Une histoire profonde de l'anthropocène. Avec James C. Scott sur France Culture.


(0)
213 Vues
0 commentaire
01.06.2019

Anthropocène, concept pour happy few il y a encore quelques années, le mot peuple désormais quotidiennement les colonnes des journaux et résonne souvent dans les médias. Anthropocène donc pour dire cette nouvelle ère géologique au cours de laquelle l'activité humaine a affecté de façon décisive l'écologie et l'atmosphère de la planète Terre.
Le constat s'impose mais les débats ont cours à propos du point de départ. Quand certains estiment que ce sont les premiers essais nucléaires qui marquent l'entrée dans ce moment nouveau, d'autres le font remonter beaucoup plus tôt au XIXe siècle et à la Révolution industrielle.
Politiste professionnel, anthropologue amateur, environnementaliste convaincu et anarchiste par principe, James Scott est beaucoup plus radical : c'est dès l'utilisation du feu par l'homme qu'il estime nécessaire de remonter pour comprendre l'anthropocène. Le feu, puis la sédentarité, l'agriculture, l'élevage, et l'invention de l'Etat. C'est ce qu'il défend dans un essai brillant Homo domesticus.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

L'Italie au Moyen-Age, une nation sans état. Avec Jacques Heers à l'Université Paris II Panthéon-Assas.


(0)
300 Vues
0 commentaire
06.02.1993

Médiéviste éminent, spécialiste de l'histoire italienne, Jacques Heers lève le voile sur le fonctionnement de la péninsule au Moyen Age, véritable nation consciente d'elle-même mais sans état, malgré les querelles des alliances et déchirements successifs entre cités rivales et familles combattant pour le pouvoir.
Une énigme historique qui trouve ici une solution élégante.

L'école enseigne à l'enfant qu'il doit être inévitablement classé par un bureaucrate. Avec Ivan Illich sur France Culture.


(0)
282 Vues
0 commentaire
1972

Aujourd'hui, les mots éducation et école sont devenus quasiment synonymes. Pourtant, l'école ne représente qu'une infime partie de l'histoire de l'éducation. Comment cet amalgame a-t-il pu se produire ? Pourquoi en sommes-nous arrivés à croire que l'éducation de nos enfants devait relever de la responsabilité de l'État ? Quelles logiques sont à l'oeuvre derrière cette vaste entreprise de normalisation des masses ?
L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes préparés par les "autorités" et à obéir aux "institutions". À cela il faut substituer des échanges dit Ivan Illich, entre "égaux" et une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter.
Implacable critique de la société industrielle, Ivan Illich a démontré qu'au-delà d'un certain seuil, les institutions se révèlent contre-productives et a dénoncé la tyrannie des "besoins" dictés par la société de consommation. Il fut l'un des premiers à voir dans l'aide au développement une tactique pour généraliser le productivisme et y acculturer les peuples. À cette idée comme à celle de croissance, véritables "assauts de l'économie contre la condition humaine", il oppose une ascèse choisie et conviviale, un mode de vie qui entremêle sobriété et générosité.

Un entretien mené par Roger Kahane.

Moldavie, la virgule euro-russe. Avec Robert Steuckers et Iurie Roșca pour E&R à Lille.


(0)
226 Vues
0 commentaire
23.03.2019

Ancien vice-Premier ministre de Moldavie, journaliste et éditeur, Iurie Roşca est le principal coordinateur des colloques eurasistes de Chisinau, qu'il présente comme un anti-Davos. Persécuté par les oligarques qui dirigent son pays, il a été menacé en 2018 d'une peine de 7 ans de prison.
C'est en compagnie du géopolitologue belge Robert Steuckers que le rôle de la Moldavie au sein de l'Europe est exposé, de l'antiquité jusqu'aux dissidences anti-mondialistes actuelles.
Un noble combat pour l'indépendance d'un petit pays, également important dans la logique eurasiste d'équilibre des pôles de puissances à l'échelle internationale.

