Un été avec Homère. Avec Sylvain Tesson sur France Inter.


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2018

L'Iliade et l'Odyssée d'Homère nous est ici contée par l'aventurier Sylvain Tesson. Un voyage entre la mythologie et le monde d'aujourd'hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.
L'Iliade est le récit de la guerre de Troie. L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse en son royaume d'Ithaque. L'un décrit la guerre, l'autre la restauration de l'ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c'est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l'Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d'échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d'une île là-bas, temps des héros de côté-là, aventure intérieure de ce côté-ci.
Ces textes ont cristallisé des mythes qui se répandaient par le truchement des aèdes dans les populations des royaumes mycéniens et de la Grèce archaïque il y a 2500 ans. Ils nous semblent étranges, parfois monstrueux. Ils sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d'armées en déroute, d'amis intransigeants, d'épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s'écroulent, les dieux font l'amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s'étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance.
Préparons nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l'assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D'autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d'eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L'Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? Est-il un pauvre pion ou une créature souveraine ?
Les poèmes auront pour décor des îles, des caps et des royaumes dont un géographe, Victor Bérard, effectua dans les années 1920 une très précise localisation. La Mare Nostrum est ce haut lieu d'où a jailli l'une des sources de notre Europe, qui est la fille d'Athènes autant que de Jérusalem.
Mais une question nous taraude. D'où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l'éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu'un récit de 2500 ans d'âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d'une calanque ? Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits pas plus tard qu'aujourd'hui, par un très vieux poète à la jeunesse immortelle, pour nous apprendre de quoi seront fait nos lendemains ? En termes moins lyriques (Homère est le seul maître en la matière) d'où provient la fraîcheur de ce texte ? Pourquoi ces dieux et ces héros semblent malgré la terreur qu'ils inspirent et le mystère qui les nimbe, des êtres si amicaux ?

Le Kurdistan dans l'imbroglio syro-irakien. Avec Gérard Chaliand au Cercle Jean Bodin.


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25.05.2018

Les reconstitutions régionales en cours faisant suite à plusieurs années de guerre en Syrie et en Irak continuent d'accabler de malheur le peuple kurde. Assimilation forcée, répression, massacres, transferts de population, état de siège : depuis les lendemains de la Première Guerre mondiale, l’histoire kurde est celle du déchirement et de la souffrance.
Écartelés entre l’Iran, l’Irak et la Turquie où ils n’ont pas d’existence officielle, les Kurdes n’ont ni frontières ni État. L’identité kurde, pourtant façonnée par l’histoire et la culture, existe bien.
Gérard Chaliand, particulièrement sensible aux droits de cette minorité nationale, nous dresse un état des lieux de la situation des Kurdes au Moyen-Orient. Il présente un bilan historique, social et économique, étayé par une connaissance intime du terrain et des hommes.

La lutte des classes : une histoire politique et philosophique. Avec Domenico Losurdo sur Radio Galère.


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14.06.2016

La crise économique fait rage et l’on parle de plus en plus du retour de la lutte des classes. Celle-ci n'est pas seulement le conflit entre les classes propriétaires et le travail dépendant. C'est également "l'exploitation d'une nation par une autre", comme le dénonçait Marx. C'est aussi l'oppression "du sexe féminin par le masculin" comme l'écrivait Engels. Nous sommes donc en présence de trois formes différentes de lutte des classes, appelées à modifier radicalement la division du travail et les rapports d'exploitation et d'oppression.
La lutte des classes s'avère aujourd'hui plus vitale que jamais, à condition qu'elle ne devienne pas un populisme facile qui réduit tout entre humbles et puissants, ignorant la multiplicité des formes du conflit social.

Histoire du mouvement ouvrier. Avec Christian Pataud à la Bibliothèque Associative de Malakoff.


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2017

Christian Pataud, anarchiste et résistant, nous relate en cinq conférences l'histoire du mouvement ouvrier en France de 1830 à nos jours.
 1. 1830-1871 : de l'avènement de Louis-Philippe jusqu'à la chute de Napoléon III, nous assistons aux premières grandes insurrections ouvrières avec -notamment- la révolte des Canuts de Lyon en 1831
 2. 1871-1900 : c'est la lente mise en place de la République bourgeoise et, corrélativement, le développement du mouvement ouvrier dont il est question. Cette période est également celle du progrès technique, de la naissance de grands groupes industriels et de leurs conséquences sociales.
 3. 1900-1922 : l'industrie continue de se développer et l'esprit revanchard contre l'Allemagne amène au réarmement puis à la guerre. La première Guerre Mondiale fut la grande défaite de l'internationalisme ouvrier et marqua les premières grandes divisions, sans oublier la Révolution russe (1917) et ses conséquences à l'international
 4. 1922-1945 : l'entre-deux-guerre voit le mouvement ouvrier se polariser entre socialistes et communistes, la crise économique et la montée des fascismes en Europe
 5. 1940-1968 : de la défaite et la collaboration à la résistance et à la reconstruction, c'est un mouvement ouvrier en pleine reconstruction qui succédera à la deuxième Guerre Mondiale

