RAF : guerilla urbaine en Europe occidentale. Avec Anne Steiner et Loïc Debray sur Radio Libertaire.


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2006

En 1972, alors que la jeunesse occidentale poursuit sa mobilisation contre la guerre du Viêtnam, des bombes explosent aux quartiers généraux américains de Francfort et Heidelberg. Des soldats sont tués et des ordinateurs chargés d'assurer la logistique de l'armée américaine au Viêtnam sont détruits.
Pour la première fois, un groupe de lutte armée, la RAF, affirme qu'il ne représente que lui-même, qu'il est sujet révolutionnaire. Il attaque l'impérialisme au cœur même des métropoles, en Allemagne fédérale. Pour les militants de la Fraction armée rouge, le mot d'ordre du mouvement étudiant, "Il faut lutter ici et maintenant", est devenu une prescription éthique qu'ils ont assumée jusqu'en prison, dans les conditions les plus dures.
D'autres attentats suivront, contre des juges, des policiers. En 1977, le groupe prend en otage le chef du patronat allemand, un ancien SS chargé de hautes responsabilités sous le Troisième Reich.
Dans l'histoire qu'ils nous racontent, Anne Steiner et Loïc Debray ont accordé une place déterminante aux écrits de la RAF et aux enjeux qu'ils sous-tendent car c'est avant tout la production théorique du groupe qui éclaire le mieux sa cohérence et sa singularité.

Émission "Offensive sonore".

Le néo-libéralisme à la française. Avec François Denord à l'Université Populaire de Toulouse.


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14.12.2016

Des années de la Guerre froide à la période contemporaine, néolibéralismes social et conservateur coexistent en France. Parfois rivaux, leurs tenants ont un adversaire commun : le socialisme. Un néolibéralisme modéré s'épanouit d’abord chez des économistes et des hauts fonctionnaires. Parallèlement, un discours plus radical prend son essor dans l'univers patronal, où il s'agit de remettre en cause la place prise par l'État dans le développement économique national.
Le premier de ces néolibéralismes s'impose sur la scène politique durant les années 1950 puis au sein même des bureaucraties d'État. La seconde forme bénéficie des crises pétrolières des années 1970 et des effets produits par l'arrivée au pouvoir d'une majorité socialiste en 1981. Le maintien des structures mises en place à la Libération a pu dissimuler les progrès du néo-libéralisme première manière, parfois qualifié de "gestionnaire". Durant les années 1980, la vigueur du second a aiguillonné la droite parlementaire pour échafauder le programme de privatisations et de déréglementations qu'elle engage une fois revenue aux affaires.
Il aura ainsi fallu près de cinquante ans pour que le modèle néo-libéral se métamorphose en solution politique.
Car à l'encontre des idées reçues, le néo-libéralisme n'est pas venu tout droit de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis dans les années 1980. Son histoire s'enracine dans le bouillonnement intellectuel et politique de la France de l'entre-deux-guerres. Des économistes, des patrons et des hauts fonctionnaires jettent alors les hases d'un libéralisme nouveau et élaborent un art de gouverner.
C'est cette longue longue marche du néo-libéralisme des années 1930 à aujourd'hui que François Denord nous retrace.

Révolution et contre-révolution en Russie en 1917. Avec Alexandre Skirda sur Radio Libertaire.


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2017

Un siècle après, Alexandre Skirda nous fait une brève histoire des révolutions russes de 1917 : révolution prolétarienne de Février, contre-révolution bourgeoise de Mars-Juin 1917, coup d'État pseudo-révolutionnaire du parti bolchévique en Octobre 1917 et contre-révolution bolchévique qui s'ensuit.
Car la révolution des ouvriers et des soldats de Février 1917 et ses conquêtes (libertés démocratiques, suffrage universel, amnistie politique, abolition de la peine de mort, journée de 8 heures de travail) s'oppose d'emblée à la prise du pouvoir par le parti bolchévique en Octobre 1917 (s'achevant avec une dissolution arbitraire de l'Assemblée constituante en Janvier 1917), avec entre-deux une révolte anti-guerre en Juillet 1917 et une tentative de coup d'Etat du général Kornilov en Septembre 1917 conduisant à une libération des bolcheviks détenus depuis Juillet.
Alexandre Skirda nous livre également une histoire de longue durée des révolutions russes de 1917, en rappelant l'existence d'une tradition d'auto-organisation des vetché (assemblées traditionnelles), mais surtout d'une terrible dictature du tsarisme à partir du XVIème siècle, avec son système de servage généralisé créant une classe de serfs et une classe de seigneurs.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

La puissance et la maîtrise des espaces fluides : perspectives historiques. Avec Laurent Henninger au Cercle Jean Bodin à Lyon.


