, il existe un topos qui veut que la littérature se porte mal, ce que Raymond Aron appelait "l’illusion rétrospective de nécessité". Certes il y a eu de grands moments, comme l’année 1913 où sont publiés Du Côté de chez Swan de Marcel Proust, Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier et La Colline inspirée de Maurice Barrès. La littérature ne se porte pas plus mal aujourd’hui qu’à d’autres époques."
Le champ littéraire français dénombre quelques absences, peut-être passagères : l’exercice du pastiche, autrefois indispensable dans la formation d’un écrivain, a aujourd’hui disparu. Les deux enseignants soulignent que les écrivains français ne se lisent plus les uns les autres, et regrettent l’absence de ce "commerce mutuel". Dans le passé, les maisons d’édition demandaient aux romanciers de rédiger des préfaces des œuvres classiques. On s’adresse aujourd’hui aux universitaires, ce qu’Antoine Compagnon qualifie avec humour de "gangrène".
Dans ce panorama de la création littéraire contemporaine, Pierre Jourde et Antoine Compagnon ont pointé "l’envahissement de l’autofiction" et souligné des éléments de renouveau littéraire : d’abord le retour du passé et des thèmes tabous comme la guerre et la période coloniale. Les auteurs parlent à nouveau de la France, de la Nation, de l’identité et de la guerre.
Une réflexion qui ne recule pas devant la critique, mais qui dépeint une situation plutôt encourageante.

Les médias et la mal-information. Avec Viktor Dedaj pour l'Université Réelle à Montpellier.


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09.05.2015

Si un boucher nous empoisonnait en nous vendant de la viande avariée, les consommateurs que nous sommes n’accepteraient jamais l’idée que "les choses sont comme ça" et qu’il ne nous resterait plus qu’à trouver un autre fournisseur. Mais lorsqu’une journaliste du New York Times ment sciemment sur les armes de destruction massive en Irak - et participe donc à l’extermination d’un million et demi d’Irakiens innocents - elle se voit simplement "remerciée" et l’affaire est classée dans le casier "déontologie". Ici, l’impunité est quasi-totale et même revendiquée par la profession journalistique au nom d’une "liberté" qu’elle se garde bien de définir avec précision.
Pourtant, l’idée que "l’information est devenue un produit de consommation comme un autre" n’est pas nouvelle. Mais ce serait alors le seul produit de consommation pour lequel il n’existe aucune date de péremption, aucun suivi ni traçabilité imposés par des textes, aucune association de consommateurs représentative ni aucune réglementation sur la qualité ou sur les normes.
Comment ont-ils réussi à nous faire admettre pour notre esprit ce que nous n’accepterions jamais pour notre corps ?
Viktor Dedaj, acteur important du monde des médias alternatifs en temps qu'animateur du site legrandsoir.info, nous délivre une conférence passionnante sur les causes de la "mal-information" et sur notre incapacité à la combattre.

Politeia : introduction à la philosophie politique. Avec Eric Guéguen pour le Bréviaire des Patriotes.


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2017

Ces émissions constituent une très bonne introduction aux grandes problèmatiques politiques. Politique est ici à prendre au sens où l'entendaient les anciencs, soit l'art d'accorder l'individu (l'un) et la communauté (le multiple). 
L'approche thèmatique nous montre comment l'aspect politique des problèmes auxquels nous sommes confrontés est aujourd'hui réduit à la portion congrue. Mais pouvons-nous espérer résoudre les grandes questions de notre temps sans agir politiquement ?