De la Pologne populaire à l'hiver capitaliste. Avec Monika Karbowska et Bruno Drweski à la Librairie Tropiques.


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20.09.2018

C'est de l'intérieur que Monika Karbowska nous raconte l'évolution de la pensée et des sentiments d'une jeune Polonaise éduquée dans la Pologne populaire souhaitant rompre avec ses pesanteurs sans imaginer que son pays ne puisse pas continuer à progresser… et constatant peu à peu, par la pratique, le piège qui se refermait sur l’ensemble de ses concitoyens.
Dans le contexte d'une mondialisation qui avait déjà piégé la Pologne à cause de la spirale de l'endettement mais qui n'avait jusque-là qu'à peine effleuré les Polonais, protégés qu'ils étaient malgré tout par un rideau protecteur qui, à leurs yeux, n'était qu'un "rideau de fer" contraignant.
Cet itinéraire révèle les évolutions d'une gauche occidentale quelque peu déboussolée par la disparition des repères communistes et une Ukraine soumise à une fascisation beaucoup plus brutale sur fond d'hégémonie du capital occidental, en particulier allemand, qui a tendance à repousser les anciens pays socialistes vers la périphérie, et donc vers une sorte de tiers-mondisation.
Monika Karbowska rappelle comment, au cours de toutes ces années, elle est passée du constat factuel de la dégradation de la position de la femme en parallèle avec le retour d'un cléricalisme d'un autre âge à la remise en question de l'ensemble des transformations sociales et économiques en cours et à la prise de conscience de ce que représente le capitalisme tardif mondialisé en crise désormais structurelle.
Il semblerait que désormais la reconstruction d'une véritable conscience politique en Pologne soit à l'ordre du jour. Ce qui peut d’ailleurs expliquer le raidissement des pouvoirs et la fuite en avant vers des répressions anticommunistes qui sont aussi radicales qu'elles sont ridicules, et somme toute inefficaces...

Hobbes et la nature de l'Etat. Avec Lilian Truchon à la Librairie Tropiques.


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06.06.2018

Instigateur au XVIIe siècle de la modernité politique, le philosophe Thomas Hobbes fut le premier à dévoiler le lien indissoluble entre souveraineté populaire et pouvoir d'État. Son credo épistémologique était : "La raison est le pas, le progrès de la science la route, et l'avantage du genre humain le but".
Autant admirées que violemment combattues, ses oeuvres politiques finirent parfois au bûcher par suspicion de propager l'athéisme. Aujourd'hui encore, les idées reçues sur l'auteur du Léviathan sont nombreuses et son matérialisme fragmenté et dénaturé.
Lilian Truchon restitue d’une façon totalement inédite la cohérence de la pensée de ce philosophe, articulée en trois temps comme elle fut conçue à l'origine : le corps, l'homme et le citoyen.

Ce qui n'a pas de prix. Avec Annie Le Brun à la Librairie Tropiques.


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22.06.2018

C'est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s'intensifie depuis qu'elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d'extraire de la valeur. S'ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d'éblouissement et qui, pas plus que l'éclair, ne se laisse assujettir.
Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d'un certain art contemporain, à l'origine d'une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. Et comme, dans le même temps, la marchandisation de tout recours à une esthétisation généralisée pour camoufler le fonctionnement catastrophique d'un monde allant à sa perte, il est évident que beauté et laideur constituent un enjeu politique.
Jusqu'à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l'argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l’essentiel, la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix ?

Hommage à Domenico Losurdo. Avec Aymeric Monville et Bernard Bourgeois à la Librairie Tropiques.


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07.07.2018

Domenico Losurdo, l'un des plus grands penseurs contemporains de l'anti-impérialisme et de l'anti-colonialisme, vulgarisateur de Marx et Hegel, vient de nous quitter.
C'est pour lui rendre un hommage impromptu que son éditeur Aymeric Monville et le grand hégélien Bernard Bourgeois se sont réunis et auquel se sont joints de nombreux amis.

"L'Être et le Code" de Michel Clouscard. Avec Dominique Pagani et Aymeric Monville à la Librairie Tropiques.


