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Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.


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Revenant avec passion sur son parcours littéraire, Pierre Mari nous propose à travers ses ouvrages d'explorer certaines périodes charnières de la France contemporaine. Son livre En pays défait, publié chez Pierre-Guillaume de Roux, est une œuvre hybride, ni roman ni essai, mais une plongée subtile dans les tensions sociales et politiques des années 1960-1980. Il y dépeint une France en crise, où les illusions de Mai 68 se heurtent à la réalité d'un monde en mutation, entre héritage gaulliste, désillusions ouvrières et montée d'une modernité étouffante.
L'occasion également de réfléchir à la "tenue" – concept central chez Pierre Mari –, soit la capacité à affronter le monde avec dignité, inspirée par des figures comme Camus.
Un entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron.



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La guerre de l'information par le contenu est peu étudiée dans le monde académique ainsi que -malheureusement- dans l'appareil d'Etat.
C'est la raison pour laquelle Christian Harbulot, expert international en intelligence économique et directeur de l'Ecole de Guerre Economique, nous propose cette série d'émissions, démarche pédagogique visant à faire naître une réelle culture civile du combat par l'information.
Une série d'émission animée par Nicolas Moinet.

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Pendant près d'un quart de siècle, il a dirigé le Parti communiste français. Les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son verbe fort. Il était de toutes les manifestations. Il allait à Moscou tous les ans ou presque, et multipliait les contacts avec les "pays frères". Il affronta Giscard, Chirac, Mitterrand, face auquel, en 1981, il réunit plus de 15 % des suffrages. Mais il semble avoir disparu de nos mémoires, de nos rues, de nos livres d'histoire.
Lui, c'est Georges Marchais, mort en 1997. L'historienne Sophie Coeuré est partie sur ses traces, essayant de comprendre à la fois le personnage, l'effondrement, après lui, d'une grande force politique de gauche, et plus largement une certaine France, pas si lointaine, celle des années 1950-1990, où le choix était simple entre socialisme et capitalisme, où l'expression "famille politique" avait un sens très concret, et où l'on pouvait espérer concilier des solidarités internationalistes et un progrès social "aux couleurs de la France".




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Quand et comment la notion d'un enseignement public assuré par l'État est-elle apparue, dans quelles circonstances l'institution elle-même est-elle née, quel rôle positif peut-on considérer qu'elle a joué pendant des décennies ? Et quel étrange accident lui est-il arrivé vers le milieu du XXe siècle, qui a initié son déclin peu de temps après qu'elle eut pris le nom d' "Éducation nationale" ? Comment expliquer la dégradation accélérée survenue à partir des années 1970, qui a abouti à ce que l'école française soit désormais classée dans les derniers rangs des comparaisons internationales ?
Philippe Nemo tente de répondre à ces questions avec la précision historique requise. Ses analyses donnent à penser qu'il convient aujourd'hui de remettre en cause non seulement l'organisation de l'Éducation nationale, mais son principe même, c'est-à-dire son monopole et son centralisme. Il n'est pas acceptable que l'État décide seul des programmes de toutes les écoles françaises, c'est-à-dire impose dogmatiquement ce qu'on doit penser au sujet du vrai, du bien et du beau. Il faut recréer en France des structures scolaires de pluralisme et de liberté, comparables à celles qui existent dans la plupart des démocraties libérales dont les écoles et universités réussissent mieux que les nôtres.
- 0'00'40 : L'Éducation nationale remplit-elle sa mission ?
- 0'02'57 : À quoi ressemblait l'école autrefois et quel était le rôle de l'Église ?
- 0'06'05 : Pourquoi séparer le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel en matière d'éducation ?
- 0'10'11 : Le cas des institutions créées par les rois
- 0'19'09 : Pourquoi le financement de l'école par l'État peut être dangereux
- 0'23'47 : Quel est le changement de paradigme entre les révolutionnaires de 1789 et ceux de 1793 en matière d'éducation ?
- 0'33'38 : Que penseraient Jean Zay, Jules Ferry, Guizot ou Condorcet de l'école d'aujourd'hui ?
- 0'38'33 : Les raisons du déclin
- 0'49'04 : Les solutions au déclin
- 0'58'19 : Comment les déconstructivistes ont changé le regard de la gauche sur l'école et la méritocratie
- 1'08'25 : Pourquoi la Suisse s'en sort mieux que la France ?
- 1'15'04 : Pourquoi les filières professionnelles sont dénigrées en France ?
Un entretien mené par Élodie Messéant.


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Les 335 années qui séparent l'arrivée au pouvoir de Charles VI en 1380 de la mort du roi-soleil en 1715 ont été des périodes de bouillonnement politique, militaire, religieux, administratif et artistique dans le royaume de France. La pérennité de la guerre marque cette longue évolution où les périodes de paix demeurent très incertaines et de courte durée ; guerres de toutes sortes, religieuses, civiles étrangères où les ennemis furent tour à tour Anglais, Espagnols, Impériaux ou protestants et le plus souvent dans la parentèle proche des rois.
L'omniprésence de la guerre a été, sans aucun doute, un des éléments fondamentaux de la naissance et du développement de l'état monarchique mais dans le même temps la naissance de l'état monarchique a été le terreau de la guerre. Les deux grands piliers de la construction, justice et finances, les acteurs de celle-ci mais aussi les contestations et les révoltes contre cette montée en puissance tissent la trame de fond de cette construction et affirmation de la monarchie française pendant ces quatre siècles.
Si la figure royale s'impose, un gouvernement se structure progressivement au cours de la période considérée et une forme de bureaucratie permet de professionnaliser l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume. Le roi n'exerce pas le pouvoir de manière solitaire et si les figures féminines s'effacent progressivement, les reines s'affirment dans les périodes de régences.
Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade abordent les grands traits de la construction de l'État, tout en questionnant le processus politique à l'œuvre sur la longue durée.
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Est-il condamnable de tuer une personne responsable de la mort et de la souffrance de milliers d’autres ?
Luigi Mangione, érigé en icône par une partie du monde, est accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis. Son geste présumé est évidemment illégal, alors que celui de sa victime, responsable d'une politique agressive de refus de remboursements de soins souvent vitaux, est tout à fait acceptable, voire estimable dans le système capitaliste.
La violence du capitalisme, c'est une violence que l'on cache, qui est discrète, qui se décide avec des PowerPoint et qui pourtant s'exerce partout, aux États-Unis, en France et dans le reste du monde.
Face à cette violence, ne devrions-nous pas hausser le ton et changer de tactique ? Jusqu'à quel point et à quel prix ? Ce sont ces questions que la personnalité de Luigi Mangione soulève, de façon spectaculaire et dérangeante. Ce sont ces questions que Nicolas Framont pose et qu'il se propose de traiter.


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Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.
1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
7. Alors que l'Occident vit une défaite sans vouloir y croire (militaire face à la Russie, économique face à la Chine), l'Asie redevient naturellement le centre du monde, portée par des géants démographiques et économiques (Inde, Chine, Indonésie), et par des transformations sociales massives — croissance des tailles, allongement de l'espérance de vie, urbanisation fulgurante. Il s'agit également de comprendre la grande énigme démographique asiatique, à savoir des niveaux de fécondité très faibles, et de décrypter la montée des tensions sino-japonaises autour du statut de Taïwan.
Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.