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09.03.2018

Dans le cadre des réflexions géopolitiques du cercle, l'historien militaire Laurent Henninger traite du lien entre la puissance et la maîtrise des espaces fluides, au prisme d'un regard historique.
Travaillant depuis plusieurs années sur les "révolutions" et "mutations" militaires à travers les âges dans une perspective à la fois comparative et pluridisciplinaire, il est la personne la mieux indiquée pour faire l'histoire de la relation dialectique entre les "espaces fluides" et les "espaces solides".

Qu'est-ce qu'un philosophe français ? L'analyse sociologique d'une institution de savoir. Avec Jean-Louis Fabiani à l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques.


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19.04.2011

Peut-on traiter de la philosophie en sociologue ? Comment rendre compte d’une discipline comme de n’importe quelle autre activité sociale ou culturelle ?
Longtemps, les philosophes ont repoussé les tentatives de la part des sociologues et des historiens pour élargir le champ du questionnement.
Les choses sont différentes aujourd’hui et on peut proposer une autre manière d’écrire l’histoire de la philosophie, à la fois respectueuse des concepts et soucieuse de leur vie sociale, à travers les modes de présence des livres philosophiques, des dispositifs institutionnels qui installent la discipline dans le monde social et de l’engagement des philosophes dans les disputes de leur époque.
Il s’agit ainsi de penser l’unité d’une pratique culturelle à travers le temps, tout en faisant droit aux émergences et aux points de rupture.

Albert Camus le pied-noir. Avec Jean-François Mattéi au Cercle Algérianiste du Gers.


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2013

Lorsqu'Albert Camus reçut le Prix Nobel de Littérature en 1957, il remercia l'Académie suédoise d'avoir distingué "un Français d'Algérie" et précisa l'orientation de son œuvre : "Je n'ai jamais rien écrit qui ne se rattache, de près ou de loin, à la terre où je suis né. C'est à elle, et à son malheur, que vont toutes mes pensées". 
Jean-François Mattéï étudie ici le rapport à la terre natale qui conduisit Camus à affirmer qu'il préférait, selon une formule tronquée, "sa mère à la justice". Il envisage la manière dont la pensée de Midi a ouvert les portes d'un royaume "nourri de ciel et de mer, devant la Méditerranée fumant sous le soleil". 
Si l'enfant de Belcourt est resté un étranger dans son exil parisien comme sur son propre sol, Camus a pourtant réussi, dans sa fidélité à sa terre et à son enfance, à restaurer, face à la "tendre indifférence du monde", l'héroïsme du Premier homme.

Back to the USSR : le communisme soviétique comme voie autonome vers le capitalisme. Avec Anselm Jappe à Barcelone.


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02.03.2018

L'histoire de l'URSS peut aujourd'hui être comprise comme une "modernisation de rattrapage", c'est-à-dire l'introduction violente des mécanismes de base de la production de valeur dans un pays arriéré qui autrement n'aurait jamais pu devenir une partie autonome du marché mondial. Ce mode de production n'aura été qu'une variante de la société mondiale de la marchandise,
Car si l'URSS n'était pas "socialiste", cela n'était pas dû seulement à la dictature d'une couche de bureaucrates, comme l'affirmait la gauche anti-stalinienne. La véritable raison en était que les catégories centrales du capitalisme – marchandise, valeur, travail, argent – n'y étaient pas du tout abolies. On prétendait seulement les gérer "mieux", au "service des travailleurs".
Et lorsque l'URSS s'est effondrée, ce n'est pas une "alternative" au système capitaliste qui a disparu, mais le "maillon le plus faible" de ce système même.

Les affects de la politique. Avec Frédéric Lordon à la Sorbonne.


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18.01.2017

Que la politique soit en proie aux "passions", tout le monde l'accordera. Autrement malaisé serait de faire entendre que les affects constituent son étoffe même. La politique n'est-elle pas aussi affaire d'idées et d'arguments, et les "passions" ne sont-elles pas finalement que distorsion de cet idéal d'une politique discursive rationnelle ?
Le point de vue spinoziste bouscule la fausse évidence d'une antinomie entre les "idées" et les affects. On émet bien des idées pour faire quelque chose à quelqu'un - pour l'affecter. Et, réciproquement, les idées, spécialement les idées politiques, ne nous font quelque chose que si elles sont accompagnées d'affects. Faute de quoi, elles nous laissent indifférents.
En "temps ordinaires" comme dans les moments de soulèvement, la politique, idées comprises, est alors un grand jeu d'affects collectifs.

Une conférence qui s'inscrit dans le séminaire "Actualité de la philosophie et des sciences sociales" organisé par Geoffroy de Lagasnerie.