La Laïcité et le messianisme républicain. Avec Youssef Hindi à Bruxelles


(0)
268 Vues
0 commentaire
16.11.2019

Le travail de Youssef Hindi retrace l'histoire politico-religieuse de France sur la longue durée pour en venir à celle de la Révolution de 1789 qui, loin de l'idée répandue, ne fut pas seulement animée par les idéaux de Liberté, d'Égalité et de Fraternité, mais par un virulent anticléricalisme de nature religieuse.
Car le projet révolutionnaire et républicain est mystique avant d'être politique. Et pour nous aider à saisir le fond de la crise actuelle, Youssef Hindi prend le parti d'analyser la formation, l'évolution et l'éventuelle fin de la République en historien des religions. On découvre alors comment et qui a forgée cette religion de la République, la laïcité, qui fut recherchée dès le lendemain de la Révolution par les jacobins et leurs successeurs républicains du XIXe siècle afin d'asseoir définitivement le nouveau régime.
Du kabbaliste jacobin Junius Frey (1753-1794) à Vincent Peillon en passant par Ferdinand Buisson (1841-1932), Youssef Hindi suit à la trace les mystiques et prophètes auto-proclamés de l'ère moderne qui ont élaboré cette religion composite de la République sous le règne duquel les Français vivent et dont ils ignorent jusqu'à l'existence.

Terrorismes, histoire et droit. Avec Henry Laurens sur Canal Académie.


(0)
1172 Vues
0 commentaire
11.07.2010

Comment définir un phénomène aussi insaisissable que le terrorisme ? Quelle est sa nature, son histoire et son avenir ? Défini comme un crime, il n'en demeure pas moins un concept flou dont les définitions sont extrêmement variables selon les époques, les histoires nationales et le droit.
Cette entretien, en établissant une typologie des terrorismes, fait le point sur les connaissances des violences polymorphes qui sont rassemblées sous ce vocable.

Les influences nazies du management moderne. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


(0)
318 Vues
0 commentaire
08.01.2020

Professeur d'histoire contemporaine, et après s'être intéressé en détail au régime nazi, Joahann Chapoutot revient avec Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA (Gallimard, 2020), où il s’intéresse en particulier aux méthodes de la Menschenführung, qui traduit et germanise le terme américain de management.
Car le management, du nazisme à la mondialisation, est bien l'art de produire le consentement et l'illusion d'autonomie chez des sujets aliénés. Et s'il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s'il ne dit pas non plus qu'il s'agit d'une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot souligne une certaine continuité entre les techniques d'organisation du régime nazi et celles que l'on retrouve aujourd'hui au sein de l'entreprise, en atteste la condamnation récente de l'entreprise France Télécom et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".
À l'heure du virtuel et d'une croissance tournée vers la production mondiale effrénée, où le travail, entre burn out et bullshit jobs, semble ne plus avoir de sens, Johann Chapoutot montre que les nazis apparaissent finalement comme l'image déformée d'une modernité devenue folle, traitant des personnes comme de simples facteurs de production sous des apparences de bien-être et de bienveillance au travail.

Émission "La Grande table idées", animée par Raphaël Bourgois.

Comment les historiens affrontent la violence du XXe siècle. Avec Henry Laurens à l'Institut d'Etudes Avancées de Paris.


(0)
286 Vues
0 commentaire
25.05.2016

Les diverses modalités de la transmission du passé posent à l'historien la question de comment aborder les violences du XXe siècle, à un moment où les témoins et acteurs disparaissent pour laisser la place aux ayants droit des victimes.
Ces violences ont été le fait d'une culture de guerre identifiée au modèle du combattant et orientée vers un monde futur. La culture de paix d'aujourd’hui fondée sur la primauté des victimes vit au présent un passé qui ne passe plus.
Les historiens doivent donc faire face non à une exigence d'explication, mais une de reviviscence qui les met d'autant plus mal à l'aise que c'est aussi leur devoir de respecter les souffrances et les groupes qui les portent.