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Michel Freitag (1935-2009) est un sociologue et philosophe canadien d'origine suisse. Durant cet entretien, il revient sur son parcours et les circonstances qui l'ont amené à fonder une théorie sociologique générale communément appelée "sociologie dialectique", soit une théorie générale de la pratique et de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective.


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Le philosophe et universitaire Eric Martin nous propose, dans cette série d'interventions, de (re)découvrir des auteurs de la théorie critique, de la pensée québécoise ou de la tradition philosophique.
Le point commun entre toutes les pensées exposées étant de récuser la conception de la liberté supposément "auto-fondée", c'est-à-dire indépendante de quelque condition que ce soit. La liberté, en effet, a des "racines", c'est à dire qu'elle suppose des conditions qui la rendent possible et dont il importe de se montrer soucieux si l'on veut qu'elle conserve un sens et une réelle effectivité.


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La démarche de Loïc Chaigneau est d'ordre philosophique dans une optique d'éducation populaire : la défense, a priori peu originale, mais plus que jamais nécessaire, du rapport Hegel-Marx et par là, du matérialisme dialectique et historique.
Une mise au point nécessaire pour continuer la lutte politique en gardant les idées claires.


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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.




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"La forme dialectique du développement n'est juste que lorsqu'elle connaît ses déterminations…" Marx, Version première de la Contribution à la critique de l'économie politique
"… Lorsque je me serai débarrassé de mon fardeau économique, j'écrirai une Dialectique. Les lois authentiques de la dialectique sont déjà contenues dans Hegel; sous une forme, il est vrai, mystique. Mais il ne s'agit que de la débarrasser de cette forme…" Marx, lettre à Joseph Dietzgen, Londres, le 9 mai 1868
"Dans son fondement, ma méthode dialectique n'est pas seulement différente de celle de Hegel, elle est son antithèse directe. (…) Chez lui elle est sur la tête. Il convient de la renverser pour dé-couvrir le noyau rationnel sous l'enveloppe mystique…" Marx, Le Capital, Livre I
"Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire." Marx, Postface de la seconde édition allemande du Capital


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On aurait pu croire voici trente ou quarante ans que l'évidence des succès des sciences et des techniques allait continuer de valoriser celles-ci et que la démocratisation de la connaissance et de l'éducation allait détruire les croyances irrationnelles. Au nombre de celles-ci, on trouve les enseignements de l'Ecole de Francfort, qui ont beaucoup contribué au relativisme ambiant en instruisant le procès de la raison occidentale.
Il est vain de penser que l'opposition aux sciences vient des nostalgiques de l'âge préindustriel : les théoriciens de l'Ecole de Francfort descend en droite ligne des Lumières, mais pour en dénoncer finalement ses fondements, notamment l'idéologie du progrès.
Le but de cette conférence est de comprendre les mécanismes qui, au sein des théories développées par l'Ecole de Francfort, ont permis l'émergence de phénomènes irrationels, d'en examiner le contexte et les conséquences sociales et politiques et d'envisager les moyens de lutter contre ces tendances.


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Saturne, c'est ici l'Absolu de Hegel, un Absolu pensé si seul qu'il ne vit que de la perpétuelle dévoration de ses propres enfants, craignant d'être détrôné de son absoluité s'il n'absorbe pas, à mesure qu'il la produit, sa propre altérité. C'est cette solitude de Dieu qu'interroge Romain Debluë en suivant au sein de l'œuvre hégélien l'évolution, puis le plein déploiement conceptuel de la notion de Singularité, qui n'est autre que le nom divin par excellence. Si Dieu, l'Absolu, est pour Hegel la Singularité même, ce n'est que parce qu'il est le mouvement de réflexion réciproque de l'Universel et du Particulier : l'Esprit est la réflexion du Logique dans la Nature, et de la Nature dans le Logique.
Hegel ou le festin de Saturne se présente alors comme une enquête destinée à dévoiler le meurtre rituel dont la Singularité est le nom dans le Système hégélien. Or, cette Singularité, que nous sommes habitués à entendre individuelle, s’y révèle être boulimique ou, justement, saturnienne. S’ouvrant sur la faillite spéculative des singuliers sensibles au début de la Phénoménologie de l'Esprit, le travail de Romain Debluë ne pourra se conclure qu'avec le triomphe de la Singularité dialectique ne laissant rien – pas même ou surtout pas – son Autre hors d'elle-même, lorsque ce triomphe sera mesuré à l’aune de la conceptualité chrétienne dont se revendique le protestant Hegel, mais qu'il trahit sur un point capital en voulant l'accomplir.
Mais Saturne, c'est aussi le "soleil noir" des alchimistes, que l'on a pu associer au soleil obombré au moment de la mort du Christ : quoi de plus naturel, dès lors, que d'en faire l'astre tutélaire d'un système qui se construit tout entier autour d'un "Vendredi-saint spéculatif" ? Car, comme Dante dut traverser les neufs cercles de l'Enfer avant d'espérer pouvoir s'élever au Purgatoire, puis au Paradis, l'homme pensant doit traverser le Système de la Science, en subir peut-être les glaçantes tentations, en méditer en tous cas la fascinante rigueur conceptuelle, pour pouvoir ensuite espérer voir scintiller devant lui les lueurs matinales d'un inattendu "dimanche de Pâques spéculatif".
Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.