Mélancolie de gauche, la force d'une tradition cachée. Avec Enzo Traverso sur France Inter.


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12.06.2017

Entre la Commune et Mai 68, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. Une mémoire "stratégique", nourrie d'espérance.
Mais cette dialectique entre passé et futur s'est brisée, et le monde s'est enfermé dans le présent. Ce nouveau rapport entre histoire et mémoire permet de redécouvrir ce que l'historien des idées Enzo Traverso, à la suite d'Hannah Arendt, appelle une "tradition cachée", celle de la mélancolie de gauche, car elle n'est ni un frein ni une résignation, mais une voie d'accès à la mémoire des vaincus qui doit permettre à la gauche de prendre conscience d'un héritage impossible à refouler, et surtout d'un nécessaire travail de deuil.

La Renaissance, entre mythe et réalité historique. Avec Didier Le Fur sur Radio Courtoisie.


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06.03.2018

La France, au XVIe siècle, se serait réveillée après une longue nuit, le Moyen Age, pour embrasser avec éclat et gourmandise la modernité. La civilisation française, avec ses us et coutumes, son élégance et son esprit, était née. Si depuis quelques années les historiens ont largement nuancé cette vision simpliste, ils ont convenus de la réalité de la révolution culturelle qu'aurait été cette Renaissance du XVIe siècle. Il reste pourtant un fait incontestable : si le joli tableau brossé à coup d'affirmations et d'exemples pris çà et là depuis deux siècles peut effectivement faire illusion, les auteurs de cette peinture ont effacé ou oublié, pour fabriquer cette féérie, une foultitude des personnages, d'évènements et d'idées.
Les hommes du temps n'avaient en réalité rien de progressiste, bien au contraire. Les nouveautés, qui occupent une place très secondaire, ne touchèrent qu'une toute petite minorité de privilégiés. C'est donc à une redistribution des rôles que le travail de Didier Le Fur est consacré, afin de proposer une autre réalité de la Renaissance française, celle que la majorité des individus vécurent, celle qui faisait leur quotidien. Il ne s'agissait alors pas d'inventer un monde nouveau, mais bien de rétablir une splendeur passée, un âge d'or où les hommes vivaient en harmonie, épargnés des fléaux bien réels de l'époque : les guerres, les épidémies et les famines. Bref ; que le désir d'un retour à un passé fantasmé l'emportait sur la conviction de vivre un grand bond en avant. Une remise en perspective salutaire servie par une plume exemplaire.

Emission "Les mardis de la mémoire" animée par Anne Collin.

Critique des thèses de Shlomo Sand. Avec Alain Michel sur Akadem.


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06.2009

Le livre de Shlomo Sand Comment le peuple juif fut inventé ne laisse personne indifférent.
Alain Michel, historien israélien et rabbin, s’indigne du caractère partial et pseudo-scientifique des thèses qui y sont développées. Il livre ici une contre-analyse du travail de Shlomo Sand.

Histoire du mouvement ouvrier. Avec Christian Pataud à la Bibliothèque Associative de Malakoff.


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2017

Christian Pataud, anarchiste et résistant, nous relate en cinq conférences l'histoire du mouvement ouvrier en France de 1830 à nos jours.
 1. 1830-1871 : de l'avènement de Louis-Philippe jusqu'à la chute de Napoléon III, nous assistons aux premières grandes insurrections ouvrières avec -notamment- la révolte des Canuts de Lyon en 1831
 2. 1871-1900 : c'est la lente mise en place de la République bourgeoise et, corrélativement, le développement du mouvement ouvrier dont il est question. Cette période est également celle du progrès technique, de la naissance de grands groupes industriels et de leurs conséquences sociales.
 3. 1900-1922 : l'industrie continue de se développer et l'esprit revanchard contre l'Allemagne amène au réarmement puis à la guerre. La première Guerre Mondiale fut la grande défaite de l'internationalisme ouvrier et marqua les premières grandes divisions, sans oublier la Révolution russe (1917) et ses conséquences à l'international
 4. 1922-1945 : l'entre-deux-guerre voit le mouvement ouvrier se polariser entre socialistes et communistes, la crise économique et la montée des fascismes en Europe
 5. 1940-1968 : de la défaite et la collaboration à la résistance et à la reconstruction, c'est un mouvement ouvrier en pleine reconstruction qui succédera à la deuxième Guerre Mondiale

Marxisme occidental et oriental, une scission malheureuse. Avec Domenico Losurdo à l'Université de Lisbonne.


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09.05.2014

Né au cœur de l'Occident, avec la Révolution d'Octobre, le marxisme s'est répendu jusqu'aux confins de la planète en se développant de manière différente et contrastée.
Contrairement aux expérience orientales, le marxisme occidental a raté la rencontre avec la révolution anticolonialiste mondiale -le tournant décisif du XXe siècle- et a fini par s'effondrer.
Comment comprendre cette fracture ? Que nous enseigne la pratique effective du pouvoir par les groupes révolutionnaires se revendiquant du marxisme ? Et existe-t-il aujourd'hui les conditions d'une renaissance du marxisme occidental ?

Vichy, Londres et la France. Avec Bertrand Renouvin à la Nouvelle Action Royaliste.


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24.01.2018

Le discours sur la culpabilité de la France pour les crimes commis sur le territoire métropolitain pendant l’Occupation est ancien. Il a été officialisé par Jacques Chirac puis par François Hollande lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv.
Après le récent discours d’Emmanuel Macron affirmant que Vichy, "c’était le gouvernement de la France", Bertrand Renouvin a répliqué dans Vichy, Londres et la France en rappelant l’ensemble des éléments historiques et juridiques qui montrent pourquoi la France libre a pu affirmer dès juin 1940 sa légalité et sa légitimité face à Vichy.
Car la mise en accusation de la France depuis trente ans a une portée idéologique et politique qu’il s’agit de comprendre et de combattre.

François Ier et son image. Avec Didier Le Fur pour la Société d'histoire et d'archéologie de Saint-Emilion.


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10.12.2015

L’image de ce roi "préféré des Français" a été façonnée par les historiens en fonction des besoins des pouvoirs et des idéologies politiques, qui se sont succédés depuis sa mort. Mais quelle image le roi souhait-il laisser de son règne ? Comment s’est construit son mythe après sa disparition ?
Didier Le Fur nous livre un portrait renouvelé par le colossal travail d’archives, dissipant la légende et les clichés traditionnels.

Le nazisme : crime et philosophie. Avec Frédéric Rouvillois et Johann Chapoutot chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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24.01.2015

La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, mais elle promettait l'épanouissement d'un peuple élu.
Sinon, comment expliquer l'engouement des allemands pour un projet aussi monstrueux ? Comment de nombreux soldats ont-ils pu combattre, planifier, conquérir et tuer autant en aussi peu de temps ?
Les deux invités de cette émission se proposent de renouveler notre compréhension du nazisme. Frédéric Rouvillois envisage le nazisme sous l'angle de l'utopie et Johann Chapoutot revient sur ses fondements normatifs qui, jusqu'ici, avaient été peu étudiés.
Une réflexion salutaire qui permet de sortir de traditionnel procès en irrationalité et de la réduction psychologique.