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Qui était Robert Oppenheimer, né le 22 avril 1904 à New York et mort le 18 février 1967 à Princeton ? Comment l'homme pour lequel la physique avait une beauté qu'aucune science ne pouvait égaler s'est retrouvé à la tête du groupe de scientifiques et d'ingénieurs qui a mis au point la bombe atomique ?
Pour évoquer la figure de l'un des physiciens les plus connus du XXe siècle, et pour faire suite à la sortie du film de Christopher Nolan qui adapte la biographie de Kai Bird & Martin J. Sherwin, le physicien Etienne Klein et l'ingénieur et philosophe Jean-Pierre Dupuy viennent nous aider à comprendre sa trajectoire au milieu des enjeux politiques par lesquels elle a été marquée.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.
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Les collapsologues se revendiquent du "catastrophisme éclairé", qui consiste à faire comme si la catastrophe était une fatalité pour que l'inéluctable ne se produise pas. Pourtant, et en contradiction avec la thèse précédente, ils soutiennent aussi que tout système complexe est destiné à s'effondrer, ce qui est conceptuellement faux selon le philosophe Jean-Pierre Dupuy.
Explications.
Émission "La Terre au carré", animée par Mathieu Vidard.
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Un virus n'a pas d'intentionnalité, à part peut-être celle de trouver des hôtes pour se multiplier puisqu'il est incapable de le faire seul. Contrairement à ce qu'on a pu lire et entendre ici et là, celui qui est responsable de la Covid-19 n'a donc nullement surgi dans le but de nous faire la morale, encore moins de nous châtier.
Mais, à défaut de recevoir des leçons de sa part, nous pouvons, nous, en tirer quelques-unes pour notre propre compte en examinant les effets qu'il a eus sur nous et les réactions qui ont été les nôtres : qu'avons-nous appris grâce à lui ? Nos analyses de la situation ont-elles toujours été à la bonne hauteur du drame ? Que sont devenues la vie et la mort en ces temps de pandémie ?
Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.


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Avec la guerre en Ukraine aux portes de l'Europe et la montée des affrontements - aujourd'hui verbaux et "à distance"- entre la Russie et les puissances de l'OTAN, le professeur de sciences politiques et membre de l'Académie des Technologies Jean-Pierre Dupuy estime que "nous sommes plus près d'une guerre nucléaire que nous ne l'avons jamais été pendant la guerre froide".
Dans son livre de 2019 La guerre qui ne peut avoir lieu. Essai de métaphysique nucléaire, réédité en 2022, il "démonte" notamment la fameuse théorie de la dissuasion avec laquelle nous, Français, avons tous été élevés.


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En quoi la possibilité de la guerre nucléaire confirme ou altère-t-elle les analyses développées par René Girard et Benoît Chantre dans leur livre Achever Clausewitz ? Celui-ci met en scène classiquement l'opposition entre l'attaque et la défense et démontre la primauté de cette dernière.
Avec l'arme atomique, on a affaire à trois termes, et non pas deux : la défense, l'attaque, nommée "préemption", et la dissuasion. Jean-Pierre Dupuy démontre que la défense est mise hors circuit, tant pour des raisons techniques que par le fait que la dissuasion implique que l'on ne se défende pas : on prouve ainsi à l'ennemi qu'on ne l'attaquera pas en premier. Il montre aussi que dans l'histoire de l'ère nucléaire, la préemption l'a emporté sur la dissuasion et que les chefs d'État soviétiques russes et américains n'ont jamais exclu de leurs répertoires d'action la décision de frapper en premier.
Jean-Pierre Dupuy illustre finalement ces thèses par cette question lancinante : si Poutine perd la guerre conventionnelle contre l'Ukraine, aura-t-il recours contre les puissances de l'OTAN à ses armes nucléaires tactiques, domaine dans lequel il est de loin le plus fort ?


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Au sein de la théorie mimétique de René Girard, le mécanisme victimaire, sacrificiel, vient instaurer de l'ordre lorsque la crise indifférenciée est à son comble. Ce mécanisme, c'est le sacrifice : l'homme est donc fils du religieux.
Alors que l'actualité est marquée par une poussée des actes de racisme, les concepts girardiens peuvent nous aider à analyser ce phénomène en recrudescence, tout comme ils nous donnent une explication convaincante des mythes ou des textes sacrés – fût-ce avec l'angoisse qu'engendre le caractère apparemment inévitable du sacrifice du bouc émissaire.


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Voici plus d'un an déjà que le monde vit au rythme que lui impose le coronavirus. L'état d'urgence sanitaire se prolonge, les confinements se succèdent et malgré l'ouverture de vaccinodromes, une troisième vague se profile.
En France, mais aussi dans des pays aussi peu chamailleurs que l'Allemagne ou la Hollande, les gens n'en peuvent plus. Cette lassitude est multiforme, on se plaint pêle-mêle de l'inefficacité des gouvernants et des mesures autoritaires qu'ils prennent pour enrayer les contaminations. On incrimine simultanément cette foutue maladie et les restrictions des libertés.
Mais qu'est-ce qui est catastrophique ? Est-ce la pandémie elle-même ? Est-ce la politique brouillonne menée contre cet ennemi retors et invisible ? Est-ce l'ordre sanitaire instauré en réponse à un virus certes très contagieux, mais dont la létalité est inférieure à 0,5 % ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Si sa définition traditionnelle marque en quoi le temps est une présence indéfinie, homogène et invariable au sein de laquelle se déploient êtres, choses et événements se succédant de façon ininterrompue, l'expérience du temps dévoile aussi cette présence constante comme tantôt alourdie par des lenteurs, tantôt avivée par des accélérations.
Comment penser à la fois ces deux données irréconciliables du temps : son écoulement continu et les singularités de ses expériences vécues, qui en font varier la durée ? Sa constance et sa persévérance irréversibles et les moments, les instants, les scansions de ses expériences, parfois accusant des atermoiements, parfois filant telles des précipitations ?
Il nous faudra aussi chercher à savoir en quoi ce qu'il convient de nommer l'accélération du temps entraîne des changements sociaux considérables, des transmutations politiques, des modifications insoupçonnées de la sphère intersubjective. En effet, l'actualité est traversée par une accélération du temps où de nouvelles possibilités d’existence ne cessent de s'ouvrir à un rythme effréné.
Fort paradoxalement, nous ressentons le sentiment de ne plus posséder le temps nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. Et ainsi, les individus tendent à privilégier des activités de faible satisfaction, de court terme, par rapport à d'autres plus valorisantes, mais toujours différées.
Or la technique n’est pas seule responsable de ce phénomène, la cause est aussi idéologique et correspond au "projet de la modernité" : le désir d'autonomie. Nous ne voulons être liés à rien et être toujours disponibles de sorte à ne jamais manquer quoi que ce soit.
Quelles sont les sources et quelles seront les conséquences de cette situation temporelle affectant l'ensemble de nos expériences, personnelles et sociales ?