Vers une épistémè de l’épistémè, les techniques de vérité à l’âge classique grec. Avec Francis Wolff à l'ENS.


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12.03.2005

Francis Wolff s'emploie ici à utiliser le Foucault "archéologue" pour essayer de mettre au jour l’épistémè des Grecs, c’est-à-dire les conditions historiques de possibilité du savoir et de la rationalité antiques au moment même de leur naissance (V-IVe siècle av. J.-C.).
Pour souligner la singularité de cette approche, il distingue minutieusement le point de vue archéologique de deux autres points de vue possibles sur l’histoire des sciences : la vision "évolutionniste" et l’ "épistémologie historique" (Thomas Kuhn).
Dans ce processus d'élévation de certaines disciplines au rang de sciences, Francis Wolff ne voit pourtant pas la substitution pure et simple d’un modèle rationnel à un modèle archaïque irrationnel, mais bien plutôt la constitution d’un nouveau modèle de type "dialogique".
Ce même modèle est également à l’œuvre aussi dans l’ordre des savoirs scientifiques : en fait, un texte "scientifique" grec s’avère être une collection d’arguments destinés à convaincre ceux qui sont sans opinion, au moyen de "preuves" techniques ou extra-techniques.
Quel est donc l’a priori historique du savoir grec que l’archéologue découvre ? Il est caractérisé par trois techniques dialogiques de vérité : la technique persuasive de la rhétorique, celle démonstrative de l’apodeixis et celle de la réfutation par contradiction de la dialectique. Ces trois techniques constituent ainsi le régime "démocratique" de vérité de l’âge classique grec : une proposition ne peut être reconnue comme vraie qu’à condition que celui auquel on l’adresse la reconnaisse comme telle.

Le TSCG et ses conséquences. Avec Frédéric Lordon invité par Stop Austerité à l'ENS.


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27.09.2012

Une analyse des mécanismes mortifères contenus dans le pacte budgétaire européen, officiellement appelé Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG).
L'Union européenne, ou comment les nations sont dépouillées de leur souveraineté !

Mathématiques sans ontologie. Avec Gerhard Heinzmann à l'ENS Paris.


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17.01.2005

Les mathématiques sont bien plus qu'une science, tant elles ont acquis un statut central et tout à fait particulier. Elles sont à la fois un langage permettant d articuler la réalité et un outil qui façonne le réel, et jouent à ce titre un rôle clé dans le développement des sciences de la nature, des sciences humaines et sociales, et de l'industrie.
Quelles sont les nouvelles frontières, les nouveaux défis des mathématiques, cette science qui ne s'impose aucune limite ? Comment cette science de l'abstraction s'inscrit-elle au coeur de la réalité, au point d'être incontournable ? Quels en sont les fondements ?

Séance de Philosophie des sciences du séminaire du Département de philosophie de l’ENS.

L'importation des problématiques philosophiques européennes dans le monde arabe et ses conséquences. Avec Georges Corm à l'ENS Paris.


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10.10.2010

L'Europe, puis les Etats-Unis, ont dominé le monde durant ces cinq derniers siècles.
Comment les productions intellectuelles internes à cette zone géographiques ont-elle influencées le monde arabe (ceci après avoir provoqué de nombreux conflits à l'intérieur de l'Europe) ?
En quoi le rapport à la "modernité" est-il problèmatique en terre d'Islam ? Qu'en est-il de la question de l' "anthenticité", de "la séparation des sphères spirituelles et temporelles" ?
Finalement : comment penser ces catégories étrangères et importées en orient ?

Contre la "régulation", pour la refonte : les impasses des stratégies prudentielles. Par Frédéric Lordon à l'ENS.


