

(0)
Comment réagir face à l'urgence écologique ? Cette question se pose avec une acuité particulière aux scientifiques qui, en donnant l'alerte, révèlent les dérèglements en cours et en fournissent les causes, nous indiquant ainsi les bons leviers d'action. Les sciences sont donc une partie de la solution mais, comme le montre Pablo Jensen, elles sont également une partie du problème, car elles ont depuis leur naissance favorisé l'accélération technologique qui nous confronte aujourd'hui aux limites planétaires.
Comment donc déconnecter les sciences de leur penchant accélérateur, tout en héritant de leurs nombreux aspects positifs ? Dans un monde où les ressources vont manquer, comment réduire l'impact de la recherche ? Comment décider, démocratiquement, des équilibres entre les grandes orientations ? Quelles seraient, en somme, les sciences "terrestres" adaptées au monde qui vient ?
Une séance organisée par l'Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie.


(0)
Quels sont les éléments clés qui ont fait basculer nos sociétés, parfois jusqu'à leurs effondrements ? Qu'est-ce que le passé nous apprend pour faire face aux crises actuelles et futures ?
C'est en compagnie de Laurent Testot que nous explorons comment l'humanité a complètement bouleversé son environnement au cours des 12 000 dernières années, et comment ces changements nous ont impactés en retour durant 4 grandes périodes de l'histoire : le Néolithique, l'âge des empires, la modernité et la grande accélération.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'06 : Histoire classique vs. Histoire globale
- 0'13'36 : Désaccords entre les histoires globales
Période de -10000 à -4000 :
- 0'15'28 : 1ère période : Le Néolithique
- 0'26'44 : Agriculture et domestication
- 0'29'31 : Agriculture et sédentarisation
- 0'36'06 : Agriculture et démographie
Période de -3000 à 500 :
- 0'39'11 : 2ème période : Les empires
- 0'39'28 : Arrivée de la métallurgie
- 0'47'20 : Métallurgie et déforestation
- 0'53'35 : Empires et religions universelles
- 1'07'20 : Premières grandes cités
Période de 1500 à 1900 :
- 1'08'11 : 3ème période : La modernité
- 1'09'36 : Colonisation et domination européenne
- 1'15'18 : Domination européenne et commerce
- 1'21'10 : Domination européenne et conquête des océans
- 1'24'34 : Europe vs. Chine
- 1'28'47 : Energies fossiles et révolution industrielle
- PÉRIODE 4 (de 1950 à aujourd'hui)
- 1'36'13 : 4ème période : La grande accélération
Conclusion :
- 1'52'05 : Quelles pistes ouvre l’histoire globale ?
- 2'01'25 : Résumé de l'épisode


(0)
En 1784, James Watt dépose le brevet de la machine à vapeur. S'en suit la fameuse révolution industrielle qui va transformer les modes de vie des êtres humains mais également leur environnement. Au point qu’en l'an 2000, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la couche d'ozone, estime que nous avons changé d'époque géologique, passant de l'Holocène qui a débuté il y a 11'500 ans à ce qu'il baptise Anthropocène pour stigmatiser la nouvelle capacité de l'homme à exercer un impact d'ampleur tellurique sur la Terre. Même si les spécialistes, c'est à dire les géologues, n'ont pas encore statué sur cette appellation, le mot inventé par Paul Crutzen est devenu une sorte d’étendard adopté par de nombreux historiens, philosophes, écologues et écologistes.
L'historien Jean-Baptiste Fressoz revient sur ce qui, depuis plus de 200 ans, a conduit l'homme a modifier en profondeur les principaux paramètres géophysiques de la planète.


(0)
Philosophe dont l'esprit s'est construit en dehors du parcours académique entre le PCF, le jazz, la littérature et la prison, Bernard Stiegler a produit une pensée qui nous éclaire et nous alerte.
Ses expériences de vie, ses épreuves et ses études lui font approcher la philosophie de façon tout à fait originale. S'inspirant de Joseph Schumpeter et Marx, ou encore Alfred Lotka et Rudolf Clausius, il analyse les mécanismes de ce qu'il nomme le pharmakon : la technique comme remède et comme poison, l'entropie et la destruction créatrice.
C'est dans le cadre d'expérimentations conrètes avec plusieurs institutions que Bernard Stiegler tente de restaurer la société de manière locale et collaborative. Plus que jamais, son désir est de prendre soin, de panser la société, notre environnement.
Une série d'émission conduite par Céline Loozen.


