Le sujet contemporain, le travail abstrait et le temps abstrait. Séminaire d'Anselm Jappe au Collège international de philosophie.


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2017

Le travail abstrait, ou "côté abstrait du travail" (Marx), comme forme sociale, consiste dans la réduction des différents travaux humains à leur seule quantité, mesurée en temps. Ce temps est tout aussi abstrait et vide de contenu que le travail qu'il mesure.
Le temps mathématique et abstrait s’est diffusé à partir de la fin du Moyen Âge, en s'opposant aux formes précédentes de temporalité. Le temps abstrait est devenu la norme du travail entre le XIVe et le XVIIIe siècle. C’est le temps qui compte, non ce qu'on fait dans ce temps. Les objets et les personnes tirent leur "valeur" exclusivement de la quantité de temps de travail qu'ils représentent. La différence entre temps abstrait et temps concret mène à la dichotomie entre richesse concrète et richesse abstraite (donnée par le seul temps abstrait accumulé).
La diminution du temps de travail nécessaire pour chaque marchandise produite comporte-t-elle une redéfinition de la valeur et de l’heure de travail, ou conduit-elle à une "désubstantialisation" de la valeur conduisant à la crise du capitalisme ? Quel est le rapport entre le temps social, le temps individuel et le temps de groupes humains particuliers (sociaux, culturels, ethniques, religieux), et quels conflits peuvent en naître ? Existe-t-il un antagonisme entre les différentes temporalités à l’intérieur de la sphère capitaliste (gagner du temps dans la production versus perdre du temps dans la sphère "affective", domestique – une distribution des tâches qui est souvent liée au gender) ?
Quels sont les effets du temps abstrait sur nos vies quotidiennes ? Le thème de l'accélération constitue-t-il le lien entre l'analyse théorique et les conséquences immédiates du temps abstrait ? Peut-on parler d'une radicalisation du conflit entre les besoins du vivant et ce qu'impose la valorisation abstraite ?
L'arrière-plan théorique du séminaire est constitué par la "critique de la valeur", un courant de critique sociale basée sur une relecture originelle de l’œuvre de Marx. Elle fut élaborée notamment par Robert Kurz en Allemagne et Moishe Postone aux États-Unis.

L'Etat, otage du secteur financier. Avec Myret Zaki à Genève.


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23.04.2012

Durant cet entretien, Myret Zaki donne quelques précisions sur des questions soulevées durant la conférence de décembre 2011 avec Étienne Chouard.
Ces questions concernent principalement :
 - la situation de la Grèce avant l'attaque de sa dette
 - le fonctionnement des fonds spéculatifs (hedge funds)
 - la contagion de la crise grecque aux autres pays de l'euro
 - la FED et sa planche à billet
 - le rôle de la banque Goldman Sachs
 - les liens entre Alan Greenspan et la Maison Blanche
 - la crise des subprimes américaines et son aspect frauduleux
 - les agences de notation
 - le délit d'initié entre Goldman Sachs et certains hedge funds dont celui de John Paulson
 - la dérégulation financière et les lobbys
 - le rôle du FMI dans la crise et les politiques d'austérité en Europe
 - l'échec de la stratégie spéculative contre l'Europe et la chute possible de l'économie américaine...

La crise et la théorie critique de la valeur. Avec Robert Kurz et Norbert Trenkle à la Haute Ecole des arts du Rhin à Strasbourg.


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06.02.2003

D'abord un constat : les courants anti-capitalistes, pour la plupart issus de la gauche ou du marxisme traditionnel, ont tous échoué à produire une théorie permettant de comprendre les multiples crises économiques que nous avons traversées.
Robert Kurz et Norbert Trenkle proposent, à partir d'une lecture approfondie du premier chapitre du Capital de Marx, de constituer une nouvelle approche critique des formes engendrées par le capitalisme, "abstraction réelle" que nous avons tous intégrés et mettons en pratique, où que nous nous situions dans le procès de production.
Ce n'est qu'en adoptant un point de vue surplombant que nous pourrons ensuite chercher une issue qui ne s'inscrive pas directement dans les règles du jeu fixées par les rapports sociaux capitalistes.

