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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Gabriele Adinolfi, théoricien politique italien et figure majeure du nationalisme révolutionnaire européen, et Antoine Dresse, militant métapolitique actif dans les cercles identitaires francophones, reviennent sur les limites du militantisme classique et évoquent les perspectives d'une recomposition continentale. Pour ce faire, ils interrogent les conditions nécessaires à l'émergence d'une élite organique capable de conjuguer enracinement culturel et efficacité stratégique, notamment en évoquant le projet Lansquenets.
Un échange qui se veut à la fois un diagnostic lucide et une invitation à repenser l'engagement sous l'angle de la longévité, de la cohérence et de la vision historique.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


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Depuis toujours, l'homme souhaite subordonner ce qui est à ce qui devrait être, et c'est pourquoi les moralistes, les clergés, les idéalistes, les technocrates connaissent la tentation de soumettre cet "art des possibles" qu'est la politique à leurs lois. Pourtant, la politique est un éternel champ de déception pour eux, car elle ne correspond jamais à leurs attentes. Ne respectant que ses propres lois, la politique est rétive à se laisser enfermer dans les filets de l'idéal. Or, c'est de la constatation qu'il existe une hétérogénéité des fins entre morale et politique que naît le réalisme politique. Ce dernier ne constitue en rien une doctrine unifiée ni une école de pensée à proprement parler mais plutôt une sorte d'habitus, c'est-à-dire une disposition d'esprit qui vise à éclairer les règles que suit la politique.
Partant des intuitions majeures de Machiavel, de Thomas Hobbes et de Carl Schmitt, le but d'Antoine Dresse n'est donc pas d'imposer dogmatiquement une doctrine politique quelconque mais d'éclairer les présupposés sans lesquels il est impossible de penser le politique et de présenter une approche permettant de discerner les enjeux qui lui sont propres.
Émission du "Libre Journal des Débats", animée par Charles de Meyer.


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Docteur en histoire des religions, en théologie et en philosophie, prêtre catholique, Bernard Bourdin est l'interlocuteur idéal pour aborder la dimension théologico-politique au sein du catholicisme.
En effet, celle-ci nous permet de mieux comprendre le rôle structurant du catholicisme dans l'émergence des grandes institutions et concepts politiques au sein de l'Europe occidentale (souveraineté, laïcité, démocratie, ...).
De même, les relativement récentes évolutions de l'Eglise et l'abandon graduel du champs politique ont ouvert la voie à l'idéologie libérale qui, désormais, joue sans le dire le rôle de l'église en décrétant le Bien et le Mal, la guerre juste et injuste, la vérité et le faux.
Est-il alors temps pour l'Eglise catholique de redevenir ce qu'elle était ? Et surtout, en a-t-elle encore les moyens, les ressources et surtout la volonté ?
Un entretien mené par Rachid Achachi.


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Quels sont les liens que la gauche radicale entretient avec Carl Schmitt ? Des concepts tels que l'antagonisme entre l'ami et l'ennemi, l'importance de la décision et les périls de la dictature sont scrutés à la lumière des interactions de Schmitt avec divers penseurs comme Sorel, Benjamin et même Proudhon.
Malgré le boycott occidental de la conception schmittienne du droit, une ironie persiste : au fil des années, Schmitt est devenu le penseur étranger le plus traduit en Chine.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'36 : Une citation de Geoffroy de Lagasnerie en ouverture
- 0'09'34 : Qui est Carl Schmitt et quels sont ses ouvrages principaux ?
- 0'39'50 : La désignation de l'ami et de l'ennemi
- 0'51'19 : Georges Sorel à l’origine de cet antagonsime ?
- 0'58'38 : L'antagonisme chez Proudhon et Sorel ?
- 1'01'26 : Quel lien entre la laïcisation et la gauche radicale ?
- 1'06'33 : Conclusion


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L'un des aspects récurrents de l'œuvre du maître de Martigues est sa critique virulente du romantisme. Dans son livre de 1925, Romantisme et Révolution, il entend montrer que le romantisme est tout à la fois individualiste (donc anarchiste et révolutionnaire) et germanique. À cela, il oppose le classicisme "méditerranéen", étroitement associé au culte d'une raison qui refuserait le primat des sentiments d'où découlerait toutes les idées fausses.
Pour autant, cette double opposition, d'abord conceptuelle entre classicisme et romantisme, puis "ethnique" entre monde latin et monde germanique, semble faire peu de cas des auteurs romantiques eux-mêmes, qui se sont souvent également réclamés de la raison, et de l'expérience politique du romantisme, notamment allemande, dont la vision de la société est organique et qui fut un puissant moteur du traditionalisme et de la contestation des Lumières.
Obsédé par la critique du romantisme comme fons et origo malorum, Charles Maurras s'est-il trompé ? L'idée qu'il se fait de ce vaste mouvement se fonde-t-elle uniquement sur une lecture superficielle de Rousseau et sur une réaction épidermique aux positions prises par certains écrivains français après 1830 (Lamartine, Hugo) ? D'ailleurs, que connait-il du romantisme allemand ? Et qu'est-ce que Carl Schmitt aurait à lui répondre ? Le classicisme ne menace-t-il pas souvent de verser dans le mécanicisme ou dans un positivisme desséchant, alors que le romantisme, par l'importance qu'il donne à la vie, ne tendrait-il pas à restituer la véritable harmonie qui soit, l'harmonie naturelle et culturelle des structures organiques et des patries charnelles ?


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Peut-on lire Heidegger en dissociant l'homme de la pensée, l'engagement national-socialiste de ses concepts d'être, d'enracinement et de peuple ? Et comment lire Arendt qui a tout autant critiqué la dimension déshumanisante d'Etre et Temps que fait l'éloge de celui qui lui a appris à penser ?
Henri de Monvallier donne la parole au philosophe Emmanuel Faye et à ses recherches fouillée sur l'introduction du nazisme dans la philosophie.


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Juriste et essayiste, Aristide Leucate s'est beaucoup intéressé au droit, à la philosophie et à l'histoire des idées.
La parution récente d'un Qui suis-je ? sur Georges Dumézil (1898-1986) permet de revenir d'abord sur les apports de celui qui, au XXe siècle, est venu renouveler en profondeur la discipline des études indo-européennes en établissant le caractère "trifonctionnel" des mythologies et des société indo-européennes.
Dans la deuxième partie de cette émission, il s'agit de comprendre pourquoi Carl Schmitt, alors qu'il s'est un temps compromis avec le régime nazi, a pu influencer une large frange des théoriciens de gauche parmi les plus éminents. Dans son essai Carl Schmitt et la gauche radicale, Aristide Leucate nous montre en quoi le juriste allemand reste un penseur existentiel de premier plan, théoricien des limites, de l'ordre concret et de la figure de l'ennemi. C'est pour cela qu'il s'est imposé comme une source d'inspiration providentielle destinée à renouveler les fondements marxistes léninistes d'une gauche radicale en perte de vitesse intellectuelle et politique. Bref, un "ennemi" avec lequel il faut compter.
Émission du "Libre Journal de la Nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.