La démocratie directe contre la sécession des élites. Avec Pierre Mandon pour le Cercle Aristote.


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02.2021

La démocratie directe revient en force en France, comme une volonté de renouveau du fait politique face à une crise de légitimité des régimes occidentaux, inédite depuis la chute de l'Union Soviétique, il y a trois décennies. Il s’agit donc pour Pierre Mandon de proposer une définition claire et précise de ce que recouvre ce concept et de ce que sont ses instruments contemporains. Etant pratique courante, non seulement chez le voisin suisse, dans la plupart des Etats fédérés des Etats-Unis et dans plusieurs dizaines de pays dans le monde, sous une forme plus ou moins étendue, il est possible d'en discerner quelques effets tangibles, impactant concrètement la vie politique de la cité.
Cela dit la littérature académique à ce sujet, bien que conduite par des chercheurs le plus souvent rigoureux dans leurs méthodes, souffre trop souvent du fait qu'elle n'étudie que trop rarement ce qui conditionne la démocratie directe : la tyrannie de la majorité, la dictature de la minorité intolérante, l'ingénierie sociale, mais également l'évolution de la technologie et des conditions énergétiques et environnementales. Mais aussi et peut être surtout une absence d'analyse de ce qui lui donne sa puissance d'agir, à savoir d'un côté la capacité pour les citoyens et l'Etat-nation d'exercer la souveraineté et de l'autre côté son fondement philosophique, celui du républicanisme civique aristotélicien, supposant aujourd'hui des hommes et bien sûr des femmes en âge d'être en armes pour défendre la cité et accomplissant des taches civiles bénévoles pour la collectivité, comme l'illustrent, parmi une infinité d'exemples, les cas des pompiers miliciens et des parlements de milice dans les communes suisses.
Il est indispensable d'insister sur ces aspects car répétons-le : jamais le sujet de la démocratie directe n'aura paru aussi important qu'à l'ère du crépuscule annoncé de l'ère libérale.

La démocratie contre les experts : les esclaves publics en Grèce ancienne. Avec Paulin Ismard au Rendez-vous de l'histoire de Blois.


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11.10.2015

Supposons un instant que le dirigeant de la Banque de France, le directeur de la police et celui des Archives nationales soient des esclaves, propriétés à titre collectif du peuple français. Imaginons, en somme, une République dans laquelle certains des plus grands serviteurs de l'État seraient des esclaves. Ils étaient archivistes, policiers ou vérificateurs de la monnaie : tous esclaves, quoique jouissant d'une condition privilégiée, ils furent les premiers fonctionnaires des cités grecques.
En confiant à des esclaves de telles fonctions, qui requéraient une expertise dont les citoyens étaient bien souvent dénués, il s'agissait pour la cité de placer hors du champ politique un certain nombre de savoirs spécialisés, dont la maîtrise ne devait légitimer la détention d'aucun pouvoir. Surtout, la démocratie directe, telle que la concevaient les Grecs, impliquait que l'ensemble des prérogatives politiques soit entre les mains des citoyens. Le recours aux esclaves assurait ainsi que nul appareil administratif ne pouvait faire obstacle à la volonté du peuple. En rendant invisibles ceux qui avaient la charge de son administration, la cité conjurait l'apparition d'un État qui puisse se constituer en instance autonome et, le cas échéant, se retourner contre elle.
Que la démocratie se soit construite en son origine contre la figure de l'expert gouvernant, mais aussi selon une conception de l'État qui nous est radicalement étrangère, voilà qui devrait nous intriguer.

Un entretien mené par Maurice Sartre.

Thémistocle et l'héroïsme grec. Avec Olivier Delorme pour le Cercle Aristote.


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05.03.2021

Il y a 2'500 ans, dans une Athènes où la démocratie, encore en devenir, est contestée par ceux qui ont tout mais n'ont pourtant jamais assez, un homme contribue à l'enraciner tout en devenant l'âme de la Résistance à l'invasion perse. Il s’appelle Thémistocle.
Clairvoyant et provocateur, maître dans l'art de la ruse, stratège d'exception et premier des "grands hommes" athéniens à sortir d'une famille obscure, il est à la fois l'artisan de la décisive victoire navale de Salamine, le promoteur de réformes démocratiques et celui qui va donner à Athènes, face à la militariste Sparte, les instruments de sa puissance et de son rayonnement pour le siècle qui suit.
Mais les peuples se fatiguent de ceux qui veulent les mener trop haut et ceux qui, à Athènes, entendent rétablir le pouvoir des "bien nés et bien nantis" n'auront de cesse de l'abattre. Ostracisé, proscrit, Thémistocle termine sa vie en exil… sans avoir jamais renoncé à prendre sa revanche.
À partir de textes antiques lacunaires, Olivier Delorme nous entraîne dans une Athènes où l'on ne recule devant aucun moyen pour assouvir ses passions et ses haines. De l'Assemblée du peuple au stade, du champ de bataille à Olympie, de l'antre de la Pythie de Delphes au banquet ou au théâtre, c'est toute une époque qui revit, celle où s'élabore le classicisme grec qui a donné ses fondements à notre civilisation.

Émission "Vendredi c'est PYR !", animée par Pierre-Yves Rougeyron.

