Une histoire profonde de l'anthropocène. Avec James C. Scott sur France Culture.


(0)
71 Vues
0 commentaire
01.06.2019

Anthropocène, concept pour happy few il y a encore quelques années, le mot peuple désormais quotidiennement les colonnes des journaux et résonne souvent dans les médias. Anthropocène donc pour dire cette nouvelle ère géologique au cours de laquelle l'activité humaine a affecté de façon décisive l'écologie et l'atmosphère de la planète Terre.
Le constat s'impose mais les débats ont cours à propos du point de départ. Quand certains estiment que ce sont les premiers essais nucléaires qui marquent l'entrée dans ce moment nouveau, d'autres le font remonter beaucoup plus tôt au XIXe siècle et à la Révolution industrielle.
Politiste professionnel, anthropologue amateur, environnementaliste convaincu et anarchiste par principe, James Scott est beaucoup plus radical : c'est dès l'utilisation du feu par l'homme qu'il estime nécessaire de remonter pour comprendre l'anthropocène. Le feu, puis la sédentarité, l'agriculture, l'élevage, et l'invention de l'Etat. C'est ce qu'il défend dans un essai brillant Homo domesticus.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

L'école enseigne à l'enfant qu'il doit être inévitablement classé par un bureaucrate. Avec Ivan Illich sur France Culture.


(0)
85 Vues
0 commentaire
1972

Aujourd'hui, les mots éducation et école sont devenus quasiment synonymes. Pourtant, l'école ne représente qu'une infime partie de l'histoire de l'éducation. Comment cet amalgame a-t-il pu se produire ? Pourquoi en sommes-nous arrivés à croire que l'éducation de nos enfants devait relever de la responsabilité de l'État ? Quelles logiques sont à l'oeuvre derrière cette vaste entreprise de normalisation des masses ?
L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes préparés par les "autorités" et à obéir aux "institutions". À cela il faut substituer des échanges dit Ivan Illich, entre "égaux" et une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter.
Implacable critique de la société industrielle, Ivan Illich a démontré qu'au-delà d'un certain seuil, les institutions se révèlent contre-productives et a dénoncé la tyrannie des "besoins" dictés par la société de consommation. Il fut l'un des premiers à voir dans l'aide au développement une tactique pour généraliser le productivisme et y acculturer les peuples. À cette idée comme à celle de croissance, véritables "assauts de l'économie contre la condition humaine", il oppose une ascèse choisie et conviviale, un mode de vie qui entremêle sobriété et générosité.

Un entretien mené par Roger Kahane.

Comment se rendre ingouvernable. Avec Grégoire Chamayou sur France Culture.


(0)
120 Vues
0 commentaire
15.11.2018

Après une très remarquée Théorie du drone (La Fabrique, 2013) où il montrait comment cette nouvelle arme a changé en profondeur la notion même de guerre, Grégoire Chamayou revient aujourd'hui avec La Société ingouvernable (La Fabrique, 2018).
Un anti-guide de management, un essai de philosophie politique où ce chercheur montre comment, dans les années 1970 aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, s'est opérée – par le haut - la reprise en main d'un système de gestion qui commençait à se fissurer.
Face aux revendications croissantes – revendications ouvrières, ethniques, écologiques ... – les milieux d’affaire se sentent plus que jamais menacés, contraints de trouver des stratégies qui, du contrôle dur à la manipulation douce, leur permettent de conserver leur pouvoir face aux Etats et leur place dans l'opinion.
En pleine crise de la gouvernabilité, face à la contestation, des "arts nouveaux de gouverner" ont été élaborés, que Grégoire Chamayou nous retrace par le menu.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

Panaït Istrati (1884-1935). Avec Georges Ribemont-Dessaignes sur France Culture.


(0)
69 Vues
0 commentaire
27.09.1961

Routard céleste, éternel insoumis et conteur irrésistible, né à Braïla en 1884 et mort à Bucarest en 1935, Panaït Istrati fut un voyageur d'exception et demeure un compagnon de route envoûtant.
Par son sens de la camaraderie, ses passions éclatantes et sa révolte organique contre toute forme d'oppression, sa vie et son oeuvre - du Danube à la France et du Liban à l'URSS en passant par la Suisse, des Chardons du Baragan à Nerrantsoula sans oublier Kyra Kyralina - chantent son amour profond pour une humanité frappée par la misère.
Rêveur insatiable de nouveaux horizons, Istrati avait pour bagage la littérature et pour flamme l'amitié vagabonde.

