Les influences nazies du management moderne. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


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08.01.2020

Professeur d'histoire contemporaine, et après s'être intéressé en détail au régime nazi, Joahann Chapoutot revient avec Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA (Gallimard, 2020), où il s’intéresse en particulier aux méthodes de la Menschenführung, qui traduit et germanise le terme américain de management.
Car le management, du nazisme à la mondialisation, est bien l'art de produire le consentement et l'illusion d'autonomie chez des sujets aliénés. Et s'il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s'il ne dit pas non plus qu'il s'agit d'une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot souligne une certaine continuité entre les techniques d'organisation du régime nazi et celles que l'on retrouve aujourd'hui au sein de l'entreprise, en atteste la condamnation récente de l'entreprise France Télécom et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".
À l'heure du virtuel et d'une croissance tournée vers la production mondiale effrénée, où le travail, entre burn out et bullshit jobs, semble ne plus avoir de sens, Johann Chapoutot montre que les nazis apparaissent finalement comme l'image déformée d'une modernité devenue folle, traitant des personnes comme de simples facteurs de production sous des apparences de bien-être et de bienveillance au travail.

Émission "La Grande table idées", animée par Raphaël Bourgois.

Carl Schmitt, un intellectuel au service du nazisme. Avec Johann Chapoutot à l'Académie Royale de Belgique.


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04.12.2017

L'un des objectifs des pouvoirs totalitaires au XXe siècle fut de changer l'homme ; d'où le rôle central de la propagande et des intellectuels, ces "ingénieurs des âmes" (Staline).
Carl Schmitt, grand promoteur du droit d'exception dans l'entre-deux-guerres, s'est imposée comme le théoricien du droit le plus talentueux de sa génération. Obsédé par la "déjudaïsation" des sciences juridiques et des bibliothèques, il propose d'ajouter la mention "Jude" à chaque citation d'auteur juif dans un livre.
Retour sur la trajectoire intellectuelle de l'un des penseurs majeur du politique au XXe siècle, bien qu'actif compagnon de route de la machine nazie.

Nazisme et capital. Avec Johann Chapoutot pour La France insoumise.


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12.12.2017

L'élection d'Emmanuel Macron a démontré la capacité des milieux d'affaires à se mobiliser, financièrement, idéologiquement et médiatiquement, pour imposer leur champion dans le champ politique. Analysé par Jérôme Sainte-Marie comme le candidat de le "réunification de la bourgeoisie", cet épisode illustre la nécessité de s'interroger sur les liens existant entre le capital et le pouvoir politique, d'abord par un détour de l'histoire.
Daniel Guérin (1904-1988), en son temps, posa la question des rapports entre capital et politique dans son livre pionnier Fascisme et grand capital. Ici, c'est l'historien Johann Chapoutot qui interroge plus spécifiquement les relations entre le nazisme et le grand capital dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres.

Une conférence prononcée au Mardi de l'Insoumission avec pour thème "Le capital a-t-il une politique ?"

Hitler et les artistes. Avec Johann Chapoutot sur Europe 1.


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23.03.2016

Quel a été le rapport des artistes au nazisme ? Et quelles furent les "caprices artistiques" d'Hitler ?
C'est en s'intéressant aux parcours de Leni Riefenstahl, mais aussi de ceux d'Arno Breker et d'Albert Speer, que cette épineuse question est traitée par l'historien Johann Chapoutot, grand spécialiste du IIIe Reich.

Émission "Au cœur de l'histoire", animée par Franck Ferrand.

La révolution culturelle nazie. Avec Johann Chapoutot pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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16.05.2018

Pour les nazis, la "culture" était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...).
Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une "révolution culturelle", retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie : il devenait alors légal et moral de frapper et de tuer.
L'historien Johann Chapoutot nous montre comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis.

La naissance des fascismes : l'effondrement d'une civilisation. Avec Johann Chapoutot au festival international du film d'histoire de Pessac.


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24.11.2018

Comment devons-nous, aujourd'hui, comprendre le phénomène nazi ? Peut-on l'attribuer à l'Allemagne seule ou l'intelligibilité du nazisme exige-t-elle de le remettre dans son contexte européen et occidental ? Car si la République de Weimar est politiquement en crise à à la fin des années 1920, c'est bien le terrible choc exogène que constitute la crise financière américaine de 1929 qui va l'abattre. Dans l'arrivée au pouvoir des nazis, c'est la conjoncture qui l'emporte donc largement sur la structure, et le hasard sur la nécessité.
Retour sur un contexte très particulier, celui des années 1920, marqué par une succession de crises, qui verra le pays tomber dans la dépression économique et l'impuissance politique. Et c'est alors, et alors seulement, que le nazisme commence à attirer et à séduire en offrant une explication et un échappatoire. Tous les malheurs de l'Allemagne sont dus à une guerre de races qui a atteint, depuis 1914, son stade le plus critique. Et seul un pays régénéré et retrempé dans la volonté et le courage pourra affronter ses ennemis et les vaincre...

Un entretien mené par Valérie Hannin, pendant le 29e festival intitulé "1918-1939, la drôle de paix".

Faut-il avoir peur de la liberté ? Avec Johann Chapoutot à l'Université de Genève.


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22.03.2018

L'angoisse d'être libre… Il est tellement plus rassurant de ne pas l'être, et de ne pas avoir à faire de choix. Voilà un thème considérablement travaillé par la philosophes, mais qui intéresse aussi les historiens.
L'avènement de l'individu libre ou, du moins, délié des enracinements et conditionnements traditionnels, est un phénomène récent dans l'histoire de l'humanité. En Europe, il a marqué l'Allemagne de la fin du XIXe siècle : industrialisation rapide, urbanisation galopante, exode rural massif… Des millions d'hommes se retrouvent "libres" et la "communauté" traditionnelle cède le pas à une "société", étudiée par une discipline naissante, la "sociologie". Conscient du caractère traumatisant du phénomène, Bismarck crée une législation "sociale" pour donner corps et consistance à cette société naissante.
Mais l’avènement d'une "société ouverte" (Karl Popper) n'a pas que des amis : face au bouleversement de la modernité, la communauté fermée, celle de la race et du sol, apparaît comme une solution possible, voire désirable.
L’étude du cas allemand à la fin du XIXe siècle, avec ses mutations vertigineuses, ses innovations et ses replis, est d'une actualité sidérante pour aujourd'hui.

L'histoire, une science humaine ? Avec Johann Chapoutot à l'Université de Toulouse.


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18.05.2018

On parle indifféremment des "sciences humaines et sociales", mais la question se pose pour l'histoire : science humaine ou science sociale ? Peut-on opposer, ou plutôt différencier les deux ?
La question est d'ordre épistémologique (elle porte sur l'inscription dans l'ordre des savoirs), elle est aussi métaphysique ou ontologique : en étudiant l'homme et la femme dans le temps, la femme et l'homme aux prises avec le temps, l'histoire constitue un travail de l'humain sur lui-même qui n'a sans doute pas d’équivalent.