Quel internationalisme ? Avec Frédéric Lordon et Olivier Besancenot pour la Revue Ballast à Aubervilliers.


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30.03.2017

L'Internationale, on le sait depuis la chanson, sera le genre humain. Oui, mais comment ? Et tout se gâte, sinon s'enraie, ici. Nul n'oublie, depuis la boucherie de 1914, que les prolétaires eurent pourtant une patrie : des Français et des Allemands s'entretuèrent.
Le camp de l'émancipation brandit haut l'idéal internationaliste, de l'Espagne antifasciste des années 1930 au Che lançant, du Congo à la Bolivie, que "tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d’un autre être humain".
Mais l'internationalisme induit-il le dépassement des nations ou la coopération solidaire de ces dernières ? La question fâche et charrie son lot d'injures et de malentendus.
Pour en débattre et tâcher d'en clarifier les enjeux, un débat est organisé entre le philosophe Frédéric Lordon et l'un des porte-paroles du NPA, Olivier Besancenot. Le premier jure qu'il n'est d'internationalisme que "de la contagion" et déplore l'abstraction d'une frange de la gauche radicale à ce sujet ; le second s'inquiète de la "grande régression" à laquelle nous assistons, celle de l'éloge des frontières ou de l'État, fût-ce à des fins socialistes.
Une urgence plus qu'une question, donc.

Baltasar Gracián, éducateur. Avec Marc Fumaroli et Stéphan Vaquero à Répliques sur France Culture.


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15.01.2011

Baltasar Gracian (1601-1658) est l'un des plus grands essayistes espagnols du Siècle d'or, que l'on peut comparer à Montaigne et à La Rochefoucauld.
Dans L'Homme de cour, dont le texte original date de 1647, qui réunit trois cents maximes ou réflexions, il propose un art de vivre à la cour comme à la ville, en sauvant son honneur et son monde intérieur.
La traduction de 1684 est l'un de ces monuments du style littéraire à la française, que Marc Fumaroli et Stéphan Vaquero viennent nous aider à comprendre et à savourer.

L'antisémitisme de gauche, du 19e siècle à aujourd'hui. Avec Marc Crapez à Barcelone.


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03.11.2015

L'antisémitisme fut largement répandu chez les socialistes français du XIXe siècle. Les écrits du célèbre utopiste Fourier abondent en remarques désobligeantes ou diffamatoires contre les Juifs, qui incarnent selon lui l'usure et le commerce. Quant à Proudhon, dont la judéophobie viscérale influencera nombre d'auteurs socialistes, il déclare que "le Juif est par tempérament antiproducteur... c'est un entremetteur, toujours frauduleux et parasite...".
De nombreux socialistes anticléricaux, marqués par le darwinisme social, reprochent aux Juifs d'avoir enfanté le christianisme. Le blanquiste Gustave Tridon, résolument raciste, estime ainsi que "Jésus est un juif, un Sémite ; les Sémites sont une race inférieure, un ensemble de peuples superstitieux qui ont imaginé des religions barbares, sanguinaires, oppressives."
Avant l'affaire Dreyfus, quelques socialistes commencent à réfléchir et à douter de la validité de l'antisémitisme, mais la plupart ne se ressaisissent véritablement qu'à partir de la fin du XIXe siècle, au moment où la judéophobie bascule à droite.
Cette petite anthologie, qui restitue dans leur contexte les écrits des propagandistes antijuifs s'inscrivant à gauche, bouscule les idées reçues en démontrant que les grands ancêtres du socialisme ont largement contribué à la naissance de l'antisémitisme moderne, également analysé dans le cadre de cette conférence.

Une conférence qui s'inscrit dans le "IVème séminaire international sur l'antisémitisme" installé au Centre de la Culture Contemporaine de Barcelone.

Les grands assassinats politiques. Avec Dominique Venner sur Radio Courtoisie.


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28.02.2012

L'histoire contemporaine, à l'image de toute l'Histoire, s'est construite sur des imprévus fulgurants. Les meurtres politiques sont une manifestation éclatante et dramatique de ces inattendus qui changent brutalement le cours des événements. L'enjeu de ces meurtres à répétition qui décapitent un Etat ou un symbole fort est incommensurable.
Ainsi l'assassinat, en 1911, de Pierre Stolypine, Premier ministre de Nicolas II, va-t-il ouvrir la voie à la révolution bolchevique de 1917. Ainsi également l'assassinat du directeur du quotidien Le Figaro Gaston Calmette par Henriette Caillaux qui poussera son mari Joseph Caillaux à la démission et privera le gouvernement français d'un élément modéré dans le conflit franco-allemand qui allait mener à la 1e Guerre Mondiale.
Ce sont ces deux événements que Dominique Venner nous raconte, au travers de sa vision de l'histoire.

Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.

Augustin Cochin, historien et sociologue de la Révolution. Avec Denis Sureau sur Radio Courtoisie.


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29.04.2018

Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d'honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l'un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l’esprit démocratique moderne.
Cette oeuvre majeure permet à la fois de comprendre l'effondrement de l'Ancien Régime et de visiter les soubassements du phénomène démocratique.
Augustin Cochin fera toujours débat. Mais les questions qu'il entreprit d'explorer en solitaire il y a un siècle sont encore d'aujourd'hui. C'est déjà beaucoup, et assez pour lui accorder toute notre attention.

Les échos de la Terreur, vérités d'un mensonge d'état. Avec Jean-Clément Martin pour Les voix de l'histoire.


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11.2018

Depuis 2 siècles, la Terreur partage le monde politique et intellectuel français, sépare gauche et droite, "conservateurs" et "progressistes". Cette ligne de fracture, horizon nécessaire et inévitable pour les uns, exemple de la dérive des droits de l'homme et de la liberté pour les autres, est aussi une grille de lecture des grands évènements du XXe siècle. Le Terreur de Robespierre serait le modèle quasi indépassable car matriciel du nazisme et du stalinisme.
Et pourtant, la Terreur en tant que telle n'a jamais existé. Si la Révolution fut violente, meurtrière, elle n'a jamais mis la Terreur à l'ordre du jour et cette notion a été inventé de toute pièce après la mort de Robespierre par ceux -Tallien, Barrère et Fouché- qui voulaient sauver leur peau et préserver leur avenir en gommant leur passé.
Jean-Clément Martin en fin connaisseur de la question et de la période nous conduit, dans cet entretien, sur le chemin qui mène à l'invention de la Terreur.

Matérialisme historique et lutte des classes. Avec Domenico Losurdo pour les Amis de la Liberté à Nice.


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14.04.2016

La crise économique fait rage et l’on parle de plus en plus du retour de la lutte des classes. Celle-ci n'est pas seulement le conflit entre les classes propriétaires et le travail dépendant. C'est également "l'exploitation d'une nation par une autre", comme le dénonçait Marx. C'est aussi l'oppression "du sexe féminin par le masculin" comme l'écrivait Engels. Nous sommes donc en présence de trois formes différentes de lutte des classes, appelées à modifier radicalement la division du travail et les rapports d'exploitation et d'oppression.
La lutte des classes s'avère aujourd'hui plus vitale que jamais, à condition qu'elle ne devienne pas un populisme facile qui réduit tout entre humbles et puissants, ignorant la multiplicité des formes du conflit social.

Culpabilité de Dreyfus et stratégie de la droite. Avec Adrien Abauzit sur Radio Athéna.


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15.10.2018

Bien qu'elle structure leur inconscient collectif, les Français ne savent rien du fond de l'affaire Dreyfus et en particulier de sa dimension formidablement comique. Comique, l'Affaire ?
Le profane refusera sans doute de le croire. Pourtant, c'est la conclusion inéluctable à laquelle fait aboutir l'examen des éléments du dossier, au terme duquel apparaît un nombre sidérant de farces extraordinaires.
Mensonges éhontés, documents truqués, pièces falsifiées, faux et usage de faux, témoins achetés, magistrats corrompus, militaires retournés, journalistes menteurs, enquêtes "bidonnées", mises en scène grossières, ministres en service commandé, gouvernements aux ordres de l'Antifrance et collusions inavouables : tout, absolument tout, est trucage du côté dreyfusard.
S'il est vrai qu'Alfred Dreyfus n'aurait pas dû être condamné en 1894, notamment en raison de vice de forme, et qu'il n'était pas à proprement parler un traître, il reste coupable de fautes extrêmement graves justifiant sa condamnation devant le Conseil de guerre de Rennes en 1899.
Alfred Dreyfus, cependant, ne doit pas trop retenir notre attention, car la véritable Affaire, celle avec un grand A, est l'affaire Picquart-Esterhazy. Tout porte à croire en effet que ces deux personnages, présentés comme ennemis par l'histoire officielle, étaient, en réalité, des complice au service du Syndicat. L'affaire Picquart-Esterhazy n'est pas une affaire judiciaire, mais une lutte d'influence sans merci, opposant le camp de la France à celui de la Révolution, dans laquelle le tragique et le bouffon se disputent la première place.
L'enjeu majeur de l'Affaire n'est pas la libération d'Alfred Dreyfus, mais l'épuration de l'armée et du service de renseignement ; processus destructeur qui conduit fatalement à une catastrophe, à l'origine des hécatombes de 1914 : la nomination du général Joffre à la tête des armées françaises.

Émission "Quartier Libre", animée par Henry de Lesquen.