L'impérialisme aujourd'hui. Avec Bruno Guigue pour l'Université Réelle de Montpellier


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30.07.2018

Ancien haut fonctionnaire, enseignant la philosophie et les relations internationales, Bruno Guigue vient de publier Chroniques de L’Impérialisme aux éditions Delga.
Il revient notamment sur la prétention qu'a "le monde libre" à faire coïncider sa morale et ses intérêts, soit à habiller ses ambitions impériales des oripeaux de la justice et du droit.
Une mise au point nécessaire, notamment pour tous ceux qui se revendiquent de la "gauche morale".

Le nazisme : crime et philosophie. Avec Frédéric Rouvillois et Johann Chapoutot chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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24.01.2015

La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, mais elle promettait l'épanouissement d'un peuple élu.
Sinon, comment expliquer l'engouement des allemands pour un projet aussi monstrueux ? Comment de nombreux soldats ont-ils pu combattre, planifier, conquérir et tuer autant en aussi peu de temps ?
Les deux invités de cette émission se proposent de renouveler notre compréhension du nazisme. Frédéric Rouvillois envisage le nazisme sous l'angle de l'utopie et Johann Chapoutot revient sur ses fondements normatifs qui, jusqu'ici, avaient été peu étudiés.
Une réflexion salutaire qui permet de sortir de traditionnel procès en irrationalité et de la réduction psychologique.

La vraie actu de Michel Drac : S02E01.


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07.2018

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu des mois de juin et juillet 2018 :
 - 0'00'00 : introduction
PREMIERE PARTIE
 - 0'01'45 : les essentiels et le postérisé du mois (Matteo Salvini)
 - 0'03'15 : démographie et flux migratoires
 - 0'12'30 : ressources et technologies
 - 0'27'45 : géopolitique
 - 0'52'30 : zoom sur la guerre de Syrie
 - 1'07'15 : économie et écologie
 - 1'40'00 : Union européenne, l'Euro et le Brexit
DEUXIEME PARTIE
 - 0'00'00 : Union européenne, crise migratoire et questions diverses
 - 0'17'45 : politiques intérieures
 - 1'04'00 : cultures et sociétés
 - 1'30'45 : zoom sur la crise du sens

L'histoire peut-elle servir à la réconciliation sociale ? Avec Jean-Clément Martin à la Librairie Jean Calvin d'Alès.


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12.03.2013

L'Histoire est régulièrement invoquée pour développer l'esprit civique, fonder les communautés et donner du sens à la vie des nations qu'elle étudie.
Pourtant à quoi sert-elle, lorsqu'elle analyse les conflits et les guerres, surtout quand elles sont civiles ? Souvent présentée comme le récit tenu par les vainqueurs, ce qui la disqualifierait d'office, elle est aussi confrontée au devoir de mémoire, qui accentuerait son incapacité à être autre chose qu'un discours partisan, nourri des luttes, voire des haines. La simple constatation que les "leçons de l’histoire" n’ont jamais empêché le retour du pire ajoute à la suspicion.
Il faut pourtant faire de l'histoire, mais avec d'autres objectifs. En utilisant essentiellement les conflagrations nées pendant la Révolution française dans tout le pays et surtout dans l'Ouest français, Jean-Clément Martin nous propose une réflexion sur la nécessité de clarifier et d'exposer les cadres d'un affrontement, les mémoires qui en sont nées, les dynamiques qui lui sont liées. Il s'agit moins de chercher un consensus impossible, même chez des générations fort éloignées des individus concernés, mais plutôt de proposer les conditions d'un récit à plusieurs voix, pour que le passé puisse passer, au risque des désaccords et des remises en cause des romans collectifs acceptés. L'Histoire n’a plus besoin de revendiquer une ambition morale ou sociale pour trouver une place efficace, alors que la planète semble menacée d'un aplatissement des histoires locales, régionales ou nationales, et que la "fin de l'histoire" a même été affirmée. En dénommant les ruptures, en dépliant les événements, l'histoire vise alors à rappeler les responsabilités de tous les acteurs, dans l'épisode initial comme dans les rappels mémoriels, pour redonner du sens aux liens qui durent et aux implications qui demeurent souhaitables et nécessaires.