Le populisme, danger réel ou fantasme des élites ? Avec Vincent Coussedière, Laurent Bouvet et Henri Deleersnijder au Cercle du Libre Examen.


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17.02.2014

Le populisme est aujourd'hui l'un des termes politiques les plus présents dans les débats, les analyses ou les critiques. Disposant d'une signification principalement péjorative, il désigne généralement un courant politique, ou un style politique, visant à flatter les mauvais instincts du peuple et opposant le peuple aux élites : pensons à Marine Le Pen, Viktor Orbán ou Silvio Berlusconi.
Cependant, s'il est dans la bouche de tous, son contenu semble en revanche moins explicite : certaines personnes pensent ainsi qu'il s'agirait d'un concept fourre-tout pour injurier son adversaire politique, tant il est employé à toutes les sauces pour désigner des personnes de tendances différentes, tandis que d'autres vont jusqu'à en faire "l'éloge".
C'est pour cela que cette notion doit être mise en débat, afin de questionner à la fois son histoire, son contenu et son application. Le populisme menace-t-il la démocratie et les libertés ? Est-ce une injure sans véritable fondement ou une idéologie avec un contenu précis ? Qui est populiste ? Et existe-t-il un "bon populisme" ?

Une conférence modérée par Jean-michel De Waele.

Crise de la répresentation : quelles sont les alternatives ? Avec Yves Sintomer sur France Culture.


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14.01.2019

Nées au Brésil, dans les forums sociaux mondiaux, les ZAD, les mouvements d'occupation des places de type "Occupy ", Indignés, Nuit debout… de nombreux mouvements sociaux questionnent et contestent la notion de représentation en politique. L'irruption récente des Gilets Jaunes en France porte des revendications similaires.
Certaines alternatives à la démocratie représentative pourraient-elles dès lors s'imposer ? Tour d'horizon des futurs possibles avec Yves Sintomer, professeur de sciences politiques, spécialiste de la démocratie directe et fin observateur des mouvements sociaux revendiquant une radicalisation de la démocratie.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Votre démocratie, c'est laquelle ? Avec Karim Piriou sur Politikon.


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2020

La démocratie, entendue dans son sens étymologique comme pouvoir du peuple, a vu son sens et sa pratique déformés -voire dévoyés- depuis quelques siècles.
Certains auteurs, militants, mouvements sociaux et expériences politiques concrètes se sont donnés pour but de "démocratiser la démocratie". Afin d'y parvenir, certains ont par exemple essayé de rendre la décision politique juste et légitime en la faisant découler d'une délibération entre les citoyens, d'autres ont proposés comme alternative le conseillisme qui s'oppose aux partis et aux syndicats quand les néo-républicains évoquent la démocratie agonistique.
Karim Piriou revient sur une histoire mouvementée et sur ces théories prometteuses qui, si elles entendent toutes revivifier la démocratie, n'en posent pas moins certains problèmes qu'il est important de soulever et de comprendre.

Autopsie du clivage droite/gauche. Avec Eric Guéguen sur TV Libertés.


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01.2021

En l'espace de 50 ans, les deux formations tour à tour au pouvoir ont, main dans la main, liquidé la souveraineté nationale. Elles l'ont fait au nom d'un projet commun : la dissolution des nations dans un monde globalisé et celle de la politique dans le pur management. Attendiez-vous d'Emmanuel Macron une rupture ? Il en aura été la synthèse.
Dans son dernier ouvrage La justice et l'ordre, Eric Guéguen s'attaque au faux clivage droite-gauche, au culte du progrès, aux ravages du relativisme sur les peuples.
Alors que la mort de la Vème République semble inéluctable, deux mondes antagonistes sont aux prises : local contre global.

Émission "Le Zoom", animée par Pierre Bergerault.

Le capitalisme autoritaire. Avec Grégoire Chamayou pour Hors-Série.


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22.10.2018

On sent qu'il aime ça, Grégoire Chamayou, rentrer dans la tête des puissants. Dans son précédent livre déjà, Théorie du drone, le philosophe plongeait dans les archives militaires américaines pour nous donner à entendre les voix de ceux qui pensent la guerre et tentent de promouvoir une nouvelle manière de la faire : sans courir le risque de mourir soi même.
Dans son dernier ouvrage en date, La Société ingouvernable, Une généalogie du libéralisme autoritaire (La Fabrique) le chercheur troque le complexe sécuritaire pour les boards des entreprises. Il nous emmène dans les tréfonds feutrés des hautes sphères du pouvoir économique, là où les intellectuels organiques des milieux d'affaire ont mis au point dans les années 1970 les théories, les concepts et les tactiques pour défendre un ordre capitaliste alors profondément remis en cause, aussi bien par des salariés "indisciplinés" que par des mouvements écologistes en demande de régulation gouvernementale.
Il faut les entendre échafauder leur riposte, inventer les "théories de la firme" à même de justifier le primat de la valeur actionnariale, tout en s'efforçant de déréaliser la violence de la hiérarchie et du rapport salarial… Il faut les entendre, car alors on perçoit leurs contradictions, leurs débats, leurs désaccords et leurs failles. Celles qu'il nous appartient d'exploiter si l'on veut à nouveau se rendre ingouvernables.

Émission "Aux Ressources", animée par Laura Raim.