Colbert, le Code noir et la révocation de l'édit de Nantes. Avec Jean-Christian Petitfils sur Radio Courtoise.


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21.07.2020

La volonté d'effacer la figure de Colbert le confirme : juger le passé à l'aune de la morale d'aujourd’hui, c'est s'interdire de le comprendre et se donner bonne conscience à peu de frais.
C'est donc en compagnie de l'historien et écrivain Jean-Christian Petitfils que nous revenons sur deux épisodes du règne de Louis XIV que nous trouvons aujourd'hui choquants afin de tenter de les comprendre : le Code noir et la révocation de l'édit de Nantes.

Émission des "mardis de la mémoire", animée par Anne Collin et Dominique Paoli.

Hindenburg, l'homme qui a conduit Hitler au pouvoir. Avec Jean-Paul Bled sur Radio Courtoisie.


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10.11.2020

Hindenburg (1847-1934), président de la République de Weimar pendant dix ans, porte la responsabilité d'avoir appelé Hitler au pouvoir. Mais loin d'être une erreur de vieillesse, cette décision est dans le droit-fil de toutes ses positions antérieures. Elevé dans le culte de la grandeur et de la toute-puissance de l'Allemagne, il n'a jamais répugné à tomber dans l'excès voire l'extrémisme.
Couvert de gloire (largement usurpée) au début de la Grande Guerre alors même qu'il était déjà à la retraite, Hindenburg a ensuite constamment abusé de son image pour exercer le commandement suprême et surtout s'immiscer dans les affaires politiques, quitte à desservir les institutions et les personnes qu'il révérait pourtant le plus, rompant avec ses amis les plus proches et plaçant l'empereur Guillaume II lui-même dans des impasses. Pur produit de la caste des Junkers, il intrigue pour pousser les chefs militaires et politiques à la démission. Il impose la guerre sous-marine à outrance et refuse toute paix de compromis. Hindenburg a pris une large part aux malheurs de l'Allemagne et a été, après la guerre, le grand champion de la fiction du "coup de poignard dans le dos", l'argument massue des nazis pour fanatiser les foules allemandes.
Le grand spécialiste des mondes germaniques qu'est Jean-Paul Bled revient en détails sur la trajectoire de cet homme largement néfaste.

Émission des "mardis de la mémoire", animée par Anne Collin et Dominique Paoli.

Les débats autour de la Guerre d'Algérie. Avec Jean Monneret sur Radio Courtoisie.


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16.09.2020

Durant les années 1990, la recherche historique concernant la guerre d'Algérie fut touchée par un mal insidieux et malheureusement profond. On vit monter au créneau une génération d'historiens jeunes et prétendument désinhibés, mais n'ayant rien connu du conflit et n'ayant surtout qu'une très faible idée des passions et des déchirements qu'il causa. Encensés par les media auxquels ils facilitèrent l'étrange travail de repentance qui a transformé notre pays, ils acquirent vite le monopole de la parole publique. Le conflit algérien, c'était eux.
Le résultat est aujourd'hui confondant et l'on peut s'attendre au pire alors qu'Emmanuel Macron vient de confier à Benjamin Stora une mission sur "la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie", en vue de favoriser "la réconciliation entre les peuples français et algérien".
En pleine guerre contre l'hydre islamiste, le conflit en Algérie comme la période coloniale tout entière sont devenus les sources inépuisables d'un procès de l'armée française et de la France tout court. Ils nourrissent un acte d'accusation partial. Dans cette historiographie jeune et désinhibée, il n'y a guère de préoccupation nationale, ni la crainte d'embellir, fût-ce indirectement, la violence révolutionnaire.

Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.

Ariès ou l'historien du dimanche. Avec Guillaume Gros sur StoriaVoce.


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07.2020

Spécialiste de l'histoire des mentalités, originaire d'un milieu maurrassien, Philippe Ariès -qui se qualifiait lui-même d'historien du dimanche- s'impose désormais dans le milieu universitaire comme une référence pour ses travaux sur la mort et l'enfance.
Guillaume Gros, spécialiste de son oeuvre, a récemment sélectionné une série de ses principaux articles parue aux Editions du Cerf. Cette édition inédite se divise en deux parties. La première, "Rajeunir l'histoire", rassemble des textes de Philippe Ariès à propos des civilisations, où il évoque les religions depuis l'Antiquité jusqu'à la Révolution, la Méditerranée, Byzance, l'Afrique du Nord, l'histoire des Parisiens au XIXe siècle ou encore le syndicalisme français. L'occasion pour l'historien de dessiner des portraits savoureux de Charlemagne, Charles Quint, Machiavel, Louis XIII et même Marc Bloch. La seconde partie, "Cheminements", permet de comprendre les origines de ses théories en redécouvrant trois thèmes essentiels de ses travaux : l'égo-histoire, où il revient sur sa vocation, la place de l'enfant dans la famille, et enfin le rapport de nos sociétés à la mort.
L'occasion de revenir, en la compagnie de Guillaume Gros, sur la vie et l'oeuvre de cet historien original qui aura marqué son époque.

Émission "Pourquoi tant d'Histoire" animée par Christophe Dickès.

L'industrialisation et l'accélération des transformations économiques et sociales en France au XIXe siècle. Avec François Jarrige pour l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie.