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03.07.2018

Michel Clouscard aura pu écrire ailleurs : "On n’a jamais pensé faire la philosophie de la relation du produire et du consommer pour la bonne raison qu’elle a toujours été faite, mais à l’envers. La théologie, l’éthique, l’économie politique ont surdéterminé les deux processus qui n’ont servi que de moyens d’expression. Nous inversons la relation : produire et consommer se mettent en relation pour constituer la théologie, l’éthique, l’économie politique."
C’est bien la problématique de son livre récemment réédité aux éditions Delga L'Être et le Code et présenté ici par Dominique Pagani et Aymeric Monville, qui reprend le projet hégélien : dire le réel selon sa logique, sans résidu transcendantal.

Race, Sexe et Culture. Avec Patrick Tort à la Librairie Tropiques.


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2014

Dans le petit livre d'entretiens avec Régis Meyran qui vient d'être publié, Patrick Tort nous propose un point de vue matérialiste et rationaliste, darwinien et marxiste, sur le vieux débat Nature/Culture, également présenté dans l'opposition Inné/Acquis. 
Cette veille question a malheureusement tourné dernièrement à la pantalonnade sociétale, au fil d'une instrumentalisation politicienne "de tous bords" par les trissotins des obédiences politico-médiatiques "en vogue".
Une mise au point était donc nécessaire.

L'écologie réelle : une histoire soviétique et cubaine. Avec Guillaume Suing à la Librairie Tropiques.


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06.04.2018

Des premières aires naturelles protégées (zapovedniki) en 1918 jusqu'au plus grand plan d'agroforesterie au monde en 1948, avant que Nikita Khrouchtchev ne s'aligne sur le modèle intensif américain dans les années soixante, c'est toute une écologie soviétique qui fut jadis raillée par les premiers zélateurs occidentaux de l'agriculture "chimique".
Cette "préhistoire dogmatique", pourtant riche d’enseignements pour l'époque actuelle, est aujourd'hui totalement passée sous silence, y compris dans le discours écologiste contemporain, "décroissant", volontiers malthusianiste, et concrètement incapable de participer au renversement du seul véritable responsable de la destruction barbare de notre environnement : le capital.
De même, les efforts de l'écosocialisme, très en vogue aujourd'hui, pour tenter une nouvelle "rénovation" du marxisme, s'accompagnent d'une étrange omertà sur l'indiscutable avant-garde cubaine en matière d'agro-écologie. Sans doute par aversion pour une question indissociable de la protection de l'environnement, à Cuba comme ailleurs : celle de la souveraineté nationale.
On l'aura compris, Guillaume Suing, agrégé de biologie et spécialiste de l'histoire de la biologie, nous montre que sur la question de l'écologie et du marxisme, tout est à revoir.

Chroniques de l'impérialisme. Avec Bruno Guigue à la Librairie Tropiques.


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12.03.2018

Comme si une bonne fée s'employait, magnanime, à faire coïncider sa morale et ses intérêts, le prétendu monde libre revêt ses ambitions matérielles des oripeaux de la justice et du droit. C'est ainsi qu'il pratique le bombardement de pays étrangers à des fins "démocratiques", mais de préférence dans les contrées riches en hydrocarbures ou en ressources minières. Conjuguant la foi du charbonnier et la rapacité du capitaliste, il agit comme s'il pouvait convertir sa puissance économique en privilège moral.
Le reste du monde n'est pas dupe, mais finalement peu importe. "Le monde libre" a toujours raison car il est du côté du Bien, et il ne risque pas la contradiction aussi longtemps qu'il est le plus fort - c'est du moins ce qu'il croit.
La barbarie congénitale qu'il attribue aux autres est l'envers de son monopole autoproclamé de la civilisation. Auréolé du sacro-saint "droit d'ingérence", ce mariage réussi du sac de sable façon GI's et du sac de riz façon Kouchner, l'Occident vassalisé par Washington s'imagine sans doute qu'il sauve le monde en le soumettant à l'impitoyable razzia exigée par les vautours de la finance et les multinationales de l'armement.