Le keynesianisme et autres questions à approfondir. Avec Myret Zaki à Genève.


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14.02.2014

Plusieurs questions d'ordre économique sont restées en suspens après la rencontre/débat que Myret Zaki a eu, fin 2012, avec Étienne Chouard sur les origines de la crise économique de 2008.
Cet entretien est l'occasion d'en aborder quelques-unes, en attendant le match retour...

0:00:00 : Votre position sur le keynesianisme a-t-elle évolué depuis la conférence de 2012 ?
0:00:50 : Il y aurait-il d'autres sujets que vous aimeriez aborder lors de cette future conférence ?
0:06:00 : Warren Buffet a déclaré en septembre 2013 que la réserve fédérale américaine était devenue le plus gros "Hedge Fund" de l'histoire. Que pensez-vous de cette déclaration ?
0:07:50 : C'est une déclaration de septembre 2013. Ce genre de critiques de la part de l'establishment américain est-elle nouvelle ?
0:10:15 : Le magazine Forbes accuse également les banques centrales d'être les plus grandes manipulatrices actuelles du marché. Qu'en pensez-vous ?
0:13:20 : Existe-t-il des éléments tangibles qui vont dans le sens de cette hypothèse (manipulation de la FED pour "empêcher le marché de baisser") ?
0:15:35 : Comment se fait-il que les autres puissances ne réagissent pas sur ces sujets ?
0:17:40 : Comment se fait-il que la valeur du dollar n'ait pas encore baissé compte tenu de l'utilisation forcenée de la planche à billet par la FED ?!
0:20:35 : On a vu des tentatives de certains états de se soustraire à la mainmise du dollar. Ce fut le cas de la Lybie et de l'Irak.
0:24:48 : Ces systèmes sont d'une complexité telle qu'ils semblent difficilement appréhendables pour la plupart des gens..
0:27:45 : Comment se fait-il que la plupart des commentateurs économiques n'arrivent pas aux mêmes conclusions que vous ? La plupart ont une vision plutôt optimiste de la situation.
0:29:30 : Il semble de plus en plus difficile pour les journalistes "mainstream" de défendre la doxa face à des contradicteurs indépendants et bien informés, je pense notamment à Berruyer et Béchade lors de leurs récents débats sur BFM TV.
0:31:50 : En parlant de ne pas ébruiter les choses, comment est-il possible que l'affaire du blanchiment de l'argent de la drogue de cartels mexicains par HSBC soit passée quasiment inaperçue ?
0:33:25 : Vous disiez précédemment qu'il y avait tout de même eu une régulation mise en place aux Etats-Unis. Pouvez-vous préciser ?
0:37:00 : Nous sommes donc toujours dans l'idée que la dette pourra être remboursée... malgré un ralentissement de la croissance ?
0:39:10 : Il faut donc appliquer des politiques d'austérité pour pouvoir relancer la croissance pour finalement pouvoir rembourser la dette ?
0:40:00 : Si on suit votre raisonnement en ce qui concerne l'attaque concertée de la zone euro par des spéculateurs suite à la crise des subprimes, est-il normal d'appliquer des plans d'austérité pour rembourser une dette contractée suite à une sorte de fraude ?
0:42:55 : Pourquoi ne pas faire défaut sur une partie de la dette en justifiant cela par un audit qui permettrait de confirmer les soupçons d'attaques spéculatives et de manipulations comptables comme dans le cas de la Grèce ?
0:44:30 : Il y a l'exemple de l'Islande qui a refusé de payer une partie de ses dettes.
0:50:31 : C'est tout de même incroyable qu'il n'y ait pas plus de réactions et que nous continuions bien sagement à rembourser ces dettes ?
0:52:00 : Donc le système américain va finalement faire faillite.. ? Vous aviez évoqué la date de 2014 pour la chute du dollar..
0:55:00 : C'est donc la remontée des taux qui sonnera la fin de la récréation ?
0:56:20 : Imaginons que le crash se produise aux Etats-Unis... Que va-t-il se passer ensuite ? Comment les événements vont-ils selon vous s'enchainer ?
0:59:35 : Quel est le rapport entre les problèmes récents des pays émergents et l'annonce du "tapering" par la réserve fédérale ?
1:00:40 : Et donc... si ce crash se produit aux Etats-Unis... Que va-t-il se passer ensuite ?
1:07:35 : Et les conséquences pour les pays européens ?