Émission "Anthologie étrangère", réalisée par Georges Gravier.

Les influences nazies du management moderne. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


(0)
127 Vues
0 commentaire
08.01.2020

Professeur d'histoire contemporaine, et après s'être intéressé en détail au régime nazi, Joahann Chapoutot revient avec Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA (Gallimard, 2020), où il s’intéresse en particulier aux méthodes de la Menschenführung, qui traduit et germanise le terme américain de management.
Car le management, du nazisme à la mondialisation, est bien l'art de produire le consentement et l'illusion d'autonomie chez des sujets aliénés. Et s'il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s'il ne dit pas non plus qu'il s'agit d'une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot souligne une certaine continuité entre les techniques d'organisation du régime nazi et celles que l'on retrouve aujourd'hui au sein de l'entreprise, en atteste la condamnation récente de l'entreprise France Télécom et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".
À l'heure du virtuel et d'une croissance tournée vers la production mondiale effrénée, où le travail, entre burn out et bullshit jobs, semble ne plus avoir de sens, Johann Chapoutot montre que les nazis apparaissent finalement comme l'image déformée d'une modernité devenue folle, traitant des personnes comme de simples facteurs de production sous des apparences de bien-être et de bienveillance au travail.

Émission "La Grande table idées", animée par Raphaël Bourgois.

L'amour de la musique et de la langue française. Avec Georges Brassens sur France Culture.


(0)
179 Vues
0 commentaire
02.1979

Tout au long de cette entretien exceptionnel illustré de nombreuses chansons, Georges Brassens nous parle de musique, bien sûr, mais aussi de la modernité, de son apprentissage de la musique, de l'art d'écrire des chansons, de son indifférence au confort, de son rapport aux femmes et à la religion, de son engagement militant ou encore du thème de la mort présent dans ses textes.
Il répète inlassablement ne pas se considérer comme poète et s'exprime constamment avec mesure, en restant pudique et délicat.
Un échange de haute volée avec un grand artiste, "quand même musicien un peu des mots aussi"...

Émission "Les samedis de France Culture", animée par Philippe Nemo.

Marc Bloch et les caractères originaux de l'histoire rurale française. Avec Georges Duby, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Toubert et Jean-Robert Pitte sur France Culture.


(0)
100 Vues
0 commentaire
27.02.1989

Alrs que le livre de Marc Bloch Les Caractères originaux de l'histoire rurale française vient d'être réédité, Jacques Le Goff propose, en compagnie des historiens Georges Duby, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Toubert, et le géographe Jean-Robert Pitte, de dresser le portrait de l'un des grands noms de l'historiographie française du XXe siècle qui fut membre de la Résistance durant l'Occupation, arrêté par la Gestapo puis exécuté le 16 juin 1944.
Dans un second temps, les invités analysent sa méthode, ses limites, mais aussi l'influence considérable de l'historiographie allemande et anglaise sur sa formation, ainsi que sa postérité dans l'université française.

Émission "Les Lundis de l'histoire", animée par Jacques Le Goff.

Autour de Chesterton. Avec François Rivière sur France Culture.


(0)
123 Vues
0 commentaire
30.05.2015

Monument de bonhommie bachique et de prophétisme halluciné, l' "hénaurme" Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), alias GKC, est une légende des lettres et du journalisme anglais. Créateur du mythique "Father Brown", il est une des plumes tutélaires du "crime novel" anglo-saxon, figure atypique du catholicisme britannique.
On lui doit aussi quelques hagiographies poétiques et méditations théologiques hors norme, virtuose de la narration en roue libre et du romanesque rhapsodique, certains de ses romans, tels La Sphère et la Croix ou L'Auberge volante, restent comme des chef-d'oeuvre délirants, égaux de ceux d'un Lawrence Sterne ou d'un Lewis Carroll
Familier de toujours des écrits chestertoniens, François Rivière lui consacre, aux éditions Rivages, un portrait biographique étincelant.

Émission "Mauvais Genres", animée sur François Angelier.