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15.12.2008

L’ampleur de la crise financière pose directement la question de l’efficacité des stratégies de régulation prudentielle telles qu’elles sont vouées à rencontrer trois écueils difficilement surmontables :
 1) la puissance des forces concurrentielles qui entraînent les agents quoi qu’ils en aient ;
 2) l’impossibilité essentielle du contrôle des risques ex ante ;
 3) les effets symboliques de la croyance "innovation" qui distord le régime collectif des anticipations et de l’appréciation du risque.
Contre les stratégies de régulation qui seront trop vraisemblablement débordées à nouveau par une dynamique de bulle, il est permis de plaider pour une refonte beaucoup plus radicale des structures de la finance selon l’objectif d’une réduction drastique de ses niveaux de profit-risque et selon le principe d’une désophistication générale de ses activités.
Cette conférence énonce plusieurs propositions en ce sens jusqu’à l’idée d’une modification profonde des structures bancaires qu’il s’agirait de faire évoluer dans la direction d’un "système socialisé du crédit".

Qu'est-ce que l'être humain ? Avec Francis Wolff à l'ENS Paris.


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11.10.2010

Francis Wolff entreprend de définir l'être humain comme animal rationnel.
La démonstration utilisée s'appuie sur la fonction prédictive du langage et la capacité autoréflexive de l'humain.
C'est donc en réfléchissant aux "plis" (Gilles Deleuze) contenus dans ses croyances et ses désirs que l'humain prend forme et s'affirme comme annimal rationnel.

Conférence donnée dans le cadre des "Lundis de la philosophie".

La crise et le sacré : Illich et Girard. Avec Jean-Pierre Dupuy à l'ENS Paris.


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01.12.2012

Ce qui est en question dans le moment actuel, ce n’est pas le capitalisme financier ; ce n’est pas le capitalisme tout court ; ce n’est pas le marché, régulé ou non, spéculatif à la hausse ou bien à la baisse : c’est la place que joue l’économie, dans nos vies individuelles comme dans le fonctionnement de nos sociétés. Cette place est immense et nous trouvons cela banal. L’économie tend à envahir le monde et nos pensées.
Ce n’est donc pas elle qui nous donnera le sens de ce phénomène massif et extraordinaire, puisqu’elle est à la fois juge et partie. Seul un regard éloigné, qui aurait réussi à se déprendre de l’économie, peut s’étonner de ce qui semble aller de soi au citoyen moderne, devenu intégralement, à son insu, homo oeconomicus.
Comme le sacré avant elle, l’économie est en train de perdre aujourd’hui sa capacité de produire elle-même des règles qui la limitent, disons de l’auto-transcendance. Tel est le sens profond de la crise.
La mythologie grecque a donné un nom à ce qu’il advient d’une structure hiérarchique (au sens étymologique d’ordre sacré) lorsqu’elle s’effondre sur elle-même : c’est la panique.
Jean-Pierre Dupuy se propose ici d’éclairer l’ombre sacrée de la crise économique actuelle à l’aune des enseignements d’Ivan Illich et de René Girard, véritables maîtres dans l’exploration des racines chrétiennes de la modernité.

La conférence est donnée dans le cadre du colloque "Vivre et penser avec Ivan Illich. Dix ans après.".

Carl Schmitt, le meilleur ennemi du libéralisme. Avec Jean Leca à l'ENS de Lyon.


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14.11.2001

Le conférencier s'intéresse ici à la pensée de Carl Schmitt et au rapport de celui-ci à la philosophie politique. Il note que Carl Schmitt est une référence importante pour les philosophes continentaux, notamment Hayek, et pour les philosophes politiques alors même que selon Carl Schmitt il ne peut y avoir de philosophie politique.
De même, il n'y a pas de normativité morale : au fondement de la normativité, il y a la juridicité et non la moralité. Si l'on se met à agir pour des raisons morales, en politique, c'est le meilleur moyen de susciter une violence incontrôlable.
La guerre, inscrite dans la politique comme le mal dans la création, ne saurait avoir de justification morale ou rationnelle. Elle n'a qu'une valeur existentielle, particulière. Parce que l'identité personnelle est d'abord polémique (l'être humain se définit par opposition, par inimitié), un monde sans guerre serait un monde sans être humain.
Jean Leca analyse ensuite la critique schmittienne de la non-théorie politique du libéralisme : il n' y a pas de politique libérale sui generis, il n'y a qu'une critique libérale de la politique.