Creusement philosophique à partir des manuscrits de 44. Avec Francis Cousin pour le groupe Aufhebung !


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12.2016

C'est en partant des manuscrits de Paris de Karl Marx que Francis Cousin aborde une série de questions, question qui sont traitées avec toute la radicalité critique qu'il se doit :
 1. À partir de Hegel
 2. Le capital comme négation de l'humanité
 3. L'homme en tant qu'être objectif
 4. L'homme : être de passion et de souffrance
 5. La lecture comme acte de compréhension historique
 6. Le spectacle critique
 7. La temporalité fermée
 8. Sur les primaires de la droite du Capital
 9. Le terrorisme comme 3ème guerre mondiale

Ce que l'argent ne saurait acheter : les limites morales du marché. Avec Michael Sandel, Jean-Pierre Dupuy et Jean-Baptiste de Foucauld au Collège des Bernardins.


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22.11.2014

Michael Sandel, au travers de nombreux exemples, entend nous montrer comment les marchés sont devenus une composante omniprésente de notre vie : qu'il soit question des voies rapides payantes des autoroutes, des marchés noirs chinois de tickets de rendez-vous médicaux, des reventes à la sauvette de billets de concert, d'achats de bébés, de rachats par des spéculateurs d'assurances sur la vie prises par les malades atteints du SIDA... il est évident qu'une seule et même tendance est à l'œuvre.
S'opposant aux économistes pour qui l'argent ne serait qu'un instrument de transaction moralement neutre et aussi avantageux pour le vendeur que pour l'acheteur, Sandel prouve qu'il affecte au contraire, et parfois corrompt, tout ce qu'il touche.
Si le marché n'est pas un mal en soi, la marchandisation effrénée de certains biens auparavant non soumis à ses lois est d'autant plus dommageable que nous nous abstenons le plus souvent de nous demander quelles valeurs devraient être sauvegardées et pourquoi : s'il est acceptable ou non que des élèves soient rémunérés pour apprendre à lire, que les pays riches puissent acheter les "droits de pollution" des pays pauvres, que des chasses payantes au rhinocéros noir ou au morse soient organisées pour préserver ces espèces de l'extinction, etc.
Michael Sandel est également accompagné de Jean-Pierre Dupuy et Jean-Baptiste de Foucauld durant cette conférence de lancement de la parution en français de son dernier ouvrage.

Actualité de la lutte intellectuelle : Michel Drac répond aux questions d'Ernesto Deupoinzero.


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31.12.2016

Une conversation qui porte principalement sur le rôle des intellectuels "dissidents" dans l'évolution des rapports de force politique en France, mais qui aborde également des thémes aussi variés que la question de l'autonomie/du survivalisme, la place de la Russie sur la scène internationale ou l'aliénation des modes de vie virtuels.

La politique n'est pas la solution ! Avec Anselm Jappe pour Nuit Debout à Paris.


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07.05.2016

Même si beaucoup refusent encore de comprendre la logique inexorable qui a conduit à un état du monde si sombre, la conviction se répand que l’économie capitaliste a mis l’humanité devant de grands problèmes. Presque toujours, la première réponse est la suivante : "Il faut retourner à la politique pour donner des règles au marché. Il faut rétablir la démocratie menacée par le pouvoir des multinationales et des Bourses".
Mais la politique et la démocratie sont-elles, vraiment le contraire de l’économie autonomisée, sont-elles capables de la ramener dans ses "justes bornes" ?