La langue française et les femmes. Avec Bérénice Levet et Bernard Cerquiglini à Répliques sur France Culture.


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27.04.2019

"En ce début du XXI° siècle, lit-on dans le dernier rapport de l'Académie Française, tous les pays du monde et en particulier la France et les autres pays entièrement ou en partie de langue française connaissent une évolution rapide et générale de la place qu'occupent les femmes dans la société de la carrière professionnelle qui s'ouvre à elles, des métiers et des fonctions auxquelles elles accèdent sans que l'appellation correspondant à leur activité et leur rôle réponde pleinement à cette situation nouvelle. Il en résulte une attente de la part d'un certain nombre croissant de femmes qui souhaite voir nommées au féminin la profession ou la charge qu'elles exercent et qui aspirent à voir combler ce qu'elles ressentent comme une lacune de la langue."
Mais le jumelage systématique du genre grammatical avec le sexe est-il une victoire pour les femmes et pour la langue ? Cet aggiornamento tardif réjouit en tout cas le linguiste Bernard Cerquiglini autant qu'il attriste la philosophe Bérénice Levet qui, tous deux, expliquent leurs positionnements.

Qui fut Mussolini ? Avec Frédéric le Moal, Michel Ostenc et Max Schiavon sur Radio Courtoisie.


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14.09.2016

Qui fut Mussolini ? Et au travers de la trajectoire de cet homme, pouvons-nous donner une définition du fascisme ? Fut-il un mouvement réactionnaire, conservateur ou révolutionnaire ? Se situait-il à gauche ou à droite ?
Cette émission donne non seulement des réponses à ces questions cruciales, mais porte sur le fascisme un regard nouveau et inhabituel chez les historiens français. Réaffirmant avec force le caractère totalitaire du régime, les intervenants replacent l'idéologie qui le fonde dans sa nature révolutionnaire tout en la rattachant à la Révolution française et au socialisme.
Car si les fascistes cherchèrent à détruire par la violence la modernité libérale de leur temps, ce ne fut pas au nom d'un âge d'or révolu et dans une démarche passéiste, mais avec la volonté farouche de construire une société et un homme nouveaux. Cette ambition imprégnait aussi bien les pensées et les actes du Duce que ceux de ses disciples, y compris dans la radicalisation sanglante de la république de Salò.
Pour toutes ces raisons, la trajectoire de Mussolini, de la prise du pouvoir jusqu'à sa mort, est celle d'un militant ayant échoué dans son entreprise révolutionnaire.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.

Aux origines du capitalisme patriarcal. Avec Silvia Federici sur Le Média.


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05.2019

Silvia Federici, historienne et philosophe féministe, s'est fait connaître en France avec le grand succès d'un livre traduit en 2014, Caliban et la sorcière.
Femmes, corps et accumulation primitive. L'ouvrage souligne le rôle central pour l'essor du capitalisme joué par deux formes de travail gratuit, massives et occultées : le travail des esclaves ou des indigènes exploités aux colonies, celui des femmes dans les foyers des métropoles européennes.
Les chasses aux sorcières de la fin du Moyen Âge et de l'époque moderne peuvent être interprétées comme des moyens de neutraliser les modes d'organisation et de production communautaires qui reposaient sur l'action des femmes et n'étaient pas adaptés à l'exploitation capitaliste. En ce sens, les bûchers européens étaient les pendants de l'oppression coloniale.
Le nouveau livre de Silvia Federici, Le Capitalisme patriarcal (2019), poursuit l'histoire de la fonction de "reproduction" pour la période des XIXe-XXe siècle. En insistant tout particulièrement sur un changement majeur engagé à partir des années 1870 environ : avec les lois sociales, les femmes et les enfants sont exclus des usines (où la première révolution industrielle les avait exploités avec une intensité maximale comme les hommes) et l'augmentation des salaires masculins complète un dispositif par lequel les détenteurs du capital assurent une meilleure reproduction de la force de travail.
Ce nouveau compromis salarial place les femmes, chargées d'un travail de reproduction invisible mais crucial, dans la dépendance des maris salariés. Lesquels sont comme des relais de l'État capitaliste à l'intérieur de la sphère domestique.
La mise en évidence du travail de reproduction, créateur de valeur sociale (et non directement marchande), permet à Silvia Federici de penser le développement du capitalisme non comme une révolution progressiste, étape nécessaire vers la maîtrise de la nature par l'industrie mais comme une contre-révolution opposée au développement du communalisme, c'est-à-dire d'organisations horizontales qui prenaient le pas sur le féodalisme à la fin du Moyen Âge.
Cette nouvelle vision du passé va de pair avec une stratégie pour le présent : face à la nouvelle accumulation primitive lancée par le néolibéralisme depuis la fin des années 70, la réponse réside dans la défense de relations et de modes de productions communautaires, qui intègrent la fonction de reproduction et, avec elle, celle de défense de la nature.

Émission "La grande H.", animée par Julien Théry.

La dernière révolution du général De Gaulle. Avec Arnaud Teyssier sur Radio Courtoisie.


