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Objets connectés, assistants personnels, robots conversationnels, voitures autonomes... L'intelligence artificielle sous toutes ces formes accompagne notre quotidien, preuve de notre constante progression scientifique et technologique. Mais comment s'articulent tous ces dispositifs avec nos individualités, nos désirs ou nos représentations du monde qui nous entoure ?
Professeur à Sciences Po Paris et directeur du médialab, Dominique Cardon nous introduit le sujet avec un peu d'histoire et partage sa vision de sociologue sur l'intelligence artificielle et les impacts qu'elle a dans nos vies.
Un sujet passionnant qui touche plus encore à l'éthique et à la politique qu'à la technique.


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Le philosophe Benoit Bohy-Bunel nous propose une analyse critique suivie de la grande oeuvre de Kant, la Critique de la raison pure. Il s'agit d'une approche matérialiste, qui n'est pas économiciste, mais qui définit la matière comme rapports sociaux concrets entre corporéités agissantes.
La démarche idéologique kantienne s'inscrit dans une dépossession du travail manuel par le travail intellectuel. Dès lors, les facultés transcendantales de Kant perdent leur universalité et retrouvent leur perspective située : c'est le sujet masculin blanc et bourgeois qui s'arroge l'universalité, pour mieux assigner les individus minorisés qui sont considérés comme étant hors culture.
La chose en soi est définissable : elle est la souffrance des individus réifiés, que Kant ne veut pas (ou ne peut pas) thématiser. La dialectique transcendantale prend alors une tout autre signification, ainsi que tout le projet critique kantien.


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La philosophie que nous connaissons aujourd'hui est académique. Cette situation institutionnelle a une histoire et détermine les modalités pratiques dans lesquelles elle s'exerce et se constitue.
Gaëlle Jeanmart nous propose une démarche généalogique qui nous rend attentif à la transformation de la discipline occasionnée par son entrée dans l'université au Moyen Age et, par conséquent, aux habitudes conquises qui forment nos réflexes académiques actuels.


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En mathématiques, la "crise des fondements" s'ouvre en 1897 avec le paradoxe de Burali-Forti, une contradiction dans la toute jeune théorie des Ensembles. Parmi les solutions proposées, le "Programme de Hilbert" (~1925) accorde un rôle privilégié à la non-contradiction formelle.
Le théorème d'incomplétude de Gödel (1931), qui réfute le programme de Hilbert, a fait le désespoir de tous ceux qui cherchaient une réponse définitive à leurs angoisses fondationnelles. Il a aussi gêné ceux qui cherchaient plus simplement à comprendre la nature des objets mathématiques.
Ce n'est qu'avec le développement de l'informatique qu'ont pu se dégager de nouveaux axes de lecture, en rupture de plus en plus nette avec le réductionnisme Hilbertien.


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La philosophie de tradition analytique, née à la fin du siècle dernier des critiques de l'idéalisme en Allemagne et en Grande-Bretagne, a connu des développements très variés au vingtième siècle, du réalisme à l'empirisme logique et à la philosophie linguistique.
Aujourd'hui elle semble avoir éclaté, aussi bien dans ses méthodes que dans ses doctrines, en de multiples tendances. Pascal Engel nous présente cette diversité tout en nous révélant la continuité d'une tradition et d'un style qui incarne, au sein de l'espace pluriel de la philosophie contemporaine, l'une des figures du rationalisme.
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth


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Qui étions-nous ? Qui sommes-nous ? Qui serons-nous ? Pour répondre à ces questions, l'anthropologue et économiste Paul Jorion dresse l’inventaire de ce que nous, êtres humains, avons pu comprendre jusqu’ici de notre destin.
Cette évaluation est réalisée en vue d’assurer notre salut, lequel est sérieusement compromis aujourd’hui, dans un contexte de destruction accélérée de nos conditions de vie à la surface de la Terre. Le scénario le plus optimiste parmi les plus plausibles a cessé d’être celui de machines de plus en plus intelligentes à notre service, pour être celui de notre remplacement pur et simple par celles-ci.
Si nous voulons survivre en tant qu’espèce, il nous faut sans plus tarder passer la vitesse supérieure. Il faut pour cela réunir l’équipe de ceux qui ne se résolvent pas à notre disparition, des femmes et des hommes qui soient précisément résolus, bâtissant sur les principaux acquis de l’humain, de la réciprocité au génie technologique. C’est l’appel lancé par Paul Jorion.


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Le rationalisme "à la française" a des parfums de positivisme suranné, ou tendrait du moins à évoquer davantage les noms de Lachelier, Fouillée ou Renouvier que de philosophes contemporains.
Raison, rationalisme et rationalité sont pourtant des notions revendiquées dans une certaine mesure par des penseurs aussi divers que Jules Vuillemin, Gilles Granger et Jacques Bouveresse. Mais leurs œuvres correspondent à des usages de la philosophie fort différents : tandis que Vuillemin évalue chaque système par sa force interne, Granger comprend la philosophie comme connaissance, et Bouveresse comme critique et thérapie.
L'appel à la raison suffit-il à donner cohérence et unité à ces approches ? Le rationalisme français est-il autre chose qu'une fiction obsidionale ?


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Plutôt qu’une reconstitution linéaire de l’histoire de la philosophie, l’intervention portera surtout sur ce qui, à la faveur de la crise en cours, fait surgir la spécificité de l’interrogation philosophique en général, via ses concepts les plus récurrents.
La référence aux auteurs servira à illustrer les problématiques ainsi dégagées, autant que leurs effets transversaux dans les champs concernés : du poétique au politique, en passant par le religieux ou le scientifique.