(0)
Alors que sommes embarqués dans la grande accélération, qui menace aujourd'hui l'existence de la population humaine globale, Pablo Jensen tente un parallèle entre les logiques des révolutions scientifique et industrielle, qui mettent en place des circuits longs pour, respectivement, expliquer ou métaboliser le monde. La grande accélération serait alors produite par la synergie entre sciences expérimentales et industrie, menant à la création de boucles de rétroaction positive stables permettant d'aspirer et contrôler le monde.
Dans un premier temps, c'est la logique des premières étapes de la révolution scientifique qui est analysée en les reliant à celles de la révolution industrielle, grâce notamment à l'idée de "Engine Science" (Caroll-Burke, 2001).
Ensuite, et de manière plus générale, on se demande ce qu'on gagne et ce qu'on perd lorsqu'on passe d'un circuit court à un circuit long : quand on fait un détour par un laboratoire ou un centre de calcul pour maîtriser un phénomène ou quand on bâtit une usine de production de masse au lieu d'engendrer ses ressources localement.
Finalement, la conclusion est consacrée à l'exploration de ce parallèle entre sciences et machines en s'interrogeant sur la nécessité de refonder les sciences expérimentales pour les rendre "Terrestres".


(0)
Quiconque possède un brin d'esprit philosophique (et scientifique) et n'est pas trop aveuglé par les problèmes quotidiens et le dogme politico-économique de la croissance, ne peut qu'être frappé par cette lancinante rumeur qui semble à la fois tomber du ciel et remonter des entrailles de la Terre : une espèce zoologique singulière, Homo sapiens faber (V.Vernadskv), est devenue une nouvelle force géologique. L'humanité "civilisée", depuis la révolution thermo-industrielle, est désormais capable d'accélérer et de prendre la direction de l'évolution de toute la Biosphère. Mais n'est-ce pas jouer aux apprentis sorciers ?
La biologie moderne, en faisant triompher une conception moléculaire du vivant, a fait de l'ombre à l'essor, tout aussi fondamental, de la biologie environnementale et de l'écologie globale, la science de la Biosphère, ignorée par les sciences économiques et sociales. Malgré les illusions du Développement, l'expansion de la civilisation scientifico-militaro-industrielle heurte de plus en plus les limites de la Biosphère dont les sociétés humaines dépendent tout autant que n'importe quelles autres formes de vie.
- 0'00'30 : Qui êtes-vous ?
- 0'01'40 : Où sommes-nous ?
- 0'02'40 : Vernadsky
- 0'25'15 : De la biosphère à Gaïa
- 0'35'10 : La biosphère de l'anthropocène
- 0'45'00 : Nicholas Georgescu-Roegen
- 1'04'25 : Comment voyez-vous l'avenir ?


(0)
Axant sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles, notamment la révolution numérique, le philosophe Bernard Stiegler nous évoque son travail avec un groupe de personnalités issues des sciences, du droit, de l'économie, des arts, de la philosophie, de l'ingénierie et de l'activisme qui travaille à l'écriture d'un "memorandum of understanding". Ce document sera adressé le 10 janvier 2020, à Genève, à l'Organisation des Nations Unies dans le but de promouvoir le progrès, de protéger la biosphère et d'éviter que ne recommence la barbarie guerrière.
Membre fondateur et président de l'association Ars Industrialis, celle-ci regroupe des citoyens bénévoles engagés dans la lutte pour l'élaboration d'une politique industrielle des technologies de l'esprit qui préserve les modes d'existence individuels et collectifs aujourd'hui menacés par l'anthropocène.
Émission "Histoire vivante", animée par Jean Leclerc.


(0)
Dans un contexte que l’on dit à présent marqué par la "post-vérité" et la "post-démocratie", dont la sidérante incarnation est le président Trump, et qui nous donne à croire que l'Anthropocène parvenant à son destin eschatologique s'accomplit comme nihilisme absolu en lieu et place du "savoir absolu" – ce que Bernard Stiegler présenter comme un processus de dénoétisation, c'est-à-dire de prolétarisation totale, qui affecte tout le monde, et Trump plus que quiconque, et ses électeurs comme les nôtres, et nous avec eux –, il est légitime de se demander à nouveau : qu'appelle-t-on penser ?
La pensée doit cependant être ici conçue et soignée d'abord – et elle-même avant tout – comme un pansement sur une blessure qui ne guérit jamais tout à fait. Cette blessure, qui est ce que le mathématicien et biologiste Alfred Lotka aura décrit comme un processus d'exosomatisation, exige de repanser la pensée comme "Sorge", comme soin, au sens d'une therapeia, de ce que Foucault appelait une "technique de soi et des autres", mais sans se laisser enfermer ni dans ce qui aura conduit Heidegger au pire, ni dans l’eau tiède du "care".