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21.04.2019

Le 27 avril 1969, Charles de Gaulle perd le référendum qu'il avait organisé sur la Région et la réforme du Sénat. Il annonce aussitôt sa démission, se retire définitivement à Colombey, dont il ne sort que pour deux échappées étranges et romanesques vers l'Irlande et l'Espagne, et rédige des Mémoires d'espoir. Ses derniers mois au pouvoir ont souvent été présentés comme une succession d'erreurs ou de maladresses, attribuées pour l'essentiel à la vieillesse, ainsi qu'à l'incompréhension de la modernité dont Mai 1968 venait d'annoncer l'avènement avec fracas.
Arnaud Teyssier dit tout autre chose : de Gaulle, en ses derniers temps, avait pleinement pris conscience qu'il faisait face à un personnage nouveau, la société moderne, libérée du souvenir de la guerre, traversée de besoins et de désirs, et pour qui la puissante organisation de gouvernement qu'il avait mise en place était devenue trop lourde. Il appréhendait la venue de temps inédits, porteurs des illusions du bien-être, mais chargés de difficultés, de menaces, de crises.
C'est pour y préparer la France que de Gaulle entreprit, dans ses derniers mois, une révolution de grande ampleur. Pour lui, la réalité du monde, imprégnée d'histoire et de tragédie, était dangereuse, mais aussi pleine d'espoir : si on pouvait la saisir dans sa densité et dans sa profondeur, alors "un grand élan emporterait les êtres et les choses". De Gaulle, en 1969, pressent déjà les angoisses, la peur de l'inconnu, la tentation du renoncement et du nihilisme qui s'empareront cinquante ans plus tard de nos démocraties : aujourd'hui, en 2019, ses intuitions nous aident à corriger la myopie de notre civilisation.

Émission du "Libre Journal des amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Richard Cantillon. Avec Benoit Malbranque à l'Institut Coppet.


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24.03.2015

C'est au début du XVIIIe siècle que l'économiste franco-irlandais Richard Cantillon a introduit la figure et le mot d' "entrepreneur" dont s'inspirera Schumpeter au XXe siècle. Ce qui caractérise l'entrepreneur, selon lui, c'est que ses coûts sont certains quand ses bénéfices, eux, ne le sont pas !

I. La vie de Richard Cantillon
 1/ Un irlandais aux origines normandes
 2/ Le succès du banquier parisien
 3/ L'économiste, auteur de l'Essai sur la nature du commerce

II. Les idées de Richard Cantillon
 1/ Présentation de l'Essai sur la nature du commerce
 2/ Il existe des lois générales de l'économie que l’on peut rechercher scientifiquement 
 3/ L'entrepreneur et son rôle dans l'activité économique
 4/ La monnaie et la finance
 5/ Le libéralisme de Cantillon

III. L'influence et la postérité de Cantillon
 1/ La diffusion des idées de Cantillon au XVIIIe siècle
 2/ La Physiocratie, une réaction contre les idées de Cantillon
 3/ L'admiration de l'école autrichienne pour Cantillon

Heurs et malheurs du puritanisme anglais. Avec Bernard Cottret sur France Culture.


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27.10.2012

Chacun sait bien que la pudeur britannique n'est plus ce qu'elle était, mais tout de même... La traditionnelle exclamation "Oh ! Shocking !" continue à s'entendre Outre-Manche lorsque des affaires de moeurs défraient la chronique. Et nul ne peut se défaire de l'idée que la reine Victoria continue de se retourner dans sa tombe quant sont bafouées toutes les règles du puritanisme qu'elle avait incarnées, au cours d'un règne de 64 ans. Ces règles qu'elle avait héritées, en les intensifiant peut-être, des protestants des siècles anciens.
Il est donc intéressant de considérer l'histoire de ce puritanisme en se portant jusqu'au XVIe siècle, et en se demandant si vraiment il n'en reste rien dans la Grande-Bretagne contemporaine, en élargissant la curiosité aussi aux Etats-Unis d'Amérique, puisque les premiers pèlerins, ceux du Mayflower, comme leurs successeurs au long du XVIIe siècle, étaient profondément marqués par cette sensibilité, par les doctrines qu'elle accompagnait, par les comportements qu'elle impliquait, par les rigueurs qu'elle exigeait.
Bernard Cottret, professeur d'histoire des civilisations anglo-saxonnes, nous guide dans cette exploration.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

La révolution qui vient : de l'imaginaire du Grand Soir à la grève générale de 1906. Avec Aurélie Carrier sur Radio Libertaire.


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2019

À la fin du XIXe siècle, l'attente du Grand Soir exprime l'espoir d'un bouleversement violent et radical de l'ordre social existant. Cette croyance millénariste en l'éclosion d'un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.
Aurélie Carrier se propose d'étudier les représentations qui composent l'imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale.
La puissance d'attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires. Repérer l'influence d'une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l'espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Aux origines de la guerre économique. Avec Ali Laïdi sur France Culture.


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12.12.2017

Les causes des guerres sont multiples : on se bat pour des enjeux politiques et de pouvoir, mais aussi pour contrôler des ressources et des moyens de production. Car aussi loin que l'on remonte dans l'Histoire -et même la préhistoire-, on peut identifier des causes économiques à l'origine des conflits.
Des causes souvent savamment dissimulées, derrières des raisons religieuses, politiques ou morales venues justifier la quête de ressources et de richesses.
Dans quelle mesure peut-on analyser et comprendre les guerres à l'aune de ce motif économique ? La guerre est-elle toujours au fond économique ?

Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Maylis Besserie.