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04.2020

L'historien François Jarrige nous présente les grands débats et les principaux enjeux de l'industrialisation au XIXe siècle et propose des pistes pédagogiques pour présenter cette période.
Dans un deuxième temps, il revient sur la trajectoire emblématique de Michel Chevallier, ingénieur, économiste et homme politique français du milieu du XIXe siècle et présente enfin un tableau de Bonhommé sur Le Creusot, l'occasion de décrire ce grand centre industriel français entre 1836 et 1984 dirigé par la famille Schneider.

Émission "Brèves de classe", animée par Yohann Chanoir et Nicolas Charles.

De Gaulle et les grands de ce monde. Avec Eric Branca sur Radio Courtoisie.


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01.04.2020

Charles de Gaulle fut un personnage hors normes dans une époque qui n'en était pas avare. Qu'ils soient dictateurs (Hitler, Staline, Tito, Franco, Mao, Nasser), chefs d'État ou de gouvernements démocratiques (Churchill, Roosevelt, Kennedy), pape (Jean XXIII), leaders d'États nouveaux (Ben Gourion, Houphouët-Boigny), ou partenaires privilégiés (Adenauer, Nixon), tous entretinrent des rapports singuliers – allant de l'amitié sincère à la franche exécration – avec le chef de la France libre devenu le premier président de la Ve République. À ses côtés, contre lui ou malgré lui, chacun aura illustré, pour le meilleur et pour le pire, sa formule du Fil de l'épée : "On ne fait rien sans les grands hommes et ceux-ci le sont pour l'avoir voulu."
Si les rapports exécrables du Général avec Roosevelt et ceux, éruptifs, entretenus avec Churchill, ne sont plus un secret, les nombreux autres duos (et souvent duels) qu'Eric Branca met en scène demeuraient pour l'essentiel dans l'ombre en dépit de leur importance pour la petite comme pour la grande histoire. Récits de rencontres au sommet, échanges de lettres, manœuvres diplomatiques et jugements respectifs (souvent sévères) émaillent des récits nourris aux meilleures sources, du récit surréaliste de la rencontre avec Staline au dernier grand projet avorté de voyage dans la Chine de Mao.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.

La guerre de Succession d'Espagne. Avec Clément Oury sur Radio Courtoisie.


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08.04.2020

Le 1er novembre 1700 s'éteint le roi Charles II d'Espagne, souverain d'un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. A la surprise générale, il désigne comme héritier le jeune Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du Roi-Soleil. Cette décision arrime le royaume d'Espagne, immense mais à bout de souffle, à celui de France, première puissance du continent. Pour les autres Etats d'Europe, cette alliance est inacceptable. Le conflit qui s'ensuit représente la plus longue et la plus difficile épreuve du règne de Louis XIV.
La guerre de Succession d'Espagne oppose, de 1701 à 1714, les deux rois de la Maison de Bourbon à une vaste coalition dirigée par l'Angleterre, la Hollande et l'Empereur. La France dispose alors de la plus forte armée d'Europe, invaincue depuis plus d'un demi-siècle, et d'une direction stratégique unifiée. Elle va pourtant subir une série de désastres sans précédent face aux troupes alliées commandées par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. La ceinture de fer érigée par Vauban est entamée, les frontières du royaume occupées.
C'est à l'étude de cette catastrophe que se consacre Clément Oury. Dans la lignée d'une histoire militaire renouvelée, il étudie la conduite des opérations depuis Versailles ou La Haye, dans les cabinets des ministres ou sur le champ de bataille. Il s'intéresse au quotidien du soldat comme à son expérience du combat ; aux souffrances des populations dans les zones de conflit ; aux réactions des opinions publiques qui, sidérées ou enthousiastes, voient s'effondrer l'image d'un Roi-Soleil invincible et menaçant. Il analyse enfin les ressorts de la résilience du royaume.
Alors que le désastre parait consommé, les dissensions entre Alliés permettent d'obtenir une paix de compromis. Celle-ci bouleverse l'agencement des pouvoirs en Europe, avec l'affirmation de la Grande-Bretagne et de la Maison d'Autriche. On ne craint plus que le royaume de Louis XIV ne prétende à l'hégémonie. Des décombres du conflit s'impose un principe diplomatique nouveau : l'équilibre des puissances.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.

Turgot vs Necker, duel au sommet de l'Etat. Avec Antoine Lilti et Loïc Charles sur France Culture.


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02.06.2020

Direction l'Hôtel du Grand Contrôle à Versailles où résidaient les ministres des Finances de Louis XVI, au XVIIIe siècle. C'est là que se joue le match entre Jacques Turgot et Jacques Necker, le libéral et l'interventionniste… Tous les deux hommes des Lumières et hommes d'Etat, ils tentent, chacun à leur manière, d'endiguer le risque de banqueroute que coure alors le royaume de France.
Mais en quoi ces deux hommes incarnent-ils l'esprit des Lumières ? Sur quel fond exactement porte leur désaccord en matière d'économie ? Et comment expliquer qu'aucune de leur réforme ne parviendra à éviter la crise économique, l'un des déclencheurs de la Révolution de 1789 ?

Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Tiphaine de Rocquigny.